LA CHAPELLE-SAINT-URSIN
Population. — 35 feux.
Comparants. — Jean Montigny, syndic, Silvain Bataille, laboureur, Claude Derouet, laboureur, Etienne Derouet, Jacques Barat, Jacques Rety, Pierre Lavaut, Louis Betron, Jacques Duvin, Jean Leclancher, Jean Roger, Simon Geofrenet.
Députés. — Jean Montigny et Germain Dauphin, laboureur.
7 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé, mais non paraphé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Plaintes et doléances des habitants de la paroisse de La Chapelle-Saint-Ursin.
1° Les gabelles sont onéreuses et accablantes pour les gens de campagne, la cherté à laquelle le sel est parvenu leur permet à peine d'en acheter pour leur nourriture; ils ne peuvent point s'en procurer pour leurs bestiaux auxquels il est cependant nécessaire dans certaines maladies.
2° On les trompe tous les jours soit sur le poids soit sur la qualité du sel, les regratiers ayant soin d'y mêler des corps étrangers qui en diminuent la salure et en augmentent le volume. Sa Majesté est suppliée de rendre le sel marchand.
3° La paroisse Saint-Ursin est imposée à 777 livres de taille et capitation et, cependant, elle n'est composée que de trente-une maneuvreries et quatre domaines ; le pays ne produit ni foin ni bois, les blés y viennent médiocrement et les bestiaux n'y fructifient point. Sa Majesté est suppliée de réduire à moitié cette imposition.
4° Les habitants sont gênés dans l'usage et l'emploi de leur vin, ils ne peuvent ni brûler celui qui se gâte ni transporter celui qui est bon d'un lieu dans un autre, sans s'exposer à l'amende et à la confiscation de leur vin ; il faut qu'ils s'assujettissent à aller faire leur déclaration et à envoyer chercher un congé à un bureau très loin de chez eux pour éviter ces peines; ces déclarations et congés donnent lieu à des droits d'aides qui absorbent tout le bénéfice qu'ils peuvent faire sur leur vin. Sa Majesté est suppliée de rendre libre l'usage qu'ils en peuvent faire et d'abolir tous ces droits.
5° Les seigneurs décimateurs se sont mis dans l'usage, depuis peu, de percevoir la dîme de lainage sur les bestiaux qui ont été hivernes dans leurs dîmeries, soit qu'ils existent lors de la tonte, soit qu'ils n'existent pas ayant été vendus auparavant. Sa Majesté est suppliée de restreindre ce droit au cas où ces bestiaux se trouveront dans leurs dîmeries lors de la tonte, attendu que la coutume du Berry y est précise1.
Deroy, Lebeau, Néron, Ghaufrenet, Parré,
Bertron, Nobi.
CHARENTONNAY
Identification. — Cher, arr. Sancerre, c0D Sancergues. Général, de Bourges, élect. de La Charité, grenier à sel de Villequiers.
Population. — En fructidor an II : 600 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 643. Mouvement en 1788 : N. 28, M. 8, D. 29 (G. 163).
Plumitif pour 1789. — M. le marquis Douroué. 108 feux. Les terres sont à moitié griottes2, un peu ingrates et l'autre moitié grosses terres et presque toutes à froment. Il s'y recueille très peu de foin, le commerce des habitants ne consiste qu'en la culture des terres et nourriture de moutons, les manœuvres trouvent peu à travailler et ne font aucun commerce. 151. 13 s. 6 d. par feu pour le principal. Taillables : 12 laboureurs dont 2 de 1131.15 s. à 129 1. 3 s., 2 de 81 1. 12 s. à 981. 7 s., 3 de 78 1., 10 de 79 1. 11 s., 2 de 66 1. 18 s. à 74 1. 16 s., 2 de 51 1. 5 s. à 57 1. 14 s. et 1 de 16 1. 13 s. et 96 manœuvres, vignerons et gens d'industrie dont 2 de 71 1. 15 s. à 130 1. 14 s., 2 de 23 1. 1 s. à 49 1. 4 s., 8 de 101.5 s. à 18 1. 13 s. et 84 au-dessous de 101. Froments, méteils et orges bons ; seigles année commune, les avoines belles, les foins bons et abondants, année commune de chanvre, abondance de fruits de toute espèce, point de glands (G. 1109).
1. Voy. à ce sujet La Thaumassière, Nouveaux commentaires sur les coutumes générales des pays et duché de Berry... ; Bourges, Jean-Jacques Cristo, 1701, p.' 394 et 395,
2. Griotte ou plus communément grillole : se dit pour désigner les terres légères où le blé est exposé à griller et s'emploie par opposition à bouloises, terres froides ou argileuses (Jaubert, Gloss. du Centre).
