LES INNOCENTS
Réuni à La Crique en 1823. Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Bellencombie ; commune : La Crique. A 32 k. S. de Dieppe.
Patron : le roi. Seigneur : le marquis de Belbeuf, procureur général au Parlement de la Normandie.
Procès-verbal
Assemblée, 1^'' mars, en la maison presbytérale, devant Michel Mouquet, syndic ; 18 comparants : Guil. Osmont, Nic.-Ant. Fouchet, J.-B. Auvrai, Mathieu Sanson. Guil. Delamare, Laurent Le Conte, Ad. Poupart. Jac. Archerai, J.-L. Bellet, Ant. Le A acher. Jac. Houssais, Rob. Canu, J. Mallet, Thom. Le Vacher, C. Dufour. Ad. Basile, C. Dubosc, P. Brugot. Onze signatures seulement, dont trois informes, et les initiales de Laurent Le Conte. — Députés : Fouchet, Leconte (3).
(1) Tous ces ciiift'res sont exacts. Les terres étaient en effet médiocres, comme le constate le contrôleur des vinotièmes en 1751. Les biens laïcs comprenaient 80 acres de masure, dont 36 bonnes, 544 acres de labour. dont 114 bonnes; 31 vergées de pré^ dont 14 bonnes. 95 acres de bois; taillis ; 39 acres de pàtis ; trois moulins et 75 maisons. Leur revenu était estimé 13.159 1. en 1751 ; les biens ecclésiastiques ne comprenaient qu'une acre et demie de masure, 16 acres de labour, une acre de pré, trois acres de pâtis, deux maisons, les dîmes et 182 1. de rentes foncières et hypothèques : en tout 1 132 1. de revenu. Il faudrait doubler ces chiffres pour avo'r le revenu probable des terres en 1789.
(2) L'abbé de St-Wandrille avait les deux tiers des grosses dîmes, loués 1.200 1. en 1789 : le curé avait presbytère, cour, jardin (80 1.), deux acres de terre, (40 1.), le tiers des grosses dîmes et les vertes dîmes, louées 1.627 1. en 1789
Arch. S.-Inf.. C. 537, l 454).
i3) En 1789, taille : 660 1. 678 1. avec la collecte et les frais) ; accessoires :
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Cahier de doléanics (h-s hahildiils de la /Hiroissc des Innocents,
('IfclioN (L'Arques (1).
Nous soussignés... autorisés f)ar rîotrf^ augush' et hi(^ufaisant monarque à portci- aux pieds do son trône nos vœux et nos réclamations, su[)prK)ns très respectueusement S. M. de prendre en considération l'état de détresse et de misère, où nous nous trouvons actuellement réduits, et d'y apporter un remède, aussi prompt qu'efficace, par les moyens que l'étendue de ses lumières et sa haute sagesse lui suggéreront.
Cet état de détresse est occasionné : 1° par la cherté du blé parvenu presque tout à coup à un prix exorbitant ; 2^^ par la stagnation du commerce et des manufactures où le coton est employé ; 3<^ par la masse des contributions de toute espèce dont le poids nous surcharge ; 4^ par la multitude des pauvres du voisinage qui nous accablent pendant le jour et, plus encore, par les alarmes que nous causent, pendant la nuit, ceux qui troublent notre repos et assiègent nos maisons.
Nous osons conjurer S: M. :
1® De réprimer les enharremens, monopoles et autres manœuvres sourdes, qui portent et entretiennent, pour le présent, le blé à un taux excessif, d'ordonner, pour la suite, que toutes les provinces de son royaume soient toujours suffisamment pourvues de cette denrée de première nécessité, que l'exportation n'en soit jamais permise que quand il sera constaté pertinemment qu'il y a du blé surabondant.
2® De débarrasser le commerce des entraves qui en gênent la circulation, de rendre aux manufactures leur première activité, de soumettre tous les ouvrages, qui seront fabriqués, à une inspection sévère qui rétablisse leur crédit (2).
386 1. ; capitation : 417 1. (en tout 430 1. 7 s. 8 d.). Un seul exempt : le curé (Arch. S.-Inf., G. 1831) La plupart des cotes sont très faibles. Le syndic ne paie que 18 l. ; le premier député, Fouchet, laboureur, paie 70 1. ; le second. Leconte, laboureur, 63 1. Ils sont parmi les plus innposés. Beaucoup de journaliers ; ils forment la majorité de l'assemblée.
(1) Cette paroisse était située dans le voisinage de Bellencombre, comme les Aulthieux et La Heuze; son cahier a d'étroits rapports avec ceux de ces deux paroisses. Il comprend, comme eux, quatre articles ; seulement il expose d'abord les causes de sa détresse, (2® alinéa), avant d'indiquer les moyens d'y remédier. Ces morens sont étudiés à partir du 3^ alinéa. Nous renvoyons au cahier des Aulthieux pour les notes sur la cherté du blé et la crise industrielle.
(2) On peut rapprocher de cet article l'article 15 du cahier de Roy ville qui se plaint que le bureau d'inspection des toiles et toileries de Rouen ne fasse
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30 D'allégor le fardeau des iiuposilions, ce qui s'opérera sans détriment du trésor royal, soit par une répartition des (diar^es publiques plus étj^ale, soit par une ])er('(;plion moins coni(>liqiiée.
40 Enfin de supprimer la mendieité, source d'une infinité d'abus et de désordres, par l'établissement des bureaux et ateliers de charité de distance en distance.
