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ACTE QUATRIÈME

de cette femme; c'est de respecter la première femme que l'on a connue et aimée, sa mère, dans toutes femmes que l'on rencontre ensuite, n'importe où on les rencontre; c'est de ne pas les faire décheoir si elles sont en haut, c'est de ne pas les abaisser encore si elles sont en bas ; c'est de n'associer à sa vie et pour l'éternité qu'une seule /emme, celle qu'on -'épouse et de n'avoir qu'une raison dans le mariage, l'amour. La voilà, la vérité. Tout ce qui prend ce nom et n'est pas cela a été inventé après coup pour les besoins d'une société plus ou moins élégante et dissolue. Cette vérité absolue n'est pas celle de M. de Thauzette, certes, mais elle n'est pas non plus la vôtre. Vous avez pris part, comme presque tous les hommes de votre monde, à l'immoralité de votre temps, vous n'en restez pas moins aussi implacable pour les fautes d'autrui qu'indulgent pour vos fautes à vous, et quand je viens vous dire : épousez cette fille qui a failli, qui a souffert, qui a expié, qui vient de vous donner la plus grande preuve d'estime, de confiance et d'amour qu'un être humain puisse donner à un autre être, l'immolation volontairede son honneur, du bonheur et de l'amour de ses parents vénérés aux intérêts et à la dignité d'une ijeune fille qui n'a d'autre titre à tant de sacrifices que d'être votre sœur; quand je vous dis, épousez cette noble femme que tous aimez et qui vous aime, vous me répondez : défions-nous des surprises du cœur. Et vous vous croyez en pleine morale et en plein droit et vous vous dites : « Ces choses-là, c'est bon pour les Thouvenin qui sont peuple, mais non pour les Bardannes qui sont noblesse. » Vous avez un autre code que noub. mais vous n'avez pas une autre conscience, (n le regarde en face.) Examinez-vous donc un peu. Qui a causé tous les malheurs présents? C'est vous, je le répète. Qui a permis à madame de Thauzette, ce qui n'aurait jamais dû être, de voir mademoiselle Marthe à son couvent et de venir la

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retrouver ici? C'est vous. Pourquoi avez-vous autorisé cette illimité, qui devait faire naître un calcul dans l'esprit de madame de Tliauzetle, réduite aux expédients, flanquée d*un fils taré dont aucune famille honoraole ne veut? Parce que madame de Thauzette avait été votre maîtresse; que vous n'osiez pas lui refuser cette marque apparente d'estime dont vous ne pouviez prévoir les conséquences, croyant votre sœur bien garantie par les murs de son couvent et la surveillance des religieuses; parce que votre sœur s'ennuyait et que cela vous ennuyait d'aller la voir. Là-dessus madame de Thauzette vous demande la main de mademoiselle Marthe pour son fils. Vous la lui refusez et vous avez raison. Deux heures après, que faites -vous? /Vous accordez votre consentement. Dites-moi que vous n'avez obéi alors qu'à l'aflection que vous aviez pour votre sœur., à l'amour vjue vous aviez pour Denise, à l'indulgence qu'on peut avoir pour un camarade dont on connaît et dont on excuse les folies; Dites-moi cela, je me lais. Mais non, il y avait en vous un but caché, celui de connaître enfin une vérité que vousne pouviez arriver à saisir; il y avait en vousla secrète espérance que, plutôt que de laisser s'accomplir ce mariage odieux entre votre sœur et ce chenapan, mademoiselle Crissot dirait tout, s'immolerait et que vous sauriez enfin tout ce que vous vouliez savoir. Vous l'avez fendu ce front impassible et adoré et il vous a livré son secret avec ses os, ses nerfs et son sang. Vous n'aviez pas le droit d'agir ainsi. Ou vous n'aimiez pas mademoiselle Brissot, et aKu'S il fallait la laisser tranquille et ne pas lui arracher son secret, ou vous Taimicz et alors tant pis ou plutôt tant mieux pour vous, vous voilà engage avec elle poui toute la vie. Quand un homme a reçu d'une femme qu'il aime et dont il est aimé une confession aussi loyale et aussi touchante que celle que vous avez re^uo tout à l'heure, qi;;ind cet homme et cette femme

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