ACTE QUATRIÈME *9f
moments où je ne pouvais plus aller. Tu es le maître, ordonne, commande tout ce que tu voudras; nous ferons tout ce que lu^^^us diras de l'aire. Si nous ne le pouvons pas, SI c'es't au-dessus de nos forces, eh bien, nous mourrons et cette fois ce sera fini, il faut l'espérer. Quand on voit la vie telle que Dieu la fait quelquefois, il n'y a vraiment plus qu'à le remercier d'avoir fait la mort.
Madame de Thauzette tarde bien.
MADAME BRISSOT
Ainsi tu veux absolument que Denise épouse cet homme?
BRISSOT
Est-ce qu'elle refuserait?
MADAME BRISSOT
Mais non; puisque je te dis qu'elle est prête; que nous sommes prêtes à tout; mais elle va être bien malheureuse.
BRISSOT
Tant pis pour elle.
MADAME BRISSOT
Elle le hait et le méprise, cet homme.
BRISSOT
Il ne fallait pas l'aimer.
MADAME BRISSOT
Tu es bien heureux de n'avoir jamais fait assez de mal dans ta vie pour pouvoir être impitoyable, même avec ta fille. Moi non plus, je n'ai rien à me reprocher; voilà quatre ans que je souffre ce que tu souflrcs depuis une demi-heure; il ne m'en reste pas moins de la miséricorde pour elle, et, s'il le fallait, j'en aurais encore pour d'autres, *
BRIS SOT
Je ne sais qu'une chose : quand un homme d déshonoré une fille, il n'y a que le nom de cet homme qui puisse rendre l'honneur à cette fille.
MADAME BRISSOT
Elle pourrait vivre dans une retraite absolue.
BRISSOT
Il n'y a pas de retraite absolue où un homme ne pénètre. Quelle retraite plus sacrée que le toit paternel? et un homme a profané ce toit.
MADAME BRISSOT
Un couvent, cloîtré, où je ne pourrai la voir qu'à travers une grille.
BRISSOT
Et lui, il redeviendra libre; il pourra faire d'autres victimes, se marier, être aimé et considéré peut-être. Il faut pour tant qu'il soit châtié à son tour. C'est eux qui ont volontairement foriîé leur chaîne, qu'ils la portent
ensemble.
MADAME BRISSOT
Mais enfin, si tu sais tout cela, c'est qu'elle l'a bien voulu et qu'elle a obéi au sentiment le plus noble et le plus généreux pour que la sœur de notre bienfaiteur ne fût pas mariée à ce coquin. Ce qu'elle a fait est admirable. Elle n'avait qu'à se taire; elle pouvait laisser Marthe épouser Fernand; elle pouvait épouser M. de Bardannes; tu n'aurais rien su, et, à cette heure, tu la bénirais.
BRISSOT
Où en es-tu qu'une pareille idée puisse te passer par l'esprit. Ainsi, après s'être jouée de son honneur, du