‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 129 sur 253 · SAINT-GERMAIN-DU-PITY · texte numérisé non relu

SAINT-GERMAIN-DU-PITY

du lieu, sous la présidence de Jean-Baptiste Boileau, curé de la paroisse.

Population. — 57 feux.

Comparants. — Michel Ravaud, François Charles, Jean Rabot, Simon L'Ester, Jean Chomeau, Jean Bruneau, Jean Verrier, Claude Poulet, Etienne Perinet, Jean Laverat, Jean Tinat, Charles Ramain, Jean Bailly, Jean Jan, François Cocu, Philippe Callier, Etienne Boulier, Gabriel Jan, François Gitton, Jean Bellevue, Claude Bonivin, Jean Bruneau, Claude Garnier, Jean Sirot, Jean Callier, Léonard Boulaud, François Cherrier, François Mercier, Silvain Perinet, Silvain Sirot, Jacques Bricadet, François Dubois, Etienne Roblet, Nicolas Dodu, Jean Gilbert, Charles Marché, Esme Lanoue, Guillaume Dugay, Jean Ramain, François Garnier, Pierre Pailloux, Pierre Charles, Simon Balle, Philippe Louis, Gabriel Ronde, François Rousseau, Silvain Beauvais, Louis Chantelat.

Députés. — Michel Ravaud, syndic de la paroisse, et Gabriel Ronde.

9 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Boileau. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Paroisse de Saint-Germain-du-Puy .

1° L'instruction chrétienne forme et purifie les mœurs, c'est elle qui rend le citoyen respectueux et soumis aux puissances, bon et honnête envers ses semblables, modéré envers lui-même. Celle que reçoit la majeure partie de la campagne n'est pas assez multipliée pour ressentir l'influence de ces avantages si utiles à la société. Quelque zélé et industrieux que soit un pasteur, il a la douleur de voir la partie du troupeau destinée à la garde des bestiaux et des maisons dans l'affligeante nécessité de ne pouvoir venir ou venir rarement recevoir le pain de la parole. L'établissement d'un vicaire donnerait lieu à deux messes, à chacune desquelles il y aurait une instruction. Tous les habitants seraient alors dans le cas de profiter des avantages de la prière commune, d'être instruits de l'étendue des 'devoirs ; ils ne seraient plus, dans le temps des infirmités de leur curé, privés de messe et de tout autre secours ; il y aurait deux classes de cathéchisme ; l'office

se ferait avec plus d'édification et avec cette majesté qui rappelle et imprime le respect dû à la divinité.

Une paroisse qui paie la dîme a pour objet d'entretenir autant de ministres nécessaires à son bien spirituel. Si le malheur des temps a fait passer cette dîme à ceux qui [ne] sont d'aucune utilité, c'est un abus1 auquel Sa Majesté sera suppliée de faire attention.

2° Le poids des impôts accable le cultivateur et ne lui laisse qu'une faible subsistance qui le décourage, en lui enlevant l'espérance de jouir d'une aisance nécessaire pour soutenir la peine de son travail. Ceux qui sont chargés d'en faire le recouvrement sont forcés, outre leur imposition, de faire des dépenses qui achèvent de les écraser, car la confection du rôle, le paiement d'un clerc pour écrire les reçus, les non-valoir (sic) excèdent de beaucoup la somme accordée pour la collecte.

Le tour de passer, à la charge du collecteur, arrive souvent à cause des privilégiés et exemptions. La paroisse est composée de dix domaines. Les trois principaux sont occupés par des veuves et, parce qu'elles sont veuves, elles sont exemptes de collecte. Dès qu'elles sont en état de faire valoir, elles sont donc aussi riches que du vivant de leur mari et, ayant chez elles des enfants mariés, ne sont-elles pas dans le cas de partager les charges de la paroisse ?

3° Malgré la sagesse des moyens qu'emploie l'Administration de cette province pour une juste distribution des corvées, elles sont toujours très onéreuses aux peuples à cause d'une multitude de priviligiés. La classe de ceux qui n'y contribuent en rien est bien plus intéressée à l'entretien des routes qu'un malheureux journalier qui n'a ni denrées à transporter ni nécessité de voyager.

4° La réparation des églises paroissiales est un surcroît d'impôts qui grève les peuples. Communément tous les douze ans les petites paroisses surtout sont forcées de supporter une imposition qui excède celle des taille et

J. Sur les abus des dîmes inféodées, voy. Bruneau, De condicione hominum et prœdiorum, Bourges, 1902, in-8°, p. 152.

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