ACTE PREMIER tS
THOUVENIN
Et c'est pour cela que vous allez à Pari».
POMFERRAND
Comme vous dites.
THOUVENIN
C'est mademoiselle Clarisse qui ne doit pas s'amuser dans tout ça
Clarisse s'est remise au piano arec Denis*. PONTFERRAND.
Oh! je vous en réponds : pauvre petite! Nous rions bien quelquefois ensemble, parce qu'elle ne demande qu'à lire, mais à son âge, un père, ce n'est pas suffisant. 11 faudrait la marier. Dès que M. de Bardannes a eu sa sœur avec lui, ma femme a consenti à venir et à amener Clarisse. Il m'irait comme gendre, le maître de la maison. Est-il libre?
THOUVENIN
Je le suppose.
PONTFERRAND.
On dit dans le pays que la petite institutrice... HélHé!
THOUVENIN
Eh bien, que ceux qui disent ça ne le disent pas à portée des oreilles du père, il en cuirait à leurs oreilles, à eux.
PONTFERRAND.
Vous croyez? Entre nous, ça ne serait pas la première fois qu'une institutrice... Elle est gentille. J'économiserais bien le voyage de Paris pour elle.
MADAME DE PO NTF E RRAND, qui e»l reBUM.
Eh bien, Philibert, quand vous voudrez.
PONTFERRAND
Me voilà, bonne amie.
MADAME DE PONTFERRAWD.
Qu'est'ce qu'elle joue là, votre fille?
PONTFERRAND.
C'est gentil.
Clarisse joue un air de Sylvie.
MADAME DE PONTFERRAND
Qu'est-ce que vous jouez là, Clarisse?...
CLARISSE, passant de Sylvia à la marche funèbre.
C'est un oratorio, maman.
Un oratorio qui commence si gaiement...
CLARISSE
Il est en deux parties, maman : la première pour mariage, et la seconde pour funcrailles.
PONTFERRAND, à Tliouvcnin.
Quand je vous disais qu'elle avait de l'esprit !
MADAME DE PONTFERRAND.
Fermez celle partition, vous qui ne vous destinez pas
au théâtre. (Femand entre en costume de cheval.) Qu'cSt-Ce qUB
c'est encore que celui-là ?
MARTHE
C'est M. de Thauzette.
Femand salue très élégamment et très respectueusement les deux femmes. MADAME DE PONTFERRAND, saluant à peine, bas, à Marthe.
Ne me le présentez pas. Il sera temps ce soir, (a part.) C'est le cirque Loyal, (a Pontferrand.) Voyons, Philibert, allons-nous en avant que madame de Thauzette n'arrive.
FERNAND, à haute voix, à Denise.
Entin, on te voit! Comment vas-tu, ce matint