‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 115 sur 208 · L. Gambetta · texte numérisé non relu

L. Gambetta

Paris, 4 septembre 1870, 9 h. 55 du soir. — A Messieurs les préfets, sous-préfets, et gouverneur général de l'Algérie. — Le général Trochu, gouverneur de Paris, a été nommé membre du gouvernement de la défense nationale installé à l'Hôtel de Ville.

Il prend le portefeuille de la guerre, et ses collègues lui ont décerné la présidence.

Léon Gambetta.

Parts, o septembre. — Au préfet de police. — Les prisonniers politiques doivent être mis en liberté immédiate. Nous télégraphions en ce sens.

Paris, 5 septembre. — Aux préfets. — Messieurs, vous êtes invités à résigner vos fonctions entre les mains de : Rhône, M. Challeinel-Lacour. — Uordogne, M. Guibert. — Bouehes-du-Rhône, M. Labadie. — Hérault, M. Lisbonne. — Loire-Inférieure, M. Guépin. — Nièvre, M. Girei d. — Haute- Vienne, M. G. Penn. — Lot, M. Esménard de Mazet. — Côte-d'Or, M. d'Azincourt. — Loire, M. César Bertholon. — Bas-Rhin, M. Ed. Valentin. — Hautes-Pyrénées, M. Tcirot. — Seine-Inférieure, M. Desseaux. — Puy-de-Dôme, M. Girot-Pouzol. — Gard, M. Laget. — Vosges, M. Georges. — Maine-et-Loire, M. Allain-Targé. — Finistère, M. Camescasse. — Ariège, M. Anglade. — Seine-et-Oise, M. Charton.

— Aube, M. Li^iner-Pougy. — Gironde, M. Larrieu. — Moselle, M. H. Didier. — Meurthe, M. Vautrin. — Nord, M. Testelin. — Pyrénées-Orientales, M. Pierre Lefranc. — Pas-de-Calais, M. Langlet. — Haut-Khin, M. J. Grosjean.

— Loiret, M. Péreira. — Manche, M. Lenoël. — Somme, M. Lardières. — Charente, M. Babaud-Laribière. — Souspréfet de Saint-Ainand (Cher), M. Rollet.

Paris, 5 septembre. - Aux préfets de Seine-et-Oise, Seineet'Marne, Oise, Aisne. -- Faites immédiatement évacuer mu Pari- toutes les récoltes ou denrées qui pourraient approvisionner l'ennemi qui s'approche. Celles qui resteront devront être brûlées.

Paris, •'! septembre. — Au.r préfets. — Nourcllr* militaires. — I.'' corps entier du général Vinoy n'a pas donné et

replie en bon ordre sur Paris. — L'ordre le plus parfait n'a j«a- cessé <le régner. La confiance est ln-s grande et attestée par Les cohésions de tout*' la presse. Le gouvernement est tout entier a l'œuvre de la défense nationle.

Paris, 5 septembre. — Aux préfets Seine-et-Oise, Seine-et- Marne, Oise, Aisne. — Faites procéder immédiatement au tirage au sort et à la revision, et dirigez les conscrits sur Paris.

Circulaire adressée aux administrateurs provisoires et aux préfets des départements de la république, par le membre du gouvernement de la défense nationale, délégué au ministère de l'intérieur.

Monsieur le préfet, en acceptant le pouvoir dans un tel danger de la patrie, nous avons accepté de grands périls et de grands devoirs. Le peuple de Paris qui, le 4 septembre, se retrouvait, après une si longue absence, ne l'a pas entendu autrement, et ses acclamations veulent dire clairement qu'il attend de nous le salut de la patrie.

Notre nouvelle République n'est pas un gouvernement qui comporte les dissensions politiques, les vaines querelles. C'est, comme nous l'avons dit, un gouvernement de la défense nationale, une République de combat à outrance contre l'envahisseur.

Entourez-vous donc des citoyens animés, comme nous-mêmes, du désir immense de sauver la patrie et prêts à ne reculer devant aucun sacrifice.

Au milieu de ces collaborateurs improvisés, apportez le sang-froid et la vigueur qui doivent appartenir au représentant d'un pouvoir décidé à tout pour vaincre l'ennemi.

Soutenez tout le monde par votre activité sans limites, dans toutes les questions où il s'agira de l'armement, de l'équipement des citoyens et de leur instruction militaire.

Toutes les lois prohibitives, toutes les restrictions si funestement apportées à la fabrication et à la vente des armes ont disparu.

Que chaque Français reçoive ou prenne un fusil et

qu'il se mette à la disposition de l'autorité : La Patrie est en danger !

Il vous sera donné jour par jour des avis concernant les détails du service. Mais faites beaucoup par vous-même, et appliquez-vous surtout à gagner le concours de toutes les volontés, afin que, dans un immense et unanime effort, la France doive son salut au patriotisme de tous ses enfants.

Recevez, etc.

