PEUX
inhumer et souvent [être] obligé d'avoir recours à ses amis pour avoir de quoi y satisfaire.
8° Il conviendrait de supprimer ce droit et obliger messieurs les curés à exercer tout le ministère pastoral gratuitement et, pour les dédommager, reprendre sur les décimateurs comme aussi d'y prendre l'augmentation des portions congrues qui devraient être au moins à quinze cents livres, de prendre encore sur les [décimateurs] de quoi fournir à l'entretien et ornement des églises pour les paroisses qui n'ont point de fabrique.
9° Les paroisses sont encore surchargées par la manière de percevoir les deniers du Roi par des sergents ou garnisons qui sont envoyés de temps à autre et font des frais considérables à des gens qui n'ont souvent point de pain chez eux, [à] qui, pour dix sols qu'ils doivent, il en coûte souvent trente à quarante sols, ainsi du reste à proportion. Il serait à souhaiter de les supprimer ainsi que toutes les charges qui y ont rapport et obliger les paroisses à compter ellesmêmes dans les coffres du Roi ou au bureau qui sera seul établi dans la capitale de la province.
10° Supprimer et abolir toutes charges et privilèges, les aides et gabelles, rendre tout commerce libre dans le royaume et que toutes les charges en général restant à supprimer, en quelque cas que ce soit, soient tenues, ainsi que tous propriétaires à quel titre que ce soit, ecclésiastiques, nobles, privilégiés et non privilégiés, de payer tous les impôts et droits royaux de quelque nature et nom qu'ils soient sans rien excepter et que tout soit imposé sur un seul et même rôle, que chaque paroisse se charge de la somme demandée par le Roi, répartie par les habitants et propriétaires entre eux pour en faire le recouvrement à moindre frais et en rendre le montant directement dans les coffres du Roi, ou, comme il est ci-devant dit, abolir et supprimer tous commis et receveurs à ce sujet.
11° Assurer à chaque paroisse une somme de... pour occuper les pauvres d'icelle à rétablir les chemins de leur paroisse, en ayant dans celle de Feux qui sont impraticables six mois de l'année à cause des marais et des eaux qui privent pendant l'hiver les habitants de se rendre au service divin et autres instructions.
12° Il serait à souhaiter que toutes les différentes mesures, poids du royaume ou, du moins, de chaque province ne fissent qu'une seule et même, comme boisseau, livre, pinte, aulne, afin d'éviter tous les abus qui arrivent journellement et qui occasionnent des procès continuels, de manière que la province ne fût gouvernée que par une seule et même loi, une seule mesure et un seul poids.
13° Il est de l'intérêt public qu'il n'y ait dans la province qu'une seule louée pour les domestiques de campagne et de la fixer selon l'usage à la Saint-Jean-Baptiste1 ; de supprimer celle du huit septembre qui retarde une et plusieurs semaines les travaux de la campagne, notamment ceux des moissons qui ordinairement ne sont point finis à ce terme, la battaison (sic) des semences, la conduite des engrais, le labour de[s] terres et ce, par le libertinage des domestiques ; étant loués pour un an, ce serait éviter tous inconvénients préjudiciables aux travaux de la saison.
14° Que toutes les paroisses qui ont des communaux en bois et pacages soient maintenues et gardées dans leur jouissance et possession sans pouvoir être inquiétées par les seigneurs, en leur payant les redevances suivant leurs titres et de commettre un commissaire dans chaque paroisse pour la conservation des dits pacages et que tous dommages arrivant par les bestiaux desdites paroisses et autres soient déclarés devant ledit commissaire qui y fera droit de suite sans aucune difficulté de justice et ce jusqu'à la somme de six livres.
15° Il serait encore à souhaiter que les contrôles fussent diminués et fixés de manière que tout le peuple soit à portée de connaître par lui-même le tarif, pour éviter les abus.
16° Il serait encore à souhaiter qu'il ne fût conservé des gardes-étalons que dans la paroisse où il y aurait au moins vingt juments et que dans toutes les autres ils fussent supprimés, ainsi que plusieurs inspecteurs à ce sujet.
