Voici quel était l'état économique de la paroisse en
NATURE
DES BIENS
LEUR PRIX COMMUN
résultant de leur qualité
GRAINS
ET AUTRES DENRÉES
leur mesure
leur poids
leur prix commun
bon
médiocre mauvais
Boisseau
terre labourable..
Boisselée de chènevière
Méteil
Seigle
Marsèche
Arpent de
Avoine
pré
Arpent de
Mouture
vigne
« Il n'y a point de bois dans cette paroisse.... Le terrain est généralement maigre et de peu de rapport. La rivière d'Auron y passe. Les habitants ne font aucun commerce; les denrées ne s'y consomment point, ils les vendent sur le marché de Bourges qui en est éloigné d'une lieue et demie » (C. 256, Rôle des vingtièmes pour 1777).
r.ivAUDiNS 137
vingtièmes. Leur cote de la taille et impositions accessoires monte
La capitation à 300 18
Les corvées à 94 10
Total 674 1. 3
La gabelle seule leur coûte 1.820 livres, de sorte que cet impôt seul quadruple leurs charges et, cependant, cet impôt énorme est tout entier au profit du fermier. Ils osent donc supplier Sa Majesté de rendre marchand le sel, cette denrée de première nécessité, source de vexations inouïes, denrée qu'on les force d'acheter, même lorsqu'ils n'en ont aucun besoin, denrée dont on les oblige d'acheter une quantité déterminée par la volonté despotique du fermier ou de ses préposés.
Les aides sont un autre genre de vexation qu'ils supplient Sa Majesté de réformer ; le vin du Berry n'a pas en général assez de valeur pour pouvoir faire un objet de commerce et, cependant, cette liqueur nécessaire pour soutenir les travaux pénibles de la campagne est toujours d'un prix excessif pour l'acheteur, sans que cet excès du prix tourne au profit du vendeur par l'énormité des droits qui ne servent encore qu'à enrichir le fermier, sans qu'il en revienne presque rien à l'Etat.
L'impôt sur le tabac est encore la source des abus les plus criants. Les fermiers, non contents de faire un bénéfice énorme sur cette denrée, non contents de s'en établir seuls marchands, forcent, surtout depuis quelques mois, les malheureux consommateurs à user d'un tabac gâté qui, par la corruption, deviendra peut-être un poison fatal à la majeure partie du Royaume, tableau effrayant et [qu'on] ne met qu'en tremblant sous les yeux de Sa Majesté.
A la place de ces impôts désastreux et des autres impositions telles que la taille, la capitation et la corvée, dont la perception est plus onéreuse que l'imposition elle-même par les vexations dont elle est la source, les habitants de Givaudins offrent au Roi telle portion de leurs fruits qu'il plaira à Sa Majesté d'arbitrer ; ils en feront avec joie le
sacrifice, quel qu'il puisse être, s'ils savent qu'il tourne au profit de l'État et au bénéfice du meilleur des Rois.
Le nombre des forges s'est tellement accru en Berry que les maîtres de forges accaparent les bois, de manière que depuis vingt ans la prix du bois à brûler a presque triplé et que le bois d'ouvrage est devenu d'une rareté et d'une cherté extrême. Sa Majesté est donc suppliée de défendre de bâtir de nouvelles forges et d'accaparer les bois.
Sa Majesté est aussi suppliée de changer le régime des eaux et forêts ou d'enjoindre aux officiers de tenir la main au curement (sic) des rivières qui, à défaut d'entretien, sont presque comblées et occasionnent des débordements pernicieux aux prés par la vase qu'y charrient les grandes eaux ; cette vase gâte tellement les herbes qu'elles ne peuvent plus servir à la nourriture des bêtes à laine, seule ressource de la paroisse1.
Fauvre, syndic, Brault, Fauvre, fils, Poncet, Segault, prieur-curé de Givaudins.
GROISES
Identification. — Cher, arr. Sancerre, con Sancergues. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel de Sancerre.
Population. — En fructidor, an II : 380 habitants (L. 457); aujourd'hui : 437. Mouvement en 1788 : N. 12, M. 7, D. 13 (G. 162).
Plumitif pour 1789. — Le Roi. 62 feux. Blés et bestiaux. 14 1. 3 s. par feu pour le principal. Taillables : 13 laboureurs dont 2 de 70 à 801., 4de60à701.,2de50 à 60 L, 1 de 44 1., 4 de 30 à 40 1. et
1. Ce curage des rivières ne semble pas avoir été exécuté pendant la Révolution. En l'an V, en effet, le citoyen Butet déclare que, si l'on votait une loi relative au curage des rivières et que cette loi fût exécutée, on rendrait au département du Cher plus de 62.000 arpents de terrain (Butet, Mémoire sur le département du Cher.... an V, p. 30). Des remarques analogues sont consignées dans la Description du département du Cher, par le citoyen Luçay, préfet, an X, p. 30.
