Voici l'état agricole de la paroisse en
NATURE
DES BIENS
LEUR résultant
bon 1
PRIX COMMUN
de leur qualité
GRAINS
ET AUTRES DENRÉES
leur mesure
leur poids
leur prix commun
médiocre mauvais
boisseau
terre labourable..
Boisselée d'ouche. . .
Méteil
Seigle
Marsèche
Arpent de
Avoine
pré
Arpent de
bois
Arpent de
vigne
«... Le terrain est gras et généralement bon, les terres peuvent rapporter 4 à 5 boisseaux la boisselée. Les habitants ne l'ont aucun commerce, ils sont vignerons. Les denrées ne se consomment point dans cette par
les habitants les vendent sur le marché de Bourges qui en est éloi deux lieues » (C. 278, Rôle des vingtièmes, pour 17?ôj.
de
compléter un quartier de son rôle qu'on le presse à force de frais et de contraintes d'apporter au bureau de recette, avances qui sont souvent perdues pour lui, tels sont pour les collecteurs de toutes espèces d'impositions et plus particulièrement pour celle du vingtième les inconvénients de la collecte, qui sont pour celui qui en est chargé qu'une occasion de dépense et de perte de temps considérable. Comme chaque habitant est chargé à son tour de toute espèce de collectes, les habitants de Vasselay en font un objet de leurs plaintes et doléances et supplient qu'on trouve un moyen de les décharger de cet assujettissement, soit en établissant dans chaque paroisse* de la campagne un maître d'école qui serait chargé de tous les rôles, soit en obligeant chaque imposé à apporter lui-même au collecteur le montant de son taux.
Art. 3. — Travaux publics.
Depuis très longtemps les habitants de Vasselay contribuent de leurs bras et de leur argent à la confection des grandes routes qui leur sont absolument inutiles, vu l'éloignement dont ils en sont. Ils se plaignent de n'avoir point de chemins praticables pour aller de leur paroisse à Bourges. Ils supplient et sollicitent l'application de la moitié au moins de ce qu'ils contribuent aux travaux des grandes routes pour être employée à la confection d'un chemin de Vasselay à Bourges qui puisse faciliter le transport de leurs denrées et la vente de leurs vins.
Art. 4. — Gabelles.
La trop grande cherté du sel, nécessaire et presque unique assaisonnement de leurs mets, les vices et malpropretés de cette marchandise occasionnés par les corps étrangers qu'y introduisent soit les teneurs des greniers soit les débitants pour en augmenter la masse, sont un juste sujet de plaintes et de réclamations. 1° Le sel est à un si haut prix que son besoin inévitable devient une dépense considérable pour les gens de la campagne et la plupart se restreignent à la moitié de ce qu'il leur en faudrait s'il était à un moindre prix; outre qu'ils en useraient autant qu'il leur en faudrait ils s'en serviraient encore pour le soulagement et engrais de leurs bestiaux. Les habitants de Vasselay dont le pays
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est propre aux engrais de toute espèce y trouveraient leur avantage particulier. 2° Le sel que l'on prend soit aux greniers publics soit aux débitants, outre qu'il est très cher, (il) est encore très malpropre et de mauvaise qualité, puisqu'il dépose des crasses dans les aliments qu'on (en) assaisonne et fait souvent corrompre les provisions qu'on sale pour les conserver.
Art 5. — Aides.
Les droits d'aides auxquels les habitants de Vasselay se trouvent assujettis par la nature de leur sol, dont une majeure partie n'est propre qu'à la culture des vignes, est un sujet particulier de réclamation de leur part. Point de culture plus dispendieuse que celle de la vigne, rien en même temps de si casuel et cependant point de denrée plus chargée de droits à payer que le vin. Souvent le produit des vignes ne dédommage pas des dépenses de culture et de récolte. Ajoutez les droits à payer et vous conviendrez combien le vigneron est dupe. Les habitants de Vasselay se plaignent en outre de la gène à laquelle ils sont assujetis d'aller à deux lieues de chez eux chercher un congé pour chaque poinçon qu'ils vendent.
