CTE DEUXIÈME
MARTHE
Pourquoi le reçois-tu alors ?
ANDRÉ
Parce que je ne Toulais pas faire de peine à sa mère. J'ai eu ton évidemment, puisque cette condescendance l'a autorisé à croire qu'il pourait devenir ton mari.
MARTHE
Et qu'a répliqué ma lame de Thauzette à ton refus?
ANDRÉ
Elle m'a laissé entendre que tu te sentais de l'inclination pour Fernand.
MARTHE
C'est possible.
ANDRÉ
Ainsi, tu crois l'aimer?
MARTHE
Il faut bien que j'aime ceux qui ont l'air de m'aimer, puisque ceux que je ne demandais qu'à aimer n'ont pas eu l'air de s'en apercevoir. Et je ne puis vraiment pas passer toute ma vie entre madame et mademoiselle Brissot, sans autre distraction que les Pontferrand.
ANDRÉ
Veux-tu voyager avec moi? je suis disposé à partir.
MARTHE
Non. Les voyages ne me tentent pas.
Alors lu conserves tes sentiments pour Fernand quoiqM'ils ne puissent pas être encore bien solides, et malgré ce que je t'ai dit ?
<t DENISE
' MARTHE
Rien ne prouve ce que tu dis.
ANDRÉ
Tu doutes de ma parole. (Marthe s© tait.) C'est au couvent que tu a appris à te défier de moi ?
MARTHE
J'y ai appris à me défier de tout le monde.
ANDRÉ
Excepté de Fernaiid et de sa mère, à ce qu'il paraît.
Marth* se tait un moment.
MARTHE
C'est mademoiselle Brissot sans doute qui sera chargée des révélations à me faire?
ANDRÉ
Mademoiselle Brissot n'a rien à voir là-dedans. Elle nem'ajamais dit de mal, elle ne m'a même jamais parlé ni de madame de Thauzette ni de son fils.
MARTHE
Cela m'étonne
ANDRÉ
Pourquoi?
Parce que depuis le temps qu'elle connaît M. deThaureltc, elle doit savoir mieux que personne à quoi s'en tenir suj' lui !...
ANDRÉ
Inierroge-la!
^ MARTHE
Je n'ai pas besoin de l'interroger; je sais ce que je dois savoir.
Sur lui?
Et sur elle.