GROISES 139
49 manœuvres dont 10 de 10 à 20 1., 39 au-dessous de 10 1. Gomme dans le général de l'élection (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 870 1. ; access., 470 1. ; capitat., 484 1. ; au total : 1.824 1. Vingtièmes, 288 1. 5 s. 9 d. (G. 1109 et 1170).
Privilégiés. — 6 ecclésiastiques, 6 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 1481.4 s. (L. 2083).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure de Groises : maison curiale, un arpent et demi de pré, compris le jardin : 120 1., 128 boisselées de terre : 101 1., un arpent et demi de pré : 120 1., 12 journées de vigne : 9 1., grosses et menues dîmes : 500 1., rentes actives, 16 s. et une poule : 1 1. G s. ; au total : 851 1.6 s.; 2° les Bénédictins de Bonne-Nouvelle d'Orléans : 1.8251. 10s. ; 3° l'abbaye de Saint-Satur : 800 1. ; 4° l'abbaye de Chalivoy : 2.586 1. (G. 583biB).
Cure. — Revenu en 1791 : 2.0081. 11 s. 6 d. ; charges : 1.3781., 13 s. (L. 78, f° 2™). Patron en 1772 : l'abbé de Saint-Satur.
Sources a consulter. — Frémont, II, 389.
2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le 1er mars, en l'église paroissiale de Groises, sous la présidence de François Hodeau d'Astilly, avocat en parlement, lieutenant en la justice du comté de Sancerre.
Population. — 54 feux.
Comparants. — Jean kPonroy, syndic, Pierre Ferrand, Augustin Morin, Silvain Perron, Jean Pinson, Jacques Auchère, Romble Crochet, Jean Picard. François Migeon, Jean Raffestin, Jean Rimbault, Etienne Thevenin, Jacques Jacquelin, Jacques Verrière, Etienne Girault, Antoine Sirot, François Triballat, François Moreux, François Bailly, Pierre Joullin, Jean Gormery, François Ferrand, Jacques Moreux, Etienne Chapon, Jean Chapon, Jacques Beigneux, Etienne Beigneux, Pierre Fontaine, François Gharlost, Jean Leblond, François Bret, Jean Pinault, Romble Buchet, Marie Laurent.
Députés. — Pierre Ferrand et Augustin Morin.
(Ms. original signé. Paraphe de Hodeau d'Astilly, lieutenant au bailliage de Sancerre. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37. Cahier à rapprocher de celui de Feux, bien que le texte soit différent.)
Cahier des plaintes, doléances et remontrances de laparoisse de Groises pour la convocation des États généraux à Versailles le 27 avril 1789.
Puisque Sa Majesté veut bien permettre aux habitants de Groises de présenter au pied de son trône les différentes doléances et remontrances qui selon eux peuvent leur faire éprouver dans la suite un sort plus heureux, ils demandent que Sa Majesté bienfaisante ordonne ce qui suit :
1° Que chacun des membres de l'assemblée des Etats généraux votera par tête et non par ordre.
2° Ils disent qu'ils sont excessivement chargés d'impôts ; qu'il n'est point de laboureur qui ne paie au moins 50 livres de principal de taille, non compris la capitation ni les accessoires ; qu'ils sont obligés de porter leur argent à Bourges qui est distant de leur paroisse de 8 lieues ; qu'ils ne peuvent payer qu'à force d'être tourmentés par les garnisons, de manière que les frais et les voyages leur occasionnent pour ainsi dire un second impôt, surtout au collecteur en exercice; qu'il serait plus avantageux qu'ils portassent leurs deniers dans le lieu de leur marché ordinaire ; que MM. de l'Election et de l'Administration provinciale leur ont souvent promis une diminution qu'ils reconnaissaient juste, mais qu'ils n'ont pu faire parce que les circonstances favorables ne se sont pas présentées.
3° La suppresion des gabelles et des aides ; qu'ils paient le sel 14 livres 3 deniers la livre ; que, s'il était vénal ou à moindre prix, ils gagneraient gros, attendu qu'il est d'une première nécessité.
4° Qu'il serait de l'avantage de tout le pays qu'il y eût une justice royale à Sancerre; qu'il serait essentiel que toutes les justices seigneuriales fussent supprimées ainsi que les notaires tabellions et seigneuriaux, également les huissierspriseurs qui achèvent de ruiner les familles.
