MARTIN-ÉGLISE
Dép. : Seine-lnl. ; aiT. el canton : Dieppe. A 6 k. au. S.-E. de Dieppe.
Gén. : Rouen ; El. Arques.
Pop. : 1738 : 42 f. ; 1789 : 60 f.
Seigneur et patron : le chapitie de Rouen (1).
Procès-verbal
Assemblée 2 mars, au presbytère, devant Franc. Renard, syndic ; 14 comparants : Mie. Fourcin, J. Fournier, Ad. Couture, Simon Estancelin, Ant. de la Mare. Jac. Cauré, Ch. Grébeauval, Jac. Delamare, L. et Guil. Thomas, Franc. Paon. Franc. De Létoille, Ch. Gally, Ch. Delétoille. Ils ont tous signé le procès-verbal.
Députés : Ch. Gally. laboureur, Ch. Delétoille, pi opriétaire etlaboureur (2K
Remontrances, plaintes et doléances des habitants de Martin-E'dise,
1° En ce que nous somme: imposes annuellement en la somm? de 305 l. pour la grande route de Xeufchitel à Dieppe et qu'il n'en paraît aucunes traces (2\ Nous désirerions que cette somme
• 1) Martin-Fglise avait été donné par larchovèqiu- lliculphe au chapitre de Rouen avec son ésflise. ses dîmes et son moulin. Tousrard. .Irr. de Dieppe,
i2l Le syndic Renard, iferme de I.UUUl.i. paie 180 1. de taille et suites ; Ch. Gally, laboureur et meunier, t moulin et terres du sieur Fayet pour 2.600 1.), paie 660 1. ; Ch. Delétoille, propriétaire, imaison. masure, 30 acres, etc.), paie 149 1. L'assemblée électorale comprend, à peu près en nombre égal, des cultivateurs et des journaliers ou gens de métier. En 1789, taille : 1.220 î. ; accès. : 714 1. ; capit. : 770 1.; en tout, avec les frais : 2.762 1. Exempts : le curé, fait valoir son bénéfice et la grosse dîme ; le vicaire, sa demeure et 5 acres de terre ; M. de Minibus, sa grosse ferme, son pavillon, son jardin. 3 acres de terre. Arch. S.-Inf. C. 1849.
32'* it \ 1 1,1.1 \<; I. i»'.\ iHH ES ^
fût (Miiployéo à la réparation des clicrniris de noiro paroîjse pour l(» \i(l(' (i(^ la forOl (l'Arcpics « t titi pays (l(> Bray. clHUTiins que nous soinnu's ohliij^ôs de rôpai^i', ((> rpii tious fait un double itrif)r)t (1).
2" i)u'.\ pom le hiiMi de Trial (t l'avantacfcî do la nation, nous croiriouF (p/un seul cl iinicpie impôt, que l'assonnblée provinciale fui charirée (1(3 faire passer les sommes perçues dans les coffres du roi sans aucuns frais, en supprimant toute.^ les recettes, Sfabclles, don i^i'aluit <U autres, serait plus avanta<]^eux (2).
30 Que la justice fût rendue d'une manière plus utih; (it plus avantageuse p(Mn' les habitants des provinces et que les procès ne restassent point dans les sièges des nombres d'années, sans ])Ouvoir avoir justice, et, souvent, au détriment et à la ruine des deux parties.
40 Que les ecclésiastiques, qui jouissent de revenus immenses, sans aucune peine dans les mini.itères, et qui souvent enlèvertb les deux tiers et, quelquefois même, la totalité des dîme3 de nos paroisses, contribuassent avec nous aux charges de l'état.
50 Que la noblesse, qui jouit de privilèges qui, dans le principe, lui ont été accordés parce qu'ils entretenaient des troupes pour le service de leur Roy; mais les troupes étant à la charge de l'état, [ils] ne doivent plus jouir de tant de privilèges.
60 Que la banalité est une servitude insupportable, les moulins étant loués des sommes exorbitantes; les biens des vassaux, qui, avec beaucoup de peine et de fatigue, peuvent subvenir aux besoins d'une famille indigente, sont en proie à ces implacables fermiers.
70 Que la mendicité fût supprimée et que chaque paroisse fût chargée de ses pauvres.
8° Que leo colombiers et volières, dont les pigeons font un tort considérable, surtout dans notre paroisse, dans le temps des semailles et de la moisson, fussent supprimés.
Signé : Fourcin, Fournier, Couture, Etancelin, Ant. Delamare, Cauré, Grébovai, Jac. Delamare, L. Thomas, Guil. Thomas, Gh. Delétoille, Franc. Le Paon, Franc. Delétoille, Renard, syndic.