1. Tel n'avait pas toujours été l'avis des habitants du Berry, puisqu'en 16121e Roi avait fixé les louées à la Toussaint, sous prétexte qu'à la Saint- Jean les domestiques, sentant leurs services nécessaires, demandaient des prix exorbitants (Privilèges de la ville de Bourges, publ. par Jean Chaudière, p. 55).
feux 123
17° Il serait encore à désirer que le tirage des milices fût remis à une autre saison que celle du mois de mars, étant un temps précieux pour la culture, surtout pour les semailles des menus grains.
18° Il conviendrait de nourrir les pauvres de chaque paroisse et qu'il n'en sortît aucun sous les peines portées par l'es règlements, qu'il leur fût défendu de bâtir ni construire aucune loge ni autres bâtiments sur les chemins ni communes et que, [pour] tous ceux qui y sont actuellement bâtis, il fût ordonné leur destruction ou au moins après le décès de ceux qui les occupent et défendre qu'à l'avenir il en soit construit de nouveaux.
19° Il serait encore à souhaiter pour tout le peuple de permettre de rembourser toute rente non rachetable, telle que la rente seigneuriale et autres, à la volonté de celui qui les doit, au denier qu'il plaira à Sa Majesté de fixer, étant un sujet qui occasionne la majeure partie des procès à cause des terriers.
20° Il conviendrait que les oppositions formées aux bureaux des hypothèques durassent au moins dix ans au lieu de trois, comme elles sont fixées aujourd'hui. Le renouvellement que l'on est obligé de faire tous les trois ans occasionne de gros frais et ôte la sûreté des créances.
21° Il conviendrait d'établir au chef-lieu où seront établies et réunies toutes petites justices (que ce même lieu en) une juridiction consulaire.
22° Et regardons qu'il est de notre devoir d'adhérer à la constitution que jugeront à propos de se donner les représentants de la nation aux États généraux sous la protection du Roi à qui seul appartient l'autorité.
Soûlas, syndic, Grangier, Cazin, Héron, Sautereau, Gansouenat, Besson, Levesque, Noël Gautier, Soûlas, Dalligny, É. Gobin.
Le présent cahier de doléances, contenant sept pages, a été présenté par les habitants de la paroisse de Feux et par nous, François Hodeau d'Astilly, avocat en Parlement, lieutenant au bailliage de Sancerre, coté et paraphé par première et dernière ne vavietur. A Feux, le 3 mars 1789.
Hodeau d'Astilly.
FUSSY
Identification. — Cher, arr. Bourges, con Saint-Martin-d'Auxigny. Général. , élect. et grenier à sel de Bourges.
Population. — En 1793 : 536 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 427. Mouvement en 1787 : N. 18, M. 2, D. 14 (G. 156).
Plumitif pour 1789. — Le Roi. 54 feux. Blés et vins. 61. 2 s. par feu pour le principal. Taillables : 5 laboureurs dont 1 de 15 L, 4 au-dessous de 10 1. et 49 manœuvres tous au-dessous de 10 1. et adcensataires qui paient 140 1. Bonne apparence pour les vignes (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 330 1. ; access. , 178 1. ; capital, 184 1. ; au total : 692 1. Vingtièmes, 807 1. 6 s. 3 d. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — 8 ecclésiastiques, 3 laïcs. Supp. desdits privilégiés : 47 1. 7 s. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La vicairie de Saint-Hilaire de Fussy : 3 1. 15 s. ; 2° la vicairie de Saint-Jean-l'Évangéliste : 10 1. ; 3° la vicairie de Notre-Dame-la-Blanche : 12 1. ; 4° le chapitre du Château : 153 1. 5 s. ; 5° la vicairie du Crucifix, fondée en l'église du Fourehaud : 40 1. ; 6° cure de Vasselay : 10 1. ; 7° chapitre Saint- Ursin : 1.4701. ; 8° abbaye de Beauvoir: 90 1. ; 9° Dominicains de Bourges: 45 1. ; 10° Augustins de Bourges: 15 1. ; 11° le bénéfice de la Fauconnerie en l'église Saint-Privé de Bourges : 120 1. ; 12° le Petit Séminaire : 24 1. 2 s. ; 13° la communauté de Saint-François de Bourges : 967 1. ; 14° le chapitre Saint-Étienne : 220 1. ; 15° la cure de Fussy : maison curiale : 24 L, rentes de 48 boisseaux de froment : 72 1., de 48 boisseaux de seigle : 48 L, de 48 boisseaux de méteil : 52 L, de 48 boisseaux de marsèche : 43 1. 10 s., un arpent de vigne : 12 L, un arpent de pré : 18 1., dîme novale de vin : 15 L, supplément de portion congrue : 164 L, abandon de novales : 22 1. ; au total : 470 1. 10 s. ; 16° l'archevêché : 207 1. ; 17° les vicaires de Saint- Ursin : 60 1. ; 18° le chapitre de Notre-Dame-de-Salles : 35 1. ; 19° abbaye de Saint-Laurent : 180 1. ; 20° cure de Saint-Pierre-le- Guillard : 180 1. ; 21° abbaye de Bféron : 54 1. ; 22° cure de Saint- Pierre-le-Marché : 83 1. 5 s. ; 23° cure de Pigny : 8 1. ; 24° Annonciade : 90 1. (G. 583bis).
