‹ Département de la Seine-InférieureChapitre 65 sur 68 · LUNERAY · texte numérisé non relu

LUNERAY

Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Bacqueville. A 17 k. au S.-O. de Dieppe.

Gén. : Rouen ; El. : Arques.

Pop. : 1738 : 134 f. ; 1772 : 190 f. ; 1789 : 248 t.

Patron : le seigneur.

Procfs-yerbal

Assemblée 3 mars 1789, devant Nie. Langlois, syndic ; 23 comparants : J. Néel, Dan. Lardans. Nie. Hoinville, P. Bréard, Nie. Gantais, P. Leprince, J. Auvra}^ Nie. Bunel. Jac. Boullen, Franc. Bunel, Jac. Boutiller, Ad. Voilé, L. Adam, Vivien Mottet. J. Le Roux, Et. Lheureux. Jac. Lardans, P. Legrand, Isaac Le Sade, Isaac Ouvry, Nie. Lardans, Jac. Dorange, Michel Hauchard. Il y a 25 signatures : la première est celle de P. Nie. Langlois avec ces mots : « pour mon père, syndic » ; parmi elles : celle de Michel Lai'chevêque, dont le nom est omis dans le procès-verbal. . Députés : Jean Néel, Jean Auvray. Franc. Bunel (1).

(1 ] J. Néf^l. le prennior cité dos comparants et le premier dépu fé. était meinbre

•'Ml! iiAii.i.i a(;f. n'Aiini ks

Cayrr </<• fflai/ifr ri (Inlnincr '.Ir h/ rnmnninauti' de la paroisse

lie Lu nr rail ( U-

La coiiiiîMJMaiiU; c/iar^»' srs «lépulés de représenter !(»s articles suivants :

\\v\\ 1. — Qu'il soit établi Hans !es paroisses de campagne un petit nombre de notables qui pourraient être les membres municipaux, choisis déjà par la communauté, qui auraient le droit de dresser leurs procès- verbaux lorsqu'il y aurait quelque contestation eiître quelques habitants pour leurs possessions, torls et dommages ; que ces procès- verbaux fussent reçus en •justice \)[)\\v éviter une descente de juge ou une audition de témoins.

Art. 2. — Que ces mênies notables ou municipaux eussent le droit de tenir une certaine police dans leurs paroisses contre les attroupements illicites et nocturnes, contre ces établissements ruineux où l'on donne à boire et jouer, même pendant les heures de service divin ; que sur la dénonciation du délinquant au juge royal par un ou plusieurs de ces notables, il fût prononcé contre eux une amende pécuniaire qui revertirait au profit des pauvres de la paroisse.

Art. 3. — Ces mêmes notables ou municipaux pourraient aussi surveiller sur la défectuosité des chemins et en rendre toute communication aisée, en obligeant les propriétaires de les réparer et entretenir chacun dans leurs propriétés respectives.

Art. 4. — Sur la mendicité. — Nous croyons qu'il serait très possible de faire cesser la mendicité, qui afflige et trouble même le repos des citoyens, en la faisant aussi surveiller par les municipalités qui pourraient employer les mendiants les plus dispos, les uns aux réparations et entretien des chemins et rues,

do l'assemblée provinciale ; le rôle de la taille, en 1789, mentionne un J. Néd, toilier, imposé à 70 1. Le second dépnté, Auvray, marchand et cultivateur, payait 61 1. ; le troisième, Bunel, était i?n naenuisier ; il n'était imposé qu'à 8 1. - En 1789, taille : 2.740 1. ; accès.: 1.605 1.; capit.: 1 730 L; en phis, 126 1. 9 s. pour la collecte et les frais. Exempts : le curé, Vatement, (presbytèpe et bénéfice-cure), le vicaire, Flamand, îe maîLre d'école, Gloria. Le syndic Langîois, (ferme de 14 acres pour 350 1. et ;ïrosse dîme des reîigieu-x de Tiron (500 L), paie 88 1. H y a 251 cotes, dont 93 dans le bourg, et îe reste dans îe hameau du Ronché. La moitié des habitants environ se compose de tisserands, toilier«;, siamoisiers, bobineurs. Ils forment aussi une notable partie de l'assemblée électorale.