(1) Sur celle route, c. f. Archelles,!, et la note. Martin-Eglise était séparé de la forêt d'Arqués par l'Eaulne et se trouvait, en effet, au débouché du pays de Bray par les vallées de l'Eaulne et de la Béthune.
(2) Phrase mal construite et très incorrecte, mais dont le sens est clair.
mi: s Ml.- Al \-M()iM.s 325
MKSNIL-AUX-MOINKS (l)
Réuni ;i .Mosiiil-Fc^Ucmpri.sc, auj. AIcsnil-Follcmprise.
Dép. : Scine-Inf. ; arr. : Dieppe; canton : Hellcncombre. A :{1 k. S.-S.-K. de Dieppe.
Pop. : 1772 : G5 1". ; 178'.) : 70 f.
Seigneur et patron : de Ooutelle, écuyer, (Marie-Franc. -Jo.s.-Fortuné de ('routelle).
Procès-vkhi?al
Assemblée G mars 1789, « au banc de notre trésor », devant Noël-André- François Cro(|uelois, syndic principal des hameaux Mesnil-aux-Moines et Follemprise, dépendant de la paroisse de Bures ; 13 comparants : Nie. Rose, Mat. Bénard, Thom. Pallet, J. Colombel Ad. Blandureau, J.-Jac. Lamy, Franc. Savary. J. Davout, Mat. Vitrebert, Nie. Dubuc, Mie. Mathé, J. Delaunay, Ant. Couaillet. Onze signatures seulement.
Députés : J. Colombel, Mathieu Bénard (2j.
Cahier de doléances, plaintes^ remontrances et observations des hameaux M esnil- aux- Moines et Folemprise (3).
... Lesquels habitants, aprèv^ en avoir conféré entre eux, disent qu'il est nécessaire de pourvoir au soulagement des habitants des campagnes sur lesquels les impôts ont pesé jusqu'à présent (4). Ce qui rend leur position d'autant plus triste et affligeante, c'est qu'ils n'ont osé jusqu'alors élever leur
(1) Les deux hameaux du Mesnil-aiix-Moines et du Mesnil-Follemprise formaient déjà un groupe administratif, comme on le voit parle procès-verbal ; mais ils ne constituaient pas une paroisse : au point de vue religieux, ils relevaient d(> Bures : leur église n'était qu'une chapelle. Le nom de Mesnil-aux- Moines vient de ce que le territoire de ce hameau avait été donné par les ducs de Normandie aux moines de Fécamp. (C. f. abbé Tougard, ouv. cité, p. 93). La chapelle de S.-J. Baptiste du Mesnil-aux-Moines, «. dans les limites de la paroisse de Bures '>, avait pour patron le seigneur : !M. de Croutelle.
(2) En 1-789. taille : 1.060 1. ; ace. : 679 1.; capit. : 733 1. ; en tout, avec la collecte et les frais : 2.627 1. 13 s. 2 d. Exempts : le curé Bélanger, desservant l'église de la paroisse et titulaire de la chapelle de Folemprise : 2 acres de terre de la chapelle et sa demeure ; Ant. Couailler, clerc laïc. — Le syndic Croquelois, propriétaire, paie 110 1. ; J. Colombel. maréchal, 34 1. ; Bénard, petit propriétaire. 30 1. Majorité de cultivateurs et de journaliers ; quelques tisserands. Arch. S.-Inî"., C. 1850.
(3) Il y a au début du cahier un résumé du procès-verbal que nous supprimons.
(4) Cette idée est exprimée, dans les mêmes termes, dans le cahier de Bures et dans ceux du groupe de Bouelle, bailliage de Neufchâtel.
.'{*2<) Il Al II I \r, i: I»' \|(u| KS
voix |)oiif fairo. <miI riidir h'iirs [)î{»i[iU's, Umifh «^(Mnissenicnls, de piMii' (l'un sort nicor'f plus au;,i^ravaîil. Mais un Uoi, les délices de sou peupU», loiijoiHS bienfaisant, toujours alt(întif, toujours Ncillaid ;ni soulay;eiu(Mil dv srs sujî'ls, leur- inspire aujour- (iMuii ut\<' pl<Mne et enlièi'e confianec.
Ils oui eetle espéianee, on p(Mil, on doit s'en flatteur, que e(!S abus criants d'inétj^alité dans la répartition des impôts va (sic) disparaître à jainais, qu'un noiiv^?ai! plan, un nouveau ré^çime pour la (aille les consoleî'a du passé. Quoi en.effel de plus juste. ? 'Tous lt\s ;uje(s (iu royaume ne participent-ils pas aux avantages du gouvernement? Et, par là, ne doivent-ils pas aussi participer à toutes les charges de l'état à [)roportion de leur aisance, de leurs facultés ? (1) Ils le répètent avec confiance : cette infortunée classe de cultivateurs toujours opprimée, toujours négligée va, tout l'annonce, prendre de nouvelles forces et renaître de son abaissement.