Cure. — Revenu net en 1791 : 680 1. 18 s. (L. 75, f° 31T0). Patron en 1772 : le chapitre Saint-Ursin de Bourges.
Sources a consulter. — Frémont, II, 275.
FUSSY
(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le l01' mars, sous le porche de l'église, sous la présidence de Jacques-Silvain Dupescher, prêtre, desservant de la paroisse.
Population. — 57 feux.
Comparants. — Antoine Sirot, François Descloux, Jean Gordet, Jean Brade, Jean Roux, Louis Barbé, Jean Careau, François Bernât, Charles Poubeau, René Lebas, Hugues Rousseau, Silvain Mallet, Pierre Lebas, Pierre Cousin, Pierre Duchalais, Pierre Moreau, Michel Piat, Silvain Caquais, François Gordet, Nicolas Jamet, Germain Lebrun, Antoine Peaudecerf, Hugues Marchand, Marin Brade, François Paratre, Jean Faucard, Robert Roux, Silvain Moreau, Antoine Ferrand, Jean Menet, Antoine Maillet, Louis Bernât, François Noël, Pierre Tixier, Matin Rety, Guillaume Terminet, François Thébault, Jacques Bernât, Antoine Faucard, Pierre Bry, Jean Dufour, Pierre Beauvais, François Paratre, le jeune, Denis Sirot, Germain Cogné, Jacques Ducluzeau, Antoine Bénard, Claude Lebas, Denis Rousseau, François Bernier, Jacques Bailly, François Barbé, Etienne Métivet, Joseph Métivet, Pierre Delaire.
Députés. — Charles Poubeau et Jacques Bernât.
(Ms. original signé. Paraphe de Dupescher. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Plaintes et doléances de la paroisse de Fussy l relativement à la convocation des États généraux.
1. Fussy était un pays assez riche, comme on peut en juger par le document suivant :
NATURE
DES BIENS
LEUR PRIX COMMUN résultant de leur qualité
bon médiocre mauvais
GRAINS
ET AUTRES DENRÉES
leur mesure
leur poids
leur prix commun
terre
Boisselée de
chènevière Arpent de
vigne
Arpent de
pré
Arpent de
bois
« Le terrain
Seigle
Marsèche Avoine
Boisseau
est assez bon, les bois sont d'une bonne qualité. Les denrées
Art. 1er. — La réunion des cures et l'établissement d'un vicaire dans chaque paroisse, si avantageux aux paroissiens tant pour leur faciliter l'assistance aux offices divins que pour la décence des mêmes offices, pour l'instruction, l'administration des sacrements, en cas de maladie du curé, d'infirmité ou d'autre inconvénient.
Art. 2. — La suppression du casuel forcé, comme une surcharge imposée aux fidèles qui, ayant payé la dîme, devraient être quittes envers l'Église pour la subsistance de ses ministres.
Art. 3. — Une seule imposition supportée par chacun des contribuables, suivant ses facultés, n'étant pas rare de trouver dans les mêmes paroisses des habitants ou propriétaires non privilégiés qui sont imposés moitié moins que d'autres qui sont souvent moins aisés et qui n'ont pas plus de revenus ; l'impôt territorial comme le plus propre à remédier à cet abus.
Art. 4. — La suppression des aides et gabelles, impôt désastreux qui occasionne la fraude et l'injustice et occupe plusieurs milliers d'hommes qui sont à charge et inutiles à la société.
