‹ Dent pour dent [microforme]Chapitre 7 sur 23 · LE COMPLOT · texte numérisé non relu

LE COMPLOT

Colette et soeur Mary rentrèrent en pleurant dans leur chaumière,

Le père était absent ; la mère occupée à endormir un jeune enfant ne remarqua pas d’abord le chagrin de ses filles.

Colette assise au coin du foyer où.expirait un feu de tourbe, pleurait silencieusement.

Mary se glissa près d’elle.

—Soeur, dit-elle, est-ce qu’on le pendra ?

Un sanglot fut la réponse de Colette.

La mère leva la tête.

—Qu'avez-vous, mes enfants ? demanda-t-elle.

Les deux soeurs se mirent à pleurer plus fort.

— Voyons, qu'y a-t-il ? parlez, ej suis inquiète.

Colette raconta à sa mère le drame qui venait de se Passer et dont le dénouement n’était pas douteux.

—Pauvre garçon, pauvre Tomy, dit la paysanne en essuyant une larme, on ne lui fera pas grâce, non, la justice du landlord est implacable. La même chose est arrivée à John O’Wine, un père de six enfants, rien n’y a fait, et Jack Tell et tant d’autres qui ont eu un sort semblable, non, on ne lui fera pas grâce.

L’excellente femme gémissait sur le malheur de Tomy, cependant elle se mit à consoler Colette et lui con-

seilla de se coucher afin de trouver dans le sommeil un peu de repos,

Mary, après avoir bien pleuré, s’endormit. Colette ne ferma pas les Yeux. Avant le jour elle se leva et sortit furtivement de sa chaumière.

Qu’avait<lle décidé pendant cette nuit d’insomnie ? nous allons le savoir.

“Je ne veux pas que Tomy soit pendu, dit-elle, le bon Dieu m’aidera à le sauver.”

Sur le sol irlandais, il n'ya pas comme sur notre vieille terre d’Armorique d’antiques calvaires où le chrétien puisse s’agenouiller et prier. Là aucun signe extérieur d’un culte à peine toléré. Colette leva ses beaux yeux humides de larmes vers la voûte céleste, où

dans

EUR D zéside le Dieu créateur de l’univers et, les mains joinde ses tes, elle invoqua son secours.

se Que pouvait-elle, faible jeune fille, contre la justicd eu de

inexorable du landlord ! C’était folie d’essa

jugé ce jour-là et exécuté le lendemain Colette avait donc vingt-quatre heures pour agir. |

Un brouillard épais et froid couvrait la Campagne et augmentait encore l'obscurité, Colette avançait sans prendre garde à la rigueur de la température, et à la difficulté des chemins.

À un angle du sentier, des ombres surgirent, elle sarrêta effrayée, Trois hommes s’approchèrent, elle les re-

connut et frissonna. C’étaient Willy Podgey et ses deux file.

—Colette, dit le paddy, n’ayez pas peur.

—Je vous croyais loin d'ici, répondit la jeune fille, ignorez-vous à quoi vous vous exposez ?

—Nous le savons, mais Tomy ne nous a Pas rejoints

hier, il lui est peut-être arrivé malheur, nous sommes revenus nous en informer

— Hélas! murmura la jeune fille, il a été pris.

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