5° Qu'il y eût davantage de notaires royaux dont la course serait fixée par lieue; qu'il fût en même temps libre à chacun de faire passer ses actes partout où bon lui semblerait ou de faire venir tel notaire qu'il aviserait suivant le prix de la taxe.
6° Qu'il est à propos que les corvées soient payées indis-
GROISES 141
tinctement par le clergé, la noblesse et le Tiers état.
7° Ils supplient Sa Majesté de vouloir fixer le prix du remboursement des rentes foncières et seigneuriales, de manière qu'il serait libre à chacun de s'affranchir, se soumettant toujours à payer le cens pour reconnaître le seigneur.
8° Qu'il est important que chaque paroisse nourrisse ses pauvres pour la sûreté publique et le bien de l'humanité ; que cette paroisse est vexée par les glaneuses étrangères qui les pillent et qui par leur vol audacieux leur font payer une seconde fois la dîme.
9° Ils demandent l'abonnement de la province.
10° Qu'il n'y ait plus que trois juridictions, savoir : une justice royale de distance en distance dont le ressort serait circonscrit par le nombre des paroisses qui environneraient la ville où elle serait destinée suivant la volonté de Sa Majesté, laquelle justice jugerait en dernier ressort jusqu'à 100 livres pour éviter à frais (sic) ; de là, appel au Présidial qui serait fixé dans chaque capitale des différentes provinces, lequel jugeraît en dernier ressort jusqu'à six mille livres; et de là, appel au Parlement le plus voisin de chaque capitale.
11° Que les gardes-étalons où il n'y aura pas au moins vingt juments dans la paroisse seront supprimés, attendu que c'est une dépense absolument abusive et entièrement inutile.
12° Que le tarif du contrôle sera fixé et à la connaissance de tout le public.
13° La continuation de l'Administration provinciale, sous condition que les membres seront électifs tous les trois ans, de manière cependant qu'ils pourront être continués si c'est le vœu de la province qui sera convoquée à la nomination,
14° Qu'il y a trop de privilégiés dans la paroisse de Groises, attendu que la majeure partie des biens appartient aux religieux ou est fief, ce qui achève d'écraser les habitants.
15° La liberté du commerce dans tout le royaume ; étant tous sujets du même roi, rien de plus juste que nous nous procurions comme de bons frères tout ce qui peut subvenir au soulagement de chacun.
16° Qu'il serait important qu'il y eût à Sancerre une juri-
diction consulaire dont les membres seraient choisis parmi les marchands à cause de l'étendue du commerce.
17° La suppression du casuel nécessaire comme baptêmes, mariages et enterrements.
18° Que les milices tirent ordinairement dans les mois de mars ou d'avril et que c'est la saison où les bras sont plus nécessaires à la campagne pour semer les menus grains ; qu'il serait mieux que l'on les fît tirer dans les saisons mortes comme décembre ou janvier.
19° — Art. 13 de Feux. Voy. ci-dessus, p. 122. En moins : « de supprimer celle du huit septembre etc., etc. »
20° La conservation des dépôts pour les vagabonds1, de manière qu'ils ne manquent pas du nécessaire, cet établissement devenant la sûreté et la tranquillité de la campagne.
21° Que les habitants de la campagne, qui sont presque toujours malheureux, sont trop chargés de payer les deux tiers pour les presbytères, églises, cloches et clochers, qu'il serait mieux que les biens fussent chargés des deux tiers.
Tels sont les vœux que le syndic et les habitants de la paroisse de Groises présentent au pied du trône de Sa Majesté bienfaisante, pour laquelle les dits habitants ne cesseront de prier Dieu de lui accorder de longues années, à son auguste compagne et à toute la famille rpyale, puisque ce n'est que par leur bonté qu'ils vont devenir tous plus heureux.
Beigneux,^Zs, Beigneux, Vaînêy Fournier, Morin.
Le présent cahier de doléances de la paroisse de Groises, contenant sept pages, a été par nous, François Hodeau d'Astilly, avocat en Parlement, lieutenant au bailliage de Sancerre, coté et paraphé par première et dernière page ne varietur. A Groises, le 1er mars 1789.
Hodeau d'Astilly, Germain.
1. Ces dépôts étaient établis dans les grandes villes. A Bourges, le dépôt de mendicité comprenait, en décembre 1788, 78 individus qui se décomposaient ainsi : 42 hommes dont 32 bien portants, 7 malades et 3 infirmes, et 35 femmes dont 28 bien portantes et 7 malades. La dépense pour ce dépôt pendant le mois de décembre s'élevait à la somme de 3.649 livres 8 deniers (Arch. du Cher, C. 36, Régie économique du dépôt de Bourges).
