MARTIGNY
Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton Offranville. A 9 k. Sud-Est de Dieppe, sur la Varenne.
(1) C. 1". Aiineville, t, ol la note Criquctol-sin-Loii?iiU'vilk', 4, Crosvillcsur-Scie, 5, et FFerbouviile, 1.
(2) Les documents ne mentionnent pas de colombiers à ManéhouA-ille.
(3) Le principal seigneur était la duchesse de ^lortemart qui possédait la baronnie et ferme de ^lanéhouville, (plus de 200 acres de masure, d'herbage, de bois taillis et de terres labourables), et le bois du Quesnay, (200 acres), qui s'étendait sur les paroisses d'Anneville et de Manéhouville, et d'un revenu de 3.0001. (Arch. S.-Inf., C. 534, f. 345). Le cahier était d'autant plus autorisé à demander l'augmentation du nombre des gardes que les propriétaires des bois obtenaient toujours une notable réduction de leurs vingtièmes sous prétexte de l'entretien des gardes. Les remises sont. les petits bois, ou «hoquetons», que les seigneurs plantaient sur leurs terres pour servir de retraite au gibier. C. f. Criquetot-sur-Longueville, 3.
(4) « Cette paroisse est située dans une vallée. Le terrain y est généralement
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Seigneur : M. de Martigny ; patron : l'abbé de Saint- W'andrilh; (1).
Procès-vekhal
Assemblée 8 mars, devant Ch. Lefèvre, président; 10 comparants: P. Plaisant J. Mandeville, P. La Caille, Ch. Alex, Le Gris, Ad. Etiemble, Denis Canfaure. Léandre Bimont, Nie. Vincent, Ad. Quesnelle, Jac. Nie. Vigraid. Ils signent tous le procès-verbal.
Députés : P. Legris, J.-B. Vigrard (2).
Cahier des doléances du tiers état de la paroisse de Martigny (3).
Sire, ils ont remarqué, dans la lettre, que V. M. leur a écrite, que le calme et la tranquillité de son âme était troublée depuis longtemps (4) : ils supplient V. M. de vouloir bien reprendre sa tranquillité ordinaire. Votre santé leur est trop précieuse pour ne pas vous remontrer la crise où tomberait l'état s'ils avaient le malheur de vous perdre.
[1] Vous demandez, Sire, nos doléances. V. M. ne les connaît que trop; mais nous croirions manquer à notre devoir si nous ne vous les exposions pas. V. M. sait que c'est le tiers état qui paie tous les impôts : taille, accessoires, capitations, corvée, sel, don gratuit, etc. Ne serait-il pas possible de renfermer tous ces impôts en un seul et que chacun, dans le royaume, les payât également? Ne serait-il pas possible quele sel fût, au compte de V. M., vendu à un
bon ; les bois taillis sont situés sur des côtes et de médiocre qualité » Keg. des vingtièmes, Arch. S.-Jnf., C. 536, f. 119.
(1) L'abbé de Saint-Wandrille avait les deux tiers des grosses dîmes, louées 825 1. en 1789 ; le curé avait presbytère, cour et jardin et le reste des dîmes : tiers des grosses dîmes, vertes dîmes et novales (1.620 1.) ; les chanoines de Charlemesnil, une ferme louée 2.292 1. (Id. id., f. 117).
(2) Le syndic Lefebvre, (moulin à huile), paie 63 1. de taille et suites. Lcgns, député, est un tisserand, imposé à 32 1. ; Vigrard. député, a une ferme de 1.500 1. à M. de Martigny ; il paie 619 1. C'est le plus imposé de la paroisse. L'assemblée se compose, à peu près par moitié, de cultivateurs et de tisserands ou de journaliers. — En 1789, taille: 1.290 1.; accès.: 768 1. ; capit. : 828 1. ; en tout, avec la collecte et les frais : 2.921 1. 16 s. 11 d. Exempts : de Martigny, seigneur de la paroisse, fait valoir son manoir seigneurial et 7 acres de terre, le curé Thom. Delauné, fait valoir son bénéfice de la grosse dîme. C. 1847. — La paroisse contient un certain nombre de tisserands.
