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honnStete, sa bonne foi, et la grandeur d'd.me qui lui fait pref^rer la gloire h la richesse I Les hommes nous envient, les dieux nous aiment, et, grftce k leur bienveillance, notre bonheur 6gale notrevertu. »
Le despote capricieux qui si^geait sur le Pnyx avait ses h^ures de coquetterie. U voulait que sans cesse on lui present^t son image, mais son image embellie ; et le retour des mSmes id6es et des memes expressions ne le fatiguait jamais. Nous devons peut-etre h cet insatiable besoin de flatterie quelques-unes des pages les plus profondes de Thucydide, oi Texactitude du portrait ne va pas sans quelque complaisance pour le modele. Demosthene a-t-il imit6 son mattre ? II est bien loin en tout cas de sa penetrante concision. Dans Toeuvre si saine du vigoureux orateur, ce plaidoyer gracieux tient une place h part, et rappelle plutotla maniere d'lsocrate. Des caresses de la Leptineenne^ il faut en appeler aux coups de fouet des Philippiques. C'est li que nous apprendronsa connattre les Atheniens et Demosthene.
Le Yoil^ d'ailleurs engage de nouveau dans la m§l6e des haines politiques. Le discours contre Timocrate est le second acte de la comedie qui
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commence avec le procfes d'Aodrotion. Le persev6rant Diodore a enfin d^couvert h, la charge de son ennemi une irr^gularite grave, un d^toumement commis au prejudice du Tr6sor. Androtion va Stre condamne a une forte amende, lorsqull imagine un subterfuge. Dans une assembl^e convoquee a la Mte, un de ses amis, Timocrate, propose et fait voter un decret permettant aux debiteurs de TEtat d'eviter la contrainte par corps, s'ils f ournissent trois r6pondants. L'accuse echappera done k la prison ; mais Diodore se retourne contre Timocrate, et pour le combattre, va demander des armes h Demosthene. II lui offre cette fois une meilleure cause et un r6le moins sacrifi^. Le plaidoyer que nous poss^dons n'est plus un accessoire, ou, comme on disait alors, une deuterologie. Prononce en premier lieu, il a dii suffire i former la conviction des juges. La narration est vive et coloree ; Targumentation ample et logique. « L'accus6 n'a respecte ni la procedure, ni la legislation, ni les int6rets de sa patrie. Vot6e irregulierement, contraire aux dispositions du droit athenien, la motion qu'il a portee disorganise tout, Tadministration, Tarm^e et les impots. On n'acquittera plus ses contributions ;
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FEtat, les parents et les dieux meme seront prives de ce qui leur revient. Quelle heureuse fortune pour les r6fractaires, les fils ingrats et les mis6rables comme Androtion ! Envoyons Timocrate dans le Tartare donner des lois aux gens qu'il aime. »
Langage d'avocat, mais d'avocat patriote. Cette rh^toriqueest enflammSe par une passion sincere. En invitant le peuple au desinteressement et au respect de la parole donnee, D6mosthene faisait naguere preuve de droiture ; en defendant avec ardeur les lois de sa patrie, il affirme aujourd'hui ses convictions de republicain. Get accent declamatoire, mais chaleureux, n'est pas d'un ami de Phocion, ou d'un adepte de la philosophie platonicienne. Le futur ennemi de Philippe et du despotisme mac6donien croit fermement k la denfiocratie. Son ideal n'est point dans les nuages ; Toeuvre de Solon et de Pericles repond h tons ses d^sirs, etil n'en defendra jamais d'autre.
Demosthene trouvait autour de lui des esprits dignes de le comprendre. Cette rille afiamee d'egalit6, oil le pouvoir d'un seul n'a pu s'6tablir que ^lar intervalles, conserva toujours le respect
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des traditions et de la loi, et dut h un heureux melange de d^fauts la plus pr^cieuse des vertus politiques. Orgueilleux et dedaigneux du voisin, lesAth^niens regardaient leurs ancMres comma des demi-dieux, s'admiraient dans leur histoire, et ne demandaient h I'ayenir que la continuation du pass6. Pr6somptueux et plus fails peut-etre pour la parole que pour Taction, ils se r6signaient aux consequences d'un d^bat contradictoire : la minority se consolait de sa d^faite en esp^rant une revanche. On s'explique ainsi qu'Athenes portfi-t patiemment le joug de ses institutions, et n'eftt pas Thabitude de railler son ob^issance meme. L'exil etait chez elle un moyen de gouvernement, mais jamais ellene connut la f6rocit6 des proscriptions romaines. Presque seule parmi les nations modernes, TAngleterre nous donne Texemple de cet orgueilleux respect de la constitution.