(1) Le cahier, qui qst très intéressant, appartient au groupe de Canteleu ; il est le plus complet et on peut le considérer coiTime ie cahier type du groupe ; il a probablement pour rédacteur J. Néel.

LU m: HA V ;n.'{

les autres à f)réparer des nialièn»s indispensables dans h^eommere*' et les fabriques et enfin qui assisteraient les infirmes au moyf>n de fonde prélevés sur des propriétés dont la destination et l'origine n'a eu pour objet que la religion et le soulagement de riiumanité souffrante (î).

Il serait aussi à désirer que chaque année, après la récolte, les baiîîîages fussent autorisés, après avoir pris communication de l'état de la récolte, de fixer le prix du blé pour Tannée et, dans les années abondantes, qu'il fût établi, de distance en distance, des magasins publics pour parer aux années de disette et empêcker une trop grande variation dans le prix des grains.

Art. 5. — A bas à réformer. — Il serait à désirer que chaque corporation cha7g8 ses députés de faire porter dans les cahiers des grands bailliages, à la demande en réforme des abus, celle de la perception des aides et du sel forcé, qu'un malheureux, obligé de faire son devoir de gabelle, ne fût plus assujetti à ces fouilles journalières, à voir vendre et rançonner ses meubles et n'avoir pour nourriture à donner à ses enfants que du sel au lieu de pain (2). Il s'ensuivrait de là la réforme des juridictions d'exception, et l'on ne verrait pas tant de nntisérables, condamnés aux galères pour cause de contrebande. Ce vide pourrait être remplacé par un impôt représentatif et le sel, une fois libre, serait d'un grand secours surtout pour le cultivateur.

Art. 6. — Abus sur la culture des terres dans le pays de Caux. — La jurisprudence a réduit, à différentes reprises, à un 25^ la liberté de faire des rabetteg et colsarts : un laboureur, qui cultivait 100 acres de terre, ne pouvait en charger que 4 acres, chaque année, en rabettes et coîsart. La cherté de cette denrée, occasionnée par le grand nombre de réverbères dans les villes, a causé un abus intolérable dans la culture de cette denrée ; plusieurs laboureurs chargent en rabettes et coîsart un dixième, quelquefois même au-dessous d'un huitième de leurs terres : il en résulte beaucoup moins de terre chargée en blé. D'ailleurs tous les engrais sont presque absorbés par les rabettes et colsarts, qui n'en produisent point, et il s'ensuit de là la disette du blé, denrée sans contredit la plus nécessaire (3). Que le cultivateur fût borné

(1) II n'y avait presque pas de biens ecclésiastiques à Luneray : les L rsulines de Dieppe avaient une acre de terre louée 36 1. ; le trésor, des terres louées : 149 1. Pouf les dînies, voir plus loin la note de l'art. 8.

.(2) Pour le sel, Luneray relevait du jrrenier de Dieppe et était taxé à 9 sctiers, 2 minots, ou 38 minots,

(3) Sur la culture de la rabette et du colza dans le pays de Caux au XVIII^

314 MAI 1,1,1 A», i; d' \hui i;s

à ut' |)(>ii\(»ii' cliafi^nM' (pi'iiric 2r)<' pai'lic de ses Ici'i'cs eu colsart cl l'alx'dc, son iiidiislrir le iioi'lci'ail , pour lircr' pai'li do ses enii"rais,à faire (jih'I(|ii('s aci'cs de lin de plus, ce qui es! d'iino nécessité iiidispensai)!»' dans le pays de (iaux par J(; <^j'arid ri()iri[)re de fabriques (>n toilerie (|ui ce lire frelirenl| de l'étranger ])our plus d'un million pai- année de fils de lin, (pii sont employés dans ce pays (1). La «ullni-e du lin eneou rayée donnerait i)eaucoup de travail aux i'ileuses ; il s(> Irouxei-ait d(!S ])lancliisseiirs pour hlancdiir ces fils, à l'instar des étrangers, et un niiHiori de numéraii'e par an, (jui passe dans l'étranger, resterait dans le pays et compenserait hien au delà de la vente des huiles fournis à Tetra nger.

