Au sujet de M. de Kératry
les véritables œuvres des camps, et ensuite tracez les pouvoirs des commandants afin de prévenir contlits avec généraux commandant divisions territoriales.
Léon Gambetta.
Bourges, le 20 décembre 1870. — A dèlèçjuê Freycinet, Boni aux. — Il y a deux vices dans l'armée qu'il est nécessaire de réprimer rigoureusement: l'évacuation abusive et l'ivrognerie. Poury parvenir voilà les mesures à prendre:
1° Organiser un service de contrôle et d'inspection médicales, visitant les troupiers et ambulances civiles et ayant pleins pouvoirs pour renvoyer à l'armée, par les soins de la gendarmerie, tout soldat dont la maladie n'est pas constater :
2 Obliger tous les officiers à coucher avec leur troupe et marcher avec elle quand elle est en marche, les rendre responsables de toute absence de leurs hommes non régulièrement constatée ;
3° Faire des appels réitérés pour constater les présences;
4° Faire les distributions de vivres aussi près que possible des bivouacs, afin d'éviter aux troupes des courses inutiles et les occasions de stationnement;
o° Expulser des derrières de l'armée les marchands de vins et de liqueurs ;
6° Faire ramasser par la gendarmerie les ivrognes, les mettre [tendant 8 jours consécutifs aux grand'gardes ou aux avant-postes les jours du combat, et les fusiller s'ils lâchenl pied; B
7° Los jouis de bataille, défendre <*iux soldats de quitter le rang pour secourir leurs camarades blessés, sous les peines les plus sévères.
Faites un ordre énergique dans ce sens à tous les chefs de corps sans omettre aucune des prescriptions ci-dessus mentionnées. — Je ne crois pas qu'on exécute mon ordonnance sur le rôle de la gendarmerie dans chaque armée.
Lyon, 21 décembre 187<>, 11 heures du matin. — Intérieur à directeur général des télégraphes, Bordeaux. — Nous sommes arrivés a Lyon, ce matin a ii heures; nous nous sommes couchés et nous nous reletons pour travailler. J'ai reçu déjà un certain nombre de dépêches auxquelles je vais
répondre. Faites en sorte que les retards qui se produisaient à Bourges dans l'envoi des dépêches, — car elles mettaient souvent plus de 4 heures, — ne se produisent plus ici. Je crois du reste que la chose est facile, car la position centrale est meilleure. Je ne dis pas cela pour faire des reproches à qui que ce soit, personne n'en mérite. Il est probable qu'à Bourges, il n'y avait qu'un fil. Je vous écrirai dans la journée, s'il y a lieu. Dites à Pierre Deschamps, arrivé par ballon Bavy, que je ne puis lui donner à présent une destination, et qu'il attende quelques jours.
Léon Gambetta.
Lyon, 21 décembre 1870, 11 heures du matin. — Intérieur à directeur général personnel, Bordeaux. — Nous sommes arrivés ce matin ainsi que vous avez pu l'apprendre hier par une dépêche du préfet; il y a ici quelque effervescence. Ne vous alarmez point; c'est une crise à traverser. Veuillez continuer à faire dresser immédiatement un état exact de tous les mobilisés disponibles du Midi. Vous avez bien fait de demander cet état aux préfets par dépêches. Il me le faut dans vingt-quatre heures. Écrivez jeudi.
Léon Gambetta.
Lyon, 21 décembre 1870, 12 h. 20 soir. — Gambetta à Laurier, Intérieur, Bordeaux. — Le crime commis hier a indigné la population, on cherche activement les assassins pour que justice exemplaire et expiatoire soit faite.
J'ai reçu ici communication par l'entremise de Legoff d'un plan financier qui me semble très praticable. Il faut en causer avec lui promptemeut et me faire connaître son sentiment.