‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 55 sur 253 · L'original porte « en puissent · texte numérisé non relu

L'original porte « en puissent

2. Voici quel était l'état économique de la paroisse- en 1779

NATURE

DKS

Boisselée

de

terre

la-

bourab

Boisselée

de

chènevière

Arpent

de

pre ....

A ppe o t

de

vigne . .

Arpent

de

bois . . .

LEUR PRIX COMMUN résultant de leur qualité

bon médiocre mauvais

GRAINS

ET AUTRES DENRÉES

leur mesure

leur poids

leur prix commun

Froment Méteil Seigle

Avoine Marsèche

Charroi

de foin

boisseau

« Les denrées ne se consomment point [dans cette paroisse] ; les habitants les vendent sur 1rs marchés de Bourges, de Villequiers et de La Charité » (C. 235, Rôle des vingtièmes pour 1779).

que la grande quantité de pigeons qui se trouvent font un dégât considérable dans le temps des semences et, surtout, lors de la récolte des blés qu'ils mangent en partie et qu'ils écrasent le restant des blés, en s'appuyant dessus, ce qui fait une grande perte pour les laboureurs et autres cultivateurs par la trop grande quantité de ces animaux; qu'ils devraient être en partie détruits, ce qui ferait un grand bien pour le peuple.

Fait et arrêté le 8 mars 1789.

Ranvier, syndic, Petit, Jean Curé, Leblanc,

POLICARD, VlROT, CHEVALIER, Substitut dit pVO-

cureur fiscal de Villequiers.

BRÊGY

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Les Aix-d'Angillon. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.

Population. — En 1793 : 632 habitants (L. 175); aujourd'hui : 811. Mouvement en 1787 : N. 25, M. 3, D. 25 (G. 156).

Plumitif pour 1789. — M. de Gamache. 92 feux. Blés et bestiaux. 71. 3 s. par feu pour le principal. Taillables : 19 laboureurs dont 1 de 20à30L, 3 de 30 à 401., 6 de 20 à 30 1., 9 de 10 à 20 1. et 73 manœuvres dont 5 de 10 à 20 1. et 68 au-dessous de 10 1. Passable récolte pour tout (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 660 1. ; access., 357 1. ; capitat., 367 1. ; au total : 1.384 1. Vingtièmes, 740 L 6 d. (C. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 9 ecclésiastiques, 9 laïcs. Supp. desd. privilégiés: 3121. 16 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790 — 1° Abbaye d'Orsan : 1.100 1. ; 2° abbaye de Saint-Ambroix : 1.700 1. ; 3° l'Hôtel-Dieu des Aix : 30 1. ; 4° Le collège de Bourges : 1.000 1. ; 5e le chapitre Saint-Ursin, de Bourges: 1501. ; 6° l'Hôtel-Dieu de Bourges : 2.000 1. ; 7° la Gommanderie des Bordes : 1.2001. ; 8° la cure de Brécy : une maison et dépendances, 6 boisselées de jardin et de chènevière, 2/4 de pré, la 8e partie de la grosse dîme et la moitié dans le village de Francheville sur environ 300 arpents, une rente active de 32 boisseaux de

BRKCY

froment, 32 boisseaux de marsèche et 52 boisseaux d'avoine, le tout estimé 8001. (G. 583bls).

Cure. — Revenu en 1791 inférieur à 1.200 1. Patron en 1772: l'abbaye de Saint-Ambroix.

Sources a consulter. — Papiers du bailliage de Brécy, B. 3538 à 35H ; titres du marquisat de Villequiers, E. 820 à 85G ; la description de la paroisse, dans C. 318; La Thaumassière, t. III, p. 166 ; Frémont, II, 190.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, sous le porche de l'église, sous la présidence d'Etienne Boin, avocat en Parlement et au bailliage et siège présidial de Bourges, lieutenant dudit lieu, assisté de Guillaume Laloue, commis à cet effet pour greffier.

Population. — 80 feux.

