Voici l'état des terrains de la paroisse en
NATURE
DES BIENS
LEUR PRIX COMMUN résultant de leur qualité
bon médiocre mauvais
GRAINS
ET AUTRES DENRÉES
leur mesure
leur poids
leur prix commun
Arpent de vigne
Arpent de pré
Charroi de foin
Boisselée de jardin ou de chènevière
Boisselée de terre
(G. 263, Rôle des vingtièmes pour 1777).
Froment Seigle Orge
Avoine
boisseau
ll.lOï
SAINT-MARTIN-DES-CHAMPS \ î.~>
le droit de terrage qui se perçoit outre la dîme de douze gerbes l'une, on sacrifierait une partie de son bien pour affranchir l'autre, ce qui deviendrait un grand soulagement pour la communauté.
2° Taille. — Représente que non seulement elle est surchargée en taille mais encore que les receveurs, pour en faire la perception, font des frais énormes par la continuité des huissiers l qui ne décessent (sic) d'aller chez les collecteurs, les font marcher malgré eux et qui en leur absence même font marcher leurs femmes ou domestiques; enfin, c'est un mouvement perpétuel que ces sangsues dans les paroisses. Ne pourrait-on point trouver un moyen pour la perception des tailles et autres impôts qui viendrait à soulagement aux pauvres colons qui, écrasés partout, perdent courage et négligent l'agriculture?
3° Sel. — Observe aussi ladite communauté que le sel est un impôt encore assez considérable par sa cherté et sa grande nécessité. Ne pourrait-on point le rendre libre et commerçant? Pour lors, pouvant se le procurer à meilleur compte, on en ferait manger même aux bestiaux et sa plus grande consommation ferait un produit pour le moins aussi conséquent à l'État.
4° Huissiers-priseurs. — Qu'il y a des abus affreux parmi les huissiers-priseurs desquels on ne peut se passer par leur établissement, serait-ce même pour une vente de cinquante livres. Le plus souvent aux ventes des manœuvres dans les campagnes, il n'y a pas assez pour les payer ; ils constituent dans de gros frais les mineurs, en gardent l'argent, sans pouvoir le retirer aisément, et le plus fâcheux c'est que ces gens-là sont souvent insolvables.
1. Sur la recommandation de l'Assemblée provinciale, les paroisses recouraient plutôt aux garnisons qu'aux huissiers pour le recouvrement des tailles. L'Assemblée provinciale trouvait qu'il était plus avantageux pour les receveurs des tailles d'employer des garnisaires que des huissiers parce que les premiers coûtaient moins cher et étaient plus dociles que les seconds. Jusqu'en 1781, les frais du recouvrement de la taille qui se faisait par l'intermédiaire des huissiers variaient entre 6.400 et 7.300 livres, rien que pour l'élection de Bourges. En 1782, les garnisons employées pour le même objet dans l'élection de Bourges coûtaient seulement 3.335 livres
(Procés-cerb. des séances de l'Ass. prooinc 1780, p. '2x2, et 17^3, p. 207.
Voy. également Arch. du Cher, C. 483, f° 182).
Avant leur établissement les tuteurs ou successeurs étaient libres de faire faire leurs ventes par un huissier ordinaire, à peu de frais et sans courir les risques de perdre leur argent, car, il est on ne peut plus désagréable d'être forcé de mettre son bien entre les mains d'un insérieux (sic) et qu'un père qui veut faire à l'amiable des partages par inventaire avec ses enfants soit obligé de se servir de ces gens-là. Ne pourrait-on point rétablir cette première liberté ?
5° Corvée. — Représente aussi que les laboureurs et manœuvres sont écrasés par le fort taux des corvées qu'ils payent au tiers de la taille, surtout après s'être épuisés à faire les grands chemins. Enfin, les cultivateurs payent tout, l'agriculture languit et tout dans les campagnes est sans activité.
Il serait à désirer qu'on voulût bien s'occuper de cette répartition et faire supporter cet impôt à tout particulier quelconque ; on parviendrait pour lors à ranimer l'agriculture.
6° Domestiques. — Observe encore qu'il existe dans cette partie du Berry un abus des plus nuisibles à l'agriculture, c'est les différents termes dans l'année pour louer les domestiques ; sous ce prétexte ils cherchent à gagner des prix exorbitants et les laboureurs sont obligés de passer par ce qu'ils veulent. Il serait à souhaiter qu'on pût faire en sorte qu'il n'y eût qu'une seule louée, comme dans les autres provinces, qui serait la Saint-Jean, et que tout domestique fût obligé d'avoir un certificat de son maître ; on le retiendrait du moins par là et on pourrait se faire servir et faire refleurir l'agriculture.
