‹ Dent pour dent [microforme]Chapitre 6 sur 23 · ER A · texte numérisé non relu

ER A

ser la terre pour y trouver de l’or; en quelques années je pourrais y recueillir une fortune, voulez-vous m’attendre jusque-là ?

Colette sourit avec un peu de tristesse,

—Tomy, dit-elle, ce sont là de brillantes chimères, je fais des voeux pour votre succès, mais je vous le répète, ne songez plus à moi.

—Si j'étais plus riche que William Pody ?

—Vous ne l’êtes pas, Tomy, et on ne peut accepter vos rêves pour des réalités, Je vais vous confier un secret, il est vraiment nécessaire que je vous le dise pour mettre fin à vos espéfances. Mon père s’est engagé envers William Pody et j'ai donné ma parole.

—C’est complètement décidé?

—Le mariage se fera dans deux mois.

Le jeune homme regardait Colette avec égarement, de grosses larmes coulaient sur ses joues pâles.

—Je n’ai plus qu’à partir.

—Oui, partez, Trmv, mes voeux vous s 1ivront a prierai Dieu de vus taire trouver là-bas une autre Colette, qui vous rene heureux comme vous le méritez. Adieu, séparons-noui ici.

Le jeune homme pr't les mains de la jeune fille et les serra tendrement dans les siennes.

—Je vous aimais bien, murmura-t-il.

Coleute s’éloigna en lui jetant un dernier regard dans lequel il vit briller une larme.

Tomy revint tristement au village, tenant toujours son poney en bride; il était plongé dans d’amères réflexions sur sa pauvreté et son malheur.

Quand le jeune homme atteignit le petit chemin qui, Par une pente assez raide, menait au cottage de son père, il s’arrêta consterné, ses chagrins personnels disparurent. Sa mère, ses frères, ses soeurs en larmes se tenaient devant la porte et son père parlait sur le ton

de la supplication à un homme vêtu de noir, au vis

bourgeonné, à la Perruque rousse, à l'air impassible jeune homme re”onnut le personnage.

“C’est le collecteur des dîmes de Sa Révérence, fit

prêt à fondre sur une Maison, cet être sinistre appara Le pasteur anglican a su sans doute que nous serio bientot expulsés, comme un corbeau il vient disputer

Tomy s’empressa de rejoindre sa famille.

—Viens, mon fils, s’écria Willy, supplie avec no: monsieur le collecteur d'obtenir Pindulgence de Sa R vérence,

—Ce serait inutile, mon père, répliqua Tomy dur voix sourde, à quoi bon nous humilier sans profit.

—Le garçon est fier, dit le collecteur des dîmes quand on a un ton si superbe, on a sans doute de l’ar gent pour payer. V:n8 autres catholiques, vous croye être affranchis des ards dus au ministre du culte éta bli et à son représ ::ant.

—Pardonnez-lui, mon bon monsieur, reprit Jenny le chagrin le rend Sauvage, il est plein de respect pou: Sa Révérence et Pour vous.

—Cela ne changera rien à la chose, mistress Podgey: Willy, vous devez deux livres, dix-huit pences à Sa Révérence, pouvez-vous les payer ?

—Non.

—Eh bien ! trouvez bon que j’emporte au moins quelque chose en à-compte : Tomy, mon &arçon, donnez-moi votre poney, nous verrons si Sa Révérence veut s’en contenter pour le moment.

La pauvre famille supplia en vain; Tomy, sombre, découragé, se laissa enlever la bride sans faire de résistance.

—Qu’importe, Murmura-t-il, que ce soit à lui ou au landlord.

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Le collecteur des dîmes s’empara de l'animal et salua les malheureux qu’il dépouillait.

—À bientôt, leur dit-il, tâchez d’être en mesure de me mieux recevoir.

—Que l'enfer vous engloutisse, misérable renégat, s’écria Tomy.

Mais l’autre dédaigna de relever cette insulte et poursuivit son chemin.