Comparants. — Jean Cordier, Jean Bourgonnat, Antoine Jouannin, Pierre Clavier, Antoine Cornevin, Nicolas Bernon, Charles Cabanne, Pierre Cornevin, Pierre Lesage, Pierre Pothier, Thomas Bernon, François Yeilhaut, André Montré, Pierre Jouanné, François Bougeré, François Jouanné, Barthélémy Mouillé, Etienne Crevan, François Billeré, Jean Montré, François Gillet, François Delauné, Jean Saraut, François Auchère, Jacques Salmon, Marcel Mouillé, Etienne Berny, Pierre Rozay, Pierre Mallet, Jean Leblanc, Nicolas Cochet, Jacques Brisson, Claude Jouanin, Pierre Peron, Guillaume Leprin, Jacques Coquois,* Germain Maliet, Jean Clavier, Pierre Jouanin, Etienne Frau, Denis Hansault, Honoré Hansault, François Pillet, Jean Buchet, Nicolas Maillet, Barthélémy Boursin, Guillaume Larue, tous laboureurs et manœuvres.

Députés. — Barthélémy Mouillé et François Auchère, laboureur et manœuvre.

7 signatures, y compris celle du Président ; les autres ont déclaré ne pas savoir signer.

(Ms. original signé. Paraphe de Boin. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Doléances, plaintes et remontrances présentées par les habitants de la paroisse de Brécy, i^essort du bailliage de Bourges, assemblés aujourd'hui dimanche premier mars

1789, heure de trois du soir, au nombre désigné et dénommé en l'acte du même jour, fait par le juge du lieu, et ce pour obéir aux ordres de Sa Majesté portés par ses lettres données à Versailles le 24 janvier précédent pour la convocation et tenue des États généraux de ce royaume et satisfaire aux dispositions du règlement y annexé ainsi qu'à l'ordonnance de monsieur le Lieutenant général du bailliage de Bourges rendue le 13 février dernier dont il nous a été présentement fait lecture.

Depuis longtemps la nature réclamait ses droits ; tous les hommes sont égaux, s'écriait-elle, mais sa voix était toujours étouffée dès sa naissance. Il était réservé à un ministre véritablement citoyen de la faire parvenir jusqu'au trône; elle a frappé notre auguste monarque ; un nouvel ordre se prépare, les droits de l'homme sont reconnus, les privilèges, décourageant ouvrage de la superstition, de la force et de l'ignorance, sont appréciés.

Sa Majesté a porté les regards sur ses sujets ; tous l'intéressent également. Un bon père admet-il des distinctions parmi ses enfants ? La classe que nous occupons l'a intéressé, l'abjection où nous vivons, l'état de servitude où nous sommes réduits ont touché son cœur ; s'il ne peut réparer les maux que nous avons soufferts, il veut du moins en arrêter le cours, il demande le tableau de nos misères, il nous permet de porter nos doléances au pied de son trône, il dépose son autorité, il nous consulte sur les moyens de tout réparer, lui qui seul peut tout ordonner. Quels sentiments ne doivent pas exciter en nous ces heureuses dispositions! Quand il est forcé d'exiger le tribut, il regrette de ne pouvoir nous en décharger et de nous accorder le secours qu'il nous demande. Secondons, autant qu'il est en nous, l'exécution des projets aussi justes qu'ils sont humains et profitons de la liberté qui nous est accordée.

[1°] Si nous présentons toutes nos misères, tous les abus sous lesquels nous gémissons, le tableau doit être effrayant. Placés dans un pays peu fertile, quand nos travaux suffisent à peine pour fournir à nos familles les aliments indispensables, nous sommes encore forcés de dérober sur notre absolu nécessaire un volume d'impôts énormes en propor-

BRÉCY 65

tion de nos fortunes et grossi encore par les frais de perception.

[2°] Nous devons le tribut à l'État; nous ne regrettons pas de le payer; ce qui nous afflige, c'est de le supporter seuls, nous qui n'avons que nos bras, tandis qu'à nos côtés le riche privilégié jouit paisiblement du fruit de nos sueurs. Pour être condamnés à la terre, sommes-nous donc réduits à l'esclavage ? Toutes les richesses sortent de la terre. C'est sur ces productions que sont dus naturellement les impôts; pourquoi distinguerait-on les propriétaires pour décharger les uns et écraser les autres ?