Aht. 7. — Abus dans la répartition de la taille et de ses accessoires. — L'on ne pourra guère parvenir à une juste répartition des impôts sans une vérification exacte, qui se pourrait faire en chargeant les députés des municipalités de chaque paroisse de donner un état du nombre, de la qualité et de la valeur des terres de leurs paroisses. Il y a de l'inégalité de département à département ; il y en a encore plus de paroisse à paroisse ; il y en a de particulier à particulier. Les opérations des municipalités, une fois revêtues de pouvoirs, remédieraient certainement à ces abus, qui ne pourront se réformer tant que l'on laissera subsister l'usage abusif qui se pratique : un collecteur, chargé,

siècle, c. f. le cahier de Greuville, 9. Une lettre du subdéléo^ué de Saint- Valéry, du 3 avril 1786 citée par ^[. Sion : Les paysans de la Normandie orientale, p. 238, contient à peu près les mêmes plaintes que notre article : v Cette dernière plante, (le colza), au lieu de produire des en^rrais, détruit au contraire les terres. L'année d'après cette récolte, ils ne recueillent que le tiers de la semence qu'ils emploient. Il 'a été jadis rendu au Parlement de Normandie des arrêts qui défendaient aux laboureurs de faire plus d'un acre de colsard sur 20 acres qu'ils occupaient ; il serait à désirer que cette loi fût exécutée, ce qui obligerait les petits particuliers à semer des fourrages ». D'après les renseignements fournis par Noël dans son Premier essai sur le Département de la Seine- Inférieure: an TIÎ, la culture du colza et de la rabctt.^ occupait 562 acres, (de 68 ares chacune), dans 'e district de Dieppe, et 963 dans celui de Cany, cpii comprenait les cantons de Veules, Fonlainele-Dun et Saint-Laurent-en-Caux. Elle n'occupait que deux acres dans !e district de Neufchâtel et pas une dans celui de Gournay.

(1) La culture d\\ lin était déjà très répandue dans la région occidentale du pays de Caux. et dans la zon(» littorale, autour du TTavre, d'Etretat et de Fécarap ; fen 1796 : 2.850 hectares dans la cireonscripti'on d\\ Havre et 2,200 dans cell(^ d'Yvetot).Onle cultivait aussi dans le voisinage immédiat de Dieppe (900 hectares). C. f. Sion, ouv. cité, p. 236. Mais on voit, par notre cahier, que cette culture a'était pas encore très développé^^ dans la région intermédiaire qui comprenait l^s cantons de Bacqueville, de Fontainc-le-Dun, de Veules et de Saint-Valéry. Les fibres du lin ne servaient pas seulem.ent à la confection des toiles, mais aussi à celle des siamoises dont il f^st parfois question dans nos cahiers : on renforçait la trame de coton par une chaîne de liji.

LIM: HAY M 15

à son àm(> rt conscionrc, de la répai'lic (sic) de la I aille d'iiric paroisse, oublie souvent son devoir pour servir son l'essenlinient ou aeeorder ses faveurs, et ce n'est qu'en se ruinaid ({11*011 laillahle vexé parvient à ])eine à se faire rendrez justice (I).

Art. 8. — Aiilrc abus : les privilégiés à la taille. — Toutes les années, plusieurs paroisses éprouvent des pertes considérables : une ferme, qui payait taille dans une ])aroisse, se trouve occujîée par le propriétaire qui est noble ; le fermier sortant se fait dérôler et l'on ne parvient que difficilement à faire décharger la paroisse d'une partie de cette taille ; il en reste toujours une portion à répartir (2).

Les grosses dîmes des paroisses sont louées souvent par des fermiers qui paient taillej et alors la paroisse est augmentée à proportion; le curé prend les grosses dîmes à loyer, il est exempt de la taille, et la paroisse éprouve encore une surcharge (3). Le cultivateur, qui a payé un sixième de son fermage pour le clergé, puisqu'il ne charge que la moitié de ses terres, dont le clergé a l'onzième partie, se trouve encore obligé de payer la taille de cette portion qu'il n'avait point récoltée. Il faut seconder le voeu d'une partie du clergé et de la noblesse, qui demandent à payer les impôts en égale portion avec le tiers état, et que tous les privilèges pécuniaires soient abolis.

