L. Gambetta
Boubges, 20 décembre 1870, 6 h. "20 soir. — Ministre à sûreté générale, Bordeaux. — Commission a été donnée à M. de Bourgoing de former une compagnie d'éclaireurs à cheval, dans la Nièvre où il avait, à ce qu'il paraît, des éléments tout prêts. Mais il n'a pas et ne peut avoir le droit de former un régiment, de faire des réquisitions et surtout de s'associer tout un personnel qui excite à bon droit les susceptibilités de l'opinion. Assurez-vous de ces règlements, et s'il y a lieu empêchez-les. J'y mettrai bon ordre, en retirant la commission à M. de Bourgoing et en donnant un autre chef à sa compagnie. Faites usage de ma dépêche auprès du ministère de la guerre, si vous le jugez à propos.
Léon Gambetta.
Boubges, 20 décembre 1870, 7 h. 10 du soir, — Gambetta à Laurier, Intérieur, Bordeaux. — Je reçois de Lecesne1 une
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dépêche fort grave sur les refus qu'il éprouve pour le paiement des crédits ouverts et les conséquences désastreuses pour la Défense nationale d'aussi stupides parcimonies. 11 faut en finir, et si on ne veut pas donner d'argent pour la guerre, le déclarer vite; nous aviserons: vois cela par toimême et sur l'heure.
Gambetta.
Bourges, 20 décemhre 1870, 8 h. \2 soir. — Intérieur à directeur général personnel, Bordeaux. — Je pars pour Lyon dans une heure. Je m'y rends dans le but de donner une impulsion vigoureuse au mouvement de Bressolles. J'y serai demain malin.
C'est à la préfecture qu'il faudra m'adresser les dépêches et communications. Vous pourrez annoncer mon déplacement demain, quand je vous aurai envoyé ma première dépêche de Lyon.
Je demande que Ton m'envoie tous les jours un résumé des nouvelles de l'extérieur et de la politique en général. Il faudra y joindre aussi les journaux.
J'attends des explications sur la dépêche insérée dans la Franci ei sans doute aussi dans d'autres feuilles. J'ai vu une dépêche de Toulouse annonçant la démission en masse du Conseil municipal à cause du désarmement de la garde nationale sédentaire pour armer la garde mobilisée. A première vue le préfet me parait avoir bien compris l'ail. nie. en refusanl la réélection. Agissez avec prudence, mais soutenez le préfet aussi longtemps qu'il le faudra pour maintenir son crédit. Écrivez-moi à cet égard.
Non- avona à Gaen an autre préfet, Achille Delorme, qui se lamente, qui pérore dans ses dépêches. Il faudrait lui écrire après avoir pris l'avis de M. de Freycinel qui a déjà eu l'occasion de lui parler un langage tout à fait sensé et politique. La persistance de Delorme à se plaindre sans motifs e>t d>-- plus faVIu'ii^-v.
Ilfandra m'écrire aussi sur la question des conseils généet surtout sur la question des finances.
i. Dépêche de M. Jules Lecesne, président de la commission d'armement, Bordeaux, -<> décembre. 1 h. 35 soir: « La oommia- ■ioD est de nouveau paralysée. On lui refuse le paiement des crédita d<
Les nouvelles sont bonnes au point de vue des fatigues de l'ennemi. Courage donc et persévérance, telle doit être notre devise à tous.
Bourges, 20 décembre 1870, 8 h. 20 soir. — Guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — J'approuve votre réserve au sujet des propositions venues de Nantes l. Continuez. Je vous recommande toujours de renforcer exclusivement Chanzy. En ce qui touche les propositions de la première armée de la Loire que vous avez fait ratifier, c'est très bien. Pour la place de Langres, les objections de Véronique sont de nulle valeur. Passez outre et nommez Méyère, ainsi que c'est convenu. Puisque je suis sur un tel sujet, je vous préviens que les rapports qui me viennent de toutes parts et surtout de Bordeaux me font juger très sûrement, car j'ai l'instinct de ces choses, que le maintien de Loverdo est désormais impossible. L'hostilité qu'il provoque pourrait s'étendre plus loin; il y a lieu de couper court à tous ces embarras et de lui trouver un successeur, ce dont je vous charge. Ce sera à la fois une mesure juste et habile. J'ai d'ailleurs contre lui une série de griefs qu'il est inutile de développer.
De Serres a produit ici le meilleur eifet, et je lui ai remis les pouvoirs nécessaires pour tout diriger. Je sais en quelle étroite communion il est avec vous et je m'en rapporte à votre zèle commun.
Je vais à Lyon où les derniers événements de Beaune ont accusé une vive émotion, et j'espère, au point de vue militaire comme au point de vue politique, régler promptement la situation. Surveillez bien du côté de Tours, Pisani a l'air d'avoir besoin d'être tenu de près. Je vous écrirai de Lyon demain matin à la première heure. Amitiés.
Léon Gambetta.
Bourges, 20 décembre 1870, 8 h. 30 soir. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Je crois que quelques chefs de camp, notamment celui de Nevers, mettent en réquisition les chevaux pour cavalerie et artillerie. Est-ce que les camps doivent faire de la cavalerie? Passez donc une circulaire pour fixer