Art. 5. — Un code modéré des lois, la modération des droits de contrôle, des règles fixes pour en déterminer la perception.
Art. 6. — La réforme de l'abus de forcer les habitants des paroisses, non propriétaires, de faire le recouvrement des impositions qui ne les regardent pas, comme du vingtième et du dixième.
Carreau, Beauvais, Ferrand, Jean Roux et Dupescher, desservant de Fussy, Jean Roux.
ne se consomment point dans cette paroisse ; les habitants les vendent sur le marché de Bourges qui en est éloigné d'une lieue et demie ; il n'y a ni foires ni marchés. Les habitants ne font aucun commerce et sont tous vignerons » (C. 254, Rôles des vingtièmes, 1774).
GARDEFORT 127
GARDEFORT
Identification. — Cher, arr. et con Sancerre. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel de Sancerre.
Population. — En fructidor an II : 246 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 248. Mouvement en 1788 : N. 3, M. 0, D. 3 (G. 162).
Plumitif pour 1789. — Le Roi. 57 feux. Vins et blés. 6 1. 6 s. par feu pour le principal. Taillables : 11 laboureurs dont 2 de 50 à 60 1.,
1 de 241., 1 de 19 1., 7 de 10 à 20 1. et 46 manœuvres dont 3 de 10 à 20 1., 43 au-dessous de 10 1. et exploitants qui paient 102 1. Comme dans le général de l'élection (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 360 1. ; access., 194 1. ; capitat., 200 1. ; au total : 754 1. Vingtièmes, 343 1. 7 s. 6 d. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — Le Roi, M. Gravereau, curé, l'hôpital de Sancerre, Mme vve Rouillé, M. de Gulan. Supp. desdits privilégiés : 43 1. 7 s. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — La cure : maison curiale : 30 1., 1/2 arpent de jardin : 5 L, 27 boisselées de terre : 27 1., 2 arpents 1/2 de pré: 1081., grosses et menues dîmes: 695 L, rentes actives:
2 boisseaux de froment et 47 1. 9 s. en argent: 52 1. 9 s. ; total : 917 1. 9 s. (G. 583bis).
Cure. — Revenu inférieur à 1.200 1. en 1791. Patron en 1772 : l'archevêque.
Sources a consulter. — Titres du bailliage de Gardefort, B. 3433 et 3434; Frémont, II, 361.
2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblé électorale, le 1er mars, en la maison presbytérale, à défaut d'auditoire, sous la présidence de Jean-Guillaume-Stanislas Garrigues, avocat en parlement, procureur fiscal de la justice royale des ville et comté de Sancerre.
Comparants. — Louis Compain, syndic, Silvain Gaillault, seigneur de Gardefort, Etienne Gaillault de la Bouloise, laboureur, Jean Linard, laboureur, Pierre Barbeau, laboureur, Esme Pinson, Pierre Millet, le père, tisserand, Pierre Millet, le fils, tisserand, Jean Levesque, manœuvre, Guillaume Canon, Loup Moreux, Jean Compain, laboureur, François Richard, manœuvre, François
Saulereau, Jean Petit, Jean Mayet, manœuvre, Joseph Perin, Jean Tireau, laboureur, Aignan Pinson, Germain Guery, Silvain Petit, manœuvre, Joseph Rousset, manœuvre, Antoine Dubois, manœuvre, Louis Chataigner, Etienne Raffetin, Jean Canon, manœuvre.
Députés. — Louis Gompain, syndic, et Esme Pinson, laboureur. 9 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Garrigues. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier des doléances, plaintes et remontrances que les habitants de la paroisse et communauté de Gardefort-lez- Asnières ont l'honneur défaire à Sa Majesté.
Les habitants de la paroisse et communauté de Gardefort-lez-Asnières supplient très humblement et très respectueusement Sa Majesté :
[1°] De supprimer les privilèges du clergé et de la noblesse et d'ordonner que ces deux premiers ordres contribueront, comme le Tiers état et en raison de leurs propriétés, droits et facultés, au paiement de tous les subsides établis et à établir.
[2°] D'ordonner qu'à l'avenir tous les propriétaires de biens et droits dans le territoire de Gardefort, soit qu'ils y soient domiciliés ou non, contribueront, en raison de leurs propriétés, au paiement de tous les subsides de la paroisse.