[3°] Nous supportons trois sortes d'impositions : la capitation, la taille et les vingtièmes ; tout ce qui tient à l'église n'en paie aucune, tout ce qui participe au privilège de la noblesse est exempt de la taille par la seule raison que le hasard l'a fait naître en une classe qu'un vain préjugé a distinguée de la nôtre.

[4°] Les vingtièmes sont la seule imposition commune entre les nobles et nous; encore trouvent-ils toujours le secret de diminuer la portion qu'une juste distribution devait faire tomber sur eux de manière que, quoique plus pauvres, nous supportons presque la totalité de ces charges.

[5°] S'agit-il delà perception? D'autres abus se présentent. Si nous tardons a payer notre portion, si les rigueurs des temps, les maladies, les défauts d'ouvrage arrêtent nos bras, si nous sommes enfin dans l'impossibilité de payer, le receveur des impositions de la province, intéressé à hâter la rentrée de nos contributions pour grossir ses revenus, nous dépêche un exprès, connu sous le nom de garnisaire, qui nous assiège tout jusqu'à ce qu'il emporte la somme mandée et qui exige de nous pour chaque jour d'assistance quarante sols, nous qui à peine retirons de notre travail douze à quinze sols par jour, seule ressource qui soit en notre puissance pour nourrir notre famille et fournir à notre logement.

[6°] Le collecteur ne se rend-il pas assez vite, il est arrêté et conduit dans les prisons et, pour comble d'abus, quand nous nous sommes épuisés pour payer ce qu'on exige de nous, nous en voyons une partie s'attacher à chacune des mains qui le touchent jusqu'à ce qu'il soit parvenu au trésor

royal, de sorte qu'on peut dire avec vérité qu'il en arrive à peine un huitième aux coffres du roi.

[7°] Nous gémissons sous le poids d'un autre impôt plus dur encore, c'est la gabelle. La finance a parfaitement senti que, le sel étant de nécessité absolue, la taxe dont on grèverait cette denrée serait pour elle un produit assuré et considérable 1 ; aussi, par les augmentations progressives, chaque livre se trouve-t-elle aujourd'hui portée à quatorze sols, de manière que chaque père de famille qui a une femme et un enfant n'en pouvant dépenser moins d'une livre par semaine, c'est encore pour lui une contribution de trente-six livres par an, lors même que la quantité qui lui est fournie ne coûte pas au delà de six livres aux fermiers généraux. Outre cela, cette denrée n'est vendue aux greniers qu'à grande mesure; l'impossibilité où nous nous trouvons pour la plu- ' part de ramasser assez d'argent pour l'acheter à ce dépôt nous force de le prendre à la petite mesure chez les débitants qui, l'achetant aussi cher que nous2 et perdant encore sur le poids, sont obligés d'y introduire des matières étrangères pour s'indemniser des pertes qu'ils font sur ce détail et se procurer le salaire du temps qu'il emploient.

Pour s'assurer la perception de tous ces droits, les fermiers ont eu le droit de fermer les marais salants, d'interdire le transport du sel à tous autres que leurs préposés, à peine contre qui l'entreprend des galères, de la mort en cas de récidive ou de résistance pour conserver sa liberté3. Le

1. Cet impôt produisait en^Berry la somme de 1.700.000 livres (Proc. verb. des séances de l'Assemblée provinciale... tenue... en 1783, p. 99).

2. Ainsi en 1703, le sieur Jean Bonnivin, marchand à Bourges, doit payer la somme de 1.300 livres pour avoir le droit, pendant trois ans, de vendre du sel à petite mesure ^E. 1444, f° 94, sous-bail des droits de regrat passé par Guillaume Saffray, fondé de procuration du fermier des regrats des généralités de Bourgogne, Moulins et Bourges).

3. D'après le Mémoire sur la Généralité de Bourges, dressé par ordre du duc de Bourgogne, en 1697, et publié dans l'Annuaire du Berrij, 5e année, 1844, p. 47, les peines portées contre les faux-sauniers étaient les suivantes : ceux qui font le commerce du sel à pied et sans armes sont condamnés à 2001. d'amende et, en cas de récidive, aux galères pour 6 ans; ceux qui le font avec chevaux, charrette ou bateau sont condamnés à 300 1. d'amende et, en cas de récidive, aux galères pour neuf ans ; ceux qui le font attroupés et avec armes sont condamnés aux galères pour 9 ans et, en cas de récidive, à la mort. Les peines contre les femmes sont une amende de 100 1., la lre fois, le fouet et une. amende de 300 1., la 2e fois, le banissement à perpétuité en cas de récidive.