Art. 9. — Sur les poids^ aunes et mesures. — Combien de variétés dans les usages pour les poids ? Selon les différentes espèces de marchandises, que l'on achète à la Halle de Rouen, par exemple, les fils de lin écrus se vendent à raison de 80 livres pour 3, les fils blanchis, les fils de coton, à 109 livres pour 100.

Les aunages diffèrent de même ; dans plusieurs halles du pays de Caux les toiles se vendent à 24, 25, 26, 27, jusqu'à 28 aunes pour 20, à Rouen, 25 aunes pour 20 (4). Différentes autres

(1) Sur l'injustice du collectour principal, c. f. \o cahic^r du Bourg-Dun, 2, et la note.

(2) Nos cahiers fournissent plusieurs exemples de ce fait. C. f. en particulier le cahier de Sainte-Marguerite, 5.

(31 Les curés du pays de Caux prenaient en eit;:! souvent les grosses dîmes à loyer, comme le constatent nos cahiers. C. f. Auberville, îvO, Bois-Hulin. 2, Fresles. 4. Mais ce n'était pas le cas à Luneray, où les deux tiers des grosses dîmes, qui appartenaient à l' Hôtel-Dieu de Rouen, étaient louées à Nicolas Lauirlois, le fils du syndic, pour 700 1. Le curé do Luneray avait un tiers des grosses dîmes, .375 1. les vertes dîmes et les novales, 800 1., en tout 1.175 1.

,'4) Ce qui diffère ce n'est pas l'aunage proprement dit, mais le nombre d'aunes données par dessus le marché. L'aune en usage dans cette région était partout l'aune de Rouen de 44 pouces, exactement 3 pieds, 7 pouces, 8 lignes, qui vaut 1 mètre 188 millimètres. Elle est inférieure de 3 millimètres

I{1<) iiAi i.i.i \(;i: d'aiîoi ks

nitUM'handiscs se ncimN'iiI :\ 21, les autres à l'aiiiK». Coirihicn (le iiiarchaiids éloii^Miés, cl ((iii ne coiiriaissciil pas ces usages, se (l'on vent lr()iii[M''s dans ces liallcs lorsqu'ils N'icrinctil y laii'c Iciii's achats ?

il en csl (ic incitic de la nicsiirc des grains, qui varie dans presque tonlcs les liall(\s, et cpii, par cotte variation, y rnel une anmrnenial idîi dans le prix ])ar le raffinement di-s l)lali<'rs.

Il serait bien à désirer ({tTi! n'y eût par tout le royaume (jniin même })oids, qn'niie même mesure et une môme coutume (1).

Art. 10. — Notre (l(u^nier vœu serait qu'il fût établi de proche en i)ro('[ie des sièges où l'instruction des affaires soit plus sommaire et moins dispendieuse.

Ce jourd'hui, 3 mars 1789, le présent cahier a été présentement remis à MM. les députés et contresigné de nous : P. Nie. Langlois, pour mon père, syndic, Néel, J. Auvray, Franc. Bunel, Daniel Lardans, Le Prince, Ad. Voilé, Mollet, Le Roux, Bréard, Hoinville, Jac. Lardans, Adam, Nie. Lardans, Boutiiier, Legrand,Ouvrix, Dorange, Boulan, Lheureux, Marchand, Larchevesque, Nie. Bunel, Gantais, Lesade, Gloria, greffier.

MAINTRU

Réuni à Saint-Valéry-sous-Bures en 1823. Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Neufchâtel ; canton : Londinières. A 14 k. N.-O. de Neufchâtel.

Gcn. : Rouen ; El. : Arques.

Pop. : 1738 : 58 f. ; 1789 : 50 f.

Patron : l'abbaye de Fécainp. Seigneur : la présidente de Torcy-du- Moucel.