[3°] D'ordonner qu'à l'avenir la répartition des subsides sera faite par la communauté assemblée et non par de simples collecteurs et de prendre toutes les précautions possibles pour extirper l'arbitraire dans la répartition, source d'une infinité d'injustices et de procès aussi ruineux pour les victimes des inimitiés ou du caprice que le subside même.
[4°] De supprimer cette multiplicité de subsides en vigueur et de les convertir en un seul qui sera supporté également par les trois ordres.
[5°] De considérer que Sa Majesté a dans la paroisse et communauté de Gardefort des biens et des droits considérables qui autrefois supportaient une partie du subside et, dans le cas où Sa Majesté ne jugerait pas à propos de
GARDKFORT 129
permettre que ses domaines contribuent au paiement des subsides, d'ordonner que ceux de la paroisse de Gardefort seront diminués dans la proportion des biens et droits appartenant à Sa Majesté dans ladite paroisse.
[6°] De supprimer entièrement la corvée et d'ordonner que les impositions qu'il conviendra d'établir pour les chemins et les ouvrages publics seront également supportées par les trois ordres, à l'exception seulement des manœuvres et autres particuliers sans fortune.
[7°] De supprimer les gabelles comme désastreuses par la cherté considérable du sel, par l'impossibilité dans laquelle sont les habitants des campagnes de se procurer souvent celui qui leur est personnellement nécessaire et toujours celui que l'intérêt de la culture exigerait qu'ils donnent à leurs bestiaux. .
[8°] De supprimer les droits d'aides et de don gratuit comme un double subside à supporter par les pays de vignoble, comme un subside aussi contraire à la liberté qu'au commerce des vins et des eaux-de-vie et comme un subside désastreux par la multiplicité et l'incertitude des lois qui lui sont propres et par les confiscations et les amendes souvent arbitraires que l'ignorance fait nécessairement encourir.
[9°] De supprimer les tribunaux d'exception comme trop dispendieux pour l'État et pour le public et comme ruineux pour le particulier, à cause de l'ignorance dans laquelle on est le plus souvent du tribunal auquel il faut s'adresser, et d'attribuer leur juridiction aux juges ordinaires.
[10°] De supprimer les offices d'huissiers-priseurs comme ruineux pour les pauvres mineurs, comme absorbant par leurs attributions et leurs mauvaises procédures le plus grand nombre des successions de la campagne.
[Il0] D'ordonner qu'à la première tenue des États généraux du Royaume toutes les délibérations seront prises par tête et non par ordre.
[12°] De donner à la province de Berry le même régime d'administration qu'elle a accordé à celle du Dauphiné.
[13°] D'ordonner qu'a l'avenir toutes les cures seront dotées d'un revenu de quinze cents livres au moins en droits
de dîme ou autres immeubles, que ce complément sera fourni par les décimateurs ecclésiastiques et que messieurs les curés ainsi dotés ne pourront demander ni recevoir de leurs paroissiens aucun casuel.
[14°] D'ordonner que les décimateurs ecclésiastiques seront tenus de doter suffisamment les fabriques des églises paroissiales, de manière que le revenu de ces fabriques soit suffisant pour les besoins et la décence des églises et du service divin \
[15°] D'ordonner qu'à l'avenir les décimateurs et autres possesseurs de biens ecclésiastiques seront seuls tenus des réparations, constructions et reconstructions des églises et maisons curiales.
Et ont, ceux desdits habitants qui savent signer, signé avec nous, Jean-Guillaume-Stanislas Garrigues, procureur fiscal en la justice royale des ville et comté de Sancerre, après avoir été par nous coté et paraphé. Fait et délibéré en la maison curiale dudit Gardefort, au défaut d'auditoire, ce premier jour du mois de mars mil sept cent quatrevingt-neuf.
Gompain, syndic, Gaillaut-Gardefort, Gaillault
DE LA BOULLOY, PlNSON, MlLLET, RlCHARD, PETIT, GONPIN.
Ne varietur, Garrigues.
GARIGNY
Identification, — Cher, arr. Sancerre, con Sancergues. Général, de Bourges, élect. de La Charité, grenier à sel de Villequiers.
