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ACTE QUATRIEME ii

me répondre. Et c'est moi, moi, qui suis cause de tout

CelSL (Lui prenant la tête dans ses deux mains et l'embrassant *Tec force.)

Pardon ! Pardon ! Je te bénis et je t'adore !

THOUYENIN, qui pendant ce temps a tait sortir madame de Th'iuzette.

Elle me va, elle me va, cette petite.

MARTHE

Mon frèi'e qui t'aime ne t'épouse pas, parce que tu as aimé un autre homme que lui. Mais moi aussi, j'ai déjà aimé et justement le morne homme que toi. Nous sommes donc aussi coupables l'une que l'autre, et alors on ne m'épousera pas plus qu'André ne t'épouse. Résignons-nous, ma chérie, le mariage n'est pas fait pour nous. Nous avons eu le même fiancé qui nous a trompées toutes les deux, il s'agit d'en trouver un que nous puissioos encore aimer ensemble et qui ne trompe jamais. Je sais où le trouver. (A André.) Tu as voulu, mon^chcr André, que je visse le monde avant de prononcer mes vœux. Eh bien, je l'ai vu. Vrai, ce n'est pas joli. En quelques mois j'ai vu tant de mal, j'en ai tant fait moi-même que j'ai hâte de retourner au couvent, mais je ne veux pas y retourner seule. (A Denise.) Vcux-tu y venir avec moi et que nous n'en sortions plus ?

DENISE, tincèrerr<>iit et en te jetant dani ses bras.

Oui, oui, oui.

MARTHE

C'est dit alors, (a Brissot.j Mon cher monsieur Brissot, mon frère trouvait M. dft Thauzetto indiune de moi, comment voulez-vous que je le trouve digne de Denise. C'est moi qui vous prends votre fille, vous ne pouvez pas me la refuser. Je vous assure que personne ne l'aime plus que moi U. Denise.) Embrassc ton père et la mcre et partons.

Denise v« a »ua père et l'a^enouille derant lui.

-SLO^CS^

BRISSOT, la relevant.

Tu m*is h}\ autant de mal qu'il était possible de m'en faire. Puisque cet ange vient te délivrer, je te confle à lui et je te pardonne.

n l'embrasse en pleurant.

DENISE, embrassant madame Brissot très profondéaient.

Maman, maman, (a André.) Dans son ignorance des réalités de la vie, votre sœur, Monsieur, croit sa faute égale à la mienne. Innocente enfant! Mais elle trouve aussi la seule solution vraie, la seule qui nous laisse tous dans notre dignité et qui ne nous impose pas des sacrifices au-dessus de nos forces. Permettez qu'elle reste un instant dans cette erreur qu'elle a quelque chose à expier; cela désarme mon père. Je vous la rendrai bientôt. Adieu, Monsieur. Que le Dieu que je vais tant prier pour vous mette sur votre cjiemin celle qui aura la douce

mission de vous rendre heureux. (Résolument et prenant la

main de Marthe.) Et maintenant, ma sœur, allons!

Elles marchent toutes deux vers la porte. Au moment où elle va francbk* le seuil.

ANDRÉ, appelant.

Denise se retourne et attend.

ANDRÉ, lui tendant les bras.

Je ne peux pas.

DENISE, le précipitant dans ses bras avec un grand cri.

Ah! On entend un timbre de jardin.

MARTHE

Qu'est-ce que c'est que ça ? Les Pontferrand qui viennent dîner. Vite! Vite! essuyons les yeux. La vieille serait trop heureuse si elle voyait qu'on a pleuré. (Eiie«ssuie

les yeux de Denise. A André.) Et tol, Va au-devaut. de tCS invités. Nous n'avons plus besoin de toi ici. (A Denise.) Et toi, au piano, et chante si tu peux.

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