‹ Département de la Seine-InférieureChapitre 55 sur 68 · LES IFS · texte numérisé non relu

LES IFS

Dép. : Seine-Inf. : arr. : Dieppe ; canton : Envermeu.' A l'Est-Sud-Est de Dieppe.

Gén. : Rouen ; El. : Arques.

Pop. : 1738 : 24 f. ; 1789 : 27 f.

Seigneur : M. de Cantel ; patron : l'abbé de St-Ouen.

Assemblée lundi 2 mars, au château de ce lieu, devant Michel Goudré, sj'ndic ; 11 comparants : J. Michel Goudré, Jac. Vaillant, Jac. Pollet, P. Fournet, Franc. Clabeaux, L. Castelot. Tsic. Triquet, J. Vincent, Xic.

(1) Ce dernier article se retrouve à peu près icxtuellenient à La Chapellesur-Dun, (2^ partie, art. 22), et à Arigiens, (2^ partie, art. 11).

(2) Cette paroisse s'appelait aussi Eavis ou Eauviz (étyniol. : aquatici. endroits humides, d'après l'abbé Tougard, jouv. cité, p. 117). C'est par erreur que Dumoulin la place dans l'élection d'Eu. Elle appartenait bien à l'élection d'Arqués et faisait partie de la seri^enterie d'Envermeu sous le no-U d'Eavis. Ci. Arch.S.-Inf.,C 251 : tableau de la répartition de la taille par élections et paroisses en 1785, 86, 87. On l'appelle quelquefois les Ifs-sur-Londinières pour la distinguer des Ifs-sur-Caudebec.

284 11 M i.i.i \<; I. d'à itoi i;s

Viissclin. .1.-1', X'iiicciil, l''raiic. 'rroudi'. houzo si^iialiircs, y compris le syiulic, mais |)liisi('iii's iiil'oiMms.

I)é|)ul(\s: .lac. l'oUot, L. (.asi.'iol (1).

Cahier des (lolniiiccs du II ers éhU de la paroisse des Ifs.

Les réclainalioiis du I icrs ôlal de ('clIc paroisse soril (l(i (l(Mnan(l(M' :

h* La lilxM'lô (lu sel ol raholilion des impôts et la liberté du tabac.

2° L'abolition des mendiants v^agabonds, qui vont dans les maisons, en pourvoyant à leurs besoins par une imposition sur les trois états.

3° Ue demander que la voye du bois à brûler soit fixée à un prix, attendu que, dans le temps de vente de bois des différentes forêts, plusieurs marchands se lient ensemble et le mettent à un prix si haut qu'il s'en trouve comme une disette dans nos contrées; d'après quoi les marchands le v^endent au prix qu'ils veulent (3).

4° Qu'il soit établi dans toutes les paroisses un maître d'école, sachant bien lire et bien écrire, pour l'instruction des enfants, qui sera payé par les bénéficiers.

5° Que l'imposition, qui sera faite pour le bien de toutes les paroisses, ne sera faite qu'en présence de quatre notables de la paroisse.

6° Demande le tiers état la suppression des banalités des moulins, fours et pressoirs, servitude odieuse, qui tient encore à la barbarie du régime féodal, et qu'il soit libre à chaque consommateur de porter ou faire porter moudre les grains partout où bon lui semblera ; un règlement sage, qui puisse prévenir ou arrêter l'infidélité des meuniers qui forment une classe d'hommes très difficile à surveiller (2).

(1) En 1789, taille : 279 1. 2 s. 5 d. ; accessoires : 159 1. 12 s. 5 d. ; capitatioii: 172 1. 16 s. 8 d. ; au total : 611 1. 11 s. 5 d. Exempts : le curé occupe son bénéfice-cure ; M. de Cantel, sa terre seigneuriale. Le syndic Coudre, locataire d'une maison et 2 acres de terre, paie 26 1.; J. Pollet, député, locataire d'une maison et 3 acres de terre à la sole : 37 1. ; L. Castelot, député, marchand de porcs: 181. Les deux plus fortes cotes sont celles de J.-Mic.Goudré; fermier de M. de Cantel, (20 acres à la sole), 138 1.; Jac. Vaillant, fermier du même, (20 acres à la sole), 96 1. Aucune autre côte au-dessus de 50 1. (Arch. S.-Inf., G. 1796).

