ACTE QUATRIÈME 1Î
nôtre, elle aurait volé celui de l'homme à qui nous devons tout. C'est déjà bien assez qu'elle se soit trouvée à côté de sa sœur.
MADAME BRISSOT
Elle s'est bien acquittée en la sauvant.
BRISSOT
Veux-tu que je te dise à quoi tu penses en ce moment? Tu voudrais qu'elle gardât sa liberté, parce que M. de Bardannes l'aime et tu te dis qu'il serait peut-être assez grand, assez généreux, assez Ibu pour l'épouser tout de même. Voilà ce que tu rêves, déjà. Eh bien, moi, je ne reux pas. Je ne paierai pas de ma complicité à un pareil calcul tous les bienfaits que j'ai reçus. Si nous n'entendons rien au cœur des femmes, vous n'entendez rien à l'honneur des hommes. Je ne suis pas de ceux qu^i font payer aux innocents les fautes des coupables. Elle épou- ' sera son amant, et M. de Bardannes, s'il veut se marier, épousera une honnête fille. C'est le moins qu'on lui doive. J'ai dit.
MADAME BRISSOT
Dieu a eu bien raison de faire le cœur des mères; le cœur des pères n'aurait vraiment pas suffi.
BRISSOT
Puisque madame de Thauzette ne vient pas, je vais la trouver.
Madame d'* Tbauzctt* entra