Procès-verbal

Assemblée le mercredi 4 mars, devant P. .Jac. Delaunay, syndic ; 22 comparants : Franc. Dubost, Nie. Vasseur, Jac. Delaunay, L. Mouquet, Franc. Delamare, Ch. Ant. Duvivier, J.-P. BoutroUe, J. Pavie, Guil. et P. Simon, P. Le Conte, J. Gambie, Laur. Page, Nie. Renard, J.-Jac. Rouland, Nie. et Jean Blin, Guil. Duliamel, J. Fournier, Mie. Delaunay, Nie. Simon,

à l'aune de Paris. Ce que dil le cahier des usages de la halle de Rouen est très exact. C. f. r Almanack pour la ville de Rouen pour 1789, Veuve Machuel, rue Saint-Lô.

(1) Même demande dans les autres cahiers du groupe : Canteleu, 9, Greuville, 7, et dans bien d'autres cahiers du bailliage : Auberville, 7, Auzouville, 3, Bellengreville, 11, etc. Voir en appendice le tableau des poids et mesures usités dans la. région en 1789.

MviN nu :{17

P. Juf. Dclannav, lils. Sci/.e sijjiialui'cs sciilciiiciil . 'loiil phisiciirs In-s mal Députés : Tranç. Duliosl .lac. -Louis Mcnuiucl, lils /|).

Cahier (2)

iNous, propriétaire et habitant général de lad. .paroisse... En conséquence nous avons remontré, à notre connaissance, ce qui [suit] : 1° Nous observons, pour obéir à S. M., que lad. paroisse de Maintru est composée de 50 feux, sur lesquels feux il y a 8 fermes, tant grosses que petites, appartenant tant à Mad. la présidente de Torcy-Dumoucel qu'à différentes personnes et que le surplus des autres, ce sont toutes personnes qui sont bûcherons et journaliers, ainsi que pauvres (3) ; 2° que la récolte de cette année, dans cette paroisse, a été très mauvaise à cause des terres qui sont très modiques ; 3° et, dans cette paroisse, il y a une si grande quantité de pauvres qui cherchent, leurs femmes et enfants le jour, et nuitamment les hommes, tant de cette paroisse que circonvoisines, attroupés jusqu'au nombre de 9 à 10 ; 40 que, depuis environ 20 ans, on s'est occupé dans cette paroisse à payer des sommes considérables pour raison de la grande route tendante de Dieppe à Paris par Forges. Les deniers

(1) Lo préambule du cahier mentionne que l'assemblée a eu lieu à la maison cléricale, « oij se tiennent les assemblées de ladite paroisse », à 9 heures du matin. Sur la composition de l'assemblée et les deux députés, qui sont deux fermiers importants, voir plus loin la note de larticle 1.

(2) Le cahier n'a pas de titre ; mais il débute par un résumé succinct du procès-verbal que nous supprimons.

(3) Sur ces 8 fermes. 3 appartenaient aux Dumoucel : l'une de 45 acres, tenue par Du vivier, imposé à 207 1., une autre de 120 acres, dite la Valoine, tenue par Boutrolle. imposé à 570 1., la troisième (40 acres de labours et 3 de prairie), tenue par Vasseur imposé à 120 1. Les autres fermes étaient celles de M. de Feugray (10 acres d'herbage, 60 de labours, 10 de pâtis), tenue par Dubost, un des députés, imposé à 436 1. ; celle du chevalier du Ménil,(46 acres de labours, côtières et bois taillis), tenue par Guil. Simon et sa mère, celle de M. de Croutelle, (70 acres de labours, 6 de côtières), tenue par Mouquet, le second député, qui faisait valoir en plus la grosse dîme des religieux de Fécamp ; il était imposé à 380 1., celle du sieur Boutrolle, (2 acres de prairie, 50 de terres labourables et de côtières), tenue par Delamare, imposé à 171 1. Enfin .1. Fournier était fieffataire de 56 acres de labours, prairies et côtières et payait 133 1. de taille et suites. Ces huit fermiers figurent à l'assemblée électorale ; les deux députés sont pris parmi eux. Ils paient les plus fortes cotes. Mais quoiqu'on dise le cahier, la paroisse comprend encore un certain nombre de cultivateurs, par exemple le syndic et son fils, tous les deux marchands et cultivateurs, et payant, l'un 31 1., l'autre, 41 1. d'impôts. Le rôle de la taille ne mentionne qu'un tisserand et pas un seul bûcheron ; mais il est possible •qu'il les désigne sous le nom de journaliers. Maintru était voisin de la forêt du Croc et de la forêt des Nappes qui ne sont elles-mêmes qu'une section de la forêt d'Eawy. Arch. S.-Inf., C. 1844.

