ACTE QUATRIÈME
THOUVENIKr
Il part avec moi pour Odessa.
MARTHE
Et moi î
THOUVENIN
Vous, Mademoiselle, vous venez avec nous, s'il vous est agréable de visiter la Russie méridionale qui est vraiment intéressante, ou vous retournez au couvent, si ce voyage ne vous agrée pas.
MARTHE
Et puis c'est tout ?
THOUVENIN
Et puis c'est tout.
Il y a évidemment quelque chose qu'on ne me dit pas.
THOUVENIN
Évidemment.
MARTHE
Et qu'on ne me dira pas.
THOUVENIN
C'est à croire.
MARTHE
Parce que je suis une jeune fille et qu'il y a des choses qu'on ne doit pas dire aux jeunes filles; mais on pourrait faire une exception pour moi, puisque je suis une fille qui a fait aujourd'hui même une chose qu'elle ne devait pas faire. Heureusement que c'était à l'instigation des ;,utres ^/ue je la faisais et qu'il est encore temps d'empêcher un malheur que je sens tout autour de moi. Où est mon frère ?
TUOUVENIN.
Il est là. Ne vouclriez-vous pas aussi parler à mademoiselle Brissot avant qu'elle parle?
MARTHE
Oui. Et à sa mère et à son père.
THOUVENIN, «ortant.
Elle me va, cetle petite.
n entre dans la chambre oà est André.
MARTHE, allant à madame de Thauzette.
Vous savez, Madame, que, par votre faute, j'ai méconnu, j'ai insulté, j'ai menacé un être qui m'aimait et qui se sacrifie pour moi, c'est évident, car elle me l'avait bien dit qu'elle me sauverait, fù*-ce aux dépens de sa vie et même,4e son honneur. Vçus avez été bien coupable. Je ne sais pas si vous êtes Yiàbituée aux remords, mais moi je n'en veux pas. Vous pouvez aller dire à monsieur votre fils qu'il est libre. Denise et moi nous lui rendons la parole qu'il nous avait donnée à toutes les deux. Qu'il parte. M. Thouvenin lui trouvera une place loin de France, loin de l'Europe même. Il se chargera de
cela, (a André qui est entré pendant ce Icmps-là et allant à lui.)
Tu me pardonnes, n'est-ce pas? C'était certainement de la folie. Nature trop comprimée d'abord, trop exaltée ensuite, ça passera, (a Denise qui entre suivie à dislance de sa mère, rfrissnt entrera, quelques moments après, pir une autre porte.) 7ienS donc un peu, toi. (En disant cela, elle lui prend les mains et ramène sur le devant du tnéàtre.) C'cst bien CClà, tU aS
les yeux rouges, tu es toute pâle. Tu trembles; tes mains sont brûlantes. Ton pauvre cœur bat à t'étoulTor. Je te demanderais ton pardon que tu n'aurais pas la force de