GRON 143
GRON
Identification. — Cher, arr. Bourges, con Baugy. Général. et élect. de Bourges, grenier à sel de Villequiers.
Population. — En 1793 : 835 habitants (L. 175) ; aujourd'hui :
Plumitif pour 1789. — M. de Gourtenvaux. 136 feux. Blés et bestiaux. 11 1. 2 s. par feu pour le principal. Taillables : 14 laboureurs dont 1 de 73 1., 5 de 60 à 70 1., 2 de 50 à 60 1., 2 de 30 à 40 1., 4 de 20 à 30 1., 122 manœuvres dont 6 de 20 à 30 1., 27 de 10 à 20 1. , 99 au-dessous de 10 1. et adcensataires qui paient 57 1. Bonne récolte (G. 1109).
Impositions pour 1789. — Taille, 1.6101. ; access. , 870 1. ; capitat.,8961. ; au total : 3.376 1. Vingtièmes, 1.003 1. 11 s. (G. 1109 et 1170).
Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° Un bénéfice dont le curé de Saint-Pierre-le-Marché est titulaire : 120 1. ; 2° bénéfice simple dont le curé de La Faye est titulaire : 100 1. ; 3° les archidiacres de Bourges: 120 1. ; 4° l'Hôtel-Dieu d'Issoudun : 1.301 1. ; 5° la cure de Gron : la maison curiale qui n'est pas encore finie de bâtir et que l'on annonce devoir être comme un palais, clos et parc de 4 arpents : 54 1., un jardin : 6 1., 15 arpents de terre : 145 1., 3 arpents de friche : 22 1., un demi-arpent de vigne : 8 1., grosses et menues dîmes anciennes : 800 1., novales : 120 1., cens et rentes : 33 1. 8 s., 48 boisseaux de froment et marsèche, mesure de Bourges : 74 1. 10 s. ; total : 1.262 1. 18 s. ; 6° la Gommanderie de Malte dont le nom n'est pas indiqué : 366 1. ; 7° un bénéfice simple dont le curé de Baugy est titulaire : 452 1. ; 8° les religieux de Ghalivoy : 601. ; 9° les Bénédictins de La Charité : 120 1. ; 10° l'abbaye de Saint-Laurent : 72 1. (G. 583bis).
Cure. — Patron en 1772 : le chapitre Saint-Étienne de Bourges.
Sources a consulter. — Description de la paroisse en 1755-1756 (C. 318) ; titres du marquisat de Villequiers, E. 820 à 856 ; Max de Laugardière, Hist. du pays de Villequiers en Berry ; Frémont, II,
(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Assemblée électorale, le ifir mars, sous la présidence de Jean-
Baptiste Godin, curé de la paroisse de Saint-Étienne de Gron, en l'absence du juge du lieu et de tout autre officier public.
Population. — 120 feux.
Comparants. — Monsieur Besard, Jean-Baptiste Brunet, Jean Rollet, Pierre Rajasse, Pierre Potelune, Jean Potelune, Pierre Greuselier, Louis Gauville, Edme Ghampault, Jean Dubois, Jean Lochard, Etienne Gouet, Jean Neveu, Jean Rafîn, François Nicolot, Pierre Baurthe, Silvain Leblanc, Jean Ghantelat, Alexis Chantelat, François Gouet, Hugues Pontoy, Jean Hervier, Pierre Biesse, Léger Biesse, Jean Bôuquain, Gabriel Modurier et plusieurs autres.
Députés. — Besard et Jean-Baptiste Brunet.
6 signatures, y compris celle du Président.
(Ms. original signé. Paraphe de Godin, curé de l'endroit. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)
Cahier de doléances et remontrances de la paroisse de Saint-Etienne de Gron, que monsieur Bezard et Jean- Baptiste Brunet, leurs députés, sont chargés de porter
1. Comme renseignement complémentaire sur Gron, voici quelle était sa situation économique en 1777:
NATURE
DES BIENS
LEUR PH1X COMMUN
GRAINS
ET AUTRES
DENRÉES
leur mesure
leur poids
leur prix commun
Arpent de terre labourable..
Arpent de vigne .