Signé : Rose, (2), Colombel, Blanduroau Follet, Delau-
nay, Savary, Bénard, Lamy, Couaillet, Groquelois, syndic.
MESNIL-HURY
Réuni au ïorp-en-Gaiix en 1826, aiij. le Torp-Mesnil. Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Yvetot ; canton : Doiideville. A 19 k. au N.-E. dY^etot.
Gén. : Rouen : El. Aiques.
Pop. : 1738 : 76 f. ; 1789 : \S ï.
Patron : le prieur de Longueville. Seigneur : le comte de Hunolstein.
Assemblée lundi 2 mars, « en l'école de cette paroisse, lieu accoutumé », devant J. Le Febvre, syndic actuel ; 22 comparants : Nie. Fortin, syndic municipal, Nie. Biandin, greffier, J. Godement, P. Ménard, J. Dupré, père et fils, Al. Désir, Nie. Dufour, P. Varneville, Franc. AntheaumC; Ch. Crosnier, Ant. Fontaine, P. Feray, P. Le Roy, L. Fontaine, Ant. Cornière, J. Andrieu, Franc. Bataille, L. Lucas, Franc. Savoye, Ad. Edet, P. Lemaire, J. Cornière,
(1) C. 1'. le cahier de Bures.
(2) Une signature informe. M O \'ITB. est probablement celle de Mathieu Vitreberl. Elle n'est pas la seule de ce oenrc qui se rencontre dans nos calîiers, comme je l'ai indiqué à pkisieurs reprises.
MKSML-MURY 327
Franc. Podevin. Vinjjt- signatures, dont un assez granit nombre mal formées et peu lisibles.
Députés : i'.h. Crosnit^r, Ant. Cornière (11.
Cahier df doléances, plaintes et remontrances faites par les contribuables de la paroisse de Mesnil-Riir:t aux impositions des deniers du roi notre sire.
1° Dans cette paroisse nos fermages, qii.e nous occupons, sont d'un prix extraordinaire, ne pouvant pas même qu'a\^c grande peine satisfaire, pour le paiement, à nos propriétaires, surtout cette dernière récoite, que nous avons la moitié moins de gerbes, et encore phi.5 moindre en grain (2).
[2] Dans cette paroisse beaucoup de pauvres ménages qui sont en mendicité, tant par le petit (?) nombre d'enfants qu'ils ont à soutenir, que de? maladies, qu'ils ont eu à souffrir pendant le courant de l'année dernière, le bénéfice de M. le curé n'étant pas suffisant, n'ayant que la tierce du bénéfice, se recommandent aux charités (3).
[3°] Présentement, n'ayant plus dans le commerce du pays que bien des pertes, vertu que le gain est très moindre, quantité de personnes, ne pouvant subvenir pour les besoins
(1) La majorité de l'assemblée se compose de tisserands; il y en avait dixsept dans la paroisse en 1789 et 4 ou 5 toiliers. Les députés sont des toiliers : le premier paie 45 1. de taille, capitation et accessoires ; le second, 48 1. — En 1789, taille : 751 1. 7 s. ; accessoires : 427 1. ; capitation : 475 1, 16 ^. : au total : 1.654 1. 3 s. Exempts : !e curé Arsen, (son bénéfice-cure), le clerc Antheaume. Le svndic Lefebvre paie 9 1. 18 s. ; Nie. fortin, (ferme de 60 acres du sieur Ledevé pour 900 1.), paie 302 1. (Arch. S.-Inf., C. 1851).
(2) Cet article ne paraît pas très justifié : il n'y avait que deux ferm^^ importantes : celle de Nie. Fortin, mentionnée plus haut, celle de Godemeur, voiturier (ferme de 50 acres pour 800 1.) ; il payait 252 1. d'impositions. Les prix sont plutôt faibles ; il faut, il est vrai, tenir compte des pots de vin, si fréquents dans cette région, au témoignage de Heurtant de Lammerville, et qui nous dissimulent souvent le prix réel des fermages. Mais il est probaljlo que l'article fait allusion au fait suivant : le principal propriétaire de la paroisse était un sieur Le Devé, qui figure en tète du rôle de la taille pour son logement et qui n'estimposé qu'à 1 l. 7 s. 6 d. ! Outre la ferme de Fortin, citée plus haut, il possédait 5 ou 6 maisons, avec leur masure et quelques acres chacune, qui étaient louées aux toiliers, et dont le prix. (100 à 200 l.i, était réellement élevé pour l'époque : Crosnier payait la sienne 200 1., et Cornière, 120 1. On remarquera que Le Devé n'assiste pas à l'assemblée.
