‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 111 sur 208 · Voici l;i 'lépéche on question · texte numérisé non relu

Voici l;i 'lépéche on question

Paris, 20 janvier 1871, 1 h. .'{0 matin. — Commissaire du Gouvernemenl à directeur général, Bordeaux. — Reçu aujourd'hui la dépêche officielle, 2e série, u" 43, el 8 feuilles de dépêches privées, 2 dépêches réponses, 2 dépêches mandats. Tout cela est trop fin,

confus, et uous donnera un mal énor Les précédentes étaient

dix fois meilleures avec Leurs lii points. Dépêche Gambetta, si parfaitement juste, m'a navré et il y a complètement deviné la situation. Enfin, aujourd'hui, on s'est décidé ;i agir. Attaque sur l'occident, entre I groupe faux) et Bougival. Résultat insignifiant et qui dans quelques heui éduira peut-être à rien. Je crois

(pic non- sommes perdus, à moins d'une révolution à Paris contre les incapables, les vieux généraux, et les intrigants, et les Lâches.

/.'• commissaire du Gouvernement ,

E. Mi,k< A.DII

Lille, 23 janvier 1871, 7 h. 35 soir. — Intérieur à directeur général personnel, Bordeaux. — Je ne trouve pas que la question financière dont nous étions convenus à mon départ avance beaucoup. Je désirerais bien la trouver résolue à mon retour.

Je quitte Lille ce soir pour Saint-Malo et Laval, vous pouvez m'adresser les dépêches à Saint-Malo où je les prendrai à mon passage. Au sujet de la préfecture de Besançon, le choix que vous me proposez me paraît médiocre. Cherchez encore.

Écrivez aux préfets qu'ils aient à préparer immédiatement leurs opérations des conseils de revision du contingent de 1871 en choisissant deux notables pour remplacer les conseillers généraux et d'arrondissement exigés par la loi. Faites-vous rendre compte.

Léon Gambetta.

Lille, 23 janvier 1871, 7 h. 35 soir. — Guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — Je vous remercie des mesures que vous avez prises et des nouvelles que vous me transmettez. Évidemment partout où les mobilisés sont mauvais, il faut les verser dans les dépôts ordinaires sans toutefois les noyer. A ce propos, je vous prie de fixer immédiatement le jour des conseils de revision pour le contingent de 1871, en enjoignant aux préfets de choisir deux notables pour remplacer les conseillers généraux et d'arrondissement dans le conseil de revision "et d'activer la mesure, en se montrant d'une sévérité extrême pour les cas de dispense.

Vauguyon peut être excellent, mais employé ailleurs. Il faut le soustraire à un milieu où il est trop connu et mal noté. Les mobilisés ne sont pas mauvais partout, comme vous venez de le voir à Dijon, tout est dans la question du commandement et des officiers. Ici les affaires se réparent, et dans une semaine nous serons à flot. Je pars ce soir pour retourner vers Bordeaux, mais je m'arrêterai forcément à Laval et à Angers. J'apprécie fort les mouvements du 25e corps, mais je suis fort inquiet du côté de l'Est. Veillez et faites veiller de Serres. Je vous transmettrai les propositions de récompense qui m'ont été soumises par l'intendant Richard que j'ai nommé inspecteur général à titre provisoire. M. Jaubat (Jules) est nommé intendant de première

classe; M. Borsari, capitaine au 7oc de ligne, est nommé chef de bataillon. Ce sont les seules désignations que je vous indique aujourd'hui, j'apporterai le travail d'ensemble. Envoyez-moi maintenant toutes vos dépêches à Saint-Malo, où je les trouverai en arrivant à Laval. M. Jules Farinaux, garde mobilisé à Lille, a été décoré de la Légion d'honneur.

Léon Gambetta.

Lille, 24 janvier 1871, 8 h. 3o soir. — Ministre guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — Chiffrée. — Je vous ai déjà écrit au sujet de Charette. Je ne demande pas mieux que de déférer aux désirs du général Chanzy et de donner à M. de Charette un commandement important de mobilisés, cinq ou six mille hommes. Mais je ne crois pas bon de constituer un grand commandement régional pour M. de Charette. Nous aurions là des tiraillements considérables, et après l'expérience que nous avons déjà faite en Bretagne, ce n'est pas le cas de recommencer. Faites connaître cette opinion au général le plus promptement possible.

Léon Gambetta.

LETTRE A MADAME BOSACK-IIANKÉ

Bordeaux, le 27 janvier 1871.