Population. — En fructidor an II : 466 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 664. Mouvement en 1788 : N. 21, M. 6, D. 23 (C. 163).
1. D'après une lettre des officiers municipaux du 20 prairial an II au district de Sancerre, la fabrique d'Asnières-Gardefort ne possédait pas « un pouce de terre ». Elle avait autrefois « quelques rentilles sur l'hôtel de la ville de Paris », mais depuis que celles-ci avaient été supprimées, elle ne recevait plus que « quelques petits dons de la part de la commune » (Série Q, titres non classés).
GARIGNY 131
Plumitif pour 1789. — M. Ducru. 96 feux. Les terres sont toutes à froment et très bonnes. Il y a assez de foins ; la nourriture de toute sorte de bestiaux est bonne, entre autres de moutons et de « chevalines », ce qui fait tout le commerce des habitants et sur les blés ; mais l'ouvrage y est ingrat pour les manœuvres qui y ont peu de terrain et qui d'ailleurs payent de grosses rentes seigneuriales, dîmes et terrages. 17 1. 1 s. 8 d. par feu pour le principal. Taillables : 91aboureurs dont 2 de 202 1. à 229 1. 10 s., 2 de 104 1. 5 s. à 138 1. 15 s., 2 de 621. à 94 1. 6 s., 2 de 32 1. 15 s. à 41 1. 5 s. et 1 de 15 1. 5 s. et 87 manœuvres dont 2 de 71 1. 10 s. à 100 1., 2 de 60 1., 2 de 33 1. 15 s. à 54 1. 10 s., 2 de 23 1. 10 s. à 29 1., 12 de 10 1. à 19 1. 10 s. et 67 audessous de 10 1. Les froments, méteils et orges bons, année commune de seigles, les avoines belles, les foins bons et abondants (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 1.640 1. ; access. 880 1. ; capitat., 912 1. ; au total : 3.432 1. Vingtièmes, 1.492 1. 19 s. 6d. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — 6 ecclésiastiques, 5 laïcs. Supp. desd. privilégiés: 461 1. 4 s. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — La cure de Garigny : maison curiale : 60 1., 16 perches de chènevière : 30 1., 29 perches de jardin : 30 1., 4 arpents de terre : 30 1., 32 arpents 7 perches de pré : 602 1. 10 s., dîmes anciennes :7701., dîmes novales: 108 1. [Total], toutes charges déduites : 1.630 1. 10 s. (Gp. 2675).
Cure. — Revenu en 1791 : 1.696 1. 14s. ; charges : 1291. 10s. (L. 78, f° 2V0). Patron en 1772 : l'archevêque.
Sources a consulter. — Frémont, II, 388.
2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, sur la place publique, sous la présidence de Jean-Louis Delametterie, notaire royal de Sancergues et bailli de la justice de Garigny, demeurant à Villequiers.
Population. — 82 feux.
Comparants. — Alexis Ranvier, Louis Tisserat, l'aîné, François Godon, père, Alexis Maulard, Alexis Lebeau, Claude Lecrot, Charles Millet, Etienne Tillier, père, Etienne Tillier, fils, Etienne Crotet, Edme Lebeau, Edme Roux, Edme Tibaudat, François Godon, fils, François Lebeau, François Egros, François Dautin, François Arnoux, François Roger, François Boulassier, François Sereiau, François Tisserat, Louis Barbin, Guillaume Bazin, Jacques Simonneau,
Jean Marchand, Jean Minet, Jean Harrault, l'aîné, Jacques Taupin, Jean Saint-André, Romble Griton, Louis Tisserat, le jeune, Louis Barré, Louis Lavau, Jean Harrault, le jeune, Sébastien Fereiau, laboureur, Louis Soreiau, Michel Laîné, Michel Simonneau, Marc Pivert, Michel Bodin, Pierre Rabouine, Pierre Levesque, François Fereiau, laboureur, Pierre Courtefoye, Jean Pivert.
Députés. — François Godon, père, et Alexis Ranvier, laboureurs, propriétaires dans la paroisse.
11 signatures ; le Président n'a pas signé.
(Ms. origin. signé. Paraphe de Delametterie, président de l'assemblée. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier de plaintes, doléances et remontrances que fait (sic) les habitants de la paroisse de Garigny en conséquence des ordres de Sa Majesté.