Cette constitution etait d'ailleurs pour les Grecs CEUvre sacree ; et leur imagination Tembellissait de toutes les graces de la po6sie. Dans les lointains lumineux de la 16gende, les premiers 16gislateurs de THellade prenaient quelquefois d'elranges proportions. Des reves myst^rieux
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avaient berce Epim6nide pendant un sommeil de.neuf annees. Solon, une lyre i la main, avait entrain^ toutle peupleiisa suite. Les ecrivains d'Athenes aiment h se repr6senter leurs lois sous les traits de belles dresses, austeres et bienfaisantes. C'est ainsi que Platon nous les montre auseuilde la prison de Socrate, et que Demosthene les evoquera devant le tribunal, pour ordonner aux juges de garder leur serment, et de rendre un arret equitable.
II dut bientot les d^fendre de nouveau, et rappeler ses concitoyensau respect des vieilles moeurs, a Toccasion d'un de ces condottieres qui etaient devenus les mattres du monde hellenique. D'abord simple soldat de fortune, puis corsaire, puis general etchef de bande, Charideme avait finipar 6pouser la soeur d'un prince de Thrace, et par se tailler une sorte de royaute independante. Athenes, qu'il servait quelquefois et combattait souvent, cherchait par tons les moyens k gagner sa bienveillance et i lasser son ingratitude. Sur la proposition d'un certain Aristocrate, le conseil des Cinq-Cents mit aux pieds de cet aventurier toutes les regies de la procedure criminelle. « Quiconque^ disait le decret, attentera auoo jours de Charideme
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sera hors la lot, et pourra itre saisi sur tout le territoire de la rejmhlique et de ses alliSs* » Cette motion r^volutionnaire valut h son auteur une poursuite pour ill6galit6 ; et D^mosthene prfita h Taccusateur le secours de son eloquence :
« Que pr6tends-tu ? » dit-il k Aristocrate.
Un homme fAt-il juge coupable, les lois defendent de Tapprehender, si ce n'est en Attiqne : tu decides qu'on Tapprehendera sans jugement et chez tous nos aUies ; m^me en Attique les lois interdisent d*emmener cet homme chez sol ; toi, tu permets de le faire en tout lieu. Et du coup tu autorises tout ce que la loi interdit. On pourra le ranqonner, le maltraiter, le torturer, le mettre k mort. Ou trouver d^cret plus illegal et plus inoui' ?
« Combien sont pr^ferables les dispositions anciennes qui reglent tout avee prudence, distinguent les diff erents crimes, accordent h chacun le libre exercice de son droit, et imposent aux accusateurs les serments les plus terribles ! Les dieux, suivant une antique tradition, n'ont pas craint de s'en remettre aux sentences del'Areopage; et elles ne suffiraient plus aujourd'hui k nos faiseurs de decrets! » A cette evocation inattendue, k cette echappee qui s'ouvre soudain sur le pays de la legende, reconnaissons la souplesse et la fecondit6 du g6nie grec, fleurissant jusqu'aux ronces
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de la chicane. Demosthene a sacrifie 5. la gracieuse faiblesse de ses contemporains, mais il laissera desormais h d'autres ce moyen facile de flatter Tamour-propre en caressant Timagination.
D'ailleurs, le plaidoyer contre Aristocrate nous interesse surtout par sa valeur historique. Le politique prudent jusqu'en ses audaces, quijusque- 1^ s'attaquait moins aux partis qu'aux hommes, jette enfin le defia tons ceux qui perdent Athenes, Bienqu'il n'abandonne pas encore sa forte position de logographe^ il est des ce moment un orateur d'opposition : a, Charideme, dit-il, ne merite aucune recompense ; nous I'avons dej&, comble de bienfaits qu'il a payes par Tingratitude. II fallait le punir, on s'est humilie devant lui. Autrefois le peuple agissait autrement, et de ses serviteurs ne faisait pas des maltres. »
La republique alors connaissait laprosp^rite et la grandeur, tandis que les particuliers ne s'elevaient pas audessus de ia foule. En voici la preuve : 0(1 sont les maisonsde Th^mistocle, deMiltiade et des hommes illustres de ce temps? Si vous les connaissez, vous les trouverez aussi modestes que celle du voisin. Mais les Edifices etles travaux dela ville sont si grands et si beaux que la pos-> terite ne pourra aller au delk... Aujourd'hui, ceux qui s'adonnent aux affaires publiques sont dans Topulence ; quant aux Edifices que vous construisez et crepissez^
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combien cela est petit et mesquin, j'ai honte de le dire.
