‹ Département de l'instruction publique [microforme]Chapitre 2 sur 3 · L'ECOLE ET LA VIE · texte numérisé non relu

L'ECOLE ET LA VIE

Eu limitant l'école primaire destinée à tous les enfants, le programme ne tient pas compte des carrières que chacun pourra embrasser plus tard. 11 fournit les éléments nécessuites à ceux qui n'iront pas plus loin ; mais en même temps ii crée les capacités intellectuelles qui permettront de nouveaux développements.

à Lt S'TRRAALT « ET | Res

FCoréi

J'ouvre une parenthèse pour dire que l’école primaire ne peut préparer l'enfant à la vie qu'en lui faisant assimiler les éléments indispensables, et en lui donnant un esprit éveillé : elle oriente eu fixant un bon point de départ. J'ai déjà dit qu'exiger davantage cest encombrer l'école primaire, exiger des enfants un travail qui n'est pas à ln portée de leur esprit, et faire sortir l'école primaire de son orbite.

er Toutefois, sans spéciuliser le programme elle peut cependant l'interpréter de manière mt 1 ÆR . n n . 0 D ñ rect. à orientes les enfants vers la destination de la masse d'entre eux. C'est l'enseignement

indirect qui à une importance considérable sur la formation de la mentalité de l'enfant et l'orientation de sa vie. Le programme donne quantité de choses d'observation, de sujets de rédaction, ete,, demande force problèmes, des lectures, ete., et recommande d'appliquer cela aux besoins des élèves. C'est au professeur de faire ce travail, Mais ce travail il le fera au moyen de livres qui lui en fourniront les éléments, I serait done désirable que les livres varient suivant les régions et même les écoles, pour répondre à cette nécessité réelle, Ainsi lex arithmétiques, surtout da: le passé, é

vient accaparées par le commerce ; on y trouvait peu de problèmes agricoles, encore moins de

leuks qui ouvrent des perspectives sur le travail technique : et cet enseignement, à peu près uniforme dans son fond, informait li mentalité des élèves de la campagne aussi bien que des élèves qui aspirent aux écoles industrielles, Il ne faut pas en accuser le programme : les auteurs de manuels et les commissions scolaires, duns le choix de leurs livres, ont une influence plus décisive.

des Mais si le programme lui-même ne vise pas à préparer immédiatement l'élève à au-

cune spécialité, la création de l'école complémentaire y pourvoit suffisamment et d'une manière plus complète et plus rationnelle, Cette addition complète le système en établissant une gradation qui prend l'enfant sans instruction pour le conduire par étapes successives jusqu'aux portes des écoles spéciales. On me permettra d’élucider cette question en exposant la distribution des cours

L'école primaire, suivant ce que déjà dit, se partage, avec le nouveau programme, en primaire-élémentaire et primaire-complémentaire, chacune avec la destination déjà définie,

L'école primaireélémentaire comprend trois séries de cours : cours enfantin, cours élémentaire et cours modèle, Cette appellation (cours élémentaire et modèle) a été conservée par le sot mité pour des raisons d'ordre administratif. Une autre appellation aurait exigé une modification dans la législation ; une distribution différente aurait dérangé le mode de répartition des octrois scolaires et cansé des perturbations dans l'administration locale, les écoles modèles avant été construites par les contributions de toute la municipulité.

Cours en- Voici maintenant les caractéristiques de chacun de ces cours. Le cours enfantin à pus pour but de préparer le jeune enfant à suivre avec fruit le programme d'études primaires qui ne commence réellement qu'avec la première année. Il soude l'école maternelle à l'école primaire et se confond avec la dernière année de la “elasse enfantine” de cette dernière. Son but n'est pas tant de faire acquérir des connaissances qu'à erciter et diriger l'activité spontanée ct Hbre de l'enfant : exercer ses organes, éveiller son esprit d'observation et de recherche, ouvrir son coeur aux bons sentiments et Ini inculquer de bonnes habitudes d'ordre

et de régularité. On peut y être admis À six ans.

Considérant que plusieurs écoles de ville sont organisées avec un professeur pour

Den nnbEn se momagnane

Cours élémentaire.