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sel rendu marchand, tous ces abus et une infinité d'autres cesseraient.

[8°] Viennent ensuite les aides. Il semble, par les impôts énormes mis sur le vin, qu'on ait voulu en interdire l'usage en France. Veut-on se défaire de celui recueilli dans le canton on en.acheter, le vigneron se trouve nécessité de le donner â un vil prix, tandis que le consommateur l'achète fort cher. Cette augmentation considérable profite uniquement aux fermes et à ses préposés et Sa Majesté n'en touche qu'une légère partie. Qu'on impose la vigne, alors il ne sera plus besoin d'entretenir un nombre infini de commis, contrôleurs et receveurs des aides, ce qui tournera d'autant à l'avantage du cultivateur et du consommateur.

[9°] Il est encore plusieurs abus qui doivent fixer l'attention de Sa Majesté. Nos ancêtres ont richement doté les cures ; le but de ces dons était de procurer aux ministres préposés à les desservir une subsistance honnête et un soulagement aux malheureux dans leurs besoins, mais leurs intentions n'ont pas été longtemps exécutées. Les curés primitifs se sont déchargés du soin des âmes sur des ecclésiastiques auxquels ils ont à peine laissé de quoi subsister ; de là, une source d'abus. Un revenu considérable qui devrait être consommé dans la paroisse et profiter par ce moyen aux habitants, surtout à ceux qui sont dans le besoin, est dissipé ailleurs et, pendant ce temps, le curé réduit à l'extrême nécessaire est forcé de détourner la vue à l'aspect du malheureux qu'il ne peut secourir. Quelle honte pour le sacerdoce! Il est obligé de faire payer les fonctions de son ministère connu sous le nom de casuel. Plaignons-le, la cause en est odieuse, mais les circonstances l'excusent. Que le buré primitif renonce à son luxe, qu'il se défasse, au profit le celui qui acquitte des fonctions dont il est personnellement chargé, d'une légère portion de son superflu, alors l'ordre reparaîtra, le curé délégué pourra soutenir l'honneur de son état, faire remise de son casuel et tendre une main secourable au pauvre infortuné.

[10°] Les abus se sont glissés jusque dans l'administration «1»' la justice, surtout des justices seigneuriales; les seigneurs attachent un honneur à cette propriété, ils font tout pour, la

server*. Ils devraient donc - mettre à même de recevoir les secours que nous avons droit d'en attendre et pour cela entretenir des officiers sur les lieux: au contraire, la plupart se contentent de donr. s visions js parti-

cule s qui, - envent que très rarement

vaquer à leurs fonction-. A: rès un long oaudience. nous s s exposés ar le défau seurs

d'un ad s s adroit. Si nous sommes

- rmémenl - laideur de mauvaise foi

ne man sa" eler et de nous traîner de tribunaux

tribunal nous s os entièrement ruinés.

insi |uepar - iinaire il se met à couvert des

condamnation.- - ment prononcées. Bi^n plus, s' i t — il uiquel, f r ignorance du règlement, nous nu, il interviendra contre nous condamnation d'an. - is obtenir la décharge ou ré-

duc:. . :-ur du I inds frais.

stde la boni S M - le rem- -inconvé-

nients. Le moyen este les grés le juridiction à

xetobii- - - irer sur les lieux. Alors

ces: s énormes s - et nous obtiendrons

plus facilement

11 Une autre partie d'administration offre encore un objet de réforme aux regards 1 s sdc Sa Majesté, ce

sont les droits de contrôle. On pe st un dédale

où se ut ceux mêmes qui sont chargés d'en faire la per-

. Les droits sur ce sujet ont tellement varié, les nts rendus ] -ont si multipliés qu'on se

fils doivent trouver aux apaus : : il pas rare - - ssés et l'inter-

prétation se fait toujours en faveur de la régie. La crainte de . - : encore plus de ceux pré >sés la recette emle faire les actes translatifs de propriété, de sorte qu'il n'est - étonnant s - :ransm.~ géné-

