CHAUDRONNIERS BT POTIERS D'ÉTAIN
de remédier. Nous allons donc faire nos représentation-.
Le Roi, dit-on, a besoin d'argent. Rien à notre avis de plus facile à trouver : que chaque corporation s'engage à doubler la capitation pour l'année prochaine exclusivement.
Si chaque religieux était mû du moindre esprit de patriotisme, ne devrait-il pas se sacrifier dans la circonstance actuelle et contribuer à la liquidation des dettes de l'État?
Venons maintenant aux réformes que nous croyons essentielles :
lor Art. — La première et la plus nécessaire serait d'abolir la vénalité ; elle est partout, c'est le venin de toutes les places. On donne des emplois au riche intrigant qui les achète ou au méchant que l'on redoute, mais, comme on ne craint rien de l'honnête homme, on le laisse là. A quoi est-il bon, dit le proverbe?
2e Art. — La seconde réforme à opérer serait de simplifier la procédure ; elle est monstrueuse ; on peut calculer ce que les formes juridiques entre les mains rapaces des procureurs et huissiers enlèvent aux peuples.
3e Art. — Autre réforme à faire : ce sont les aides et gabelles. Cette suppression entraînerait nécessairement celle d'une foule de déprédateurs qui connaissent au mieux l'art de pêcher en eau trouble. De quels moyens occultes ne se servent-ils pas pour extorquer l'argent du pauvre plébéien à qui leurs manœuvres et leurs oppressions sont odieuses ! Le vœu général serait à son comble si on détruisait cette corporation avide et vorace, si le sel devenait marchand, si l'on établissait l'impôt territorial, si l'on promulguait l'édit du mois de mai relatif aux grands bailliages, si, enfin, les trois corps d'État indistinctement payaient toutes espèces d'impositions et n'étaient exempts ni de corvée ni de logements de soldats.
4e Art. — U nous sera bien permis de songer à notre intérêt particulier et demander que le fer ne paie aucun»' entrée à Bourges, qui est presque la seule qui ne jouisse pas des privilèges des autres villes ; la raison est que les
maîtres de forge paient un droit trop considérable pour la marque.
5e Art. — Ne pourrait-on prendre de sûrs moyens pour amortir les rentes de main-morte ainsi que les seigneu-, riales ?
Nous concluons par dire qu'une entreprise vraiment utile à la province de Berry serait l'excavation d'un canal qui communiquerait de l'Auron au Cher, donnerait un débouché aux productions du pays qui jouirait par là même d'un commerce assez considérable.
6e Art. — [Vendanges et travail des vignerons. Art. qui reproduit l'art. 6 du cahier des tailleurs d'habits ; voy. ci-dessus , p. 558],
Nous croyons n'avoir dit rien à quoi on ne puisse bien faire droit.
Léonard-Nicolas Sacrot1, adjoint, comme député. A Bourges, le 4 mars 1789.