Cours modèle,

Ecole c»mplementaire.

chaque classe, et que certains enfants, arrivant à l’école avec un esprit plus ouvert par l’âge on l'ambiance, sont censés capables de suivre avec succès la première année du cours élémentaire sans passer par cette étape préparatoire, le sous-comité n'a pas cru devoir rendre INISSION au COUrx

gatoire en l'imposant comme condition sine qud non d'a

ce Cours € élémentaire. Mais c'est son avis qu'il s'impose dans toutes les écoles où les enfants, nombreux, sont partagés en plusieurs cours sous la direction d'un seul maître et ont une fréquentation irrégulière, Le programme de première année du cours élémentaire n'est pas suftisamment assimilable pour les esprits trop jeunes et trop peu éveillés 5 il a été légèrement diminué toutefois pour facilites l'admission de ceux qui seraient jugés capables d'y entrer

sans passer par le cours enfantin.

Le cours élémentaire comporte les quatre premières années de l'école primaire, C'est l'école la plus répandue dans les campagnes, celle dans laquelle acquièrent strictement lex éléments. On l'appelle le premier degré de l'instruction primaire, Bien qu'il n'y ait dans ce cours aucune subdivision officielle autre que le pastage en quatre années, il comprend réellement deux cours caractéristiques : l'inférieur, constitué par les deux premières années donne un enseignement purement oral : il établit le point de départ en enseignant la lecture, » de l'esprit d'obser.

l'écriture, les quatre opérations fondamentales du ealeul, et pose les bas vation : les troisième et quatrième années, que j'appellerais le cours moyen, entre l'inférieur et le modèle, utilise la préparation des deux premières années pour développer les capactités, en faisant acquérir ce qui constitue proprement les connaissances primaires,

L'ensemble de ce degré on cours est done caractérisé pur l'acquisition des éléments primaires. L'élève Ya appris en effet tous les éléments de la grammaire, la lecture cou: rante d'une maniè-e expressive, les opérations fondamentales sur les fractions, la géographie approfondie de la province et une vue d'ensemble du Canada, en même temps que tout son catéchisme et une vue complète de l'histoire du Canada,

Le deuxième degré où cours modèle comprend les 3e et 6e années. élargit les con. naissances, mais surtout les affesmit, en les utilisant ou les appliquant dans une synthèse générale qui les relie dans l'esprit. La dernière année spécialement est une année de svuthèse appliquée,

En résumé, le cours enfantin prépare : la première partie du cours élémentaire jette

les bases, li seconde développe : le cours modèle affermit,

Eu se penétrant bien de ces données caractéristiques, le maitre rendra plus facile son classement et le travail de promotion annuelle. 11 sea bon de remarquer qu'en français, par exemple, l'enfant apprend en premièse année la lecture matérielle il doit syllaber à la fin de cette année : en deuxième année il s'entraîne à lire couramment ; en troisième année il affermit la lecture courante et initie à tous les éléments de la grammaire qui seront approfondis en quatrième année, On m'est admis an cours modèle qu'après avoir acquis

la connaissance de tous les éléments de grammaire et d'arithmétique.

L'école primaire terminée pour la masse de ceux dont l'influence sociale et les res ponsabilités ne dépassent guère le cercle de la famille, il faut pourvoir aux besoins de ceux

dont le rôle social s'élève et les responsabilités s'éligissent. Les collèges classiques peuvent

s le premier degré de l'école primaire, et nous n'avons pas à

recruter leurs élèves même 4} nous en occuper, parce que la disposition de leurs cours v pourvoit.

Mais les écoles spéciales qui se multiplient pour préparer des élèves dans l’agriculculture, le commerce et l'industrie, méritent que l'école primaire leur prépare des sujets üptes. Cette question est d'use telle importance pratique que je demande la permission de consigner ici des considérations et le résultat d'observations que j'ai été conduit à faire au cours de mon travail, F-

I ext absolument irraisonnable de demander à la petite école primaire, qui ext l'école de tout le monde, de préparer des sujets capables d'être admis de plain-pied aux écoles spéciales, Depuis que le sons-comité à reçu ordre d'alléger le programme, des demandes nous sont Vertes de diverses écoles spéciales d'ajouter ce qui peut préparer à chacune de leurs spécialités. Comme les spécialités sont multiples, il faudrait préparer à toutes les spécialités ; or ce système amène-ait la congestion dans le progranime et prolongerait sans mesure la durée de l'école primaire,