e, par exemple, l'autorisation accordée par le Roi. en novembre

a Françoise Doullé, veuve de Clément de Biet, d'exercer la justice dans

la paroisse de Moulins-sur-Y~ . :~. Françoise Doullé avait exposé au Roi

qu'ayant acquis la terre de Moulins elle désirait vivement y faire exercer la

e, mais qu'elle ne pouvait le faire parce que la dite terre de Moulins

dépendait de la chatellenie de Brécy Arch, du Cher. I

2. V.y. Godefroy, au mot Apel qui signifie ordonnance publique.

BRÉCY

ration en génération sans aucun titre; de là, naissent entre les familles les querelles et les dissensions. Pour rétablir l'ordre, il conviendrait donc qu'il plût à Sa Majesté, par une continuation de ses bontés, rendre un édit qui, rappelant les différentes volontés, établît d'une manière uniforme les droits de contrôle.

[12°] Il est de la plus grande importance pour les habitants de cette paroisse d'avoir des bestiaux ; sans cela, ils ne peuvent tirer aucun fruit de leurs terres1. L'impossibilité où ils sont de les nourrir, à raison de ce que les communaux sont tous entre les mains du seigneur du lieu qui s'en est emparé, les force à n'en tenir aucun. Pour quoi, Sa Majesté est priée de les rétablir en la jouissance desdits communaux ; en conséquence de leur permettre d'y envoyer paître leurs bestiaux.

[13°] C'est pour remédier à tous ces abus et à tant d'autres, que notre position ne nous met pas à même de connaître, quoique nous en soyons les victimes, que le Roi a convoqué l'assemblée des trois ordres de son royaume; nous avons tout lieu d'espérer que, conduits par la plus saine et la plus importante partie de leurs membres, le clergé et la noblesse répondront aux vues bienfaisantes de Sa Majesté, que tous se

1. Les terres étaient cependant assez bonnes. Voici leur état en 1775 :

NATURE

LEUR PRIX COMMUN

GRAINS

DES

résultant

de leur qualité

ET AUTRES

leur

leur poids

leur prix

BIENS

bon

médiocre mauvais

DENRÉES

mesure

commun

Arpent de

boisseau

vigne

Froment

Arpent de

pré

Meteil

Arpent de

bois

Seigle

Roisselée de

terre la-.

Marsèche

bourable..

Boisselée de

Avoine

chènevière

« Le terrain est communément bon ; les denrées ne se consomment point dans cette paroisse, les habitants les vendent sur le marché de Bourges, qui en est éloigné de 4 lieues; il n'y a ni foire ni marché. Les habitants ne font aucun commerce » (C. 237, Rôle des vingtièmes pour 1775).

réuniront avec nous pour assurer la gloire du royaume et la félicité publique.

Fait et arrêté à la dite assemblée les jour et an que dessus.

Douzième et dernière [page], ne varietur, avec paraphe de

Boin.

Mouillé, de la Buxière (?), Pillet, Cabanne,

Millet, illisible, Boin.

BRINAY

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Lury. Général, de Bourges, élect. d'Issoudun, grenier à sel de Vierzon.

Population. — En l'an IV : 373 habitants au-dessus de 12 ans (L. 173) ; aujourd'hui : 511. Mouvement en 1788 : N. 22, M. 3, D. 15 (G. 163).