Madame,

Vous me pardonnerez de vous prendre une minute de v<>< larmes et de la douleur qui possède votre âme depuis la cruelle nouvelle, mais je tiens comme un devoir sacré de venir dire la pensée tout entière du (iouvernement sur votre glorieux mari1.

If. le général Bosack-Hanké avail généreusement offert son épée a la République Française. Il lui a donné sa \ ie, comme s'il avait été un de ses entants, el c'est ainsi que nous le considérions nous-mêmes. il viendra des jours meilleurs où nous pourrons do us

l. Le général Bosack avait été tué au combal de Dijon, le ji invier 1871.

recueillir et rendre à tous ceux qui ont prodigué leur sang et leur vie pour la défense de la France, la justice méritée et payer la dette de reconnaissance que nous avons contractée envers ceux qui, au jour du péril, se sont réunis autour de notre drapeau sans tenir compte ni de leurs intérêts ni de leurs préférences.

Jusque-là, vous pouvez compter, Madame, sur mon dévouement pour honorer la mémoire de votre vaillant mari, et je vous prie de ne jamais hésiter à faire appel à mes souvenirs, car je serai bien heureux d'y répondre.

Veuillez recevoir, Madame, avec l'expression de mes sentiments de sympathique condoléance, l'assurance de mon profond dévouement,

Léon Gambetta.

LETTRE DE DEMISSION DE M. GAMBETTA A SES COLLEGUES DE LA DÉLÉGATION DU GOUVERNEMENT1

Bordeaux, le 29 janvier 1871.

Messieurs et chers collègues,

J'ai l'honneur de remettre entre vos mains ma démission de membre de la Délégation et de ministre de l'Intérieur et de la Guerre.

Je ne me reconnaissais pas le droit de résister aux décisions venues de Paris, non plus que celui d'y prêter les mains. Le désaccord qui s'élève à la suite des démarches faites à Versailles est fondamental. Il est de ceux sur lesquels toute transaction est immorale. Je me retire donc et cesse de faire partie du Gouvernement. Il est bien entendu que je reste à votre

1. Cf. ch. IV, p. 262. — Cette lettre avait été remise par M. Gambetta entre les mains de M. Crémieux.

disposition pour tous les renseignements et informations qu'on voudrait réclamer de moi.

Veuillez agréer, mes chers collègues, l'expression de mes sentiments d'affection et de dévouement personnel.

Léon Gambetta.

lettre au journal « la gironde »

Bordeaux, le 3 février 1871.

Monsieur le rédacteur,

Je trouve mon nom en tête de la liste des candidats à l'Assemblée nationale dressée par le Comité républicain de la Gironde, et que publie ce soir votre estimable journal. C'est assurément le droit incontestable du Comité républicain de la Gironde de faire figurer mon nom sur la liste de ses candidats; mais j'ai eu l'occasion de déclarer à plusieurs membres du Comité les motifs qui me portent à décliner cet honneur. Je croyais leur avoir fait accepter les raisons de mon refus, et ce soir on publie mon nom, malgré ce refus. Je regrette d'être obligé d'insister, et je vous prie, monsieur le rédacteur, de publier dans le Journal la Gironde que je n'accepte point de figurer sur la liste insérée ce soir.

Veuillez agréer, etc.

Léon Gambetta.

lettre confirmative de la démission de m. gambetta a ses collègues de la délégation du gouvernement

Bordeaux, le 6 février 1871.

Messieurs et chers collègues,

M. le directeur général des télégraphes me communique, le décret rendu, le i février 1871, à Paris, par les membres du gouvernement présents dans cette

ville, et qui a pour objet d'abroger le décret rendu par la délégation de Bordeaux, en date du 31 janvier. Ce décret, c'est ma révocation. Je vous l'annonçais ce ce matin, et nul de vous n'a osé dire que ce décret existe depuis le A février, signé de tous les membres du gouvernement. M. le directeur, général des télégraphes a même l'ordre de le communiquer à tous les préfets.

Gela suffit, Messieurs.

En présence de ce fait, et pour les raisons que j'ai eu l'honneur de développer devant vous, me référant d'ailleurs à la lettre de démission que j'ai déposée entre les mains de notre collègue M. le garde des sceaux, le 29 janvier 1 871 , je crois devoir à ma dignité de vous informer que je me retire sur-le-champ, et sans plus ample discussion. Vous aurez à pourvoir aux services de la guerre et de l'intérieur.

Je vous présente l'expression de mes sentiments d'affection personnelle.

Léon Gambetta.

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