—Tomy, mon fils, dit Jenny, tu as tort d’injurier ceux dont dépend notre vie.

—Ce sont des êtres sans coeur, ma mère, ils se rient de nos larmes, il nous exploitent comme de vils troupeaux. Malédiction! le jour où le peuple d'Irlande se

à lèvera contre ses oppresseurs.. .

—Paix, mon fils, dit Willy, ce sont là de bien graves questions; dans ma jeunesse, j'ai pris part à une tentative d’insurrection, le faible a été écrasé par le fort, et notre situation ne s’est pas améliorée,

—Mon père, n’avez-vous pas reçu de nouvelles de l’é. tranger ?

—Non, rien et voici huit jours! il n’a pas obtenu ou

À nous a oubliés.

—Mon Dieu, mon Dieu, qu'allons-nous devenir ? —Croyez-vous, mon père, que le landlord fasse pro-

À céder à notre expulsion ?

—Je suis allé hier trouver M. le bailli, je l’ai prié

# d'attendre la récolte prochaine, il a refusé de rien entendre et m’a mis à la porte; la visite que nous venons de recevoir me semble un avant-coureur du malheur qui nous attend.

Jenny et ses enfants poussèrent de bruyants gémissements; Tomy écrasé par tant d'émotions, s’assit à l’éà cartet se mit à pleurer silencieusement.

l’EXPULSION

La famille Podgey avait compté sur les promesses l'étranger, et la Perspective d’un avenir meilleur ava adouci pour un temps les tristesses présentes; maint nant elle voyait fuire cette dernière espérance, cet ind vidu l’avait-il oubliée ou ses démarches causaient-ell ce long délai ? Les malheureux doutent toujours.

Willy, immobile sur le seuil de sa porte, attenda dans une complète atonie qu’on vint le chasser de 50 pauvre logis.

Ce jour-là le vent était glacial, une petite brum froide attristait a campagne,

Tomy se tenait près de son père, silencieux, plong dans d’amères pensées.

— Qu'est-ce que j'aperçois là-bas ? fit-il tout à coup

— Willy regarda attentivement.

—Je ne vois rien, le brouillard est trop épais.

—Si, mon père, à l'entrée de la route, je ne me trompe pas, il y a des larmes qui brillent.

—Ce sont eux, murmura Willy d’une voix éteinte.

—Les constables, le bailli! cria Tomy.

Ses deux frères accoururent.

En effet, il ne s’était pas trompé, bientôt on put distinguer parfaitement Je bailli du landlord qui s’avançait

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scorté de quatre constables en uniforme et armés de eurs fusils, —Bonjour, Willy, bonjour, mes amis, fit le bailli l'une voix cauteleuse.

Les pauvres gens consternés ne répondirent pas. Eh bien! mon brave Podgey, êtes-vous en mesure de ayer à mylord les termes en retard ?

—Non, monsieur le bailli, mais soyez assez bon... —Je ne veux plus rien entendre, pouvez-vous me payer oui ou non ?

— Non, répliqua Willy.

—Alors, les amis, détalez au plus vite, je mets la saiie sur tout ce que renferme votre cottage, mobilier, vo-

Æaille, cochon et poney.

—Quant au poney, fit Tomy, Son Honneur pourra

dle faire prendre dans les écuries de Sa Révérence.

—Quoi! le collecteur des dîmes a passé avant moi ? le coquin! il n’en fait jamais d’autres. Nous verrons

dcela, je consignerai la chose dans le procès-verbal.

Jenny tout en larmes vint avec ses plus jeunes enfants tomber aux pieds du bailli.

—De grâce, ne nous chaswz pas, ayez pitié d’une

pauvre mère, voyez ces petits innocents, si vous nous

jetez dehors nous n’avons plus qu'à mourir de faim et

2 de froid au bord du chemin.

—Relevez-vous, ma brave femme, toutes ces jérémiades sont inutiles; chaque jour j’assiste à pareille scène, je dois exécuter les ordres de mylord.