Qu'on veuille bien le remarquer : les p'ogrammes ne se soudent pas et ne peuvent pas

se souder entre ces deux catégories d'écoles. Les programmes des écoles spéciales demandent une maturité d'esprit qui dépasse li capacité intellectuelle d'un enfant de l'école primaire ; ils exigent une somme de connaissances qui déborde l'enseignement primaire, Comment, en elfet, croire qu'au sortir de l'école primaire l'élève puisse se livrer avec fruit aux études de mécanique appliquée, d'électricité, de physique générale, de chimie, d'arpentage, de construction des machines, ete. telles que je les trouve au programme des écoles techniques ? Des personnes autorisées n'ont même déclaré que pour suivre avec fruit les cours de l'école technique, l'élève devrait suivre préalablement un entraînement technique spécial dans le travail du bois et du fe: le modelage de la glaise, les assemblages à tenon et mortaise, et la sculpture. Comment introduire celx dans nos écoles primaires ?

Chaque spécialité fouruirait quelque chose d'analogue jour gonfler notre programme primaire et transformer la petite école en une espèce de polytechnique élémentaire,

Nos comprenons la nécessité pour l'école primaire de s'organiser pour fournir des sujets à toutes les écoles qui veulent créer des élites à notre race. Mais cette organisation doit se faire sans préjudice de la formation générale qui sert de base à toute vie, quelle que soit son o entation spéciale,

En face de ces exigences inconeiliables, le sous-comité s'est dit : Ramenons donc les choses à l'état naturel, et donnons À ehaque école le rôle que la nature Ini assigne. Laissons à l'école primaire les éléments qui conviennent à l'esprit des enfants : faisons-leur une base avant de bâtir leu avenir : puis nous ajouterons le couronnement qui permettra à l'édifice de élever jusqu'à la hauteur voulue pour atteindre le niveau des écoles spéciales,

Et voici la solution offerte par le nouveau programme.

Il sépare nettement l'école primaire élémentaire de toute école qui spécialise, T1 vise a donner ce qui est indispensable avant d'entreprendre aucune spécialisation des connaissances fondamentales générales, et nn esprit observaten: et réfléchi,

Ce premier stage parcouru, l'enfant qui veut poursuivre ses études à ce qu'il faut pour songer à appliquer ses connaissances et ses ressources intellectuelles à quelque chose de spédal, suivant ses aptitudes et ses goûts. Le programme lui offre l'école primaire-complémen-

al- taire qui va affermir et élargir ses connaissances générales, et l'entrainer au genre de spé-

ts cialisation qui lui va mieux. Le programme de cette école complémentaire est à faire :

de notre sous-comité n'a pas mission d'y mettre la main. devra contenir une partie qui au contribue à accentuer la culture générale et une partie qui prépere immédiatement à quel-

qu'une des spécialités : agriculture, commerce, industrie. Cette partie d'initiation du pro-

gramme devra nécesstirement se rédiger avec le concours des spécialistes qui dirigent ces nt écoles, et la durée en sera fixée suivant les exigences de la spécialité en vue. En France, Belvie gique et Nuisse, où ces écoles fonctionnent, les cours durent généralement deux ans, dans ds quelques écoles trois ans. Dans ce programme, on pousra faire entrer tout ce que l'on le demande aujourd'hui de mettre dans les écoles primaires à titre d'initiation, et encore es davantage si l'on veut,

E L'esprit ouvert et les aptitudes développées par cet entrainement, le jeune homme de 15 où 16 ans (c'est l'âge qu'il devra avoir si la promotion s'est faite régulièrement pendant toute la durée des cours) sera en état de répondre au but des écoles spéciales. C'est

Le John Seath, surintendant de l'éducation en Ontario, qui déclarait qu'avant 14 ans l'enfant

de n'est pas prêt à l'entrainement industriel,

5 On ne peut objecter sérieusement que la durée des études est trop longue avant d'at-

ee teindre les écoles spéciales et que le recrutement en souf'rira, Elle est bien plus longue

le pour atteindre les professions libérales, cependant celles-ci sont encombrées, sans qu'aucune

