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C’est-à-dire que les lois de Mariotte et de Gay-Lussac fussent rigoureuses. L’on peut dans les expériences faire varier seulement la température ou la pression; Bineau ne faisait varier que la seconde et il trouva pour l’acide for-
inique, que, la pression croissant peu à peu jusqu'à atteindre la tension maximum, pour une même température la densité augmente très rapidement ; ce résultat ne doit pas nous surprendre; il est conforme aux variations de la loi de Mariotte, la compressibilité des gaz augmentant avec la pression.
M. Cahours, laissant la pression constante, fit varier la température; il vit, pour l’acide acétique par exemple, que la densité de vapeur qui était égale à 3,194 à 124 0 n’était plus que 2,082 à 336°; la densité de vapeur diminue donc à mesure que la température s'élève. Si l’on fait varier à la fois la température et la pression, on verra la densité augmenter lorsqu’on augmentera la pression et qu’on abaissera la température, c’est-à-dire à mesure qu'on approchera du point de liquéfaction. C’est ce que confirment les expériences de llegnault sur la vapeur d’eau. Ces premières constatations ont conduit à distinguer les densités réelles, c’est-àdire variables, et fonctions de p et de t, et les densités limites, que l’on trouverait si p et t étaient tels que la vapeur se comportât comme un gaz parfait.
Densité de vapeur du soupre et de l’ozone. —■ M. Troost a trouvé pour la densité de vapeur du soufre 6,6 à 440°, et ce chiffre ne subissait que de faibles variations avec des changements de pression; mais à 1040'’ elle fut trouvée égale à 2,2, ce qui tient à ce qu’il y a eu dissociation, la molécule qui était S 2 à 440 est devenue S® à iooo 0 . Le soufre se comporte donc comme l’ozone dont la densité est 1 1/2 fois celle de l’oxygène qui se transforme en oxygène à mesure que la température s’élève davantage, mais qui, dans certaines limites de tem-
pérature, reste indépendante de la température et de la pression du mélange d’oxygène et d’ozone sur lequel on opère, comme l’a montré M. Soret.
Densité de vapeur des composés ammoniacaux. — Le chlorhydrate d’ammoniaque présente également une variation dans sa densité de vapeur, variation attribuée par les uns, Hermann, Kopp, Cannizzaro, Kékulé, à une dissociation que n’admettent point Sainte-Claire Deville et Troost. Le problème est évidemment difficile à résoudre. « Comment prouver, dit Wurtz, que la vapeur de perchlo- « rure de phosphore constitue à 300° un mélange de « chlore et de protochlorure ? Absorbera-t-on le chlore par « quelque corps avec lequel il puisse se combiner? Mais « alors on fait intervenir l’affinité de celui-ci, et, quelque « faible qu’elle soit, on peut croire quelle joue un rôle « actif dans la décomposition du perchlorure de phos- « phore. Ainsi que M. Bunsen l’a fait remarquer, la ques- « tion de savoir si deux gaz existent à l’état de mélange « ou de combinaison, ne peut être résolue qu’en soumet- « tant ces gaz à des épreuves physiques. Ainsi, qu’on les « fasse passer par diffusion dans un autre gaz, dans l’hy- « drogène par exemple, s’ils sont combinés ils passeront « dans les proportions où ils existent dans la combinai- « son; s’ils sont mélangés ils passeront comme si chacun « était seul, dans le rapport inverse des racines carrées de « leurs densités. »
M. Pébal a essayé de faire diffuser dans l’hydrogène la vapeur du sel ammoniac ; le gaz ammoniac, moins dense que le chlorhydrate passe en plus grande
quantité. D’après Sainte-Claire Deville, s’il y a dissociation complète de chlorhydrate à 350 0 , on ne doit avoir aucun indice de combinaison et par conséquent pas d’élévation de température en faisant arriver du sel ammoniac et de l’acide chlorhydrique dans une enceinte préalablement portée à 350° par la vapeur de mercure : or Sainte-Claire Deville observa justement alors un dégagement de chaleur subit qui fait passer la température de 350° à 395 0 . Pour répondre aux objections que lui firent Wanklyn et Robinson, Deville porta les gaz à 360° avant qu’ils n’arrivassent au contact ; l’élévation de température fut manifeste au moment de ce contact. Wurtz se demande alors si le dégagement de chaleur est toujours un indice d’action chimique : il y a toujours élévation de température quand on ajoute de l’eau à un acide sulfurique déjà étendu ; y aurait-il donc une infinité de combinaisons de l’acide sulfurique et de l’eau. Il peut y avoir, d'après Favre, une attraction des molécules différente de l’affinité et capable de dégager de la chaleur.