:{ I s itAi i,i,iA(.i; d'ahoi; i:s

(jiH> Ton porroil siii' les hahilanls de ccMr par'oissc, snns aucun avancement, si ce iTcsl celle am»ée ({iTon s'en occupe de ladite grande route (I); ;')" (|ue, cette année, il y a eu nue perte consid(M'al)le dans cette paroisse par les clievanx, va(dies, uu)utons cl autres animaux ; G" que cette paroisse paie tous les ans à S. M. au moins ^».179 J. 6 s., tani pour taille, capitation, accessoire, vin^'tième et corvée (2) ; 7" que la majeure partie des biens de cette paroisse sont occupés par différentes personnes, dont les propriétaires sont hors paroisse, et dont ils ne font aucune aumône aux pauvi-es (3) ; 9« qu'il n'y a que le tiers état qui su])porle la majeure partie des charges de ladite paroisse ; 10° que cette paroisse, étant riveraine d'une portion de la foret (4), ce qui attire beaucoup de bêtes sauvages et autres, ce qui cause un dommage très considérable aux grains traînants, tenant par les racines, sur les terres qui sont limitrophes des dites forêts ; 11° et qu'enfin, qu'il est présumable, que cette année, que la récolte en blé, étant sur terre, ne sera point avantageuse dans cette paroisse à cause des grandes gelées, qui sont survenues dans le courant de décembre et janvier dernier, les blés étant déchaussés par la sécheresse de la terre qui s'est trouvée enlevée par les vents, ayant même plusieurs particuliers qu'ils [qui] n'ont pu cette année ensemencer leurs terres en blé. Lequel cahier de doléances a été rédigé et signé tant par ledit sieur, P. Jac. Delaunay, Fr. Dubost, Nie. Le Vasseur, Jac. Delaunay, L. Mouquet, Fr. de Lamare, Ch.-Ant. Duvivier, Jac. P. Boutrolle, J. Pavy, G. Simon, P. Simon, P. Le Conte, J. Gambie, Mie. Delaunay, Nie. Simon. Ce qui a été fait double ce jourd'hui, 4 mars 1789. Suivent les signatures énumérées ci-dessus.

MANÉHOUVILLE

Dép. : Seme-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Longue ville. Sur la Scie, à 11 k. S. de Dieppe.

(1) Sur cette route, c. f. Ardouval, 7. Ardou\ al est une paroisse voisine de Mainlru.

(2) En 1789^ taille : 1.314 1. 7 s. ; accessoiics : 762 I. 10 s. ; capitation : 821 1. 9 s. ; soit : 2.897 1. pour ces trois impositions. Exempts : le curé Alain, fait valoir son bénéfice, MM. de Coutelle. écuyers, font valoir une partie de leur ferme et leur bois du Monduel. Il y a 58 'cotes ; mais quelques-unes s'appliquent au même individu ou à des gens hors paroisse (Arch. S.-Tnf,,C. 1844).

(3) C. f. l'art 1 et la note.

(4) La forêt des Nappes, section de la forêl d'Eawy.

MAM.wouvii.i.i: 310

Gen. : Koiion : Kl. : Anjues.

Pop. : 1788 : 'M) f. ; 17Sy : 44 f.

Seijj:iieur et patron : la duchesse de Morteniart, comme baronne de Manéhuu ville.

PROCKS-VKRliAL

Assemblée 8 mars, devant Mathieu Bertaux, syndic ; 11 comparants : Ad. Paon, Jac. Bimont, Jac Marchand. Tiiom. Delahais, Franc. Courbe. Nie. Dragée, Nie. Gedon, P. Terrier, P. Houx, P. Bertaux, Franc. Lucien. La liste est incomplète ; il y a encore les signatures d'Et. Labbé Nie. Duval, Guil. Frété et une signature Ulisible.

Députés : Ad. Paon, Et. Labbé (1).

Cahier de doléances, plaintes et remontrances que représentent les habitants de la paroisse de Manéhouville (2).