7° Pont. — Observe, en outre, ladite communauté qu'il est survenu cet hiver un accident des plus tristes et des plus fâcheux pour tout le canton, qui est l'écroulement des ponts * de La Charité, occasionné par les glaces, ce
1. Il y avait deux ponts à La Charité, établis sur la Loire, l'un sur le bras de la rive droite, l'autre sur le bras de la rive gauche. C'est ce dernier qui fût emporté par la débâcle des glaces dans la nuit du 16 au 17 janvier 1789. Il avait été construit en octobre 1673 et avait coûté 73.000 livres. Pour le remplacer, les habitants établirent momentanément un bac (Arch. du Cher,
SAINT-MAHTIN-DES-CHAMI'S \ \t
qui est d'autant plus préjudiciable au Berry que les marchés de La Charité sont les seuls débouchés pour la consommation d'une partie des denrées de la province ; à un passage aussi conséquent des barques ne peuvent suffire et si l'on retarde des années à reconstruire des ponts ou un passage c'est la ruine de cette partie du Berry, de La Charité et du Nivernais qui s'alimente dans cette province ; on prie instamment qu'on s'en occupe.
8° Justice. — Supplie ladite communauté de faire attention que toutes les justices seigneuriales sont nuisibles et extrêmement dispendieuses pour les plaideurs, qu'il serait avantageux de les toutes supprimer pour les réunir en un bailliage royal où on plaiderait en première instance, avec un seul appel au Parlement, au lieu qu'on est obligé d'essuyer trois juridictions.
9° Casuel des curés. — Supplie aussi ladite communauté de faire attention aux casuels des curés. Il est quelque chose d'odieux de voir ou l'époux payer l'enterrement de son épouse ou le fils celui de son père, etc. Ne pourrait-on point remédier à cet inconvénient? Faisant une répartition égale de tous les revenus des curés, on leur ferait un sort très honnête et on les mettrait par là dans l'état de pouvoir se passer de ces revenus affreux qui révoltent l'humanité.
Débaucheront, Louis Picard, Rapin, Lapôtre, François Borderieux, syndic, Cormier, Moreau, Métairy, Fretil.
C. 117, Procès-verbal dressé par l'inspecteur des Ponts-et-Chaussées Perroud). — Le curé de Menetou-Ràtel a noté cet événement de la façon suivante dans le registre des naissances, mariages et décès de cette époque : « Nous avions raison de craindre d'être obligé d'inscrire sur ce registre des choses des plus affligeantes. Après un froid continuel de deux mois, le dégel a commencé la semaine de l'Epiphanie ; il a été des plus désastreux ; on voyait sur la Loire des pièces ou plutôt des morceaux de glace larges comme deux boisselées de terre de la hauteur de 20 à 25 pieds. Le pont de La Charité ne peut résister, sept arcades furent emportées à la fois. Ce ml un bonheur pour le faubourg qui aurait sans doute été submergé. » [Communication de M. Dagois, instituteur à Menetou-Ràtel].
SAINT~MICHKL-DE~VOLANGIS
Identification. — Cher, arr. Bourges, con Les Aix-d'Angillon. Général., élect et grenier à sel de Bourges.
Population. — En 1793 : 360 habitants (L. 175) ; aujourd'hui :
Plumitif pour 1789. — Mgr l'Archevêque. 33 feux. Blés et bestiaux. 10 1. 12 s. par feu pour le principal. Taillables : 10 laboureurs dont 2 de 30 à 40 1., 7 de 10 à 20 1., 1 de 9 L, et 23 manœuvres dont 2 de 20 à 30 L, 21 au-dessous de 10 1. La récolte de cette paroisse en fruits est passable, excepté les pommes (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 3501.; access., 189 1.; capital, 195 1.; au total : 734 1. Vingtièmes, 3641. 5 s. 6 d. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — 13 ecclésiastiques, 13 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 92 1. 3 s. 1 d. (L. 208a).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale : 40 1., 3 boisselées de jardin : 4 1. 10 s., 90 boisselées de terre : 90 1., un arpent de pré : 48 L, dix quartiers de vigne : 20 L, 1/3 des dîmes dans la paroisse : 700 1. ; total : 902 1. 10 s. ; charges : entretien du chœur; 2° archevêché : 1.275 1., plus quelques biens non estimés; 3° chap. Saint-Etienne, de Bourges: 790 1. ; 4° abb. de Saint-Laurent: 3.037 1. ; charges : entretien du chœur et de la sacristie et fourniture d'ornements estimés 100 1. ; 5° vicairie de Saint-Étienne : 168 1. ; 6° grand séminaire : 6 1. ; 7° doyenné de Saint-Etienne-de-Bourges : 168 1. ; 8° Ghap. du Château : 68 1. ; 9° chap. Saint-Ursin : 12 1. ; 10° vicairie de Saint-Nicolas d'Etampes, en la cathédrale : 43 1. (G. 583 bi').
Cure. — En 1791 revenu : 1.183 1. 6 s. ; dépense : 590 1. 14 s. (L, 75, f° 41). Patron en 1772 : l'abbaye de Saint-Laurent.
Sources a consulter. — Registre des recettes et dépenses du sieur Garrost, curé de Saint-Michel-de-Volangis (1769-1790), E. 994; Frémont, II, 189.
(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, sous la présidence de Garros, curé de la paroisse-