‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 166 sur 253 · TEINTURIERS · texte numérisé non relu

TEINTURIERS

D'après le rôle des vingtièmes de 1789, les teinturiers étaient au nombre de 5 et payaient 9 1. plus 18 s. pour les 2 sous pour livre.

Voy. sur cette corporation, Réponses faites par les sindic et maîtres teinturiers en grand et bon teint de la ville de Bourges aux éclaircissements demandés par M. le Contrôleur général, 30 août 1776 (Arch. commun, de Bourges, HH. 111). La même liasse renferme d'autres titres relatifs à cette corporation. Voir aussi Toubeau de Maisonneuve, p. 88.

(Ms. origin. inéd. Arch. commun, de Bourges, titres non classés.)

Assemblée électorale, le 1er mars, des maîtres teinturiers « dans la maison du syndic. »

TAILLEURS, FRIPIERS ET TOILIERS 7kk)

Comparants. — Joan-Jacqucs Regnaud, syndic, demeurant paroisse Saint-Pierre-le-Marché, Antoine-Augustin Kerchove, paroisse Saint-Pierre-le-Marché, Georges Barat, paroisse Saint-Ambroix, Louis Kerchove, fils, paroisse Saint-Pierre-le-Marché, Louis Postel, le jeune, paroisse Saint-Pierre-le-Marché.

Député. — Antoine-Augustin Kerchove l.

Signatures de tous les comparants.

(Rédigé sur les mêmes feuillets que le procès-verbal, il parait se réduire aux lignes ci-dessous.)

Par plusieurs représentations, la communauté des teinturiers a représenté que la draperie et bonneterie étaient tombées par le mauvais ouvrage des teintures, parce qu'il se trouve bien du monde qui fait la teinture sans la connaître, n'ayant point de pouvoir de travailler, ce qui a contribué à la décadence dudit corps.

Cependant, nous désirons que les abus des finances soient réprimés, c'est ce que nous désirons de nos officiers.

Kerchove, ancien syndic.

D'après le rôle des vingtièmes de 1789, les tailleurs d'habits et fripiers étaient au nombre de 66 et payaient88 1. 15 s. plus 8 1. 17 s. 6 d. pour les 2 sous pour livre.

Sur cette corporation, voy. statuts de 1574, 1601 et 1620 dans Toubeau de Maisonneuve, p. 52.

1. C'est ce qui semble probable, mais en réalité le procès-verbal n'indique pas le nom du député. Ce qui nous fait croire que ce dût être Antoine- Augustin Kerchove, c'est que la note qui accompagne le procès-verbal et qui parait constituer le cahier de doléances est signé « Kerchove, ancien syndic ». Rien ne s'oppose pourtant à la supposition que l'on pourrait faire que cet « ancien syndic » était Kerchove, fils.

(Ms. origin. signé. Arch. commun, de Bourges, titres non classés).

Assemblée électorale, le 22 février, dans une salle de l'Hôtel-de- Ville, « des maîtres tailleurs et marchands fripiers et marchands toiliers. »

