BURES-ET-BURETTE
Dép. Seiiie-Inf. ; arr. : Neufchâtel ; canton : Londinières. Sur la Béthune à 8 kil. N.-X.-O. de Neufchâtel.
Gén. : Rouen. ; él. Arques.
Pop. : 1754 : 96 f. ; 1789 : 120 f.
Seigneurs haut-justiciers : les religieux de Bonne-Xouvelle (2). Patron : l'abbé de Fécanip, pour les deux portions.
était estimé à 3.374 1. en 1725, à 11.084 1. on 1768. Le Bret on 1789 a château, cour d'hoinieur et avenues, le tout estimé seulement 200 ]. de revenu, douzièmie déduit ! 11 n'y avait pas de seigneurs ecclésiastiques : les moines de Clrain ville avaient 4 acres de labour louées 44 1. \jV trésor avait une maison et une acre et demie de terre louée 41 1., la maison du vicaire (30 1.). Le bénéfice-cure était assez importaîit : il comprenait le presbytère, en mauvais état, avec cour et jardin, une acre et demie do masure (50 1.) et toutes les dîmes i2.300 1. en 1789). Le même bénéliee n'était évalué qu'à 825 1. en 1751 lA. S.-Inf., C. 529 L f. 121-129).
(1) Burette, hameau de Bures, ne formait ([u'une paroisse avec Bures ; il avait cependant son église, oii ol'ficiaiont alternativement les deux curés de Bures.
(2) Ta' prieuré de Bonno-NouAollo avait été fondé en 1060 par l'abbaye du Bec, sous le nom de Notre-Dame-du-Pré, à Emendreville. (aujourd'hui le ([uartier Saint-Sever do Rouen). A Bures, il y avait eu, au Moyen âge, un prieuré dépendant de celui de Bonne-Nouvelle. Il était disparu depuis longtemps ; mais les religieux de Bonne-Nouvelle avaient conservé la seigneurie et la haute, justice qui lo\jr avaient été confirmées en 1669, à la suite d'un procès avec l'abbave de Fécamn.
iti it i:s-r.T-i!i Kl TTi: 1 '*
Procès-vi.iu? \i.
Asscinbh'O élnlorali' If 'i in;u's. '■ en l'audit'iKt' df <•• li'Mi . «Irvaiil 1'. llilarii»n nelaooudiv, avocal au Pai-lcinnit. bailli liai'l-jiisticifr de la liaiitf justice et vcrderic d»' lîurcs (U ; 1 '' <»un|>aiMiils : Cuil. C.ai'iu, Nie. Delauiiyy, Thoni. l)t'lauita\ . .1. liieualuié. Alex. P)auni(Mi(. Aut. Cartier. A<1. Li'febvre, Ad. TuiMjnt'I. .1. L<'la> . .1. Siuioii, .Mathieu Béuard, .lac. Lctour, ,lac. Gardiii. .lac. llcnncvcu. Ils siuiu'ul tous le procès-verbal.
Députés : (Uiil. Giuiu, Ad. Turciuet (2).
Cahier des doléances de la paroisse de Ihires-et-Durctle, hameau dépendant du dit Bures (.'*).
Disent les lial)itants soussia:nés qu'il est (lésirai)le qu'il soit pourvu à la l'éforine des abus, à rétal)lissenient (l'un ordre fixe et durable dans toutes les parties de Tadministration, ot de s'oeeuper de la prospérité du royaume et du bien de tous et de chacun des sujets de Sa Majesté.
Qu'il est surtout néeessaire de pourvoir au soulagement des habitants des eampaj^nes sur lesquels les impôts ont pesé jusqu'à présent : il est aussi indispensable de remédier à l'abus de l'inégalité de répartition de ces mêmes impôts et d'adopter pour la taille un autre régime que l'ancien.
Remontrent lesdits habitants que tous les sujets du royaume,
il) Aiid'once est mis pour auditoire ou prétoire, mot que Ton trouve à la fin du cahier. La haute justice de Bures comprenait, en totalité ou en partie les paroissesdc Bures, Osmoy, Saint-Valéry. Mesnil-Follemprise. Poiuintrx ;d : elle avait des extensions sur Fresles et Mesnières. Delacoudre. aueien main- d<' Neiilchàlel. était procurem. syndic du DéparteuKMit de NeulVliàtcd cl l-ii. 1! fut un des commissaires-rédacteurs du cahie]- lu bailliace secondaMt- de Ninlchàtel et du l>ailliage principal de Caux.
