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ACTE DEUXIEMI

MARTHE

Tu t'amusais et tu ne voulais pas renoncer à tes plaisirs, c'estbiea naturel; et, pendant ce temps-là, j'étouiTais entre /es quatre murs d'un couvent où l'on m'obsédait du matin jusqu'au soir pour que je me fisse religieuse, où l'on incriminait mes actes, mes paroles, mes regards, et jusqu'à mes pensées, et cependant, si cela continue ainsi, c'est à cette habitude que je retournerai.

ANDRÉ

Je ne connaissais pas une personne assez respectable pour que je pusse te confier à elle avec une sécurité complète.

Cette personne existait cependant.

ANDRÉ

C'était?...

MARTHE

C'était moi... Tu n'avais qu'à me confier à moi-même, je n'aurais couru aucun danger. Je me serais surveillée mieux que qui que ce soit.

ANDRÉ

Ce genre de tulelle n'est pas dans nos mœurs. Nous aurions choqué un monde dont nous sommes justiciables et qui ne revient presque jamais sur sa première impression. Dès quj j'ai trouvé une femme lionorable qui pût être ta caution, avec une fille intelligente, instruite et bonne (jui pût être ton amie, je l'ai retirée du couvent et je t'ai associée à mon existence telle qu'elle est. As-tu à te plaindre d'une de ces deux personnes? ^

MARmB.

Peut-être !

6« DEMISE

ANDRÉ

Dis tes griefs !

MARTHE

Plus tard. Continue, puisque c'est toi qui as àme parler.

ANDRÉ

En revanche, tu aimes beaucoup madame de Tîiauzetle?

Beaucoup. Elle était à peu près la seule personne qui \4nt me voir avec un peu de persévérance et me distraire au couvent.

ANDRÉ

Es-tu au courant de la démarche qu'elle a faite ce

matin auprès de moi?

MARTHE

Quelle démarche?

ANDRÉ

Elle est venue me demander ta main pour son fils.

MARTHE

Ah! et qu'as-tu répondu?

ANDRÉ

J'ai refusé.

MARTHE

Parce que?

ANDRÉ

Parce que je ne crois pas Fernand un parti convenable pour toi.

MARTHE

En quoi n'est-il pas convenable? Qu'est-ce qu'il a fait?

ANDRÉ

De vilaines choses.

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