Comparants. — François Jolivet, père, marchand toilier, rue Saint-Bonnet, Jean Lavenin, maître tailleur, place des Carmes, Etienne Philippon, marchand toilier, rue d'Auron, Ignace Bouché, marchand toilier, rue d'Auron, Edme Normand, marchand-toilier, rue Saint-Bonnet, François Marquet, maître tailleur, rue des Toiles, Philippe Tisnot, marchand fripier, rue Mirebeau, Pierre Naudé, l'aîné, marchand fripier, rue Mirebeau, Anne Desmaneges, marchand fripier, au puits de Jouvence, Antoine Paris, maître-tailleur, rue Bourbonnoux, Jacques Mabilat, marchand toilier, rue Mirebeau, François Jolivet, fils, marchand toilier, rue Saint-Bonnet, François Deschamps, marchand toilier, rue des Augustins, Louis Lepreste, marchand fripier, rue Bourbonnoux, François Palette, maitre tailleur, place des Carmes, Jean Néron, marchand fripier, place Croixde-Pierre, Jean Lagarde, marchand fripier, rue des Augustins, Jacques-Innocent Garnier, maître tailleur, rue Bourbonnoux, Gilbert Ballery, marchand toilier, rue d'Auron, François Héraux, maître tailleur, rue Bourbonnoux, Jean Fayer, maître tailleur, rue de la Croix-de-Pierre, Etienne Ballery, marchand fripier, rue Saint- Bonnet, Jacques Deprier, marchand fripier, rue Croix-de-Pierre, Charles Bouché, marchand tailleur, rue Neuve Saint-Ursin, Louis Terminé, maître tailleur, rue Saint-Bonnet, Jacques Dufour, maître tailleur, place Saint-Ursin, Pierre Bezard, marchand tailleur, rue d'Auron, Jean Redots, maître tailleur, rue des Brigands, Pierre Patron, maître tailleur, rue d'Auron, Honoré-Simon Coulon, maître tailleur, rue des Brigands, Silvain Mardeson, marchand toilier, rue Sàint-Sulpice, Barthélémy Ballery, marchand toilier, rue d'Auron, Philippe Gamard, maître tailleur, rue Bourbonnoux, Guillaume Palette, maître tailleur, rue Bourbonnoux, Etienne Lagrange, maître tailleur, rue Saint-Bonnet, Guillaume Beauvau, marchand fripier» rue Mirebeau, Denis Margot, marchand toilier, rue Saint-Bonnet, François Bonnivin, maître tailleur, place du Séminaire, François Darget, maître tailleur, rue Coursalon, Philippe Renoux, maître tailleur, rue des Brigands, Etienne Gabart, maître tailleur, rue des Augustins, Jean Huard, maître-tailleur, rue Saint-Bonnet, Blanc, maître tailleur et syndic, rue Coursarlon.

Député. — Terminet.

Signatures de tous les comparants sauf de. Lavenin, Bouché,

Marqucl, Naudet, Demaneges, Lepreste, Lagarde, Héraux, Bouché, Duibur, Redots, Patron, Gamard, Palette Guillaume, Bonnivin, Eluard; en plus, signature d'un nommé Boice et une signature illisible.

3° CAHIER DE DOLÉANCES (Ms. origin. fnéd. Arch. commun, de Bourges, titres non classés).

Plaintes et doléances que déposent au pied du trône les maîtres tailleurs d'habits, fripiers et toiliers de la ville de Bourges pour servir et ru loir ce que de raison à rassemblée des États généraux.

Pour le bien du roi et du peuple nous demandons : 1° Les suppressions des fermiers généraux qui ne s'occupent journellement qu'à ruiner l'Etat et à écraser le peuple pour s'enrichir, tant en surprenant la religion du meilleur des Rois qu'en lui extorquant des édits portant établissement de nouveaux impôts.

2° Des aides, comme impôt vexatoire et onéreux à la nation, où il se commet des actions atroces et dont le produit ne sert pour la majeure partie qu'à remplir les coffres de Messieurs les fermiers généraux.

3° Des gabelles; que le sel soit marchand. Cet impôt est non seulement vexatoire mais encore donne lieu tous les jours à des actions les plus inhumaines et entretient continuellement une guerre intestine parmi les citoyens. Le produit subit le même sort que celui des aides, il passe entre les mains d'un nombre considérable d'individus qui s'enrichissent au détriment du peuple.

4° Non la suppression du contrôle, attendu qu'il est de la dernière utilité, mais seulement une diminution considérable des droits que perçoivent des commis qui agissent en aveugles, en augmentant les droits qu'ils ne connaissent nullement pour la majeure partie; pour obvier à cet abus, il devient de la dernière importance de faire faire un tarif clair et net et à portée de tous les citoyens pour la perception des droits dudit contrôle.

5° Nous demandons que l'impôt territorial soit perçu dans tout le royaume en nature ou en argent, ainsi qu'il scia décidé aux Etats généraux et sur toutes choses ; pour lors,

le malheureux ne gémira plus tant sous le poids de la misère et il y n'y aura que le riche jouissant de toutes les prospérités qui paiera au souverain le tribut qui lui est dû.