(3) Il y a un préambule de quelques lignes, sorte de nouveau procès-verbal, que nous supprimons.
(4) C'est une allusion aux termes mêmes de la Lettre du roi pour la convocation des Etats généraux « et qui Nous rendent à Nous particulièrement le calme et la tranquillité dont Nous sommes privé depuis si longtemps ».
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prix mrxiéré? il \(his «mî rt^iInM-ait f)lns (rar^'cnl. L<'s frais, («im> la coiitiTl)aiuleoc(5asionîK', !iiari<»(Mi^, la rrioilié (lu rrvonii de Timpôl.
[2J Nous (ieniandons à V. M. qiM' Tarifent, qiM» l'on lève sur nous pour INMiIrclieiî dt's ^randos rout(3S, soit mieux adiuirtislrée (sic), les clieinius iravanearit f)oint, et ceux qui sont en réparation sont mal réparés.
[3] Nous autres habitants, et distants de deux iieues de la ville de Dieppe, nous représentons à V. M. que nous payons un don i^n*atuil poni' les foins, qui entrent dans la ville de Dieppe, trop considérable. Nous payons 38 s. pour GOO livres pesant de foin qui eiilre dans Diepf^e, tandis qiî'à Rouen, Ton ne paie que 25 s. pour 1.600 livres (1).
[4J Nous représentons à V. M. que, depuis deux ans, il s'est midtiplié dans les campagnes un nombre infini de cafés et que toute la jeunesse y court avec avidité, même les vieilles gens, qu'ils y passent les nuits à s'enivrer, ce qui perd la jeunesse la plus utile à l'Etat.
[5] Vous daignez. Sire, nous demander notre sentiment sur les affaires de vos finances. Nous vous dirons qu'il faut commencer par connaître la dette de l'état, la m.ontrer fidèlement, telle qu'elle est, afin qu'on puisse y remédier efficacement et non la pallier, veiller scrupuleusement sur ceux qui ont le maniement de vos finances, punir les infidèles et ôter les places à ceux qui ne sont pas capables de les remplir,
[G] L'état ecclésiastique, la noblesse et le tiers état sont prêts à faire les sacrifices que les besoins de l'état exigeront. Ne serait-il pas possible que ceux qui ont la manutention de vos finances perdissent la moitié de leurs émoluments ? Sur ces émoluments il n'y a nulle charge à payer. Nous pensons qu'ils en feront généreusement le sacrifice. Nous prions V. M. de faire veiller scrupuleusement sur ceux qui régissent vos- domaines. Les frais de régie les dévorent.
[7] S'il se trouvait un moyen pour que les impôts, que l'on lève en France, rentrassent directement dans les coffres de V. M.. l'état y gagnerait beaucoup. Ce moyen, Sire, c'est de nous rendre no3 états provinciaux ; il serait à désirer que l'on trouvât un moyen pour empêcher la mendicité ; nous ne demandons pas à V. M. de simplifier la procédure, nous savons que V. M. s'en occupe et que vous vouiez faire ce beau présent à vos sujets.
(1) Sur le don gratuit et son taux excessif à Dieppe, c. f. lé cahier de Dieppefaii}>ourf»s. Le don gratui' était levé aussi sur les boissons, le bois, la paille, etc.
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Voilà, Sire, ce que le tiers état de votre paroisse <!♦* Maitii^iiy vous représente. Puissent les Ktats généraux se passer avec paix et concorde et suivant vos intentions bienfaisantes. Ils ont d'autant plus lieu de le croire que V. M. est conseillée par le plus honnête, le plus fidèle et le plus instruit de ses ministres. Nous ne cessons. Sire, de faire des souhaits pour votre santé. Que le ciel remplisse tous vos vœux. Signé: Bimont, N'incent, Plaisant, J. Xic. Viguerard, Ad. Etiemble, La Cailk, Denis Canfaure, Legriv>, I.-B. \'iguerard, C.h. Lefebvre, syndic.