‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 149 sur 253 · ROZAY · texte numérisé non relu

ROZAY

Guillaume Simon, Jean Desmoulières, UrsinLABBE, Rozay, Girauld, Bourgoin, Guillaume Bonté, Nicolas Giraud, Maranday, Beguineau, Aignan Rozay, Beguineau, Durand, Rozay, sundic.

VEAUGUES

Identification. — Cher, arr. et con Sancerre. Général., élect. et grenier à sel de Sancerre.

Population. — En fructidor an II : 625 habitants (L. 157) ; aujourd'hui : 1.028. Mouvement: N. 27, M. 9, D. 21 (C. 162).

Plumitif pour 1789. — M. Anjorant. 159 feux. Vins. 5 1. \ s. par feu pour le principal. Taillables : 11- laboureurs dont 1 de ">7 I., 1 de 43 1., L de 36 1., 4 de 20 à 30 1., 7 de 10 à 20 1. cl 1 '.:> manœuvres tous au-dessous de 10 1. La récolte en bons blés est passable, beau-

coup de petits blés et de foin. Comme dans le général pour les vins (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 830 L; access., 448 1. ; capitat., 462 1. ; au total : 1.740 1. Vingtièmes, 764 1. 1 s. 3 d. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 9 ecclésiastiques, 10 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 171 1. 14 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale et autres bâtiments en dépendant: 50 L, clos ou parc : 30 1., 1/4 de boisselée de jardin : 1 L, 98 boisselées de terre : 98 L, 2 arpents 1/2 de pré : 160 1., 3/4 d'arpent de vigne : 12 1., 3 arpents de bois : 15 L, grosses et menues dîmes, la 5e portion : 260 L, novales : 60 L, dîme de chanvre : 40 L, cens et rentes : 31 1. 11 s., supplément : 27 boisseaux de froment, 11 de marsèche et 11 d'avoine : 90 1. 10 s. ; total : 848 1.1s.; 2° l'hôpital de Veaugues : 3.280 1. ; charges : 831 1. ; 3° le bénéfice de Saint-Leu et de Saint-Gilles : 78 1. ; 4° la cure de Jalognes : 112 1. ; 5° abb. de Saint-Satur : 338 1. ; 6° abb. de Ghalivoy : 40 1. ; 7° cure de Montigny : 32 1. ; 8° cure de Neuvy : 8 1. ; 9° cure de Bué : 6 1. ; 10° vicairie de Sainte-Marguerite de Veaugues : 6 1. 10 s. ; 11° l'hôpital de Sancerre : 60 1. (G. 583bis).

Cure. — En 1791 : revenu, 1.031 1. 9 s. (L. 78, f° 19). Patron en 1772 : le chapitre Saint-Étienne.

Sources a consulter. — Bailliage de Veaugues, B. 3463-3464 ; titres de la seigneurie de Montigny, E. 403-539 ; Frémont, II, 379.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 22 février, devant la principale porte de l'église paroissiale, lieu ordinaire des assemblées, sous la présidence de Jean-Baptiste Allix, curé du lieu, en l'absence d'un notaire ou autres officiers publics.

Comparants. — François Fontaine, laboureur, Jean Verrière, meunier, Jean Bailly, laboureur, Jean Mellin, marchand, Jacques Barreau, laboureur, Jacques Râle, laboureur, Edme Cherrier, couvreur, Claude Maupertuis, cabaretier, Jean Ferrand, laboureur, François Méchin, manœuvre, André Méchin, manœuvre, François Tassin, maître charron, Jean Thuault, tisserand.

Députés. — Jean Mellin, marchand, et Jacques Beigneux.

8 signatures, y compris celle du Président.

VEAUGUES 503

(Ms. original signé. Paraphe d'Allix, curé de la paroisse. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cahier de doléances et représentations très humbles de la paroisse de Veaugues.

Tous les habitants de la paroisse de Veaugues supplient Messieurs les députés de la province de Berri aux États généraux d'assurer Sa Majesté de leur très respectueuse soumission à ses ordres et de porter au pied du trône la disposition où ils sont de faire, malgré l'ingratitude et la stérilité du sol qu'ils cultivent, tous les sacrifices possibles pour rétablir dans l'administration de l'État un ordre fixe et durable et pour la prospérité générale du royaume.

[1°] Ils supplient Messieurs les députés aux États généraux de travailler et d'aviser aux moyens d'établir la plus exacte proportion entre l'impôt et la faculté du contribuable. L'expérience journalière ne fait que trop voir que le pauvre, chargé d'ailleurs et le plus ordinairement d'une nombre[use] famille, paye contre l'intention de Sa Majesté l'impôt pour le riche redouté de toute une paroisse.

L'impôt territorial, qui ne serait pas trop étendu, peut seul faire cesser l'arbitraire dans les impositions ; il mettra chaque propriétaire dans la nécessité de fournir à l'État des subsides relatifs à leurs facultés et le pauvre sera soulagé.

Il est à propos, ou pour mieux dire, il est juste que la noblesse et le clergé, possesseurs de la plus grande partie des biens de l'État, paient une contribution proportionnée à leurs possessions. En conséquence, s'ils sont bons citoyens, comme ils se flattent de l'être et comme ils sont véritablement, ils doivent s'empresser de renoncer à leurs privilèges. Cette renonciation offerte par les principaux membres du clergé fait et fera un honneur infini à ce principal corps de l'État.

[2°] Les mêmes habitants ont remarqué que les chemins tendant d'un bourg à un autre sont maintenant presqu'impraticables, ce qui nuit au transport des denrées et par une suite naturelle au commerce général. En consé-

quence, ils désirent que Messieurs les députés sollicitent auprès de Sa Majesté les réparations des chemins subsistants et la confection de nouvelles routes où besoin sera. La circulation deviendra plus aisée, moins dispendieuse, et répandra la richesse dans toutes les parties du royaume. Le bourg de Veaugues, par lequel passent la majeure partie des vins du Sancerrois, est en particulier entouré de chemins dont il n'est presque plus possible de se tirer.

[3°] Les mêmes habitants demanderaient la destruction et l'anéantissement des gabelles et des aides. Outre que ces impôts gênent extrêmement les citoyens, ils causent une guerre intestine dans le royaume et des désordres affreux.

Au surplus, les habitants s'en rapportent pour bien d'autres objets qu'il serait trop long de détailler ici aux lumières, à la sagesse et au patriotisme de leurs représentants aux Etats généraux.

Délibéré et arrêté dans l'assemblée paroissiale, le vingtdeux février 1789.

Beigneux, Mellin, Tassin, Verrière, Chamaillard, Blin, Thuault.

Ne varietur,

Allix, curé de Veaugues.

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