[1] Dieu ayant donné, Tannée dernière, des temps bien fâcheux, que l'on a eu beaucoup de peine à ensemencer les blés, rapport à l'abondance des eaux, et, quand les blés sont venus à monter, la grande abondance de pluie et des orages les ont rompus et empêchés de venir en maturité, comme à l'ordinaire, ce qui a rendu la récolte très légère et mal grenue, qui met beaucoup de personnes dans la nécessité d'en acheter, dont le prix, où il est montée met une infinité de personnes dans la nécessité de mendier, outre les pauvres ordinaires, et les met dans l'impuissance de payer les deniers royaux qui sont montés depuis plusieurs années par de nouveaux impôts (3).

[2] Le commerce, languissant depuis plusieurs années (4), les

>,ï) En 1789, taille : 1.055 1.. (en tout L083 1. 14 s. 11 d.) ; accessoires : 628 1. ; capitation : 677 1. Exempts : le curé, (son bénéfice cure) ; le vicaire, le cierc laïc, J,-B.Talbot. (A. S.-Inf., G. 1845).— Le syndic, Bertaux, (8 acres en propre, 12acres et demie en location), paie 1101. Le premier député, Paon, (ferme de 61 acres de ^I™^ de Morteniart pour 1.600 1.. ferme de 70 acres de M. de Baudry pour L800 1., 24 acres de l'Oratoire de Dieppe pour 700 1., 7 acres de M. de Lacroix pour 1501.), paie 1.0341. Le second député. Et. Labbé, est tisserand ; \[ ne paie que 111. La paroisse com.ptait beaucoup de tisserands ; ils forment la moitié de l'assemblée électorale.

(2) La rédaction et l'écriture du cahier montrent qu'il est l'oeuvre de paysans illettrés.

(3) Ces nouveaux impôts sont l'impôt représentatif de la corvée, établi en 1787, peut-être aussi le troisième vinotième, établi en juillet 1782, supprimé en 1786, mai* maintenu, au moins en partie, sous forme des 4 sous pour livre du premier vingtième, lors de la prorofjation des vingtièmes par l'édit de Versailles, (sept. 1787).

(4) C'est-à-dire depui? le traité de commerce avec l'Angleterre en 1786. C. f. Criquetat-sur-Longueville^ paroisse de la même région et qui soulfrait des mêmes conséquences. 1.

:{20 haii.ma(;k d'ahoi i;s

(•omiii(M'(;;mls (>l lahiicaiils ii(> poiiXMiil plus (Irhilcr leur' niar'c-handis»' (pTà leur pciic ri doiiinia^^', iiicl un j^naiid iiornhro (r()ii\i'i«M's dans lo cas de ne (dus IroiiVM'F' (Toiivrai^c pour ^a<çn(n' liMii' \ itî, ce fjiii l«'s MK'I dans une yrand»» disette; et los oblige de rnendiei".

[.*ij Le pui)li(' désirait l'aire la corvée des chiuiiiiis de ses mains, comme autrefois, étant obligé aujourd'hui de payer aux entrepreneurs des sommes extraordinaires et ne font l'ouvrage imparfaite (sic) (1).

[4 ] Que l(»s pigeons font un tort considérable dans les campagnes pendant plusieurs saisons de l'année, qu'il serait nécessaire de les supprimer ou de les renfermer pendant ces saisons (2).

[5] Que les conservateurs des terres de MM. les seigneurs, n'étant pas suffisants pour détruire le grand nombre de gibier et surtout de lapin, qui cause un dommage considérable dans les campagnes, dont les seigneurs font des remises pour la conservation de leur gibier (3).

[6] Que si les aides et gabelles étaient supprimées, le peuple serait déchargé de tribut fort gênant, et cependant, S. M. ne souffrirait aucun dommage.

Ce que nous avons fait et arrêté tous, en état de communauté, ce 8 mars 1789. Ad. Paon, Mathieu Bertaux, Et. Labbé, Franc. Courbe, Jac. Bimont, Jac. Marchand, P. Lehoux, Nie. Gédon, Nie. Dragée, P. Bertaux, Guil. Frété; une signature illisible.

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