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Impositions pour 1789. — Taille, 1.650 1. ; access., 885 1. ; capitat. , 9181.; au total : 3.453 1. Vingtièmes, 1.307 1. 7 s. (C. 1109 et 1170).
Privilégiés. — Le curé, le commandeur des Bordes, MM. les archidiacres, Barberaud, maître de poste, M. de Troisbrioux (sic). Supp. desd. privilégiés : 252 1. 1 s. 11 d. (L. 208 3).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° la cure de Charentonnay : maison curiale, jardin et verger : 54 1., portion congrue : 700 I., 2 arpents, 1/2 de pré : 60 1. , rentes actives : 2 1. 5 s. ; total : 816 1. 5 s. 2° la Gommanderie des Bordes : 1.425 1. 17 s. 1 d.; 3° l'ancien chapitre de Sancergues : 2.277 1. 15 s. 9 d. (Gp. 2.675).
Cure. —Cure à portion congrue en 1791 (L. 78). Patron en 1772 : l'archevêque de Bourges.
Sources a consulter. — Bailliage de Charentonnay, B. 3550; titres du marquisat de Villequiers, E. 820-856 ; Frémont, II, 386.
Assemblée électorale, le 25 février, en l'auditoire de la paroisse, sous Va présidence de Edme Martignon, bailli dudit lieu.
Population. — 109 feux.
Comparants. — François Gaudri, laboureur, propriétaire et syndic de la paroisse, François Barbereau, maître de la poste aux chevaux de la paroisse, Jacques Jullien, Jean Desbarres, Jacques Godon, Jean Lijoui, Silvain Jamai, Joseph Gaudri, Silvain Moudurier, Silvain Maclou, François Auge, Alexis Berthelemy, tous laboureurs ; Pierre Fontaine, Pierre Legangneux,Paul Diot, Pierre Fontaine, aîné, Jean Lagarde, Jacques Serou, Michel Lenoir, Jean Lechêne, François Borderieux, Philippe Godon, Jean Beaufils, Jean Leclerc, Jean Augi, François Augi, Jean Augi, Jean Augi, le jeune, Michel Privet, Jacques Fontaine, Charles Bonnet, François Quartier, Antoine Lami, Edme Joubart, Louis Dupart, Pierre Petit, Pierre Moreux, Jean Ferri, Charles Ferri, Jean Favard,,Edme Favard, François Dupuis, Jean Picard, Silvain Cartier, François Belleville, Jean Laue, Jacques Sirop, Simon Malou, Jean Leclerc, Léonard Gouri, François Gouri, Etienne Mathion, Jean Privet, Jean Bienveuu, Alexis Gaudri, Guillaume Joubaut, Louis Picard, Simon Reboux, Hubert Millet, Charles Lavault, Jean Quartier, Charles Planchon, Jean Corbigni, Jacques Fournier, Jean Jamai, tous manœuvres.
Députés. — François Barbereau et Pierre Legangneux. 9 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Martignon. Arc h, du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier que les habitants de la paroisse de Charentonnay ont formé pour être [remis] aux États généraux de la province du Berry, par assemblée faite, après être lue, publiée au prône de la dite paroisse et au son de la cloche le 22 février dernier, récidivée le 25 du même mois, pour faire la nomination des députés en présence de M. le bailli et son greffier qui ont pris les noms, surnoms des habitants qui ont nommé entre eux la personne de François Barberaud et Pierre Le Gangneux, après ces délibérations ont dressé procès-verbal et acte de la dite assemblée, en ont délivré une copie aux dits députés pour les autoriser aux opérations nécessaires pour faire entre eux ledit cahier de doléances et plaintes et remontrances exactes que le Roi demande à la communauté par l'ordonnance de M. le lieutenant général de Bourges.
Messieurs, le bien public invite tous les hommes à se soumettre aux volontés de leur prince, car, si les hommes n'avaient d'autres règles que leur propre raison et que leurs caprices, il n'en résulterait, comme il est évident, que la satisfaction du plus fort construite sur les ruines du plus faible; le plus fort, en un mot, le plus séditieux immolerait à ses défauts les perfections du sage.
1er article. — Les députés ont l'honneur de vous représenter que la justice n'est point rendue comme ils désireraient, c'est-à-dire qu'elle n'est point tenue exactement les jours indiqués ; les procureurs font des dépenses énormes par des écritures inutiles, font payer les pauvres malheureux des prix qui les ruinent; lorsqu'ils voient quelqu'un qui est en état de payer, cela ne finit plus. La communauté demande, si le changement ne se fait point, que leurs vexations soient taxées, connues par un tarif qui sera publié et affiché.