« La combinaison chimique réduite à son expression la « plus simple, dit M. Berthelot, consiste dans le phéno- « mène suivant ; deux molécules A et B sont mises en <r présence ; si elles sont douées d’affinité l’une pour l’au- « tre, elles se rapprochent, elles se réunissent et il en ré- « suite une molécule AB.
« En même temps les mouvements- propres de translat tion, de vibration, de rotation, etc., qui animaient chais: cune des molécules A et B, se transforment et donnent « lieu aux nouveaux mouvements qui animent désormais « la molécule composée A B. Les pertes de force vive,
c qui ont lieu par suite de cette transformation, devien- « nent l’origine de certains dégagements de chaleur, d’élecc tricité, etc. Quand la combinaison est accomplie, le « composé résultant exerce sur les autres corps des actions « souvent différentes de celles qu’exerçaient les éléments c pris isolément.
« Or la plupart de ces phénomènes peuvent être observés toute tes les fois que deux molécules sont en présence, et alors « même qu'elles n’entrent pas en combinaison. Par exemple, si « l’on introduit du platine en mousse dans du gaz oxy- « gène, le platine condense ce gaz à sa surface ; de même « il condense l’hydrogène, c’est-à-dire qu’il en rapproche « les molécules. Chacun de ces effets est accompagné « d’un certain dégagement de chaleur. Cependant le pla- « tine ne se combine ainsi ni à l’oxygène ni à l’hydro- <t gène.
« On peut dire, d’une manière plus générale que deux « corps mis en contact et intimement mélangés, dégagent c fréquemment de la chaleur, par suite des attractions ré- « ciproques qui tendent à rapprocher leurs particules, et « des destructions où plutôt des transformations de mou- « vements qui ont lieu par le fait de ce rapprochement. « Il suffit d’imbiber une poudre avec un liquide dans lequel « elle est insoluble, pour voir s’élever la température du « système.
a Voilà donc des faits, qui prouvent l’existence de cerc taines actions réciproques, exercées entre deux corps t mis en contact, analogues à celles qui résultent de la « combinaison véritable, et qui se développent cependant « lorsque les deux corps n’entrent pas en combinaison, »
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Monsieur Licben dit d'ailleurs très bien à propos de l’expérience de Deville, qu’il peut y avoir combinaison partielle sans que cette combinaison soit le phénomène dominant ; et Mryignac fait remarquer que Deville trouve à 360“, comme densité de vapeur 14.64 par rapport à l’hydrogène au lieu de 13,375 correspondant à une condensation en 4 volumes, ou de 26,75 P our une condensation en deux volumes : on pourrait donc conclure de ces chiffres qu’à 360% 16 pour 100 de sel ammoniac sont volatilisés et correspondent à 2 volumes, taudis que 84 sont dissociés et occupent 4 volumes ; les 16 pour 100 de sel ammoniac formé suffiraient à expliquer le dégagement de chaleur. Il y a donc lieu d’admettre qu’il se produit une dissociation momentanée qui peut passer inaperçue et qu’on a beaucoup de peine à mettre en évidence d’une façon directe.
Mais que l’on considère les ammoniaques composés et l’on pourra en déduire des preuves indirectes. Soit le chlorhydrate d’aniline. Messieurs Deville et Troost ont trouvé pour sa densité de vapeur 2,19 à 330 alors que s’il n'y avait pas dissociation, ils auraient dû obtenir 4,38. Wurtz a démontré directement qu’au delà de 250 le chlorhydrate d’aniline n’existe plus à l’état de combinaison. A de basses températures, l’acide chorhydrique arrivant en contact de l’aniline dégage de notables quantités de chaleur ; au delà de 250“, il n’y a plus de phénomène thermique.
Densités de vapeur des composés piiosphorés. — Le perbromure de phosphore se volatilise sans fondre, mais se