MESNIL-SAINT-GERMAIN
Réuni à Etables en 1823 ; auj. Saint-Germain d'Etables. Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Longueville. Gén. : Rouen ; El. : Arques.
Pop. : 1738 ; 13 f. 1789 : 18 !.
Patron : le seigneur.
Progès-vekbal
Assemblée 8 mars ; les habitants composant le tiers état, devant le syndic, Louis Dubos ; 10 comparants : Ch. Etiemble, Rob. Jrenier, L. Chauvet, Jac. Halle. L. Papillon, J.. Troude, Hubert Troude, Franc, et Jac. de Launai ; J.-B. Morel. Pas de signature, sauf celle du greffier, Jac. Halle.
Députés : Grenier, Papillon (2).
(1) Dans le canton actuel de Doude ville, région de Sainl-Laureiil-en-Caux, dont Mesnil-Rury faisait partie, le boisseau de blé contenait en général 20 pots ; il en contenait 18 dans les cantons actuels de Bacque ville et d'Auffay. Mais à Mesnil-Rury, comme à Bacqueville et à Auffay, le poids du boisseau de blé froment était estimé à 50 livres ; le sac était de 6 boisseaux et pesait 300 livres. Le prix du boisseau était de 5 1., année courante, (c. f. Beauvillc en 1781, Arc h. S. Inf.,G. 570), le prix du sac était de 30 1. L'augmentation, indiquée par notre cahier, est donc de la moitié ou des deux tiers du prix normal. Le chiffre de 45 1. à 55 1. correspond à celui de 35 à 36 f., le quintal actuel, ou de 27 à 28 f. l'hectolitre, chiffre^ considérable, surtout si l'on tient compte de la "différence de la valeur de l'argent aux deux époques.
(2) En 1789, taille : 861 1. (884 1. en tout) ; accessoires : 512 1. ; capitation : 552 l. ; au total : 1.948 1. Exempts : le curé, Waucourt, (son bénéfice-cure), le
:{;{o nAii.!.i AMc i)'ah(,u;i:s
Plamlcs cl (l()!ra/irrs dr la paroisse du Mesnii-Sl-iMcrmain.
Nous, symlic ol habitants, coinposaat le tiers rtat di; h> })ai()iss(' (lu Mt'suil-St-Cicrinain, ass(»m!)lés pour ()})éir aux ordres cl (MilnM' daiis los vuos patorncUes de S. M., avons, re jourd'hui, 8 uKU's !7S!), anètô l(^s r('|)î'«'\s(^ntatiou.> suivanles :
!•' Nous supplions très humblement S. M. de pourvoir à ce (|u"à ravenir le blé de la province ne soit point ex})orté qu'au préalable il u\ n ait été réservé ime quantité suffisante pour Suppléer au défaut de la récolte suivante qui pourrait manquer ; il y a, sans doute, un règlement fort sage à cet égard ; mais la cupidité sait trop bien i'éluder en faisant disparaître le blé de réserve avant que la denrée soit dans les halles au taux fixé par la loi pour arrêter Texportation. Cependant, la misère est extrême ; la récoUe prochaine promet peu et nous n'avons devant les yeux qu'un avenir effrayant.
2° Nous supplions Sa Majesté d'alléger. le fardeau des impositions personnelles et foncières, devenu insupportable par le malheur des temps. S'il faut avouer que l'état actuel des finances semble nous ôter cet espoir, nous dirons cependant, avec toute la nation, qu'en simplifiant la perception, en autorisant le:? provinces à choisir et gager elles-mêmes des officiers, chargés de recevoir et de verser directement les deniers dans les coffres du roi, l'état pourrait acquitter ses dettes, et ie peuple obtenir au moins quelque soulagement. On nous objectera l'hérédité des offices de finance qu'il faudrait rembourser. — Oui. ou en faire l'intérêt sur le pied de la création ; Fétat et le peuple y gagneraient encore. — Opération injuste, dira-t-on, et peut-être insuffisante. — Si l'état ne peut être sauvé que par une crise, la vie des pauvres doit être plus sacrée qu'une partie de la propriété des riches. Quand le navire fait eau de toutes parts, on jette à la mer la cargaison du négociant pour sauver l'équipage. Au reste, nous avons confiance que le ministre, qui préside actuelvicaire, Furei. — Le syndic. Dubos, (ferme de M. du BoscThérou'de : 40 acres de terre; 10 acres de prairie, pour 2. 0001.), paie 471 1. Le premier député, Grenier, (ferme de M. de Marligny : 50 acres, moulin à blé et moulin à liuile). paie 514 1.^ L. Papillon. (moulin à papier de Xic. Bloqu<>l). paie 44 1. Le greffier .7ae. Halle, fermier, paie 124 I.Sur 21 cotes, 6 sont supérieures à 100 1, ; trois, supérieures à 50 1. ; trois, supérieures à 20 1. La majorité se compose de cultivateur? et l'assemblée électorale elle-même ne comprend que 4 journaliers : Etiemble, les deux Troude, Jac. de Launai. Cette paroisse était plutôt riche et ne présentait aucune particularité qui puisse expliquer 1(> ton âpre et violent du cahier, surtout à la fin de cet article 2.
IcMiKMil aux finances, trouverait, moyen d'accorder Irs divers intérêts avec la moindre lésion possible.