(2) Sur la banalité de moulin, c. f. Fresles, 2, et la note. La banalité était très attaquée dans toute cette partie orientale du bailliage d'Arqués qui

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7^^ Demande le tiei's étal que les iniix'ils sur les cuirs soicmt supprimés, attendu (jue les bestiaux qu'on perd, en faut})ay(ir la moitié du prix en droit, quand bien môme on les ferait arranger pour soi-même (1).

8*^ Qu'il ne soit pas payé de droits pour Tentrée des cidres dans les bourgs et villes (2).

9° Demande le tiers état qu'il soit des étalons en plus grandes quantités, attendu qu'ils se trouvent altérés par la grande quantité de cavales, qu'il ne se trouve point de poulains, ce qui cause une grande cherté sur les chevaux, que les labours en sont négligés (3).

10° La réforme des cochons de lait et poulets, attendu qu'ils sont nourris et élevés avec des grains qui ont payé dîmes, et la réformes de dîmes d'agneau, attendu que la mère doit affranchir l'enfant (4).

11® Le Tiers état demande la réforme de la dîme du seigle, attendu qu'il les dîme deux fois (5).

12° Le Tiers état demande la réforme de la dîme de trèfle, attendu qu'il ne dégraisse aucunement ie terrain, étant fait sur jachère (6).

Lequel état a été arrêté par nous habitants, ce jourd'hui, 2 mars 1789. J. Bonvalet, Poîlet, Glabaut, Vasselin, J„ ^'incent, L. Castelot, Triquet, F. T. D., Vaillant, J. Michel Gondré, J. Vincent.

touchait au pays d(> liray. L'expression servitude odieuse., etc., se retrouve dans ic cahier de Fresies et dans plusieurs cahiers du bailhage de Neufchâtel.

(1) C. f. Auberville-sur-Eauhie, 6. et Auffay, 4.

(2) C. f. Anibrumesnil, 8.

(3) C. f. Ancourt, 4.

(4) ïl s'agit de la réforme des dîmes, dites de charnage. Il en est rarement question dans lescahiersdubailliage d'Arqués. C. f. cependant ie cahier d'Auberville-sur-Eauliic (art. 5), paraisse voisine des Ifs. Mais il en est fait mention assez fréquemment dans les cahiers du bailliage de Neufchâtel, en particulier dans celui de BaiUy-en-Rivière, paroisse située un peu au nord-ouest des Ifs. [Cahiers de dol. des parois-ses du bailliage de yeufchâtel, p. 16).

(5) Cet article assez obscur nous est expliqué par celui de Bailly-en-Rivière: « Que la dîme de seigle soit anéantie puisque nous lions les autres grains avec, ce qui fait que nous la payons deux fois ».

(6) Les dîmes du trèfle, luzerne, sainfoin, pois, fèves, légumes, parfois poires et pommes, sont les vertes dîmes, dont l'usage laissait la jouissance au curé, même quand il n'était pas le gros décimateur. Cet article est intéressant au point de vue de l'économie rurale parce qu'il nous montre que, dans le pays de Caux, l'on commençait à supprimer l'année de jachère, sur trois, et à l'utiliser pour la culture des fourrages artificiels.

2 s Cl 11 Al i.i.i.\<;i: d'aiioiks

IMBLEVU.LK (U

l)r*|). : Soiiu'-lnf. ; arr : Dicpru' ; caiitoii : Tôles. Sur la Saâiio, à 32 k. S.-E. de Dieppe.

Oéu. : T^oucn ; VA. : Aiquos.

Pop. : 1738 : 8«.) f. ; 1781) : l-'iO 1'.

Seigneur el patron : M. do Dainpierrc, coiiseillcr au Parlement de Rouen.