1° Supplie Sa Majesté le peuple du Tiers état de vouloir bien faire attention à ce que (lui représente et représente à Sa Majesté que) la plus grande partie du Tiers état sont tous les cultivateurs du Royaume, qui ne cessent de travailler à l'agriculture1 et qu'aujourd'hui il se trouve si
1. Si l'on s'en rapporte au tarif dressé en 1778 pour la fixation des vingtièmes, la paroisse de Garigny était une des plus riches de la province :
NATURE
LEUR PRIX COMMUN
GRAINS
DES
ET AUTRES
leur
leur
leur prix
BIENS
bon médiocre mauvais
DENRÉES
mesure
poids
commun
Arpent de
Froment
boisseau
pré
Seigle
Charroi de
Orge
foin
Avoine
Boisselée de
jardin ou
chènevière
Boisselée de
terre
« Cette paroisse passe pour une des meilleures de l'élection non seulement à cause de la production des terres, mais à cause de la quantité et delà bonté de ses herbages; elle est située à quatre lieues de La Charité où elle vend ses denrées » (C. 255, Rôle des vingtièmes pour 1778).
GARIGNY 133
épuisé, soit des impositions qu'il paie à Sa Majesté, soit des fermes qu'il tient des seigneurs et des ecclésiastiques qui ont été augmentés depuis plusieurs années des trois quarts ainsi que les domestiques qui ont été augmentés de moitié : c'est ce qui le met hors d'état de pouvoir subsister et payer toutes les impositions qu'il paie à Sa Majesté et retarde l'agriculture et diminue toutes les productions.
2° Demande le peuple du Tiers état à Sa Majesté qu'ifl] lui plaise réformer les fermiers généraux et toutes les gabelles tant sur le sel, qui est une denrée de toute nécessité, que sur le vin et les cuirs; que tous soient libres de circuler dans toute l'étendue du Royaume.
3° De plus, demande le peuple du Tiers état à Sa Majesté qu'ifl] lui plaise pensionner tous les ecclésiastiques, religieux et religieuses et le surplus de leurs bénéfices serve à payer les deniers que Sa Majesté entend faire payer à son peuple.
4° Demande, en outre, à Sa Majesté qu'ifl] lui plaise ordonner que tous les seigneurs privilégiés et non privilégiés paient les impositions comme le Tiers état, à proportion de leurs revenus, attendu qu'ils possèdent la plus grande partie des biens des roturiers.
5° Demande qu'il plaise à Sa Majesté ordonner qu'il n'y ait qu'une seule imposition dans chaque paroisse et qu'un seul receveur général dans chaque province pour recevoir les deniers que Sa Majesté entend faire payer à chaque province de son royaume et qu'elle soit répartie dans chaque paroisse le plus égal (sic) que faire se pourra, -suivant les biens et revenus de chaque paroisse, et dans chaque paroisse un député pour lever les deniers de Sa Majesté, pour être par ledit député remis entre les mains du receveur général par quartier et que les habitants non propriétaires soient imposés personnellement suivant leurs facultés et industrie.
6° Demande, en outre, à Sa Majesté qu'il lui plaise réformer la charge d'huissier-juré-priseur parce qu'elle est trop onéreuse et ruine les mineurs.
Nous propriétaires et habitants du Tiers état de la paroisse
de Garigny ont déclaré ne savoir signer sauf les soussignés. Ainsi signé :
Godon Pierre, Ranvier, Pivert, Croté, Tisserat,
GODON, fils, ROUX, TlLLIER, TlSSERAT, BODIN,
Harrault.
Coté et paraphé par nous, bailli, juge de Garigny, ne
varietur.
Delametterie.
GIVAUDINS
Identification. — Cher, arr. Bourges, con de Levet, cne de Plaimpied. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.
Population. — En 1793 : 183 habitants (L. 175) ; réunie aujourd'hui avec Plaimpied, cette localité compte 105 habitants. Mouvement en 1788 : N. 10, M. 6, D. 7 (G. 162).