(2) Le député (îarin est propriétaire d'une n rmc de 20 ai n^s et d une prairie de 400 1. de r(>veuu : il paie 181 1. : Turquet tient une fernu' de Tablée de Bomit- Nouvelle pour 4.000 1. ; il paie 801 1. Parmi les autres comparants : .Nie. Delaunay (ferme de M. de Sedai^çe : herbasfc et 60 acres pour 800 !.). imposé à 297 1. : I. Bienaimé (ferme du marquis de Poutrimont pour 2.600 1.1. imposé à 647 !.. Thom. D(daunay, propriétaire, i66 1.1. BeaunnuU. marchand. «17 1.1. Cartier, menuisier. (61 lî : .1. Lefay, maréchal : les autres sont dr jxtits iiiltivateurs, excepté llenneveu. qui est tisserand.
En 1789, taille : 2.970 1. ; accessoires : 1.740 I. : capitation : 1.876 I. ; au total avec les frais accessoires : 6.723 1. 12 s. 9 d. Exempts : Langlois, curé pour la première portion, fait valoir son bénéfi ^e, Belamy. curé pour la seconde portion, ne fait valoir que son manoir presbytéral : Ixomain Uavct, maître d'école, fait valoir sa demeure (A. S.-L, C. 1770). Quelques tisserands ; onze mendiants et absents.
(3) Le cahier a des rapports avec celui de Boue|l(\ cahier type d'un groupe de 12 cahiers du bailliage de Xeul'chàtel. Cf. Cahiers du bailliage île ?seufchàtel. p. IXet 65. Il a peut-être inspiré hîi-n\ème celui du Mesnil-aux-Moine? qui contient des formules semblaldes.
I 'i<) iiAii.iJ A(.i: d'à MOI i:s
j);u'(i('i[)anl aux a\a[i(aL>rs du ;.n)ii\('j'iM'in('iil IVaiicais, (loivciil aussi parlirijcir- à loiilcs les cliai'i^cs à pfopor'lioii de Inii' aisance.
(-(' (jiii a rlô l'ait c! aF'twMé, aprrs Iccliii-c, an dil prcMoifc, d(» Hurtîs, le lïHM'ci'cdi ^i iiiat's 178t).
Sii^né : Th. I)(> Lauriay, Bicnaimo, Nie. de Lauriay, Heauriiont, (larlior, lleinieveii, Lofay, Simon, Jar. Gardin, Mathieu f^éruu'd, Bouclié, Guil. GarJn, Turqiiet, \a)1()ui\ Delacouhlrcv.
CALLEVILLh: (Callcvillc-lus-deux-Eglises).
Dép. Seine- Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Tôtes. A 26 k. S.-S.-O. de Dieppe.
Gén. : Rouen ; él. Arques.
Pop. : 1754 : 77 1". ; 1789 : 110 t.
Patron : le seigneur, pour les deux portions.
PROCÈS-VERUAL
Assemblée électorale le 8 mars 1789, « en la maison presbytérale de la paroisse de Calleville-Petit-Moutier, une des paroisses de ce lieu », devant Nie. Lemaître, syndic des deux paroisses, comme ne faisant qu'une seule et même communauté ». Dix comparants : M. J.-B. Boyard, laboureur, I*. Sadoc, propriétaire, J.-B. Médard Gottard, marchand laboureur, propriétaire, Ch. Vauquelin, tisserand piopriétaire, tous quatre de la paroisse de Galleville-Grand-Moutier ; Ch. Frichet, laboureur, Jac. Lacaille, propriétaire voiturier, Laurent Lattelais, marchand propriétaire, Nie. Massieu, marchand propriétaire, P. Nicolet, tisserand, P. Laur, Métais, tisserand, tous six de la paroisse de Calleville-Petit-Moutier. Tous les comparants ont signé ; leurs signatures, bien formées, indiquent un certain degré d'instruction.
Députés : Boyard, Frichet (1).
Cahier des plaintes et doléances.
[1] Représente ladite assemblée que le tiers état est accablé d'impôts, que Sa Majesté est suppliée de faire répartir également
(1) Boyard est un fcrrrii(>r du marquis do Matlian, (150 acres, 2 charrues, un troupeau, 10 vaches), imposera 814 1. de taille et suites Frichet est aussi un fermier du marquis de Mathan, (80 acres, deux charrues, 6 chevaux, 4 vaches, un troupeau), imposé à 419 1. — En 1789, taille: 1.820 1., ace: 1.0701., capit. : 1.149 l.,au total, avec les frais, 4.120 1. Exempts: Claude Lcjeune. curé du Graiid-Moulier, fait valoir son bénéfice et fermaue de la moitié des grosses dîmes, Malet, prêtre desservant de l'église du Peiit-Moutier, P. Nicolet. miaître des écoles, fait valoir sa maison cléricale. Une trentaine de tisserands mentionnés, G. 1772.