Ils se plaignent encore de ce que leurs vins venant à se gâter il ne leur soit pas permis de les faire brûler sans qu'il leur en coûte de gros droits qui, joints aux frais du brûlage, en absorbent le produit, ce qui les oblige à le[s] jeter plutôt que de le[s] brûler. Ils se plaignent enfin des droits d'entrée de ville qui sont si hauts qu'ils éloignent les habitants de Bourges d'acheter leurs vins.
Art. 6. — Droits de fuie.
Outre les impositions qui tournent au profit de l'État et auxquels sont assujetis tous les habitants du royaume, il en existe une espèce particulière qui grève beaucoup les habitants des campagnes quoiqu'elle ne tourne qu'au profit de quelques particuliers aisés, ce sont les droits de fuie ou de colombier dont jouissent les seigneurs de fief. Encore passe si les seigneurs de fief jouissaient seuls de ce droit, mais plusieurs particuliers, parce qu'ils sont riches, -attribuent le même droit, d'où il arrive qu'une multitude innom-
brable de pigeons errent dans les campagnes, enlèvent les semences aussitôt qu'elles sont confiées à la terre et frustrent le cultivateur de l'espoir de la récolte ou la diminuent notablement. A peine ces animaux voraces laissent-ils parvenir l'orge à une demie maturité qu'ils l'enlèvent ou la débitent en grande partie. Toutes espèces de grains sont exposées à leurs atteintes. Les habitants de Vasselay se plaignent hautement de cette servitude, ils demandent la suppression de ces volières et colombiers qui n'ont aucun droit d'exister.
Art. 7, — La dîme.
La dîme semble aux habitants de Vasselay ainsi qu'à tous gens instruits n'avoir été consentie par les propriétaires des terres que pour être appliquée : 1° à la subsistance et entretien des ministres nécessaires de la religion ; 2° à la construction et entretien des édifices publics tels que sont les églises paroissiales, les presbytères et les cimetières ; 3° enfin, au soulagement des pauvres.
Ils se plaignent, en conséquence, de voir enlever la dîme de leurs terres par des étrangers pour eux, tels que sont les chapitres, les communautés religieuses et les bénéficiers simples qui ne leur sont d'ancune utilité et dont ils ne reçoivent aucun service tant dans le spirituel que dans le temporel.
Ils se plaignent encore que n'étant soutenus de personne, ne sachant pas se défendre eux-mêmes, ils sont vexés de toutes parts, ne sachant comment s'y prendre pour en empêcher et n'en ayant pas les moyens, que depuis peu les seigneurs décimateurs se sont mis sur le pied de prendre la dîme sur leurs pois blancs, rouges et verts ainsi que sur les fèves, ce qu'ils ne faisaient pas auparavant.
Art 8.
Ils supplient très humblement Sa Majesté d'abréger les formes des procédures, de leur faciliter les moyens d'obtenir justice à moins de frais que faire se pourra.
Art. 9.
Instruits des attentions du gouvernement à envoyer dans les campagnes des élèves de l'Ecole vétérinaire pour pré-
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venir et guérir les maladies des bestiaux, ils désireraient cette môme attention pour la conservation de l'humanité. Les gens de campagne, éloignés de tout secours, lorsqu'ils sont attaqués de maladies succombent à la première par la difficulté qu'ils éprouvent à se procurer les secours de l'art et vu le haut prix où les médecins et chirurgiens font monter l'honoraire de leurs visites en campagne et la cherté des remèdes qu'ils administrent, et souvent les femmes enceintes se voient obligés d'exposer leur vie et celle de leurs enfants en se livrant entre les mains de femmes ignorantes qui se donnent pour accoucheuses, par les mêmes raisons. Les habitants de Vasselay, qui ont récemment éprouvé ces inconvénients, demanderaient qu'il fût établi dans les campagnes pour un certain arrondissement de paroisses des chirurgiens-accoucheurs et des sages-femmes instruites qu'on pourrait appeler dans les circonstances difficiles et dont l'honoraire serait taxé par le gouvernement.
Ne varietur,