Le membre du gouvernement de la Défense nationale, délégué au département de l'Intérieur,

Paris, 6 septembre. — Circulaire. — Voici la proclamation adressée à l'armée, par le gouvernement, et que le Journal officiel publie ce matin. (Suit le texte.) — Faites immédiatement afficher au chef-lieu et dans toutes les places militaires de votre département.

Paris, 6 septembre 1870, 3 h. 52 soir. — P. — A préfets Seine-et-Oise, Versailles, — Seine-et-Marne , Melun, — Oise, Beauvais, — sous-préfets Corbeil, Étampes, Manies, Pontoise, Rambouillet, Coulommiers , Fontainebleau, Meaux, Provins, Clermont, Compicgnc, Sentis. — Les préfets organiseront immédiatement la défense du pays qu'ils administrent. Ils emploieront pour cet objet les gardes nationales sédentaires et mobiles, les pompiers et tous les hommes de bonne volonté qu'ils pourront armer. Les gardes forestiers des coinpagnie franches de Paris et des troupes de cavalerie concourront à la défense. Les préfets devront employer lous les moyens pour stimuler le zèle et le dévouement de leurs administrés. Ils sonl investis du droit de réquisition absolue en ce qui concerne la défense.

Le président <in gouvernement de !" Défi nsi nationale, gouverneur <lc Paris,

Trochu.

Le ministre de Vinti rieur,

(• Wllil.l I \ .

Paris, 6 septembre 1870, 4 h. 20 soir. — Intérieur à préfets et gouverneur général Algérie. — Circulaire. — République française. — Ministère de l'intérieur. — L'ennemi est en marche sur Paris. La défense de la capitale est assurée. Le moment est venu d'organiser celle des départements qui l'environnent. Des ordres sont expédiés aux préfets de la Seine, de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne pour réunir tous les défenseurs du pays. Ils seront appuyés par les compagnies franches de Paris et par les nombreuses troupes de cavalerie réunies aux environs. Les commandants des corps francs se rendront immédiatement chez le président du Gouvernement, gouverneur de Paris, pour y recevoir des instructions. Chaque citoyen s'inspirera des grands devoirs que la patrie lui impose.

Le gouvernement de la Défense nationale compte sur le courage et le patriotisme de tous.

Paris, 6 septembre. — Aux préfets, sous-préfets, maires — Nouvelles de la guerre. — L'ennemi se rapproche de plus en plus de Paris. Nos troupes se replient vers la capitale. Le gouvernement et la population déploient une égale activité pour préparer la résistance. L'élection des olfîciers de la garde nationale se continue. Les armes sont distribuées au fur et à mesure de la formation des cadres. Sur toute l'étendue du territoire, la République a été acclamée avec enthousiasme.

Paris, 6 septembre. — Circulaire aux préfets. — Poursuivre avec la plus grande activité les opérations de la revision.

Paris, 6 septembre. — Circulaire. — Le corps du général Vinoy est arrivé intact à Paris, à 4 heures du soir. La défense de Paris continue à s'organiser avec la plus grande activité, grâce au concours de toute la population, et à l'ordre parfait qui règne.

Paris, 6 septembre. — Aux préfets de Seine-et-Oise, Seineet-Marne, Oise. Sous-préfets de Corbeil, Étampes, Mantes, Pontoise, Rambouillet, Coulommiers, Fontainebleau, Meaux, Provins, Clermont, Compiègne, Sentis. — Les préfets organise-

ront immédiatement la défense du pays qu'ils administrent. Ils emploieront pour cet objet les gardes nationales sédentaires et mobiles, les pompiers et tous les hommes de bonne volonté qu'ils pourront armer. Les gardes forestiers des compagnies franches de Paris et des troupes de cavalerie concourront à la défense. Les'préfets devront employer tous les moyens pour stimuler le zèle et le dévouement de leurs administrés. Ils sont investis du droit de réquisition absolue en ce qui concerne la défense.

Paris, 6 septembre. — Circulaire. — Monsieur le préfet, les opérations du tirage au sort et des conseils de revision, pour la classe 1870, doivent être poursuivies avec la plus grande activité. Elles étaient indiquées par l'ancienne administration pour les jours où nous sommes. A moins d'événements particuliers survenus dans votre département et qui pourraient réclamer toute votre attention, veuillez procéder vous-mêmes et faire procéder à ces opérations dans les délais et suivant l'ordre indiqués par vos prédécesseurs.

Je saisis cette occasion de répéter que les questions de recrutement, d'armement, de groupement de forces, doivent avoir le pas sur toutes les autres, de quelque nature qu'elles soient. Les autorités militaires doivent sentir en vous les représentants d'un gouvernement qui n'a pas et ne saurait avoir d'autres pensées que la lutte contre l'étranger et la délivrance du sol national.

Rendez-moi compte, jour par jour, de tout ce que vous aurez fait à cet égard, et tenez-moi au courant des dispositions de la population, à l'endroit de la guerre, et de la résistance à l'ennemi.

Paris. 6 septembre. — Circulaire. — Envoyez rapport immédiat, en termes très brefs et très précis, sur la situation de votre département.

Page 1