(3) Dans le rôle de la taille un certain Nanton. menuisier, et un certain Ourville. tous deux imposés à 6 deniers, et chargés de famille ; onze mendiants et fugitifs, dont 2 veuves, ic. f. plus loin l'art. 4). Les grosses dîmes appartenaient aux religieux de Longueville : elles étaient louées en 1789, 400 1. La tierce signifie le tiers des grosses dîmes ; le curé avait du reste, en outre, les vertes dîmes et les novales.
:i2S mmi,i,ia<;k d'à houes
(!«' Iciii's ménaiîes, sont oblicrées df fiuMidici' friii" vi(^, à raiôonque 1rs fahiirjmis cl aiili'cs sont obligés |)!'<îsqii<î d'ahandonruT on (frli'i» l'ôdiiils à. un comiiuirco nioiiidi'c.
[4°] ConlinndliMnciil (piantité de panvrcs, répandus la nuit dovant nos portes, (pii d(Mnand<Mil et à (\\ù nous n(\ pouvons pas ri^fnser raumônr ; nous demandons attention sur ces ol)jets, vu la sentence n;ndue an siège d'Arcpies, on dernier lieu, pour la défense à cette occasion. Cependant les pauvres ont toujours persisté comme ci-devant. I^n 17A0, il en lut de même pour les pan\ tes :. mais, suivant Toi-donnance, ils furent cotisés dans les paroisses ; cela donna occasion qu'ils ont cessé de mendier.
[5°] Dans cette paroisse, nous avons plusieurs ménages qui se trouvent dans l'impossibilité même, ne pouvant pas soutenir ni payer aucunes dettes, ainsi que les deniers royaux, que les collecteurs sont obligés d'en tenir compte.
[6°] Par la difficulté des mauvais temps, l'hiver très rigoureux, il nous paraît quantité de pièces de blé réduit, ainsi que colsards et rabettes, sans espérance de les moissonner.
[7^] Chez nous, tous les ans, nous sommes obligés à l'entretien des grandes routes par les impositions que l'on nous fait contribuer ; cependant, par l'éloignement d'icelles, nous ne les pratiquons nullement. Cela devient une grande charge pour nous.
[8°] En outre, les milices tous les ans chez nous ; la pauvre jeunesse en étant accablée cela est toujours une grande dépense pour les pauvres mercenaires qui ont bien de la peine à soutenir un pauvre père et mère.
[9°] Xoui vous remontrons que le clergé, possédant bénéfice, ainsi que toute la noblesse, ayant des revenus considérables, seraient dans la possibilité de pouvoir pa^'^er des deniers royaux, au lieu que le tiers état est chargé de remplir les droits.
[10°] Quantité d'employés dans les fermes générales, à qui le roi paie une somme considérable. Nous présumons qu'en retranchant une partie de tous ces sujets, cela pourrait faire une grande augmentation de revenu à l'état et le peuple ne se trouverait par la suite que plus tranquille, parce que l'on est grandement tourmenté par tous ces sujets. Il faut à présent que tout le pu}>lic paie le sel à 12 s. 9 d. la livre (1) ; cela devient pour nous une charge.
(1) Même prix à Beauville, paroisse voisine. iart.l),et à Cioniieville, (art. 6). Mesnil-Rury relevait du grenier à sel de Dieppe, et était taxé à 3 setiers, 1 minot.
mesnik-saint-(;i;hmain 329
[11°] A présent, le prix du blé chez nous, valant depuis 45 jusqu'à 55 livres le sac, le boisseau contenant vini^l pots (1), conséquemment les révoltes se commettent presque à toutes nos halles, ce qui oblige de grandes difficultés parmi le public et même il s'est passé à une halle à Yvetot un grand trouble, que les cavaliers de maréchaussée même n'ont pu empêcher quoique ayant les armes à la main. Ur d'eux s'est trouvé grandement estropié et plusieurs particuliers se sont trouvés estropiés, et deux qui ont perdu la vie.
Fait et arrêté par nous, en l'école du Mesnil-Rury, soussignés, ce jourd'hui 2 mars 1789 : P. Ménard, Varneville, Lemaire, Fontaine, J. Dupré, Bataille, Franc. Savoye, Désir, P. Féray, Lucas, J. Cornière, L. Fontaine, P. Leroy, Nie. Dufoùr, Hamon, Crosnier, Cornière, Lefebvre, syndic actuel, Blandin, Fortin, syndic municipal.