« Avec sa richesse Athenes abandonne son honneur. On ne disait point apres les guerres M6diques que la victoire de Salamine 6tait k Themistocle, et celle de Marathon k Miltiade. Aujourd'hui on va r^petant que Timoth^e s'est empare de Corcyre, qu'Iphicrate a battu les Laced^moniens. Le Tr6sor est vide : des orateurs ehontes vendent k son de trompe les recompenses les plus hautes, tralnent le droit de cite dans la boue, et pour attirer le client mettent sans augmentation de prix dans le decret tons les noms que Ton desire. »
combien gemiradent ces hommes d'autrefois qui isont morts pour la gloire et la liberty, et nous ont laiss6 des monuments de leurs belles actions, s^ils pouvaient voir que leur patrie en vient k prendre Tattitude et le r6le d'un serviteur, et d^lib^re sur Gharid^me, s'il faut monter la garde autour de lui. Gharid^me ! grands dieux I
« Si les intrigants sont coupables de cette dech6ance, tons les citoyens en sont complices. Les uns agissent, les autres laissent faire. Que Ton accuse devant les tribunaux un de ces orateurs qui perdent la cit6, 11 amenera quelques r^pon-
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dants, 11 lancera deux ou trois plaisanteries, et aussitot on I'acquittera; h moins que le peuple, dans un jour de s6verit6, ne lui inflige vingtcinq drachmes d'amende. fitrange faiblesse qui permet tout k des miserables et d6courage les honnetes gens ! car, au milieu de tant de clameurs, ils ne peuvent compter qu'on les entendra. »
Oil sont les discours contre Androtion et meme contre Timocrate? Ce talent qui semblait d'abord se confiner dans d'etroites et irritantes questions de personnes, a bien vite 6largi le champ de son action. L'heure decisive approche. Pourtant elle n'a pas sonne encore ; et mieux que les plaidoyers, les premieres harangues de Demosthene jettent le jour sur ces ann^es d'6preuve, ou le puissant ouvrier, courbe sur sa tS,che et travaillant dans I'ombre, pose les solides assises de sa politique et de son eloquence. II se sentait mal k raise k la tribune. La gSne d'une forme nouvelle, le poids de sa responsabilite, le souvenir de ses echecs arrfitaient ce libre elan qui se donnait carriere pour le compte de clients obscurs. C'est quand Demosthene parlait en son nom qu'il etait le moins lui-mSme ; et pour faire jaillir sa pens^e,
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il a fallu le choc d'unevive emotion etle sentiment d'un grand devoir.
Le discours sur les Symmories^ presque contemporain du plaidoyer contre Androtion, attire Tattention des Atheniens sur leur marine, invincible autrefois, mais reduite k Timpuissance par Tego'isme des trierarques et Tincurie de Tassemblee. On pouvait, paratt-il, remedier au mal en groupant les contribuables d'apres un systeme different. L'expose des reformes necessaires est r6gu- Her mais lourd et obscur ; Demosthene y revieadra avec profit quand il sera le mattre. Pour le moment, le peuple ne Tapprouva point et peut- 6tre ne Tecouta guere, et s'interessa plutot iquelques idees de politique ferme et prudente, formu- 16es dans Texorde et la peroraison avec une affectation de profondeur qui sent Fetude de Thucydide. La pensee d'une attaque possible de la Perse hantait alors beaucoup d'esprits. On craignait et on s'exaltait tout ensemble. Athenes se croyait revenue au temps de Salamine, et songeait presque a poursuivre Tennemi seculaire jusqu'en Asie. Plus tard Isocrate proposera de choisir Philippe pour diriger cette sorte de croisade. Demosthene, Thistoire a de ces ironies,
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dans sa premiere harangue essaya de calmer Tardeur belliqueuse de ses concitoyens. II comprit que la Grece devait tourner ses regards, non vers rOrient mais vers le Nord, et qu'une tentative de coalition contre la Perse etalerait au grand jour la plaie de la patrie. L'indolence athenienne trouvait son compte h ces avis ; ils furent ecout^s.