6° Que ledit impôt territorial soit supporté par les trois ordres de citoyens, chacun suivant sa propriété. N'est-il pas honteux de voir que le Tiers état, qui, sans contredit, est le pilier fondamental du royaume, remplisse seul le devoir que tout citoyen doit à son Roi en payant les impôts, tandis que la noblesse et le clergé, membres inutiles, vivent sans contribuer au soutien du trésor royal ? Ne sont-il pas citoyens comme nous, ne doivent-ils pas aussi bien que nous chercher à faire fleurir le royaume et à tirer des dettes le plus puissant et le meilleur des Rois qui se sacrifie entièrement pour son peuple.

7° Nous demandons qu'on établisse dans le royaume des États provinciaux composés des trois ordres, savoir la moitié du Tiers état et l'autre moitié du clergé et la noblesse; que les députés qui composeront lesdits États soient nommés chacun dans leur ordre et qu'on les renouvelle tous les trois ans pour le plus tard; que lesdits États soient chargés de la recette de tous les deniers royaux, sans en tirer aucun salaire ; qu'ils connaissent seuls de l'enregistrement des édits et déclarations qui pourraient intervenir par la suite.

8° Au moyen de la création des États provinciaux et des suppressions, de l'autre part, de tailles, nous demandons celle des receveurs des tailles, aides et gabelles ; la plupart de ces gens-là, en se servant des fonds royaux, commettent des actions abominables en prêtant à usure ; non contents de cela, ils pillent encore le Roi le plus qu'ils peuvent, ce sont des seconds fermiers généraux.

9° Nous demandons que les frais de justice soient totalement diminués ; que l'abus qui règne dans tous les tribunaux du royaume que la forme emporte le- fonds soit réprouvé, attendu qu'il est de la dernière injustice qu'un plaideur de bonne foi, pour s'être confié à un procureur ignorant qui conduit mal sa procédure, se voit condamner en des dépens qui souvent montent bien plus haut que le fonds du procès; qu'il y ait un nouveau code que Messieurs les procureurs ne pourront enfreindre, dans lequel sera

marquée la marche qu'ils doivent tenir dans les affaires et les droits qu'ils percevront; qu'on leur ôte la faculté qu'ils ont actuellement de multiplier les écritures et d'occuper pour et contre dans une même affaire en se prêtant leurs noms ; qu'on défende à l'avenir à messieurs les conseillers tant des Parlements que des Provinces de se servir de secrétaires ; pour gagner un mauvais procès on [n']a que la peine de graisser la patte à ces derniers, dans le siècle actuel on ne peut se faire rendre justice qu'au poids de l'or.

10° Nous demandons qu'on augmente le revenu des curés et qu'on leur fasse un sort heureux; qu'on leur interdise la perception du casuel ; il est de la dernière indécence de voir percevoir des droits pour servir Dieu et faire son devoir de chrétien ; nous mettons enfin qu'aucuns des curés qui composent le royaume ne perçoivent le casuel sans que leurs sentiments en soient répugnés (sic). Le revenu de la majeure partie des curés est si modique qu'ils sont obligés de percevoir ces droits honteux pour se donner la substance animale et subvenir aux besoins des plus malheureux de leur paroisse.

11° Nous demandons, enfin, que nos deux communautés soient réunies et qu'il n'y ait qu'un seul règlement.

[12°] De plus, que l'on soit autorisé a faire les vendanges comme à Orléans et Sancerre et autres villes; non plus que les vignerons ne quitteront point le travail desdites vignes qu'à sept heures du soir et commenceront à 5 heures du matin1.

Fait et arrêté par nous députés, syndic et adjoint de la communauté des maîtres tailleurs d'habits et marchands fripiers et toiliers et signé par tous les membres de ladite communauté.

F. Terminet, député, Blanc, syndic, Ballery, (((/joint, Garnier, Metivet, Mabila, Beauvau, Naudé, Deprié, Deschamps, Néron, Marquet, Pallet, le jeune, Coulon, Renoux.

1. Sur le ban des vendanges et le travail des vignerons, voy. le titre xv des Coutumes générales des pat/s et duehé de Berri et TuRPIN, Los cifjnes et les fins du Berry, Chap. vi et vu.

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