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SAINT-DOULCHARD * 385
dans les campagnes et ils trouveront des moyens efficaces pour rétablir les finances du Roi1.
* 3e moyen.
Un autre moyen se présente, c'est de détruire tous ces titres d'abbés commendataires2 et d'en réunir leur revenu à la couronne. Depuis longtemps on dit : à quoi bon tous ces abbés commendataires ? A rien, répond-on aussitôt.
Pourquoi réunir tant de richesses sur la tête d'un ministre de la religion, qui presque toujours n'est pas destiné à la prêcher et ne la prêche effectivement jamais? Pourquoi ces bénéfices ont-ils été fondés la plupart par la piété et la générosité de nos rois ou de nos ancêtres ? C'était pour multiplier les ministres de la religion, pour la servir, pour avoir soin des pauvres, pour faire des fonctions ecclésiastiques dans le lieu de la fondation. Tel était le concordat fait par les fondateurs avec ces gros bénéficiers, mais ce concordat est-il maintenant observé de la part des bénéficiers ? Leurs bénéfices sont restés dans les provinces, mais les bénéficiers ont bien soin de faire conduire tous les revenus à Paris où la plupart font leur séjour habituel, y vivant dans un luxe et un faste condamnés par l'exemple et les paroles des apôtres. Les pauvres sont oubliés, les fonctions attachées à ces bénéfices ne sont plus remplies, les églises même dont ils sont obligés de faire les réparations en qualité de curés primitifs et décimateurs sont négligées, sans ornements, plus malpropres pour la plupart que leurs écuries. Cet abus révolte ceux qui pensent sagement. Il faudrait le corriger
1. D'après les Rôles de la capitation des non taillables (Arch. du Cher, C. 1145), le nombre des privilégiés s'élevait, en 1788, à 1.454. Mais, à ce chiffre il faut ajouter celui de leurs domestiques exempts également de la taille et dont le nombre était de 1.283. On obtient ainsi un total de 2.737 privilégiés. Ces 2.737 privilégiés se décomposaient ainsi : 481 nobles ayant 893 domestiques. 149 « exempts » ayant 132 domestiques, 132 officiers de justice ayant 149 domestiques, 78 officiers des aides ayant 9 domestiques, 624 officiers des gabelles, traites et tabac ayant 98 domestiques. Ces privilégiés payaient ensemble 52.228 1. 3 s. 11 d. de capitation. Dans la seule élection de Bourges, on comptait 166 nobles avec 366 domestiques, 83 exempts avec 70 domestiques, 50 officiers de justice avec 51 domestiques, 21 officiers des aides avec 3 domestiques.
2. Sur les abbés commendataires du Berry, voy. la note 1 de la p. 23 de l'ouvrage publ. par le vicomte de Brimont, M. de Puyséyur et Végli&ê de Bourges pendant la Révolution; Paris, 1897, in-8°.
et pour cela détruire ces abbayes commendataires, réunir une partie de ce revenu à de pauvres cures, fonder des hôpitaux et l'autre partie la destiner aux besoins de l'État. Fait et arrêté en l'assemblée des habitants de la paroisse de Saint-Doulchard, tenue exprès le premier mars mil sept cent quatre-vingt-neuf, et signé par nous, Dragne, syndic, Paquet et Piaute, seuls signandaires (sic).
Piaute, Paquet, Dragne, syndic.
Le présent cahier des doléances de la paroisse de Saint- Doulchard, contenant un feuillet d'écriture avec son verso, a été coté et paraphé par moi, soussigné, le 1er mars 1789.
Jolivet, archiprêtre de Bourges.