La bonté connue du cœur de S. M., le désir vif ol sincère qu'elle manifeste de procurer le bonheur de son peuple, nous répondent qu'elle daignera avoir égard à nos humbles représentations. Nous ne cesserons d'offrir au Roi des Rois les vœux les plus ardents pour la conservation de ses jours précieux, la splendeur et la prospérité de son règne. Aux Innocents, le l^r jour de mars 1789: Osmont, Fouchet, Auvray, Mathieu..., Delamare, Poupart, Archerai, J....,Levacher, Troussais, Mouquet.
INTHAVILLE
Dép. : Seine-lnf. ; arr. : Dieppe ; canton : Envernien. A 16 k. à i'E. de Dieppe.
Gén. : Rouen ; EL : Arques.
Pop. : 1738 : 87 f. ; 1754 : 73 f. : 1772 : 63 f. ; 1789 : 57 f.
Patron : l'abbé de Fécamp.
Procès-verbal
Assemblée dimanche 8 mars, devant J. Trochet, syndic ; 15 com tarants : J. Sannier, Thomas Benoist, Ch. Landot, P. Le Long, Ch. Sevri, Jac. Vasselin. Jac, Poyer, J. Cardon, Nie. Lefebvre, Nie. Parmentier. J.-(^^h. Bisson, Jac. Lormier, Nie. Vasselin, Nie. Sade, Nie. Flahaut. Ils signent tous le procès- verbal : mais beaucoup de signatures sont informes. Députés : Jac. Vasselin, Ch. Landot (1).
pas respecter les règlements. Sous rinlluence des doctrines des Ecouoiiiistes, l'application des règlements et l'inspection des. ouvrages fabriqués s'étaient fort relâchées sous le règne de Louis XVI. Les lettres patentes du 5 mai 1779 avaient même introduit le système des étoffes libres et d(>s étoffes réglementées. L'opinion était divisée et le gouvernement hésitant. C. f. Levasseur. Histoire des classes ouvrières eii France avant 1789. II, chap. V, p. 637 et suiv.
(1) En 1789. taille : 1.570 I. ^1.6111. 12 s. 5 d. en tout) ; accessoires : 926 1. ; capitation 992 1.; au total, avec le frais : 3.554 1. 12 s. 5 d. Exempts : le curé, sa dîme, 5 acres de terre de son bénéfice ; le vicaire; ^I de Mercastel, occupe sa demeure et un jardin: ^L Le NoUent, sa demeure, un jardin, 5 acres de terre sur sa terre de Mahomet. — Le syndic, Trochet, (maison, masure, 7 acres de terre), paie 701.; Jac. Vasselin, serrurier, 431. ; Ch. Landot fermier imaison. masure, 20 acres), paie 237 1. Le premier comparant cité.J. Saunier, (ferme tle M. deBiville, 142 acres, 2 charrues, 6 chevaux pour 2.5001.). paie 704 1. ; le second, Benoît, paie 2281. pour plusieurs locations. Arch. S.-Inf., C. 1832. La majorité des membres de l'assemblée se compose de propriétaires ou de fermiers.
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Cahier
Ce jcnird'Iiiii, diinaiiclK^ 8 mars 17S0, issue de la iiicîsse paroissiale,...
Nous, hahilanls de ladite paroisse, soiissi(i^riés, reconnaissons que Taulorité royalo et la puissance létrjslativc résident en la personne de sadite .Majesté et nous lui adressons nos très humbles remontrances, plaintes et doléances sur ce qui suit, savoir :
1° Le Tiers Etat est chargé de la taille et suite, à proportion, ainsi que de la construction et réparation des grandes routes ; le clergé et la noblesse n'y contribuent en aucune chose.
2o S'il faut des hommes ou de l'argent, c'est toujours dans le Tiers Etat que se trouve la ressource.
3° Si le Tiers Etat expose son grain à la halle de la ville de Dieppe pour le vendre, le maître des œuvres de lad. ville tire une petite mesure de chaque sac et exempte ceux du clergé et de la noblesse ; nous pensons que c'est un abus (1).
40 MM. les religieux de Fécamp possèdent la grosse dîme de lad. paroisse, qui est louée 1.200 livres (2), et la nomination au bénéfice-cure, sans que, pour reconnaissance d'un tel bien, 'ils ne fassent aucune charité aux pauvres de la paroisse qui sont en grand nombre : nous pensons que c'est encore un abus.
50 Ces pauvres dans l'indigence, n'ayant pas la commodité de lever du sel aux greniers, sont obligés d'aller à l'eau de la mer, et, quand ils sont rencontrés par les employés de la ferme, ils sont condamnés à dix livres d'amende pour chaque pot d'eau salée.
6° Si un collecteur de sel omet quelque personne, soit par oubli ou par ignorance, sur les copies de son rôle, qu'il est obligé de déposer, tant au greffe du grenier à sel qu'au receveur, les employés de la ferme viennent faire leur visite dans la paroisse et le collecteur est condamné à dix livres d'amende pour chaque personne omise ; nous pensons que ce n'est qu'abus (3).
(1) Il s'agit du droit de havage ou de palette. C. f. les cahiers de Bellevillesur-Mer, 4, et de Derchigny, 14. Le maître des œuvres est l'architecte de la ville. Dans un état des revenus etdes dépenses delà ville de Dieppe, (Arch. Seine-Inf., C. 220). il est qualifié de i'oyer et maître des ouvrages ; ses gages sont de 600 1.
(2) Le rôle de la taille dit seulement 1.000 1. « P. Lormier, de Gouchaupré, tient la grosse dîme pour 1.000 1. ».
(3) Les obligations du collecteur sont énumérées dans la commissiondc l'impôt du sel pour 1789, adressée à l'intendant, (Versailles, 24 août 1788). Arch.