Mais Jenny se traînait à ses pieds, embrassait ses ge-

2 noux, pleurait, gémissait et tous ses enfants joignaient

leurs cris aux siens, c'était navrant.

—À Ça, allez-vous cesser de m’assourdir ainsi! fit Je bailli avec colère ; constables, faites votre métier, débarrassez-moi de tout cela au plus vite.

Le chef des constables repoussa si rudement la pauvre femme qu’elle alla rouler sur le sol,

—Vous êtes un misérable, rugit Tomy en bondissant sur lui et en lui appliquant un vigoureux coup de poing qui le renversa à terre, blessé, rendant le sang par le nez.

Ses compagnons voulurent saisir le jeune homme, mais le robuste William s'était jeté devant son frère, Georgy et Willy lui-même tombèrent sur les constables, une lutte s’engagea, il ne fallait pas leur laisser la possibilité de se servir de leurs armes.

Le chef s’était relevé, il chercha son fusil, Susy s’en était emparé et l’avait porté dans la ferme.

—Ah! maudits pourceaux, s’écria-t-il, on vous fera payer cher cette agression.

I1 n'eut pas le loisir d’injurier longtemps ses adversaires, Tomy sétant retourné, lui asséna un coup de crosse de fusil qui l’eût assommé s’il ne l'avait paré en partie.

Le jeune hornme rejoignit le bailli et voulut lui infliger une leçon bien méritée; il le saisit à bras le corps.

—A moi! au secours! criait le représentant du landlord, mais les militaires occupés à se défendre ne pouvaient venir à son aide.

Tomy le renversa et le prit aux cheveux. Le baiïlli se dégageant prestement s'enfuit laissant sa chevelure entière aux mains de son agresseur.

—Mille tonnerres! hurla le chef des constables, ces hommes sont des démons, je les tuerai comme des chiens.

—Approche, scélérat, dit Tomy l’ajustant avec le fusil dont il s’était emparé.

—Cela finira mal, reprit un des constables qui avait reçu plusieurs blessures, et le baïlli qui a filé, le vieux lâche! Je ne sais pas pourquoi nous nous ferions écharpér lorsque lui a levé le pied.

Les constables se massant commencèrent à battre en retraite. faisant toujours face à leurs adversaires; deux sulex. avaient conserver leurs armes.

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Willy et ses fils, rangés sur une ligne, restèrent là menaçants jusqu’à ce que les hommes de la police eurent disparu.

Quand on ne vit plus briller à travers le brouillard l’acier des fusils et des sabres, le fermier dit:

—Mes enfants, ceci est une mauvaise affaire pour nous, le baïlli reviendra bientôt avec un renfort et nous serons arrêtés; fuyons au plus vite, gagnons la campagne, en marchant le reste du jour, nous arriverons à la nuit à Cork; là nous serons à l’abri des poursuites.

—Âllez, dit Tomy, prenez l’avance à cause des enfants, je vous rejoindrai bientôt.

—Pourquoi ne viens-tu pas, mon fils? dit Jenny.

—J’ai une affaire, et puis mylord n’aura pas notre cottage ; avant d’en partir, jy mettrai le feu.

—J’y pensais, fit William, je resterai avec toi.

—C’est inutile, frère, un seul suffira, je me sauverai ensuite.

Toute la famille réunissait à la hâte le peu de provisions qui restait, partit sans retard pour échapper au malheur qu’elle avait attiré sur sa tête par une résistance inutile.

Tomy soulevant de larges brassées de fougères en disposa plusieurs tas dans l’intérigur de la chaumière ; il en remplit aussi la petite écurie où le cochon et les oies étaient enfermés.

“Ils n’auront rien, dit-il, rien, les misérables !”

Ses préparatifs terminés, il attendit anxieusement. Trois heures s’écoulèrent, les premières ombres du soir descendaient sur la campagne, le brouillard s'était dissipé sous le souffle de l’âpre vent du nord.

