NOTICE GÉNÉRALE
Identification. — Chef-lieu du département du Cher. — On trouvera ci-dessous dans la publication des cahiers des corporations d'arts libéraux le détail des juridictions dont Bourges était le siège. Disons, cependant, ici que Bourges était encore le siège de l'Intendance du Berry, d'une Assemblée provinciale et d'un Bureau des Finances.
Population. — Necker {De V administration des Finances, t. I, p. 244) évaluait la population de Bourges à 25.000 habitants ; un Mémoire sur la province du Berry, rédigé vers 1765 (publ. dans la Revue archéol. . . du Beri^y, année 1897, p. 333), donne le chiffre de 12.000 habitants. D'après les papiers relatifs au remplacement de la gabelle (L. 239), Bourges aurait eu, en 1791, 22.880 habitants. Le chiffre qui semble se rapprocher le plus de la vérité est fourni par un document imprimé intitulé Tableau de la population de la ville de Bourges en 1790 (série L, titres non classés). D'après cette pièce, Bourges comptait, au 6 décembre 1790, 15.492 habitants, se décomposant ainsi : quartier Bourbonnoux, . 3.995 ; quartier d'Auron, 4.754 ; quartier Saint-Sulpice, 3.445 ; quartier Saint-Privé, y compris Asnières, 3.478. Asnières seul avait 1.291 habitants. — Au recensement de 1906, Bourges comptait 38.638 habitants, non compris dans ce chiffre la population des écoles et des prisons ni la population militaire qui formaient un ensemble de 5.765 habitants. Les 38.638 habitants constituant, à proprement parler, la population de Bourges, se décomposaient ainsi : quartier Bourbonnoux, 13.552 ; quartier Saint-Sulpice, 11.774; quartier d'Auron, 4.749; quartier Saint-Privé, non compris Asnières, 4.506 ; population éparse, y compris Asnières, 3.787. Asnières possédait à lui seul 1.594 habitants.
Impositions. — a) Taille. — La ville de Bourges était exemptée de la taille. Par contre, elle devait payer la dace ou subvention annuelle dont le montant était de 4.500 1. (Arch. commun, de Bourges, CC. 130 (nouv. n° 217).
b) Capitation. — Capitation roturière en 1788 : 24.545 1. 6 s. 4 d. ; en 1789 : 23.739 1. 3 s. 4-d. (C. 203 et 204).
Les personnnes non roturières payaient en 1788, d'après les rôles de la capitation des non taillables (C. 1145), savoir :
Noblesse (121 nobles ayant ensemble 291 domestiques) : 9.061 1. 5 s. 9 d.
Kxempts et privilégiés (77 officiers ayant G5 domestiques) : 2.247 1. 8 s. 9 d.
Officiers de justice (42 officiers ayant 40 domestiques) : 4.199 1. 7 s. 6 d.
Employés des Aides (11 officiers ou commis ayant 3 domestiques) : 186 1. 3 s.
Employés des Gabelles, Traites et Tabac (14 employés ayant 3 domestiques) : 151 1. 4 s.
c) Vingtièmes. — Ils s'élevaient en 1789 à 25.459 1. 15 s. 16 d. (C. 1109 et 1170).
Sur ce chiffre, le bourg d'Asnières seul payait 1.501 1. 8 s.
Établissements religieux. — Les titres relatifs aux biens ecclésiastiques (G. 583bi8 et Gp. 2675) ne fournissent rien pour Bourges. Voici tout au moins, à défaut d'autres renseignements, la liste des établissements religieux qui se trouvaient à Bourges en 1789 : l'Archevêché, le chapitre Saint-Etienne auquel avait été réuni depuis 1757 le chapitre de la Sainte-Chapelle, l'Archidiaconé de Bourges, le Grand et le Petit Séminaire, les chapitres du Château et de Saint-Ursin, les cures de Saint-Ambroix, Saint-Bonnet, du Château ou de Saint-Oûtrille, de Sainte-Croix, de Notre-Dame du Fourchaud, de Saint-Fulgent, de Saint-Jean-des-Champs, de Saint- Jean-le-Vieil, de Saint-Médard, de Saint-Oûtrillet, de Saint-Pierrele-Guillard, de Saint-Pierre-le-Marché, de Saint-Privé et de Saint- Ursin, les abbayes d'hommes de Saint-Sulpice, de Saint-Ambroix, les Augustins, les Capucins, les Carmes, les Minimes, les Oratoriens, les Dominicains, les Bernardins, les Chartreux, les Cordeliers, les Doctrinaires qui tenaient le Collège, les communautés de femmes de Bussières, de Saint-Laurent, de l'Annonciade, les Carmélites, les Clarisses, les Ursurlines, les Visitandines, les religieuses de la Congrégation, de Saint-François et de la Charité. Pour l'importance de ces divers établissements, voir Y État général par fonds des Archives départementales, Paris, Picard, 1903, in-4°, [Cher, p. 136 l].
Sources a consulter. — Les archives communales de Bourges sont à consulter ; elles sont fort riches à partir du xvie siècle, mais malheureusement insuffisamment classées.
Il n'existe point de travail d'ensemble sur la ville de Bourges ; pour être quelque peu renseigné il faut recourir aux travaux anciens
1. Voir aussi dans la série L les articles L. 325 et 320, Traitements des ecclésiastiques des couvents supprimés.
de Catherinot, de La Thaumassière, de Pallet et surtout à Y Histoire du Berry, de Raynal, 1845-1847. Voir également les Privilèges de la ville de Bourges et confirmation d'iceux ; à Bourges, chez Jean Chaudière [1660], in-4°, Bruneau, Les débuts de la Révolution dans les départements du Cher et de l'Indre, Vicomte de Brimont, M. de Puységur, l'ouvrage de Frémont, Gharlemagne, Les anciennes institutions municipales de Bourges, Bourges, impr. Tardy-Pigelet, 1889, in-8°, E. Toubeau de Maisonneuve, Le droit du treizième sur le vin vendu en détail à Bourges (Mém. de la Soc. des Antiq. du Centre, t. IV, p. 211).
Pour l'histoire des corporations, il faut surtout consulter la série HH aux Archives communales, les articles B. 2495-2522 des Archives du Cher (Lieutenance générale de police) et Toubeau de Maisonneuve, Les anciennes corporations ouvrières à Bourges.
A. — Assemblées préparatoires des corporations
ET COMMUNAUTÉS