TH
flS "3 w
CO
CO
es
en y.
CO
en
Tfl i
en
Efl
Jç
en
Sj
CD
JO
co
rr
— C co
grands chemins \ Ces routes de traverse sont absolument nécessaires. On pourrait les faire d'une manière moins dispendieuse en les faisant seulement de la largeur d'une voie de charrette ou deux au plus, ce qui ménagerait le terrain et le travail. Ainsi, pour cet article, la paroisse de Saint-Doulchard demande que la noblesse ou ceux qui jouissent de ses privilèges soient imposés à la corvée, ce qui procurera de la diminution au peuple.
Art. 3. — Gabelles.
La paroisse de Saint-Doulchard prend le sel au grenier de Bourges à raison de quatorze sols la livre. Depuis longtemps tout le public se plaint de la cherté de cette denrée si nécessaire au peuple. Combien de pauvres malheureux ne peuvent se procurer la quantité suffisante pour eux et leur bétail ! Les habitants de Saint-Doulchard souhaitent que le sel devienne marchand, qu'on en fixe le prix à 4 ou 5 sols la livre. Us pensent que le produit dans ce cas qui reviendrait dans les coffres du Roi serait plus considérable que celui qui y va dans l'état présent ; pour cela, il faudrait ôter tous ces employés, ces receveurs de gabelles et autres officiers ; par ce moyen, on rendrait des bras à l'agriculture et aux arts.
Art. 4. — Administration de la justice.
Les habitants de Saint-Doulchard souhaitent deux choses relativement à l'administration de la justice : 1° que pour la discussion de leurs droits ils ne soient point obligés d'aller se faire juger au Parlement de Paris dont ils ressortent et qu'elle leur soit rendue dans le courant de l'année ; qu'ils ne soient point obligés de soupirer pendant plusieurs années pour obtenir la décision des querelles qui peuvent s'élever entre eux. 2° Ils souhaitent que les procureurs ne multiplient pas leurs écrits pour multiplier les frais ; il faudrait une règle sûre pour savoir ce que coûtera une affaire en la commençant ; il faudrait des moyens moins dispendieux pour avoir son droit.
1. Ce n'est pas absolument exact ; quelques chemins avaient déjà été construits (Cf. Procès-verbaux des séances de l'Assemb. provinc. du Berri, 1786, p. 208 et 218).
SAINT-DOULCHARD 383
Art. 5. — Fourniture du bols à brûler.
La paroisse de Saint-Doulchard ne sera pas sans doute la seule à se plaindre que le bois a renchéri de plus de moitié depuis la construction des forges de Vierzon. La corde, qui valait 7 livres dans le bois, se vend actuellement 15 livres. L'espèce commence à manquer ; que sera-ce dans 20 ou 30 ans? On tire en échalas, lattes et pièces d'équarissage le plus beau bois de la forêt de Mehun et on le transporte du côté de Tours, par la rivière de Vierzon. Il est avantageux pour cette province et surtout pour Bourges et ses environs qu'on ne transporte ainsi dans d'autres provinces une denrée qui est absolument nécessaire dans celle-ci et qui peut-être manquera avant peu si on ne détruit pas la forge de Vierzon. Une autre cause produit encore cette cherté du bois.
Certains marchands de bois associés achètent tous les bois en coupe et, lorsqu'ils en sont maîtres, ils le vendent au public, qui ne peut s'adresser qu'à eux, le prix qu'ils veulent et par ce moyen 8 ou 10 personnes de la province font leur fortune rapidement aux dépens du peuple. Il faudrait d'abord que le public achète sa fourniture avant que ces marchands achetassent et par là il n'y aurait pas cette progression si rapide dans la cherté du bois. Les habitants de Saint-Doulchard demandent donc que le transport qui se fait par la rivière de Vierzon d'une quantité prodigieuse de bois soit arrêté et que les bois soient vendus en détail au public ; les propriétaires en tireront le même produit.
Art 6. — Casuel et réparations des églises.
Les habitants de Saint-Doulchard voient avec peine que les peuples soient obligés de payer à leurs pasteurs les fonctions patronales pour enterrements et mariages, etc. ; ce casuel leur paraît une surcharge qui leur a été imposée par l'injustice des décimateurs. Un paroissien par la dîme de ses fonds a stipendié pour sa portion toutes les parties du ministère pastoral ; quand il a satisfait à cette redevance annuelle il est quitte envers l'Église et lorsqu'on lui fait payer le casuel on le fait payer deux fois. Ainsi les habitants de Saint-Doulchard voudraient que les déci-
mateurs fussent tenus de payer à leur pasteur le casuel et qu'ils en fussent exemptés.
Les habitants de Saint-Douchard désirent, de plus, que les décimateurs soient plus exacts à faire les réparations des églises dont ils sont décimateurs. Il faut employer les plus ennuyeuses formalités pour les contraindre à1 les obliger à remplir cette obligation ; il faudrait donc des moyens plus faciles et plus prompts et moins dispendieux.
Voilà les doléances et remontrances que les habitants de Saint-Doulchard désirent faire parvenir à Sa Majesté.
Pour ce qui est des moyens de subvenir aux besoins pressants de l'Etat, les habitants de Saint-Doùlchard avouent que leurs lumières sont bien bornées sur cet article et ce n'est qu'avec peine qu'ils osent faire part de leur opinion. Cependant, comme le vœu de Sa Majesté est que tous les sujets lui adressent leur avis concernant les moyens de rétablir les finances, voici ce que les habitants de Saint-Doulchard proposent :
1er moyen.
Il faudrait faire quelques réformes d'officiers de la maison du Roi et réduire les troupes de France aux trois quarts de ce qu'elles sont et surtout la cavalerie qui est très coûteuse.
2e moyen.
La noblesse et autres jouissant de ses privilèges ne paient point la taille. Il faudrait les imposer pour subvenir aux besoins de l'Etat. C'est entre les mains de ces grands seigneurs que sont les grandes richesses ; un seul d'eux souvent est plus riche que 20 paroisses réunies ensemble. Il est indubitable que la noblesse et les exempts sont beaucoup plus riches que tout le Tiers état réuni. Pourquoi les nobles ne paieront-ils donc pas ? La première des lois d'une société ne dicte-t-elle pas que chacun des individus doit porter le fardeau au prorata de ses forces ? Que les nobles d'ailleurs diminuent de leur luxe, qu'ils renvoient certain nombre de leurs domestiques et de leurs chevaux