“Ma famille est sauvée maintenant, je suis tranquille ; monsieur le bailli, à nous deux !”

Un bruit semblable à un cliquetis d’armes retentit dans le lointain.

“Les voilà, dit Tomy, ah! ils sont en nombre, faisons le feu de joie. Vive mylord !”

11 jeta une allumette enflammée dans la fougère et, se glissant furtivement dans l’obscurité, il descendit le sentier qu'avait suivi sa famille.

Le bailli aperçut les flammes, le toit de chaume brûlait avec de sinistres crépitements, les châtaigniers qui abritaient le cottage prenaient feu et les branches embrasées tombaient une à une, les animaux qui rôtissaient dans l’étable poussaient des hurlements de douleur.

—Les malheureux! s’écria le bailli, ils ont incendié leur cottage.

—Le feu vient d’être mis, répliqua le chef des constables, nous pourrions saisir l’auteur du crime. C’est ce sarnement de Tomy Podgey, je parie! je ne serais pas fâché de lui régler son compte.

—Et de le voir mis à la potence, continua le baïlli.

—Cà c’est l’affaire de la justice, je n’empiète jamais sur ses attributions. Tomy Podgey me paiera les coups que jai reçus de lui tantôt. Désarmer le chef des constables, morbleu! cela s'est-il jamais vu ?

—Jamais! répondirent en choeur ses subordonnés.

—Mille tonnerres, ce crime demande châtiment !

—Eh bien’ qu’allons-nous faire? dit le baïlli.

—Avec votre permission, reprit le chef, nous allons nous mettre à la recherche de l’incendiaire.

—Prenez alors la moitié de l’escorte. je rentrerai au château avec le reste. Mais le gaillaru est alerte, bien fin si vous l’attrapez.

—On fera son possible, monsieur le bailli.

Les constables contournèrent le cottage et prirent le chemin suivi par Tomy.

Celui-ci avait de l’avance et leur aurait certainement échappé sans une imprudence bien volontaire.

“Je ne veux pas quitter le pays sans dire un dernier

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adieu à Colette, dit-il; son cottage est près d’ici, je peux sans danger faire ce détour, l’obscurité me protège.”

Le jeune homme arriva en courant près de l’habitation de Colette; célle-ci se trouvait justement à l'entrée de la cour avec sa soeur Mary.

Les deux jeunes filles eurent d’abord un sentiment de frayeur en voyant un homme s’élancer vers elles à cette heure avancée.

—Ah! fit Colette, c’est vous Tomy? qu’y a-t-il? un malheur est arrivé chez vous?

—Oui, je suis proscrit, je fuis; si la police me saisissait, je serais pendu.

—{rand Dieu! que s'est-il passé ?

—On a tenté de nous expulser aujourd’hui, nous avons repoussé les constables, nous les avons rossés, ah! comme il faut, je vous assure. Ma famille, à cette heure, est à l’abri; moi, je suis resté, j'ai mis le feu à notre cottage au moment où le bailli arrivait avec un renfort. Notre malheur ne profitera pas au landlord. Je ne regrette qu’une chose, c’est d’avoir laissé mon poney aux mains du collecteur des dîmes de Sa Révérence et de n'avoir pu briser l’échine de ce vieux drôle!

—Taisez-vous, Tomy, dit la jeune fille effrayée d’une telle exaltation. Mais que faites-vous ici ? chaque minute perdue est un danger de plus. Ah! je tremble, fuyez vite; si l’on vous prenait, mon Dieu!

—Colette, je ne voulais pas partir sans vous dire adieu.

—Merci, mon cher Tomy, adieu, meilleure chance à l'avenir. Mais partez, partez donc, malheureux !

Tomy avait saisi les deux mains de la jeune fille, et semblait ne pas songer que sa vie était menacée.

—Colette, vous ne m’oublierez pas tout à fait ?