'A^ Nous suj){)lions S. Vi. de ne |)liis affermer les revenus de rKtat, de diminuer les impôts sur les consommations (»t tous autres objets de commerce intérieur, principalemeiU (•♦'lui do la gabelle.
Que S. i\l. daio'ne considérer que ces sortes d'impositions, quand même la perception n'en serait pas aussi compliquée et aussi coûteuse, se détruisent nécessairement elles-mcmps, puisque la consommation diminue toujours en proportion de l'augmentation des droits qu'elle supporte. Que si la vie de l'ouvrier devenait moins chère, son travail le deviendrait aussi et, si le commerce intérieur, délivré de ses entraves, se ranimait, il est à croire que celui qui se fait chez l'étranger reprendrait aussi quelque vigueur.
Tous ces retranchements et simplifications amènent la nécessité de licencier une armée de commis qui se trouveront sans état : voilà sans doute un inconvénient ; et quel changement un peu considérable peut-on opérer î?ans troviver des difficultés ? Cependant on pourrait : 1° conserver dans les places, jugées nécessaires, les plus capables d'entre eux et continuer à ceux qui n'auraient point de ressource une partie de leurs appointements. La presse n'est pas encore telle dans les autres professions que ceux qui ont de la conduite et du mérite ne pui?sent s'y pousser ; au pis aller, s'il faut que l'état en nourrisse encore une partie, que ce soit au moins au profit des professions plus utiles : nous présumons qu'un soldat ou un matelot coûtent m.oins au roi qu'un employé ; si l'on ne sait que faire de celui-ci, qu'on le classe ou qu'on l'enrôle et qu'on laisse des bras nécessaires à l'agriculture.
40 Nous représenterons à S. M. que nous payons toujours l'impôt delà corvée sans que, cependant, une grande route, entreprise dans notre voisinage, en avance plus, ce qui oblige les voituriers de suivre notre vallée, dont ils défoncent les chemins, lesquels sont à notre charge particulière (1).
(1) Cette route est celle de Dieppe à Paris par les Grandes Ventes et Forofcs. Elle passe à une lieue environ à l'ouest de Saint-Gennain d' L:^tal)les. Sur eette route et la lenteur de sa construction, voir les cahiers d'Ardouval, art. 7, et de Maintru, art. 4. La vallée est celle de la Varenne, la rivière de Saint-Saens» de Bellencombre et de Torcy qui se réunit à la Béthune un peu au-dessous de Mesnil-Saint-Gerniain.
[i[i2 11 AI I.I.IAC.K d'au ni KS
5" iMifiii imc [(''forme, très esseiiLidlc oL \)\v.i\ dii^Mic de la sai^<»ss(' (le iiolic iiH)iiar(iii(î, sorail sans douto celle (l(\s iiuxMirs • un «les moyens les plus pt'opr'es à Topéror parmi le peuple, du moins pour la ^éru'i'alion (pii c-ouuTKUice, sérail peut-être dd .■iuppi iu)er ou de diminuer, autant qu'il serait possible, cotte multitude de cabarets, la perte des jeunes i^'cns, le lendez-vous el la l'clraile de Ions les fainéants et coquins dont \{i nombre s'accroit journellement.
()^' Nous pourrions représenter encore la nécessité d'arrêter la mendicité ou, du moins, de la consigner dans les bornes d'un certain territoire, en assujettissant les pauvres à se munir de certificats ; on sait trop que les campagnes sont inondées de vagabonds, môme pendant la nuit ; mais, pour arriver à ce but, il faudrait une patrouille plus nombreuse et plus exacte ; il faudrait faire quelques exemples, capables d'intinaider les réfractaires ; avant tout, il faudrait s'assurer s'il n'y a pas des cantons où le nombre et les besoins des indigents excèdent la somme de secours qu'on peut leur administrer. Une bonne police à cet égard n'est pas facile à établir.
7° A l'égard d'une infinité d'ouvriers qui se plaignent de manquer de travail, que ne les emploie-t-on à la confection ou réparation des grandes routes, sous l'inspection des assemblées municipales, en assignant à chaque paroisse sa portion comme cela s'est pratiqué autrefois ? Mais alors, pour dégoûter les paysans de ce travail, on les envoyait souvent bien loin, tandis qu'on aurait pu leur assigner une tâche plus à leur portée ; on ne trouvait jamais les choses bien faites : enfin on est venu au but désiré : c'est à présent un impôt fixe et Dieu eait comme on partage le gâteau ! Nous avons touché ce point art. 1. Si nous y revenons, c'est pour prier l'assemblée d'en faire mention expresse dans le cahier général.
On trouvera peut-être que, pour un petit village, voilà bien des remontrances et des discussions politiques. L'édit de S. M. nous autorise, comme les plu? grands spéculateurs, à dire notre sentiment et nous n'avons fait que répéter ici les discours publics qui se tiennent partout et nous pouvons assurer ceux qui prendront la peine de lire notre présent cahier que le seul amour du bien public en a dicté le contenu. Signé : Ch. Etemble, L. Chauvet, R. Gronier, L. Papillon, J. Halle, greffier, Louis Dubos, syndic.
La Eîlblloth^que Université d'Ottawa Echéance
The Llbrary University of Ottawa Date Due
^Vd'V.'^'^.^
^^ MH/Oft*»-
HC 27"T •HHJ'*-»> •-
LE PPRQUiERi E»
DEPPRTEPIENT DE LP