POSITION DE L'OPÉRATEUR
Le corps doit être maintenu droit autant que possible, son poids reposant sur les talons, les épaules légèrement portées en arrière pour permettre une respiration profonde, régulière et calme. La respiration doit être faite par les fosses nasales ; à intervalles, il est bonde faire, la tète un peu portée en arrière, une inspiration et une expiration prolongées.
Ces précautions sont nécessaires ; elles diminuent notablement la fatigue corporelle et permettent d'entreprendre avec un minimum de fatigue des opérations de longue durée. Les miroirs sont d'utiles auxiliaires ; ils permettent d'éclairer le champ opératoire souvent fort réduit et donnent, en outre, une image réfléchie de la dent ou des dents sur lesquelles on opère. Dans nombre de cas, la position qu'il serait nécessaire de prendre pour voire distinctement une région où les rayons lumineux n'ont pas accès direct deviendrait rapidement très fatigante. Ces opérations peuvent être faites entièrement « dans le miroir ». Cette habitude s'acquiert très rapidement ; elle doit être soigneusement entretenue et cultivée, et l'opérateur arrive sans aucun effort, d'une façon réflexe, à passer d'une position à l'autre.
La main gauche, dont l'éducation n'est jamais aussi parfaite que celle de la droite, doit être exercée ; certains auteurs avaient suggéré l'excellente idée que tout dentiste devait arriver à écrire également bien avec les deux mains. Dans nombre de cas, les mille petites difficultés opératoires, avec lesquelles on est aux prises dans la pratique journalière, sont facilitées par l'habileté développée de la main gauche (1).
Certains opérateurs recommandent la position assise. Elle est excellente pour les opérations minutieuses de longue durée, comme les émaux, mais ne saurait être généralement adoptée.
(i) Cerf,Dc l'ambidextrie en dentisterie. Congrès de Bruxelles, igio.
3/j POSITIONS ET EXPLORATIONS
Pour conserver aux doigts toute leur souplesse, il faut, quel que soit l'instrument dont on se serve, prendre un point d'appui ferme. Ce point d'appui est variable selon les dents sur lesquelles on opère et le tact naturel de l'opérateur. Il sert de levier puissant quand l'intervention demande une certaine force (incision de la dentine, résection d'émail) ; il permet une délicatesse de toucher parfaite pour les interventions précises.
Ces règles générales pour la position du patient et de l'opérateur s'appliquent à peu près à toutes les opérations de chirurgie dentaire. Nous signalerons dans les descriptions qui suivent les modifications qu'elles pourront comporter.
La tenue de l'opérateur doit être très soignée. Il doit être vêtu d'un veston de toile blanche lavable, à manches un peu courtes, d'une minutieuse propreté.
§ 2. — Examen préliminaire ou exploration generale de la bouche
Le patient étant placé dans le fauteuil d'opération, dont les diverses parties ont été vérifiées et solidement serrées, et les différentes précautions antiseptiques étant prises au point de vue de l'opérateur et du matériel opératoire, telles qu'elles sont indiquées ci-dessus (1), le dentiste procède à un examen général de la bouche et à l'interrogatoire du patient dans les conditions indiquées dans notre volume de clinique (2).
Il établit son diagnostic et note sur le schéma de la feuille d'observation les différentes altérations qu'il constate et qu'il devra traiter.
Nous ne saurions trop insister à nouveau, comme nous
(i) Voir Antisepsie du matériel opératoire et de l'opérateur, pp. 16-20.
(2) Voir Clinique des maladies de la bouche et des dents, par Ch. Godon et E. Friteau, pages 14 et 4g.