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sur tousses sujets des trois étals, sans aiiciiiie (lislinclion ; parce qiK , le clerii^é et la noblesse se tromaiil affranchis des impôts, le tiers étal se trouve accablé sous une double ( liarire : taille, capital ion, accessoires, entretien des grandes routes, loi^'ernent des gens de guerre corvée, (ont est à sa charge. I^t de ce (pie, par surcroît d'impôts, il se trouve une somme immense à payer par le tiers état pour \os droits de gabelles, des aides et des cuirs, qui sont très onéreux aux cultivateurs et que S. M. est suppliée d'abolir en substituant un imjKM équivalent au revenu qu'elle en retire ; puisque, S. M. n'ayant pas le tiers de ces impôts, les deux autres tiers sont à l'avantage des fermiers généraux et de leurs commis, ce qui devient un fardeau très onéreux au public. Représente aussi ladite assemblée que la noblesse fait valoir un grand nombre de terre en labour et de bois taillis en se déchargeant des impôts auxquels ces objets seraient imposés, ce qui fait que le tiers état se trouve obligé de payer au double de ce qu'il ne payerait qu'à proportion de ce qu'il occuperait (1).
[2] La dite assemblée représente qu'il serait à propos de supprimer tous les cafés, qui sont dans la campagne une source de misère et de désordres, puisqu'une infinité de personnes sans fortune vont dans ces lieux de retraite, les fêtes et dimanches, y dépenser ce qu'ils auraient pu gagner dans le cours d'une semaine, ce qui fait que leurs femmes et enfants, réduits à la dernière misère, sont obligés d'avoir recours à la charité du public (2).
[3] Représente aussi la dite assemblée que, le nombre des pigeons s'étant accru par la multiplicité des colombiers, ils font un dégât des plus préjudiciables aux récoltes et qu'il serait à propos que les dits colombiers fussent fermés pendant la récolte et les semailles (3).
[4] Représente encore une partie de la dite assemblée (4) qu'aux halles et marchés ils ne peuvent vendre leur blé librement, puisque ceux qui le leur achètent le prennent pour le prix qu'ils jugent à propos, et de ce qu'ils sont accablés de mendiants sans nombre qui viennent, même la nuit, les importuner et même
M) Cf. Beauville, 3 et la note.
'.'2) Cf. Anglesque ville, remontrances et demandes 3°.
(3) Auffay. 7.
(4) On constate ici une division dans l'assemblée : d'une }>art les cultivateurs, qui se plaignent des troubles dans les balles et des mendiants; d'autre part, les tisserands, qui se plaindront, dans l'article suivant, du prix excessif du blé et de la nxisèrc.
l 'iK I! \ I i.i.i \<. i; I»' \ IHM i;s
1rs fiKMiîUMM', ('(» (|iii (l('\i('ril pour eux une cliai'i^r des plus onéreuses, sjuis parler des p;m\i'es (juils soiil ohlii^és d'assislei* dans leins paroisses; el supplieid Sa Majeslé (rohli^er elia(|iie paroisse à ax'oii" soin de ses paii\!'es el de les obliger à resler dans leurs paroisses, el d Ordonner aux relij^ieiix à eonirihiier au pnu'ala pour les aiiinoiies aux |>aii\'res des paiMtisses où ils (Uit des dinu's.
I ;') I l\epr(''seiile ralilre pallie de Tassein hiée de eel 1 e paroisse^ de ce (|ue le hié esl moulé à un prix exeessil" el de ee (pie, \ii le dél'aul de ('(unineree, il esl impossible au meilleur (tuxfiei', chargé de deux (hi I rois eiilanls, d(» ])onvoir, a\'ee le Iraxail même de sa l'emme, sui)\(Mni' à les eiilr(^tenir (h; pain seulement, ee qui fait ([ue, si rannée enlière reste aussi dure, tous caiux qui sont ol)lijLiés d'aeheter le blé, (^l qui n'ont d'autres ressources que le travail iW. leurs mains, deviendront eux-mêmes dans le cas d'avoir besoin d'être assistés charitablement.
[6] Keprésente toute l'assemblée que les grandes routes ne sont point entretenues, malgré les sommes exorbitantes que le tiers état paie pour cet entretien.
[7] l^a dite assemblée enfin représente qu'il se trouve un abus considérable dans l'administration de la justice, qu'il serait à propos de réprimer, puisque la marche des affaires devient lente de plus en plus et, par conséquent, les procès, des plus dispendieux et même ruineux.
[8] Représente en outre que la récolte se trouve extrêmement endommagée par le gibier dont il serait avantageux d'en faire diminuer le nombre (1).
Ce qui a été fait et signé à Calleville-les-deux-Églises, le8 mars 1789. J.-B. Boyard, Sadoc, Cottard, Vauquelin, Frichet, Lattelais, Massieu, Lacaille, Nicollet, Métais, Lemaitre, syndic.