ACTE QUATRIÈME
ont pleuré ensemble sur la faute commise, cette faute est à jamais lavée. Elle n'est plus que le point de départ de la rélipljilitation de l'une et de la magnanimité de l'autre. Il y'aura désormais entre ces deux êtres un lien d'àme et de cœur qu« chaque jour rivera et fortifiera, de plus en plus. Croyez-vous que vous allez maintenant rentrer dans la catégorie des jeunes gens à marier et que vous allez, par l'enfremise d'un ami ou d'un notaire, faire demander la main d'une petite jeune fille qui vous aimera peutêtre après le sacrement? Allons donc! Vous pouvez partir, vous pouvez aller au bout du monde, vous emporterez avec vous un souvenir qui ne vous quittera plus, et qui vous ramènera finalement aux pieds de cette vaillante amie. Dieu veuille que ce ne soit pas trop tard. Prenez-en votre parti, mon cher, vous voilà de la famille des véritables amants, de ceux que l'amour commence par éprouver et faire souffrir. Je vous défie de ne pas épouser mademoiselle Brissot. Bénie soit cette lutte où vous vous révoltez encore, mais dont vous sortirez triomphant et qui doit vous révéler ce qu'il y a de plus grand, ce qu'il y a de divin dans l'homme, la pitié et le pardon.