‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 70 sur 253 · FARGES-EN-SEPTAINE · texte numérisé non relu

FARGES-EN-SEPTAINE

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Baugy. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.

Population. — En 1793 : 490 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 1.374. Mouvement en 1788 : N. 19, M. 5. D. 37 (G. 162).

Plumitif pour 1789. — M. de Troisbriou. 91 feux. Blés et bestiaux. 7 1. par feu pour le principal. Taillables : 15 laboureurs dont

2 de 40 à 50 1., 2 de 30 à 40 L, 5 de 20 à 301., 6 de 10 à 201., fermiers qui paient 63 1. et 76 manœuvres dont 3 de 10 à 20 L, et 73 au-dessous de 101. Bonne récolte en tous blés (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 640 1. ; access., 346 1. : capitat., 356 1. ; au total : 1.342 1. Vingtièmes, 625 1. 12 s. 6 d. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 9 ecclésiastiques, 5 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 233 1. 2 s. 3 d. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale : 301., une boisselée de jardin : 2 1., portion congrue : 7001. ; au total : 732 1. ; 2° la Gommanderie de... : 71 1. ; 3° les religieuses de la Congrégation : 280 1. ; 4° le curé de Nohant pour une portion de bénéfice :

3 1. ; 5° la fabrique de Farges : 45 boisselées de terre : 22 1. 10 s.,, un arpent de pré : 20 L, rentes actives : 38 1. ; au total : 80 1. 10 s. ; 6° le sieur de Neuville pour partie de bénéfice : 15 1. ; 7° L'abbaye de Lorois : 3.300 1. ; 8° l'Hôtel-Dieu de Bourges : 590 1. ; 9° l'abbaye de Bussières: 1.500 1. (G. 583bis).

Cure. — Revenu inférieur à 1.200 1. en 1791 (L. 75, f° 49). Patron en 1772 : l'abbé de Plaimpied.

Sources a consulter. — Titres du bailliage de Farges, B. 3523 à 3525 ; Frémont, II, 207.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, au presbytère de la paroisse, sous la présidence de Jean Bellin, desservant.

Population. — 100 feux.

Comparants. — Etienne Bardet, bourgeois, Etienne Thebault,

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laboureur, Etienne Leclerc, laboureur, Edme Thebaut, laboureur, Jean Legros, Alexis Dezelus, Germain Girot, manœuvres; Charles Moreux, laboureur, Louis Lantuas, Jean Ligeret, fils, Etienne Verrière, Esme Thebaut, fils, manœuvres ; Claude Ligeret, père, laboureur, Jean Gaillard, François Gitton, Claude Seron, Jean Perronneau, Jean Paris, Baptiste Charpentier, tous manœuvres ; Jean Sachet et autres représentant la plus grande et saine partie des habitants.

Députés. — Bardet et Jean Sachet, maréchal.

7 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Bellin. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cahier des plaintes et doléances de la paroisse de Fargessur-Yèvre.

Art. 1er. — Souvent privés des fruits de notre travail par l'artificieuse industrie de ceux qui partagent loin du trône quelque partie de l'administration publique, gémissant sans cesse de voir ceux qui nous touchent de plus près ou nus ou pressés par la faim ou malades sans pouvoir leur être utiles, accablés par une multitude d'impôts, toujours grossis par des abus énormes, toujours mal répartis : telle est notre situation à l'époque où l'affection et la bienfaisance du Souverain qui nous gouverne s'efforcentjusqu'à nous d'arriver et d'améliorer notre sort. Si nous nous comparons avec les habitants des villes, hélas ! quelle différence n'y voyons-nous pas ! Des villes ont des bureaux de charité pour les pauvres, des hôpitaux pour les vieillards caducs, aucune ressource ne manque dans les capitales : toutes les richesss s'y portent et s'y rassemblent, mais qui en jouit? ce ne sont pas les vieillards cultivateurs dispersés dans les campagnes ni les .journaliers infirmes, gens si utiles à l'État ; ce sont au contraire des hommes qui souvent ont vécu ou dans une honteuse oisiveté ou dans les horreurs du vice et de la débauche. Peut-il paraître juste de laisser périr de misère ceux-là même qui ont travaillé si longtemps au profit des autres?

IL — Il nous semble équitable de demander que la répartition des impôts nécessaires pour subvenir aux besoins de l'État tombe également sur toutes les classes des citoyens, soit du clergé, soit de la noblesse, parce qu'ils sont comme nous sujets d'un même prince et qu'ils jouissent au moins autant que nous des avantages du royaume.

III. — Ne pourrait-on pas simplifier les impôts? Il faut deux hommes pour le recouvrement du rôle des tailles, un homme pour le recouvrement du rôle des chemins et un homme pour le recouvrement de celui des dixièmes et vingtièmes et, comme il se trouve peu de personnes parmi nous qui sachent lire et écrire, il faut ajouter un clerc pour le rôle des tailles, un clerc pour celui des chemins et un clerc enfin pour les dixièmes et vingtièmes, en tout sept hommes et trois sont aux charges et frais des collecteurs. S'il était possible de réunir tous les impôts en un seul et que deux hommes pussent suffire pour en faire le recouvrement, on rendrait à l'agriculture par cette simplification cinq hommes que l'erreur de l'administration publique lui a arrachés et les six deniers pour livre sembleraient suffire aux besoins et à l'indemnisation des deux hommes que nous supposons nommés pour le recouvrement des subsides. La perte du temps est très préjudiciable aux cultivateurs.

IV. — Ne pourrait-on pas accorder aux paroisses la permission de porter directement les deniers royaux au bureau de l'Administration provinciale, pour être de là versés dans le trésor royal, c'est le vœu de plusieurs paroisses.

V. — Malgré notre respect pour les règlements du royaume, nous oserons dire que les tarifs qui dirigent les contrôles sont trop obscurs et qu'ils sont souvent préjudiciables à nos intérêts.

VI. — Le casuel du pasteur, souvent réduit à la modique portion congrue qui fait la honte du sacerdoce et qui ajoute à nos maux, sollicite comme de lui-même une prompte suppression ; les pères de la religion, pour être vraiment utiles au public, ne doivent rien avoir à lui demander.

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