‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 227 sur 253 · MÉRY-8UR-CHER · texte numérisé non relu

MÉRY-8UR-CHER

compris douze labourages seulement qui n'emblavent par an chacun que douze à quatorze arpents de terrain, mesure

de Paris.

2° D'accorder à la municipalité de cette paroisse, pour faire réparer des chemins qui étanl impénétrables causent de grands dommages aux cultivateurs tant sur leurs bestiauxfque sur leurs récoltes, un tiers de la somme de trois cent soixante-douze livres à laquelle sont imposés les habitants pour les corvées.

3° Une diminution sur le prix du sel.

4° Qu'ils soient déchargés de tout casuel forcé envers leur pasteur et que, pour le dédommager de cette partie de son revenu, les seigneurs ecclésiastiques qui ont des cens et dîmes dans la paroisse lui paient annuellement une somme équivalente. M. le curé est à portion congrue de 700 livres seulement.

5° Que la municipalité de cette paroisse soit autorisée à faire cultiver dans les communes cinq à six arpents de terrain dont le revenu servirait aux frais qu'elle est obligée de faire et au soulagement des pauvres.

6° Que les droits sur les actes dont la perception est incertaine, n'étan-t fondée que sur l'interprétation qu'en font les percepteurs, soient tarifés.

[6bi8] La conservation du franc-alleu établi dans la province.

7° Que la paroisse qui n'a aucun commerce ni correspondance avec la Généralité d'Orléans, en étant trop éloignée, en soit distraite pour être réunie à celle de Berry dont elle est très proche, ce qui occasionnerait moins de dépenses aux habitant- et les mettrait dans le cas de recevoir plus facilement et sans frais les ordres de Sa Majesté.

Fait et arrêté, le huit mars mil sept cent quatre-vingtneuf.

Porcher, greffier, Carrk, Ber^helot, Geoffrenet,

Hardy, Requillard.

VIERZ0N-V1LLAGES

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Vierzon. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel de la ville de Vierzon.

Population. — Voy. ci-après, p. 729, la note préliminaire de Vierzon- Ville.

Plumitif pour 1789. — Mgr le comte d'Artois. 317 feux. Blés et bestiaux. 7 1. 14 s. par feu pour le principal. Taillables : 31 laboureurs dont 4 de 30 à 40 1., 13 de 20 à 30 1., 14 de 10 à 20 1., 1 taxé d'office et 285 manœuvres dont 22 de 10 à 20 1. , 263 au-dessous de 10 1. (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 2.450 1. ; access., 1.324 1. ; capitat. , 1.363 1. ; au total: 5.137 1. Vingtièmes (cette paroisse ne figure pas dans le rôle des vingtièmes) (C. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 10 ecclésiastiques, 12 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 1.6531. 5 s. 10 d. (L. 2083).

Cure. — Revenu en 1791 : 700 1. (L. 80, f°9). Patron en 1772 : l'abbé de Vierzon. Cette cure s'étendait également sur la ville de Vierzon.

Sources a consulter. — Les mêmes que celles de la ville de Vierzon, indiquées ci-après, p. 729.

(Ms. orig. inéd. Arch. du Cher, B. 2866.)

Assemblée électorale, le dimanche 1er mars, en l'auditoire du bailliage de Vierzon, sous la présidence de Jean-Dominique Dobin !, greffier en chef de ladite juridiction.

Population. — 424 feux.

Comparants. — Silvain Bouard, syndic, Silvain Chauveau, syndic, Thomas Cornet, Georges Sochard, Nicolas Richoux, Louis Gadion, Guillaume Laveilleux, Silvain Rifaut, Mathieu Parfait, Thomas Jourdin, Etienne Dupressoir, Guillaume Boutet, Vincent Moreau, André Gaucher, Pierre Boutet, Silvain Chauveau, Félix Boureau, Jacques Pressoir, Jean Richetin, Nicolas Frezois, Michel

1. Jean-Dominique Dobin était en même temps commis-greffier à l'expédition des lettres de ratification. Pendant la Révolution, il fut secrétaire du district de Vierzon, puis greffier du tribunal dudit district (Q. Pétitions en matières domaniales).

VIERZ0N-VILLAGE8 /2.)