—Non, Tomy, nous avons grandi ensemble et notre amitié ne date pas d’hier. Je me souviendrai toujours que, dans mon enfance, je tombai à l’eau et vous me

sauvâtes la vie; nous resterons amis, je prierai pour votre bonheur. Mais de grâce, éloignez-vous!

—J’ai de mauvais pressentiments, reprit le jeune homme.

—Chassez de si tristes pensées, une vie nouvelle va commencer pour vous; allez, Tomy, votre présence ici me cause une cruelle inquiétude.

—Fuyez, fuyez! s’écria la petite Mary, j'entends du bruit. Ah! mon Dieu!

—C’est trop tard! cria une voix terrible.

Huit homrnes armés apparurent tout à coup.

Tomy comprit qu’il était perdu; les constables lui barraient le chemin; se glissant à l’abri d’un buisson, il se prépara à faire une résistance désespérée. Etre pendu ou mourir les armes à la main, ce dernier parti était encore le meilleur.

Les deux jeunes filles affolées s’étaient laissées tomber à genoux sur le sol.

—Grâce, grâce, épargnez-le! criait Colette, croyant que ces hommes de police pouvaient être fléchis par quelque chose.

D’ailleurs leur devoir était d’arrêter le coupable.

—Fâché de vous refuser, ma belle enfant, ricana le chef des constables; nous avons interrompu mal à propos votre causerie, hein! Il en cuira à maître Tomy d’être resté faire l’aimable avec une jolie fille. Hé! Hé! il a bon goût, qu’en dites-vous, les camarades ?

Le soudard étendit le bras pour saisir la jeune fille.

Un cri rauque s’échappa de la poitrine de Tomy, une balle siffla dans l’air et le chef des constables roula dans la poussière.

La petite Mary essaya d’entraîner sa soeur, mais celle-

* ci était brave, elle voulait voir ce qui arriverait au malheureux dont elle causait involontairement la perte.

Les constables firent une décharge sur le buisson d’où était parti le coup, mais Tomy qui avait prévu cette ri-

poste se glissa quelques pas plus loin ; il regarda s% pouvait fuir à travers champs: non, le passage n’était pas libre, il allait être cerné.

“Je n’ai plus qu’à vendre chèrement ma vie, pensa-til; eh bien! je mourrai près d’elle et pour elle.”

Cette pensée ranima son courage.

Un des constables voulut franchir un fossé pour s’emparer de Tomy par derrière; l’obscurité ne lui permit pas de voir un épais filet de pêche étendu là pour sécher, ses pieds s’embarrassèrent dans les mailles et il tomba ‘n poussant un affreux juron.

Colette s’élança à son secours mais soit maladresse, soit volontairement, le constable se trouva si bien enveloppé dans le filet qu’il ne pouvait s’en dégager.

—Maudite fille! dit-il, tu prends parti pour le révolté, tu paieras cela à ton tour.

—Je ne prends parti pour personne, répondit Colette, je plains un malheureux, il est vrai; si pareille chose vous arrivait, je ne vous refuserais pas ma pitié.

Mais Tomy avait encore à lutter contre six constables, il ne pouvait manquer de succomber tôt ou tard. En effet, après une lutte acharnée, il fut pris par les hommes de la police et emmené au village, malgré les cris et les pleurs de Colette et de sa soeur.

—Et c’est moi qui suis la cause de sa mort! sanglotait la jeune fille.

—Non, Colette, c’est mon imprudence qui m’a perdu, ñe vous reprochez rien, mon amie, ne pleurez pas, la vie n''était-elle si douce ? Adieu, ne m’oubliez pas, ma dernière pensée sera pour vous.

—Jamais je ne me consolerai d’avoir causé un si «rand malheur, gémissait la pauvre enfant.

— Allons, en marche et qu’on en finisse avec ces balivernes, s’écrièrent les constables en poussant rudement eur prisonnier. Tomy jeta un dernier regard à Colette éplorée et se laissa emmener. 3

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