‹ Département de l'Yonne. Documents relatifs à la vente des biens nationaux dans le district de SensChapitre 9 sur 267 · LA PROPRIÉTÉ NOBLE ET LES BIENS DE 2^ ORIGINE · texte numérisé non relu

LA PROPRIÉTÉ NOBLE ET LES BIENS DE 2^ ORIGINE

On iiaurait pas une idée exacte de la grande propriété foncière laïque si l'on considérait seulement l'étendue des biens confisqués sur les émigrés. La plupart, en elïet, des grands propriétaires fonciers du district ne passèrent point les frontières et les biens nationaux de seconde origine ne représentent qu'une faible part des terres qui appartenaient à la Noblesse.

La seigneurie de Chaumot, au district de .Joigny, était passée, en 1771, entre les mains du j)rince Xavier de Saxe(l), qui était ainsi devenu propriétaire, dans le district de Sens, des fermes de Montgerin et de Ik'acy et de forêts considérables sur les finages de Courtoin, Domats, Egriselles et Savigny. M. Mégret d'Etigny, dont la famille avait fourni des intendants, un grand audiencier de France et un trésorier de l'Extraordinaire des guerres, était un vrai marquis de Carabas : cbàtelain de Tbeil, dont la seigneurie avait été acquise 212.000"' (2), par sa mère, en 1739, seigneur d'Etigny et de Passy, où s'élevait son cbàteau, ses domaines à Tbeil, Noé, Pont-sur- Vanne, Vaumort, Màlay-le-Roi, Etigny et Passy, dépassaient 2.0(55 arpents de terres, 310 arpents de prés, 1.1'SO ar])ents de bois. Le marquisat de C.bampigny, dont dépendaient près de 700 ar])ents de bois et plus de (300 arpents des meilleures terres de la contrée, venait d'écboir à M. Testu de Balincourt, par son mariage avec l'unique béritière des Bernard, auxquels cette seigneurie apj)artenait depuis trois siècles (3i. Un ancien président de

( 1 1 Arcli. Vomie. K .î.);!.

(H) Arch. Vomie, K -201.

('{j Arch. Yonne, K 17. Voir le contrat de niariatre du 7 noveiiil)re 148U entre Etienne de Bernard et Anne liCpoux, fllle de .lean Lo{îou.\. .secrétaire de Louis XI, et le testament, du -2:i avril 17cS-2, de .lean-Fram.dis-Alexaiidn' de lîcrtianl. marquis de (Ihaini»ij,'ny. comte de Mimtj-'on.

INTHOnrCTIOX XXWII

la Cour des Aides, M. ('ordier de Montreuil ( 1 ), seigneur de Vallery, possédait, tant sur Vallery que sur Villethierry, 627 arpents de terres et prés et 1.130 arpents de bois. Le marquis de Maubcc, descendant de la famille italienne des Planelli, établie au commencement du x\u*^ siècle à Lyon, où elle avait occupé les plus hautes charges à la (^our des Monnaies et au Bureau des Finances, s'était rendu acquéreur, en 1760, de la seigneurie de Thorigny (2). Comme baron de Bray, dont au moyen-àge la chàtellenie comprenait dans sa mouvance féodale une partie de la région septentrionale du district (3), le duc de Mortemart était propriétaire de vastes domaines à Gourion et sur les paroisses voisines. Dans ces mêmes parages, l'ancien contrôleur général des finances, M. Maynon d'Invault, seigneur de Gisy, Michery et Yillemanoche (4), possédait 1.368 arpents de terres arables et de prairies et 828 arpents de bois. A M. de Bérulles, président au Parlement de Grenoble, appartenait prescjne tout le finage de Foissy (5), sans compter d'autres domaines, dans l'Aube et le district de Joigny, à Rigny-le- Ferron, à Cérilly et à Bérulles, dont la terre avait été érigée en marquisat (6). Un trésorier de France, M. Lecouteulx, se partageait avec M. d'Alonville la seigneurie de ^Nlontacher ; celle de Villeblevin était échue au vidame de Vieilsmaisons, M. Jacquier, celle de Dollot à M. de Thienne, celle de Yillegardin aux Dupré-Saint-Maur. Le marquis du Quesnoy, le comte de Polignac, le marquis de Roquelaure, le comte du Roure, le duc de Montmorency-Luxembourg, avaient dans la région quelques parcelles de leur immense fortune terrienne. Auprès de ces grands seigneurs faisaient mesquine figure les membres de la petite noblesse du pays, les Bullioud, les Biencourt, les Couste, les Jussy, les Marsangy, les Lhermitte, les Rossel, les Duval.

(1) L'un des fils de M. Coidier de Montreuil. l'intendant de Caen, Cordier de Launay, émigra.

(2) Voir Arch. Yonne. K 269, E 292.

(3| Voir infra, notice de Champigny.

(4i La seigneurie de Villenianoclie avait été acquise du comte de Saint-Mesme, Aune de l'Hôpital, en 1747, par M. Maynon d'Invault, moyennant lôO. 000**. i Arch. Yonne. H •■ïï2i. (5) Voir Cahiers du bailliage de Sens, p. 228. (()) Arch. Yonne, Q 279.

INTRODUCTION

Indépendamment de ceux qui pouvaient présenter un nombre suffisant de quartiers d'authentique noblesse, les grands propriétaires fonciers du district comprenaient une catégorie de gens qui, sans être nobles, s'étaient haussés peu à peu jusqu'à la noblesse. Enrichis dans le négoce ou entourés du prestige des charges de judicature qu'ils exerçaient de père en fils, au bailliage, à l'élection ou à la maîtrise, les Fauvelet, les Jodrillat, les Garsement, les Benoit, d'autres encore, étaient très éloignés de la bourgeoisie d'où ils étaient issus. Lors des élections aux Etats-Généraux, s'ils furent exclus de l'assemlilée de la Noblesse, le Tiers protesta justement, de son côté, contre leur maintien dans ses rangs <1). Aussi les avons-nous fait figurer à la fm du tableau suivant, où l'on trouvera la liste des grands propriétaires fonciers laïques du district.

Tableau des grands propriétaires fonciers laïques, nobles et anoblis

proprii:taiui:s (2>

SITUATION

des

BIENS-FONDS

TRRRES (arpents)

PRKS

et VIGNES

(arpents)

BOIS (arpents)

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