Dénonciation faite au tribunal du public
^ A T publie ) dans rAMi du Peuple , plusieurs inculpations très - graves contre le premier ministre des finances , et je croyois en avoir assez dit pour les lecteurs qui pensent. Je me suis trompé» apparemment j puisqu'on m’adresse de tous cotés des lettres , où l’on me somme de produire '^es preuves , sous peine de passer pour calomniateur ^ *i je garde le silence. Me seroit-il arrivé au sujet de M. Necker , ce qui doit m’arriver souvent-— d avoir parlé a mon bonnet î Je ne veux point laisser suspecter ma véracité. Hé bien , Messieurs , puisque vous l’exigez , je vais m’expliquer de manière à être entendu de tout le, monde ; vous serez contents de moi ; et si nar
^îus laisser voir qu’un administrateur inepte , un chevalier d’industrie , un ennemi public *, j’aurai fait de mon mieux , sans doute ; mais ne vous ën prenez pas à moi (i) .
(i) Ce Mémoire a été remis , depuis le 4 novembre dernier ^ à dix imprimeurs ^ aucun n’a osé le mettre sous presse. Il a été présenté au comité municipal des recherches > le 5 décembre , jour de mon arrestation : pour le faire paroître , U a fallu ^ que je me fis imprimeur.
Pafis , ce 21 octobre 1789.
« M. Neeker s’est rendu hier , pour la première ‘ fois , à son district y qui est celui des Filles-Saint- Thomas. Il a été feçu avec les plus grands applaudissemens *, et après les eomplimens d’usage, il ^ été élu , par acclamation , président honoraire » .
^ C’est une those bien extraordinaire que des ministres deviennent citoyens ! Ah! l’anéantissement du despotisme , en ruinant leur crédit , les ramènera nécessairement à l’égalité ; et s’ils dominent désor-mais sur leurs semblables , ce ne sera pas par l’exercice d’un pouvoir tyrannique , mais par la pratique de toutes les vertus publiques & privées 5^, }
Ce qu’il y a sur-tout à remarquer dans l’acte civique que .vient ’de faire M. le premier ministre des finances , c’est « qu’il a prié son district de lui » faire connoître tous le? écrits qui ont été ou quî y seront publiés <wntre lui*, afin qu’il puisse y réy pondre , et se justifier Cette noble résolutio-ji 9L été vivement applaudie ^
(i) Le^.Courier de Paris, n®. X* * . ^ ^
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LETTRE DE M.- M A R A T, L’Ami d u, P e ü p t e > ,
A M, NECkER.» premier Ministre des Finasceî»
.. De Yersailles , le 23 oct. 1789.
Vous ravoueraî-je ; Monsieur , cette ’démar*che , si exhaltée par d’honnêtes folliculaires , n’est à mes yeux qu’un petit coup d’adresse j un rafinement de politique et , comme le disent les bonnes gens , un trait de Jésuite. •' ,
Quoi qu’il en soit , vous venez de consacrer mes principes par cette démarche d’éclat : vous venez de reconnoître solemnellement que c’est' au tribunal du pubiic séul-, que...les agehs (i) du pouvoir doivent se justifier des inculpations dont on les
(i) M. de Saint-Priest y ministre de Paris , s’étoit 'déjà" soumis à ce tribunal > dès le 12. Dénoncé à l’assemblée nationale par le comte de Mirabeau y pour avoir répondu à la phalange féminine Parisienne: « Quand vous n’aviez qu’un Roi' vous n© » manquiez pas de pain ^ aujourd’hui que vous en » avez douze centS", alle:^ leur en demander i>. Il adressa au président du comité des recherches une - longue épître , où on lit, Cje- passage « Je sais qu’un
V citoyen doit toujours "^être disposé à 'répondre?
V an tribunal' du public -, je viens récemment ' de ^ confondre une calomnie inventée contre moi à
charge : vous vous êtes volontairement soumis à ce tribunal suprême , et vous vous êtes engagé à n’en reconnoltre aucun autre* Conséquences que vous n’aviez pas prévues j mais dont je prends acte contre