Le discours pour Megalopolis est de trois ann6es posterieur. On sait qu'Epaminondas avait fonde dans le Peloponese, pour inquieter ses ennemis, une ville ou plutdt un vaste campfortifie, Megalopolis. Sparte, qui essaie de retablir sa puissance presque ruinee par les Thebains, voudrait maintenant detruire leur oeuvre, et rendre au neant la cite qui vient d'en sortir. Les Atheniens s'associeront-ils h cette tentative d'oppression ? Demosthene les en dissuade ; mais il faut avouer que ses raisons ne sont ni bien solides, ni bien genereuses. « Soutenons, dit-il, les ennemis de Lac6demone et de Thebes. Divisons pour dominer, et fondons notre grandeur sur Thumiliation de nos rivaux. » Calcul specieux, mais non sans peril. La Grece balancee entre des puissances egalement affaiblies ett ete une proie offerte aux convoitises de Philippe. Le puissant esprit qui a vu des Ta-
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bord d'oix venait le danger n'en a pas aussi vite senti toute Tetendue. Sa morale du moins vaut mieux que sa politique : « Le devoir, dit-il, aussi bien que Tinteret, nous ordonne de sauver Megalopolis. Eiichatn6s par une tradition d'honneur et de g6n6rosit6 plusieurs fois seculaire, nous avons regu la mission providentielle de proteger les faibles et de combattre leurs oppresseurs. » Cette id6e, bien faite pour seduire un orateur, et pour arracher quelques efforts k la moUesse du peuple, les Atheniens la connaissent d^j^ ; et, des le cinquieme siecle, nous la trouvons dans Herodote. Mais Demosthene lui donne une valeur nouvelle ; et d6sormais nous la verrons reparattre bien des fois, toujours feconde en beaux d^veloppements, exhortant pendant la lutte, consolant apres la defaite.
Cesquatre plaidoyersetces deux harangues nous conduisent comme par deux chemins paralleles jusqu'a Tarene pleine de rumeurs et de lumiere oil nous allons entrer avec la, premiere Philippique. La route 6tait d'abord obscure et quelque peu fatigante. On n'y voit qu'interets mesquins, querelles de petite ville, injures, calomnies, dissertations compliquees et abstraites. Mais peu a pea
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les difficultes s'aplanissenl, le jourse fait. Ce logographe subtil, ce politique embarrasse, c'est pourtant le grand oraleur. A chaque detour du chemin, se dessine un trait nouveau de son caractere et de son talent. Amour de la democratie, respect de la vieille Athenes, reve d^un role glorieux pour sa patrie , logique ardente, connaissance profonde de Tart oratoire, il ne manque maintenant plus rien a Demosthene, que Philippe. L'ennemi pent venir, il trouvera un champion digne de le combattre.
Les cinq annees qui se sont ecoul6es depuis le commencement de la guerre ont consomm6 la ruine des petites places que la Grece avait semees en enfants perdus sur les bords du golfe Thermai'que. Les Mac^doniens sont mattres chez eux, et ils commencent en meme temps k prendre pied chez les autres. Une guerre sacree va leur ouvrir les portes de FHellade.
Ce pays si profond^ment divise avait pourtant une capitale religieuse. Depuis des siecles, les Grecs venaient tons les quatre ans k Delphes se disputer pacifiquement, pour unjour, les prix de la lutte et de la course, retremper leur patriotisme dans les ceremonies d'un meme culte, et
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affirmer ainsi Tunite de leur race. Delphes, qui prenait le nom d'Ombilic du monde^ aurait pu s'appeler le cojur de THellade. Sans doute il ne faut pas demander k la foi des Grecs la profoudeur de sentiment et Tinquietude qu'y ont portees les Occidentaux. Elle restait h la surface et comme k fleur d'S,me, et tenait beaucoup il'habitude et k la superstition ; mais elle avait surnage par sa I6geret6 m6me, Les plaisanteries des poetes comiques et le rationalisme des philosophes amu~ saient les esprits sans troubler les consciences. Les tristesses de la guerre de P^loponese amenerent de plus une sorte de recrudescence de la devotion ; et k Tepoque de Demosthene, Talliance d'Apollon etait une grande force pour celui qui la mettrait de son c6t6.
Philippe sutle comprendre. Depuistrois annees environ, les Phocidiens, peuple voisin de Delphes, avaient envahi la ville sainte. Bons soldats, riches des tr^sors de toute la Grece, ils etaient la terreur de leurs voisins de B6otie et de Thessalie. C'est en Thessalie qu'ils se heurterent pour la premiere fois aux phalanges mac6doniennes, et qu'ils succomberent apres une lutte sanglante et acharn^e. Combat i^scuret memorable. Philippe