SAINT-MICHEL-DE-VOLANGIS
Comparants. — Etienne Cordier, laboureur et syndic, Jean Beauvais, Jean Clavier, Jean Ilârault, Jean Brisson, Aubin Thibault, Silvain Pivet, laboureurs ; Jacques Rousseau, Claude Sirop, Jean Ramin, Louis Lanoue, Jean Lebas, Jean Berthet, Aubin Thibault, l'aîné, Jean Remangeon, Pierre Remangeon, Charles Bezet, Roch Bourgoin, Jean Couade, Pierre Ramier, Claude Caquais, tous manœuvres.
Députés. — Etienne Cordier, syndic, et Jean Beauvais, l'un des procureurs fabriciens de l'église.
2 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. origin. signé. Paraphe de Garros, curé de la paroisse. Arch du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier des doléances, plaintes et remontrances, fait et dressé
par les habitants de la paroisse de Saint-Michel-de~
Volangis, bailliage et élection de Bourges, pour être porté
par leurs députés à l'assemblée qui se tiendra à Bourges,
le 9 mars de la présente année 1789.
Les habitants de ladite paroisse de Saint-Michel prennent la liberté de représenter ce qui suit :
Art. 1er. — Que tous les biens-fonds, situés dans l'étendue de ladite paroisse, appartiennent à des propriétaires externes et que lesdits habitants, qui sont tous laboureurs ou manœuvres, exploitent et font valoir lesdits biens en vertu de baux dont les clauses et conditions sont si exorbitantes1 qu'il leur reste à peine de quoi pourvoir aux besoins les plus urgents et les plus indispensables pour la vie.
2° Que la nourriture et le paiement des domestiques et autres ouvriers qu'ils sont obligés de prendre et à de gros frais pour faire l'exploitation desdits biens, et surtout lorsqu'il survient quelque grêle ou autre misère de cette espèce (ce qui n'arrive que trop souvent par malheur),
1. Ces baux étaient ordinairement de 9 ans et « un quart de tous les blés ». Ces blés devaient être amenés tout battus par le preneur au bailleur (C. 1318 Mémoire adressé à la Soc. d'agricult. de Bourges, 1762).
achèvent de les ruiner et les mettent hors d'état de payer leurs impôts et autres dettes.
3° Que la méthode illégale et tout à fait injuste que les domestiques ont introduite depuis quelque temps de prendre pour se louer trois ou quatre termes dans la même année leur est très gênante, fort coûteuse et tout à fait préjudiciable à leur exploitation.
4° Que la collecte est une charge on ne peut plus onéreuse et notamment dans leur paroisse, attendu que parmi les trente-cinq feux dont elle est composée il y en a sept qui ne sont point compris sur le rôle des impositions, par la raison qu'ils sont tenus par les personnes gagées et au service de différents seigneurs et que plusieurs domaines y sont exploités par des femmes veuves que les ordonnances exemptent de la collecte, d'où il s'en suit que cette commission ne tombe que sur cinq ou six laboureurs qui sont obligés d'y passer tous les trois ans, surtout depuis qu'il faut un collecteur séparé pour le rôle des vingtièmes.
5° Que dans les cas de réparations à faire à l'église, au cimetière et au presbytère on leur en fait payer indûment le tiers, attendu qu'ils ne possèdent aucune propriété dans la dite paroisse où ils ne sont pour ainsi dire qu'en passant.
6° Que les formalités requises pour ces sortes de réparations ne servent qu'à les multiplier et les accroître. Les frais énormes des adjudications, les difficultés et les lenteurs qu'on éprouve avant de pouvoir obtenir un arrêt du Conseil sont cause qu'on a recours à ce remède extrême le plus tard possible, d'où il arrive que ces édifices publics tombent enfin dans un état de dépérissement presque irrémédiable. D'ailleurs, les adjudicataires pour l'ordinaire peu consciencieux font ces sortes de réparations si peu solidement qu'il les faut recommencer sous peu de temps. Lesdits habitants en ont fait eux-mêmes la triste expérience ; ayant fait faire il y a six ans les murs de clôture de leur cimetière par adjudication et dans la forme prescrite, les mêmes murs s'écroulèrent en grande partie l'hiver suivant.
7° Que le sel et le bois, qui sont deux denrées de première nécessité pour la vie et même indispensables tant pour la