Cornet, Jean Sabourin, Joseph Neveux, Antoine Denis, Jean Petit, Claude Boutoi, Etienne Boutet, Silvain Lemallre, Gabriel Touzelet, Jean Jourdin, Louis Bodin, Pierre Michaut, Pierre Dupressoir; Adrien Olivier, Etienne Lecour, Philippe Laverron (t), Jean Denis, Jean-Baptiste Sabourin, Thomas Entin, Vincenl Bernard, Denis Jourdain, Joseph Guignard, François Gibert, Louis Gautra, Guillaume Soulal, Silvain Taillandier, André Neveux, Pierre Touzelet, Louis Laurent, Jacques Sarault, Pierre Sabardin, André Sabardin, Jean Thibaut, Silvain Petit, Jean Hichoux, Jean Blanchard, Silvain Chauveau, Silvain Pressoir, Claude Deniot, Claude Denis, Silvain Lassault, Etienne Guignard, Thomas Gobinau, Jean Bersillon, Jacques Michaut, Pierre Richard, Gabriel Porta, Jean Millet, Jean Labbé, Pierre Dabud, André Deniot, Pierre Bureau, Silvain Pressoir, Léonard Flamand, Adrien Richou, Silvain Rousseau, Georges Chauveau, Adrien Lepain, Jean Gimeau, Jean Gibaut, Christophe Berton, Silvain Bardin, Jacques Miron, Jean Louis, Jean Gassot, Etienne Gachet, Jean Gachet, Claude Merlin, François Arnault, Guillaume Chausset, Pierre Bertelot, Jean Bertelot, Jacques Gabillon, Denis Gabillon, Silvain Bertelot, Pierre- Gauchet, Jean Lepot, Pierre Richou (?), Jean-Baptiste Colin, Etienne Olivier, Jean Millet, Silvain Legay, Adrien Olivier, Jacques Leboit, Nicolas Lepage, Jacques Cépage, Pierre Miron, Jean Bidaut, Claude Jamet, André Blanchard.

Députés. — Louis Bodin, propriétaire des domaines des Oliviets et lieu de la Guillardière, y demeurant, Claude Merlin, propriétaire de la Piauderie et y demeurant, Thomas Cornet, laboureur et propriétaire, demeurant à Lalœuf, Claude Boutet, laboureur et propriétaire, demeurant à Grange, Silvain Chauveau, principal manoeuvre, demeurant au village en bas de Grange, André Sabardin, principal voiturier par eau, rue Gulon.

Signatures de 11 des comparants.

(Ms. orig. inéd., signé mais non paraphé par le Président, contrairement à ce qui est annoncé au procès-verbal. Arch. du Cher, I!. 28<

Doléances, plaintes ci remontrances des habitants composant les villages de ht paroisse Notre-Dame 'le Vierzon.

Lesdits habitants, prêts dans tous terni»- à donner â leur Roi les preuves de leur très respectueux attachement, ont supporté sans plainte, quoiqu'au-dessus de leura forces, les impôts qu'on a exigés d'eux jusqu'ici.

Aujourd'hui, autorisés par ses volontés à lui adresser leurs très soumises réclamations, ils portent au pied du trône auguste de Sa Majesté celles qui font l'objet du présent cahier.

[1°] Les villages de la paroisse de Vierzon par un rôle séparé paient annuellement pour la taille et accessoires la somme de cinq mille deux cent quarante-cinq livres, poulies corvées celle de sept cent quatre-vingt-treize livres, en tout six mille trente-huit livres, outre le vingtième.

[2°] Le sol de ces villages par sa nature ne produit que du seigle * ; à cause qu'il est généralement plat et aqueux, le cultivateur est souvent empêché de semer ou bien il a la douleur de voir noyée par les pluies de l'automne sa semence. .

[3°] Des quatre parties qui composent ces villages il y en a trois le long des forêts de Sa Majesté. Les coupes de trois à quatre cents arpents par an qu'on en fait pour alimenter une forge à fer établie depuis 1777 sous l'autorité de Monseigneur comte d'Artois sont cause que les bestiaux que tiennent les habitants ne peuvent pas aller pacager. Tout ce qui les avoisine étant ou en jeune taillis ou en coupe, ces trois parties sont à la veille d'être entièrement dégarnies de bestiaux, source néanmoins bien considérable pour elles contre la disette trop fréquente du blé2.

1. « Le seigle et le blé sarrazin, dit Arthur Young, rendent de cinq à six setiers par seterée de terre » (Arthur Young, édit. de Casaux, II, 315). Vierzon était sur les confins de la Sologne, de là l'aridité du pays.

2. Au sujet de l'état des bois de cette paroisse, le subdélégué écrivait en 1783 : « Il y a dans cette subdélégation environ dix mille arpents de bois, savoir : six mille dans la forêt royale de Vierzon et quatre mille appartenant aux particuliers. Dans ce nombre il peut y avoir dans la forêt de Vierzon deux mille cinq cents arpents de futaie dont on vend tous les ans trois cents arpents » ; puis, après avoir dit que les futaies de la forêt ont 100 ans et au-dessous et les taillis 30 ans et au-dessous, il ajoute : « Le débouché des bois de la forêt de Vierzon se fait par la rivière de Cher sur laquelle on

conduit les bois d'équarissage jusqu'à Tours, Saumur et Nantes Il n'y

a de forges et d'usines que celles qu'on vient de construire pour Monseigneur comte d'Artois, près Vierzon, et elles consomment annuellement vingt mille cordes de bois ou environ (Arch. du Cher, C. 316, Réponse à un questionnaire sur l'état des bois dans la généralité de Berry en 1783). Voy . également sur ce sujet: La Forêt domaniale de Vierzon, par Paul Buffault (Extr. de la Revue des Eaux et Forêts, du 1er août 1904). Les bestiaux dont Vierzon-Villages faisait l'élevage étaient surtout des moutons; voy. à ce sujet Arthur Young, êdit. de Casaux, t.- III, p. 53.