PrOCÈS-VI: llHAl,

Assemblée 5 mars 1789, devant (lli. Qu(>snel, syndic ; P2 comparants : Ch. Pasquier, Nie. Le Touq, Jos. St-Amoult, P. dardien, P. Delaporte, P. Godfin, Nie. Delabarre, Ch. Lattelais, P. Pasquier, Noël Lé Toiiq, J. et Et. Lemercier. Douze signatures sur le procès-verbai.

Députés : Ch. Pasquier, Ch. Lattelais (2).

Cahier des doléances^ plaintes et remontrances.

[Le cahier, qui appartient au groupe de Benouville. est la reproduction à peu près textuelle de celui de Benouville, sauf pour le premier article qui est original].

1° La paroisse contient 140 feux qui sont imposés, pour la taille, à 1.550 livres, et aux capitations, accessoires et corvées, à proportion ; pour les vingtièmes : 1.370 1. 9 s. ; et pour le sel :

(1) « Son sol est partie en campagne et en côte, le surplus en vallée, où passe une petite rivière, nonrïmée la rivière de Saâne, ce qui ne lui procure d'autre avantage que celui de trois moulins à eau pour blé et de quelques prairies de différentes qualités. Les bois taillis sont bons ; mais les masures et terres labourables sont, en la plus grande partie, médiocres et mauvaises, n'étant point en bon fonds, pour être en côtes et caillouteuses. Il ne s'y fait aucun commerce, l'occupation de ses habitants étant, pour une partie, la culture des terres et pour l'autre, d'être tisserands. Il n'y a ni foire, ni marché, ni aucun siège de juridiction et elle reste justiciabledu bailliagedeLongueville à Dieppe. Il y a 92 feux et 320 personnes» (Resjistre des vingtièmes, C. 529, reg. 1, f. 177. Note du contrôleur Amblard en 1751). Le contrôleur constate l'existence de deux fiefs : celui du Vivier et le fief Desperrois. Il déclare aussi n'avoir pas fait la vérification d'après les rôles de la taille, les fonds n'y étant inscrits que pour les deux tiers ou même la moitié de leur valeur, mais sur le rôle de la répartition des dépenses de la réparation de l'église.

(2) Enl789, taille: 1.5501 (1.591 1. 17s. 5d., aveclacollecteetles frais) ; accessoires : 923 l. ; capitation : 996 1. ; en tout : 3.510 1. 17 s. 5 d. pour ces trois impôts. Exempts, le curé, fait valoir les dîmes, d'environ 1.500 1. ; le vicaire ; M. de Dampierre, conseiller au parlement de Rouen, occupe son manoir seigneurial.— Le syndic, Qucsnel, propriétaire, paie 35 1. ; le premier député, Pasquier, boucher et cultivateur : 291 l. ; le second, Lattelais, marchand et cultivateur : 105 1. La majorité des cotes sont des cotes de journaliers et de tisserands, dont plusieurs figurent à l'assemblée (Arch. S. -Inf., C. 1830). Le progrès du tissage à la main explique sûrement l'accroissement de la population depuis

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1.622 I. 12 s. Tontes ces iinposilions réunies font nnc somme de 6.791 1. 4 s. dette somme est très forte, vu (pie l<'s h-iTes sont (Tiin très lée^er |)ro(lnit, vn lenr infériorité (1).

Artieles 2, .i, "i, 5, (), 7, 8, 9 comme à Benon ville ; mais le rléhnt de Tart. 6 ainsi modifié : « Les dîmes ont été données aux églises pourètrc partagées, savoir: nn quart pour la nourriture et entretien du curé, un quart pour celle des prêtres et autres officiers de l'église, un quart pour la subsistance des pauvres, et un quart pour la réparation des lieux saints )> (2) — le reste comme à Benouville. [Imbleville supprime Tarticle 10 de Benouville sur la milice]. — Signé : ('Ji. Paquier, Lattelais, Delaporte, Lemercier, Godfin, Xoël Le Touq, P. Gardien, Nie. Le Tonq. P. Paquier, Et. Lemercier, Delabarre, Quesnel, syndic.

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