MOI LINS-SUR-YÊVRE
Notre-Dame-de-Sales : 74 1. ; 9° les Ursulines de Bourges: 105 1. ; 10° le chapitre Saint-Ursin : 105 1. ; 11° le bénéfice de la Fauconnière : 198 1.; 12° le bénéfice de Tous-les-Saints en la cathédrale: dîme non évaluée; 13° le bénéfice de la Trinité en la cathédrale : 9G 1. ; 14° l'Hôtel-Dieu de Bourges : 2\ 1. (G. 583bis).
Cure. — Revenu en 1791 : 340 1. 8 s., charges déduites (L. 75, f° 30). Patron en 1772 : l'archevêque.
Sources a consulter. — Titres du bailliage de Moulins-sur- Yèvre, B. 3538-3514 ; titres de la terre de Maubranche, E. 797 ; Frémont, II, 210. .
(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, devant la porte de l'église, sous la présidence de Meline, curé dudit lieu, « à cause de l'absence d'autres officiers publics ».
Population. — 60 feux.
Comparants. — « Les taillables, tous nés Français ou naturalisés, âgés de vingt-cinq ans, compris dans les rôles des impositions, habitants de ce bourg et village de Maubranche. »
Députés. — Jean Migni, maréchal, et Jean Lazard, laboureur.
5 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Meline, curé de la paroisse. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Doléances et vœux.
Depuis si longtemps accoutumés à gémir sous le poids insupportable d'un travail toujours infructueux pour nous et toujours pénible, depuis si longtemps dévoués à la misère, au mépris et à la trop pesante domination de ceux que nous désaltérons de nos sueurs, nous nous sommo écriés comme malgré nous, à la lecture qui nous manifestait les intentions si pures du monarque qui nous gouverne et qui règne dans nos cœurs : « Quel sera le succès de ce concours immense de plaintes et d'avis ? La force quittera-t-elle son empire, le luxe ses excès, l'avarice des propriétaires sa rapacité? Serons-nous plus heureux? Ne
pardonnera-t-on point ces saillies du désespoir à des hommes dont la vie inquiète et dure semble être un siècle de fer et qui la voient s'écouler dans l'appréhension continuelle d'un état pire? Hélas ! quel serait-il donc? Les animaux qui chassent dans nos campagnes ne couchent pas plus durement que nous ; leurs petits sont élevés bien plus chèrement que les nôtres et si leur pain, qui n'est pas plus mauvais que celui que nous mangeons, est quelquefois mouillé dans les sueurs, leur déplaisir est du moment; le nôtre est pour toujours ; il nous reste le sentiment pour contraster avec nos malheurs, avec l'opinion avilissante où sont nos dominateurs que nous sommes sans bonne foi, sans principes, sans lois, faits pour servir, pour être écrasés. Quelle situation pour des hommes !
Au milieu de tant de douleurs, quel est notre recours? Nous n'en avons point. Serait-ce dans les terres que nous faisons valoir que nous trouverions nos ressources? Nous manquons de bras. Qu'on ne dise pas que la culture est assez étendue, puisque même les seigneurs et les grands propriétaires s'emparent des communes au point que les bestiaux ne sauront bientôt plus où paître. Si l'on cultive bien grand, c'est un malheur, elles en sont plus mal faites ces terres que l'on gratte et qu'on ne fume pas. Pour éviter la faim et fuir le spectacle affreux d'une indigence extrême, nos enfants vont, dans le temps où ils pourraient nous être le plus utiles, grossir dans les villes le nombre des victimes du libertinage et de la vanité et faire triompher, en les servant, le faste de ceux mêmes qui se sont repus du sang de nos familles épuisées. Ainsi Rome, en ces jours brillants qui étaient les derniers éclats qui présageaient sa chute, vit parmi ses artisans et ses cultivateurs s'aliéner la liberté des familles et Rome tomba. Si nous étions moins malheureux, nos enfants ne nous quitteraient pas et le prix des domestiques diminuerait peutêtre ou serait plus supportable \
1. Une partie de ces doléances figuraient déjà dans des mémoires fort curieux adressés à l'Assemblée provinciale en 1784 et conservés aux archives du Cher sous la cote C. 1319 (Cf. Gandilhon, Les causes de dépopulation en Berry en 1783 et des moyens proposés pour y remédier (Bull, des sciences économ. et soc. du Comité des trac, hist., année 1905).