Plumitif pour 1789. — Le Roi. 18 feux. 14 1. 10 s. par feu pour le principal. Taillables : 5 laboureurs dont 1 de 66 1., 3 de 30 à 40 1., 1 de 10 à 20 1. et 13 manœuvres dont 3 de 10 à 20 1., 10 au-dessous de 10 1. Bonne paroisse pour l'année (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 270 1. ; access., 146 1. ; capitat., 150 1. ; au total : 566 1. Vingtièmes, 151 1. 10 s. 6 d. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — 9 ecclésiastiques, 3 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 73 1.12 s. 7d. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure de Givaudins : maison curiale : 35 1., parc et jardin : 3 1., 70 boisselées de terre : 17 1. 10 s., 4 arpents de pré: 80 1., une 8e portion de dîme : 15 1., dîmes novales : 10 1., cens et rentes et 4 poules : 3 1. 19 s., rente de 8 setiers de froment : 96 L, de 8 setiers de seigle : 64 L, de 4 setiers de marsèche : 24 1., de 4 setiers d'avoine : 16 1., supplément : 33 1. 12 s., 12 boisseaux de blé par quart: 11 1. 15 s., 7 boisseaux de seigle : 7 1., 7 boisseaux de marsèche : 5 1. 5 s., 8 boisseaux de seigle: 8 1. ; total : 430 1.1s.; 2° les Bénédictins de Bourges : 625 1. ; 3° le Grand Séminaire : 220 1.; 4° le Séminaire des pauvres prêtres: 310 I.;
GIVAUDINS 135
5° le Collège de Bourges: 319 1. ; 6° l'église de Bourges [chapitre] : 24 1. ; 7° les sœurs de La Charité : 36 1. ; 8° le chapitre du Château : 110 1. ; 0° les Ursulines de Bourges : 36 1. ; 10° l'abbaye de Plaimpied : 22 1. 10 s. ; 11° le Séminaire des pauvres prêtres: 27 1. 10s. (C. 583bis).
Cure. — Revenu en 1791 : 1.172 1. 16 s. 8 d. ; charges : 557 1. 1 s. (L. 75, f° 51). Patron en 1772 : le Séminaire.
Sources a consulter. — Frémont, II, 258.
(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, au lieu où se tiennent ordinairement les assemblées, sous la présidence de François Segault, curé de la paroisse.
Comparants. — Brault, fermier du fief du Porche et dépendances, Pierre Fauvre, syndic, Jean Laudat, Claude Girault, Charles Meunier, René Mehin, Jean Fauvre, Aubin Mineau, laboureurs ; André Geofrion, Jacques Renoir, Gabriel Bâtard, François-Jean Bloucard, Pierre Chertier, Vincent Meunier, manœuvres ; Pierre Gaudri, meunier.
Députés. — Pierre-Jean Poncet, avocat au bailliage de Bourges, et Pierre Fauvre, syndic.
5 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Segault. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Le Tiers état de la paroisse de Givaudins, pénétré de reconnaissance pour les bontés de Sa Majesté, ose la supplier d'ordonner qu'aux prochains États généraux les députés des trois ordres délibèrent ensemble et que les suffrages seront pris par tête et non par ordre, puisque c'est le seul moyen de donner au Tiers état l'influence qu'il doit avoir par le nombre de ses députés.
Habitant d'un pays aride1, cultivateur d'un sol ingrat, n'ayant d'autre ressource que le commerce des bêtes à laine, il sent plus que tout autre le poids des impôts, fardeau juste en lui-même, mais devenu insupportable par la manière dont il est perçu.
Les malheureux habitants de cette paroisse ne demandent pas l'exemption de tout impôt, ils savent qu'étant nés Français ils doivent supporter leur part des charges nécessaires, ils l'offrent de grand cœur, ils ne se plaindraient pas même de la quantité s'ils n'étaient sûrs que l'argent qu'ils donnent, ce fruit de leurs sueurs, loin d'entrer dans les coffres de Sa Majesté, ne sert, du moins pour la majeure partie, qu'à entretenir le luxe et l'abondance des fermiers généraux.
L'arbitraire de la répartition de la taille et accessoires et de la capitation les force de se jeter aux pieds de Sa Majesté pour la supplier d'accorder au Berry des Etats provinciaux auxquels ils puissent avoir recours.
La gabelle surtout est un poids énorme qui les accable ; réduits par le malheur des temps à dix-sept feux, trop pauvres pour être propriétaires, ils ne payent point de