VIERZON-vii [ \ 7l>7

[4°] L'immunité de la taille en faveur des nobles ou privilégiés augmente journellement le poids des impositions desdits habitants; depuis quelque temps les propriétés les plus considérables de ces villages passées dans

de telles mains leur font sentir que qui a le bien en doit supporter la charge.

[5°] Les droits d'aides sont étendus souvent jusqu'à eux, lorsque si leurs vignes ne sont pas à trois cents toises de la ville de Vierzon, lesdits habitants payent les mômes

droits que ceux de cette ville ; dans un autre eus, ils paient encore les mêmes droits, en amenant dans les faubourgs ou dans la ville leur vendange pour y être fabriqué à faute de pressoir dans leurs hameaux.

[6°] Le sel, denrée d'autant plus nécessaire à leur usage par le genre de vie et dans l'emploi qu'ils en font souvent contre les maladies de leurs bestiaux, est d'un prix exorbitant ; ils le paient sur le pied de quatorze [sous] la livre.

[7°] Qu'ils respectent et respecteront toujours les volontés de leur auguste monarque, mais ils croient qu'il serait de son équité d'étendre sur les nobles comme sur les ecclésiastiques et privilégiés, à qui il devrait être interdit la faculté d'affermer par sous-seing leurs biens, le poids des corvées qu'ils supportent seuls, ces nobles, ces ecclésiastiques et privilégiés ayant plus qu'eux l'occasion de se servir utilement des chemins publics en faisant voiturer pour leur avantage d'une ville à l'autre les différentes productions de leurs propriétés.

[8°] Que, pour éviter la multiplicité des tribunaux et par là leur épargner des frais de voyage, il serait nécessaire en donnant ' à celui du bailliage1 de Vierzon un arrondissement tel qui lui convient, devenant de plus en plus considérable par sa grande population et l'étendue de son commerce, le pouvoir de juger définitivement jusqu'à la somme de six mille livres.

1. Lisez « de donner », nu lieu de « en donnant », pour comprendre le de la phrase.

[9°] Que, pour tarir la source des abus trop fréquents dans l'administration des finances, il serait nécessaire que les ministres rendissent leurs comptes tous les ans en présence de tels notables personnages du royaume qu'il plairait à Sa Majesté de donner.

[10°] Que la dîme sur les blés étant au treize sur les blés devrait être la même pour la vendange au lieu qu'elle est au dix.

[Il0] Qu'il y a des communes de temps immémorial pour le pacage des bestiaux desdits habitants, dont ils sont sur le point d'être dépouillés par l'avidité insatiable de quelques riches propriétaires, leurs voisins, qui de temps à autre en prennent en les faisant clore de fossés ; que l'impuissance où ils sont de défendre leurs droits sur ces aisances enhardit davantage ces odieux usurpateurs et rend leur entreprise sans venganges (sic) l ; qu'ils réclament à cet effet l'autorité du Roi pour faire cesser ces vexations et maintenir lesdits habitants dans la possession immémorialle desdites communes.

A ces causes, requerraient lesdits habitants qu'il plût à Sa Majesté et à nos seigneurs du Conseil qu'il sera établi un seul et unique impôt territorial, à raison de la qualité du sol des provinces de son royaume, auquel les nobles comme les ecclésiastiques seront assujettis ; que le sel sera vendu uniformément par tout le royaume à un prix bien au-dessous de celui d'aujourd'hui ; que les bailliages auront avec un arrondissement convenable la faculté de juger en dernier ressort jusqu'à six mille livres; qu'enfin il sera réglé pour le bien et l'avantage des campagnes un temps de dix ou douze ans tout au plus après lequel elles pourront mener paître dans les fonds de Sa Majesté leurs bestiaux, dans les tailles après cinq ans et un mois de coupe sans qu'ils éprouvent le plus léger dommage ; qu'enfin, il sera rendu compte tous les ans de l'état des finances en présence de tels personnages qu'il plaira à Sa Majesté.

Telles sont, Sire, les très humbles, très respectueuses

1. Il faut sans doute interpréter « sans qu'on puisse en tirer vengeance ».

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