Plumitif pour 1789. — Mrs de Saint-Étienne, fermiers. 85 feux. La récolte dominante est le froment, on y cueille du seigle, avoine et peu de marsèche. On y nourrit des gros et menus bestiaux, et les habitants cultivent la terre. 19 1. 11 d. par feu pour le principal. Taillables : 18 laboureurs dont 10 de 60 à 132 1., 8 de 31 à 55 1. et 66 manœuvres dont 3 de 40 à 120 L, 15 de 10 à 18 L, 48 de 3 à 8 1. En général, cette année de 1788, toutes les récoltes en grains ne sont qu'à moitié pleines. Les menus blés de dernier ont souffert de la sécheresse et tous sont fort chers. Celle du fourrage n'a pas rendu et s'est trouvée claire dans les prés et terres. Celle du vin est plus de moitié pleine et d'assez bonne qualité. Sans de grosses pluies qui ont assailli les vignes dans la fleur, elle aurait été entière (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 800 1. ; access., 432 1. ; capitat., 445 1. ; au total : 1.677 1. Vingtièmes, 894 1. 15 s. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 1 ecclésiastique, 6 laïcs. Supp. clesd. privilégiés : 3711.6 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale [non estimée], 1 arpent 1/2 de jardin : 18 L, 13 arpents 1/2 de terre: 67 1., 2 arpents 3/4 de pré : 66 L, 1 arpent 1/2 de pâture: 4 1. 10s., 1 arpent 1/4 de vigne : 20 L, 2 arpents de bois-taillis: 2 1. 10 s., grosses et menues dîmes, 268 boisseaux : 326 1., dîmes

BRINAY 71

nova les en l>l<i éj argent : 30 1. 7 s. 6 d., rentes actives: 3 1. 5s. ; total : 5i3 1. 12 s. 6 cl. Nota : cette cure est à portion congrue et il paraît que les objets ci-dessus ont été abandonnés pour la payer en partie; 2° les Carmes de Bourges: 50 1. ; 3° chapitre Saint-Etiriin<> de Bourges : 29 1. 17 s. 2 d. (Gp. 2675).

Cure. — Revenu en 1791 : 700 1. (L. 80, f° 4). Patron en 1772 : l'archevêque.

Sources a consulter. — Frémont, II, 266.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, en la maison curiale, sous la présidence d'Etienne Véron, curé de la paroisse.

Population. — 68 feux.

Comparants. — Silvain Bret, syndic, Jean Desprez, Denis Louis, Jean Bevret, Jean Jaulin, Silvain Gaultier, Guillaume Germain, François Desprez, 'Martin Riffaudeau, Jacques Freslon, Nicolas Rondet, Denis Rabillon, Louis Louvret, Pierre Bidault, Jean Bourderiou, laboureurs ; Simon Lachaise, Pierre Prompt, Etienne Raineau, Silvain Boirault, Henri Texier, Guillaume Neveu, Antoine Moreau, René Desbars, Pierre Bret, Etienne Rapin, François Picard, Paul Roi, Antoine Rousset, Edme Pinglot, Jean Charrier, Pierre David, Antoine Chirot, Claude Pezon, Etienne Cocu, Vincent Ferrier, Jean Theurier, François Theurier, Pierre Brosse, Paul Pin, André Agard, Silvain Bret, Jean Gràvion, Etienne Durât, François Dessiavènes (?), Jean Charrier.

Députés. — Jean Desprez et Denis Louis, laboureurs.

13 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Véron. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cahier de doléances, plaintes et remontrances dressé pur les habitants de la paroisse de Brinay, en conséquence des lettres du Roi données à Versailles, le 24 janvier 1789, pour la convocation des Etats généraux du royaume, du règlement et de l'ordonnance de M. le lieutenant général du bailliage de Bourges.

Remontrent respectueusement les habitants de la paroisse de Brinay :

1° Que ladite paroisse a toujours été surchargée d'impositions, parce qu'étant fort éloignée du chef-lieu de son élection MM. les officiers, pour parvenir à une juste répartition, n'ont pu prendre les connaissances nécessaires des productions de ladite paroisse qui ne suffisent jamais pour en nourrir les habitants tant en bons que menus blés, ni pour en ensemencer les terres qui craignent l'eau et la sécheresse ; elles sont d'un médiocre rapport, produisant plus de seigle et de méteil que de froment, qui est sujet à la pourriture et à la queue-de-renard.

2° Que ces terres sont très difficiles à cultiver, ce qui occasionne une perte inévitable sur les bestiaux de labour. De plus, il ne se passe presque point d'années où il n'y ait mortalité de plus d'un huitième de tous bestiaux, qui en emporte le profit et, comme il n'y a dans cette paroisse que de petits lopins de pré, les habitants sont obligés de s'en procurer à force d'argent pour nourrir lesdits bestiaux qui, s'ils étaient réduits aux récoltes tant en paille que foin de ladite paroisse, il en résulterait que les trois quarts des terres resteraient incultes \

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