Arpent de pré
Arpent de bois
Boisselée de chènevière
Froment Méteil Seigle
Marsèche Avoine
Charroi de foin
Boisseau
« Lés terres sont communément bonnes, il n'y en a point en friche. Les prés sont d'une mauvaise nature ainsi que les vignes ; il n'y a point de pacages. Les bois sont dans un bon fonds et se vendent bien. Cette paroisse est composée de 3 villages, non compris le bourg; il y a 9 domaines et 90 manouvriers. Elle relève de la terre de Baugy. Il n'y a ni foires ni marchés. Les denrées ne s'y consomment point ; les habitants les vendent sur les marchés de Bourges, La Charité et Villequiers » (C. 256, Rôle des vingtièmes pour 1777).
i.RON 11.")
de la part desdits habitants à l'assemblée qui se tiendra conformément aux ordres du Roi et de monsieur le lieutenant général au bailliage de Bourges, le neuf du présent mois de mars à Bourges.
1° Lesdits habitants d'une voix unanime, désirant se conformer aux volontés de Sa Majesté, se permettront néanmoins d'y représenter ainsi qu'à messieurs les députés pour les États généraux que, pour subvenir aux besoins de l'État, ils croiraient qu'il serait nécessaire de prendre la moitié de l'imposition de la corvée et de la faire supporter à messieurs du clergé et de la noblesse et enfin à tous les privilégiés comme étant exempts de la taille et de la corvée.
2° Représentent lesdits habitants qu'ils croiraient très
nécessaire La suite reproduit l'article 4 du cahier
d'Étrêchy ; voy. ci-dessus , p. 107.
La fin de cet article est ainsi conçue dans le cahier de Gron : Dans le cas où leur remontrance ne fût pas admissible, ils supplient humblement Sa Majesté de supprimer l'impôt mis sur le sel et de le rejeter sur d'autres objets moins essentiels que sa sagesse lui indiquera.
3° Représentent qu'ils désireraient que l'ordonnance de Sa Majesté concernant l'administration de la justice en date du mois de mai mil sept cent quatre-vingt-huit eût sa pleine et entière exécution.
4° Supplient lesdits habitants qu'il n'y eût Voy.
l'art. 5 du cahier d'Étrêchy, ci-dessus, p. 107.
5° Qu'il serait très utile de refaire le code des lois tant
civiles que criminelles Le reste comme l'art. 9 du
cahier d'Étrêchy ; uoy. ci-dessus, p. 107.
6° Représentent aussi que toutes les rentes et droits seigneuriaux fussent remboursables.
7°. — Art. 6 d'Étrêchy ; voy. ci-dessus, p. 107.
8°. — Art. 18 d'Étrêchy ; corjc.< ci-dessus, p. 108.
9° Qu'il serait très utile qu'il n'y eût qu'une même loi, même mesure et môme poids par tout le royaume.
10° Ils désireraient que les gros décimateurs r possédant toutes les dîmes de la paroisse fussent chargés de toutes les réparations de l'église, chœur, presbytère, attendu que les dîmes ont été données par lesdits habitants à ces charges et qu'il ne s'y trouve aucun fonds de fabrique ; la fabrique de Gron n'a que neuf livres de rente.
11° Lesdits habitants désireraient que le Roi daignât réformer la déclaration de mil sept cent soixante-huit concernant la dîme des novales, qui leur paraît avoir été surprise à la religion des monarques et la dernière époque • de l'appauvrissement des curés ; qu'il défendît les rétributions que l'usage a autorisées dans l'Église pour les baptêmes, mariages et sépultures, sans cependant diminuer le revenu des curés qui n'est que trop modique.
Bezard, Brunet, Poteluxe, Poteluxe, Poteluxe, Godix, curé de Gron.
Identification. — Cher, air. Sancerre, con Sancergues. Général, de Bourges ; grenier à sel de La Charité.
Population. — En fructidor an II: 1.437 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 2.403. Mouvement en 1787 : N. 69, M. 14, D. 66
Plumitif pour 1789. — M. de Beauregard. 284 feux. Les terres sont moitié froment et moitié méteil et seigle, toutes assez bonnes. Le commerce des habitants n'est qu'en blés, moutons, brebis et porcs, la nourriture d' « aumail2 » n'est pas bonne ayant peu de foins et l'ouvrage y est ingrat pour les manœuvres. 8 1. 2 s. par feu pour le prin-
1. La paroisse de Gron avait à cette époque de lourdes dépenses à supporter pour la réparation de l'église et du presbytère. Les travaux avaient été adjugés en 1786 par Claude Soumard, malgré l'opposition du syndic. Pour comble d'ennui, il semble bien qu'ils furent fort mal conduits, en sorte que les habitants refusèrent de les accepter et qu'il fallut nommer un expert pour trancher le débat (Arch. du Cher, C. 34 et C. 131).