: mesure coactive les y force, Avec l'idée vague que lon peut tenter l'accès des écoles spécia-

les en partant de n'importe quel stage de l'école primaire, et muni d'un bagage de connais-

; sünces qu'aucune autorité n'a contrôlées, on se jette sans préparation vers ces écoles, et

S le résultat est de faire crier à la faillite de l'enseignement primaire, Quand on sera bien

li tixé sur la qualité de la préparation requise et qu'on aura des écoles qui donnent cette préparation, on fera comme on fait pour atteindre les professions libérales: on suivra la filière, L'Université a tracé sa voie à celui qui veut Yarriver : elle ne force personne, elle lui iudi-

que seulement à quelles conditions, officiellement constatées, elle le recevra, Et elle reçoit.

Et pourquoi n'aurait-on pas les mêmes résultats dans l'enseignement spécial, avec une waunisation similaire ?

ë 4 Certificats C'est pour la réaliser, cette organisation, que le sous-comité, dans éunion du 11

1e 4 d'études id » ? se décembre 1917, a résoln de demander au Comité catholique la ion du certificat d'études,

4 Etud :

s- pr Ce certificat pourrait être donné au moins à la fin des études primaires, sinon en com-

1" mençant à la suite du cours élémentaire, Aucun élève ne serait admis à l'école complémen-

à À taire sans ce certificat. I suffit de connaitre la nature humaine pour savoir combien l'at-

" | trait des parchemins peut faire éclore d'esprit de sacrifice et sourdre d'énergies persévérantes, Ce serait un stimulant des plus énergiques, ne compostant rien d'odieux, pour inciter les élèves à se rendre jusqu'au bout des études primaires. Ce certificat mettrait entre les mains de l'élève qui a fait tout son cours le témoignage officiel d'un devoir accompli jus

Ke 3 qu'au bout, d'une capacité acquise 5 il déchargerait devant le trésorier de la municipalité

s- 4 de l'obligation de la rétribution mensuelle et, surtout, il ouvrirait la porte aux spécialisations,

sa ra rs Mais pour parfaire cette organisation et assurer aux écoles spéciales le recrutement de

a sujets aptes à suivre leurs cours sans en baisser le niveau, il faudrait ajouter le certificat

d'études après le stage de l'école complémentaire. Le Conseil devrait, à mon avis, créer El

ne s PE PANNE A LE RETENIR 20

ce certificat, s'il accepte cette école complémentaire. Ni les écoles spéciales négligent de l'exiger pour l'admission à leurs cours, elles perdront pur le fait même le droit de se plaindre de l'organisation primaire, tout comme l'Université aurait mauvaise grâce de critiquer l'enseignement secondaire où primaire s'il lui prenait fantaisie de recruter ses élèves dans les premières années de lettres des collèges classiques, où au cours modèle des écoles primaires.

Par cette organisation, il y aurait de l'ordre et de la suite dans tout notre système d'enseignement ; les délimitations seraient nettement marquées, et les transitions solidement établies. Puis on assurerait un bon niveau aux écoles spéciales.

QUELQUES REMARQUES SUPPLEMENTAIRES

Ce rapport est déjà trop long. Toutefois, je croix nécessaire d'y ajouter les remar ques suivantes : -

lo Les notes pédagogiques devront souligner cesctains points que je signale dans ce rapport, notamment la division des matières en essentielles et accessoires. Ces notes ne seront rédigées que si le Comité catholique accepte le programme.

20 J'aurais voulu faire entrer au programme une partie se rapportant aux travaux manuels et à l'éducation physique possible dans certaines écoles au moins. 11 y aurait là une culture intellectuelle des sens qui accentue l'esprit d'observation et donne un entrainement magnifique vers certaines spécialités ; elle pourrait se concentrer, sur tont le parcours des études, avec le dessin, l'enseignement de l'arithmétique, ete. J'en ai donné un aperçu au cours enfantin. Ceci faciliterait une meilleure assimilation du programme sans le sur. charger. Le temps n'n manqué, les connaissances aussi. 11 feruit facile d'y anppléer en adoptant le système Froebel amélioré,

Page 1