‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 41 sur 253 · AUBIGNY-VILLE L · texte numérisé non relu

AUBIGNY-VILLE L

Lesdits habitants observent, en premier lieu, que ladite ville, distante de sept lieues dm rivières navigables et des pays vignobles et n'ayant du bois qu'à mi<i distance égalemënl éloignée; ne présente pour toute ressource à ses habitants qu'une petite fabrique de draps1, qui diminue de jour à autre, ne laisse aux trois quarts d'eux, pendanl la plus grande partie de L'année, d'autre moyen de subsister2 que par la bienfaisance de leurs compatriotes ; que, par cette considération, cette ville a toujours été soulagée dans la répartition des impositions. Celles de la taille, capitation et accessoires lui ont été malheureusement augmentées dès l'année dernière, augmentation à laquelle ils devaient d'autant moins s'attendre qu'ils ont, depuis quelques années, la charge du passage et du logement des troupes, d'où ils auraient dû éprouver le même soulagement dans leurs impositions que l'on faisait éprouver à la paroisse de Concressault, dans les temps où ce passage avait lieu par cette dernière paroisse.

En second lieu, les droits qui se perçoivent, à l'entrée, sur les vins, bois, foins, eaux-de-vie et sur l'abat des bestiaux ainsi que sur les cuirs ont, depuis plusieurs année-, les uns doublé, les autres triplé, d'autres, enfin, plus que quadruplé, puisque chaque poinçon de vin ne payait à l'entrée que vingt-cinq sols et qu'il paie aujourd'hui trois livres dix-sept sols six deniers; même lorsqu'il est exposé à l'étape ou place publique où il se vend, il paie quatre livres un sol trois deniers, ce qui empêche les vignerons et autres d'y en conduire et le fait suracheter (sic) aux habitants par la difficulté de se procurer des voitures.

Le sol du pays étant extrêmement sec, les foins et

1. Cependant, cette fabrique était, après celle de Chàteauroux, une des plus importantes de la région. Il est vrai que les draps qu'elle fabriquait étaient des [dus grossiers. Pour ce motif, ils étaient expédies à Paris ou on les faisait vendre par commissionnaires à la foire de Saint-Denis (C. 1317, Réponses au questionnaire de l* Assemblée provinciale, 1786). C aussi ci-dessous la note 1 de la page 16.

2. Les habitants oublient de dire qu'Aubigny était un pays riche en grains. Voy. à ce sujet les doléances des paroisses de Vouzon, de La Motte-Beuvron et de Pierrefitte-sur-Sauldre, dans C. Bloch, Cahiers de doléam bailliage d'Orléansy t. I, p. ïi.s el 463; voy. aussi le Livre-Journal d'Êt Azambourg de l'Enfournei en Concressault (1710-1758), présenl MM. Chambois et Mater (Mém. de la Soc. des Antiq. du Centre, t. XXV, p. 187).

pacages y étant rares et de mauvaise qualité1 et, par suite, les chevaux peu communs et d'une force très médiocre, chaque voiture de bois et foin ne payait que deux sols et aujourd'hui paie treize sols trois deniers, d'où il résulte qu'à raison de la faiblesse des chevaux il faut faire quatre voitures d'une corde de bois, chaque corde paie cinquantetrois sols, somme exorbitante ; à quoi on peut ajouter que le bois devient extraordinairement rare à raison de trois verreries2 et une forge3 qui sont établies dans les environs, à une distance de deux à trois lieues les unes des autres et, par là, contre le vœu des règlements.

1. Voici quel était, en 1774, l'état économique d'Aubigny-Ville d'après le tarif des vingtièmes :

NATURE

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