De plus, ils désirent pour réformer cet abus que dans chaque paroisse (qu)'il fût nommé entre la communauté trois ou cinq des personnes les plus notables et honnêtes pour se rendre, au jour indiqué qu'ils prendraient dans chaque
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semaine, où les personnes qui auraient quelque difficulté se présentent à eux pourvoir dire leurs raisons, ensuite recevoir dé ces personnes une décision gratuitement jusqu'à une somme indiquée par Sa Majesté; au-dessus, ils auraient droit d'aller au bailliage royal de leur district.
r*1"- article. — Nous disons que les impositions taxées sur la communauté est (sic) très forte; la taille est à la somme de 1.693 livres 5 sous où nous [n'Javons que cent neuf feux, où il y a bien des oboles, c'est-à-dire des gens qui ne peuvent payer ; le brevet se monte à neuf cents livres, la capitation se monte à neuf cent trente-quatre livres ; les chemins se montent à cinq cent trente livres : ces sommes-là ensemble forment celle de quatre mille cinquante-sept livres cinq sols, non compris le vingtième qui monte à 1.300 livres 7 sous 7 deniers. Notre seigneur en paie presque trois quarts; la somme qu'il paie se monte à 924 livres 5 sous 6 deniers. Tous habitants de la susdite paroisse représentent qu'ils sont surchargés ; le terrain n'est point de ces meilleurs.
Tous habitants demandent que cette somme soit payée par les gens qui ont les biens ; qu'il n'y ait point de noblesse, ni seigneur et curé de paroisse qui possède tout sans réserve, entendu qu'ils ne seront point exempts des sommes cidessus.
Les seigneurs ont formé sur chaque habitant des rentes et autres impositions qu'ils ont mis[es] sur leur terrier, soit le droit de bourgeoisie et d'usages que nous payons, ont su par leur adresse les mettre en bois ; nous demandons que cet objet nous soit remis, attendu qu'il forme une partie du fonds des habitants; pour cela, notre seigneur serait tenu de nous montrer la quantité de bois qui lui appartiendrait par titre. Le surplus appartiendrait à la communauté; pour lors, le droit d'usage lui serait dû. Les pauvres malheureux petits habitants propriétaires ne peuvent point avoir des bestiaux, qui est la ressource de la campagne, faute d'avoir des pâturages. Ils supplient le roi d'avoir égard à ces représentations, comme payant les impositions et censif.
3me article. — Les curés de campagne exigent des droits, — un boisseau de froment par charrue, ils perçoivent dans notre paroisse trente boisseaux, — comme la passion, baptême, mariage et sépulture au prix qu'ils désirent, parce
qu'ils demandent cierge et autres choses inconnues à ces malheureux qui sont sans connaissance. Si on ne les paie point, ils font des peines aux descendants1 qui désirent de s'établir. Les curés les tiennent, il faut qu'ils paient l'enterrement de père, mère, frère et sœur avant qu'ils soient mariés ou, sinon, on ne les marie point.
Jusqu'aux femmes qui relèvent de couches, si elles n'ont point douze sols, elles ne peuvent aller se présenter sans cela. La communauté demande à Sa Majesté de ne plus payer toutes ces sortes d'objets ci-dessus. •
4me article. — Les suppliants ont l'honneur de représenter au Roi que le sel, qui est une manne nécessaire à son peuple pour sa subsistance, est à un prix [tel] que la plupart ne peuvent le soutenir. Les gens de nos campagnes (qui) sont très altérés par les impôts et grosse famille à élever2 qu'ils périssent faute de soulagement (sic), même le Roi avait rejeté ce mot de gabelle qui certainement est infâme. Quand on parle d'une livre de sel dans nos bourgs ou villages3, quatorze sols et six deniers, cela fait frémir.
La communauté supplie Sa Majesté d'avoir égard à ses représentations.
5me article. — Gomme le huitième, c'est-à-dire les aides, est une chose fort désagréable à son peuple, — plusieurs employés dans cette charge font mille procès mal fondés, sont d'un orgueil étonnant, entrent chez un honnête citoyen, lorsqu'il ne prend point ses précautions pour leur (y) parler, font des reproches, même venant à des extrémités fâcheuses ; — le peuple désirerait que Sa Majesté pût faire finir ces abus dans ces deux articles joints.
Il y a bien des personnes qui épuisent l'État, ayant des sommes immenses pour appointements qui entreraient dans les coffres de Sa Majesté. Les gens qui seraient révoqués pourraient aller à son service en place de nos paysans qui resteraient dans nos campagnes pour nous aider* à cultiver, car il est certain et nous croyons que l'espèce manque pour faire commodément valoir l'agriculture. La communauté