‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 121 sur 208 · C. Laurier · texte numérisé non relu

C. Laurier

1 5 janvier. — A tous les préfets et sous-préfets. — Circulaire. {Confidentielle et chiffrée.) — Pour compléter ma dépêche confidentielle concernant la révocation des fonctionnaires des finances et de l'instruction publique, veuillez, en m'adressant des demandes de révocation, me faire parvenir en même temps la liste des personnes proposées en remplacement avec notes à l'appui.

Vous comprendrez facilement qu'en finances surtout nous ne pouvons, sous peine d'entraver le service, prononcer de destitution sans remplacement immédiat, et que nous pourrions ici ne pas avoir ce qu'il nous faudrait sous la main.

16 janvier. — A tous les préfets. — • Circulaire. (Confidentielle et chiffrée.) — En même temps que vous me désignerez les révocations dans les emplois des finances, faites-nous des propositions pour le remplacement. Vous ne devez nous proposer que des hommes de la moralité la plus éprouvée et la plus notoire.

18 janvier. — Aux préfets de l'Allier, Ariège, Aude, Aveyron, Cantal, Charente, Charente-Inférieure, Corrèze, Creuse, Brème, Gers, Gard, Isère, Loire, Haute-Loire Loire-Inférieure, Basses-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Savoie, Haute -Sav oie , Deux-Sèvres, Var et Vaucluse. — Faites-moi savoir quand le reste de votre contingent de mobilisés sera en état. Il importe que vous considériez le 20 février comme une date extrême pour la remise à l'autorité militaire. Répondezmoi par dépêche.

18 janvier. — A tous les préfets. — Circulaire. — 1° Avezvous pris des mesures, et quelles sont-elles, pour faire rejoindre leurs corps aux mobilisés réfractaires?

2° Quel est l'effectif approximatif des mobilisés du premier ban des hommes mariés? Combien y a-t-il parmi eux d'anciens militaires? Vos listes sont-elles prêtes?

Vous répondrez d'urgence à ces questions et par dépêche. Je vous rappelle que tant que dans votre département il restera des mobilisés non encore remis à l'autorité militaire, je tiens à l'observation la plus rigoureuse de ma circulaire sur les exercices et de l'envoi du rapport que je vous ai demandé.

Bordeaux, 19 janvier 1871, 4 h. 40 soir. — Sûreté générale aux préfets. — Circulaire chiffrée. — Faites saisir dans tous les bureaux de poste, les numéros du journal le Drapeau. Donnez des instructions dans ce sens, une fois pour toutes.

21 janvier. — Aux préfets Hérault, Indre, Isère, Haute- L"ir<'. Lot, Lot-et-Garonne, Manche, Morbihan, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées , Pyrénées-Orientales , Charente-Inférieure , Vendée, Gers, Saône-et-Loire.

Dans votre réponse à ma circulaire du 18 janvier vous ne m'avez pas indiqué le chiffre des anciens militaires compris dans le premier ban des mobilisés mariés.

Faites-le-moi connaître au plus tôt.

24 janvier. — Je vous rappelle qu'il est indispensable que vous avertissiez avec la plus grande régularité de l'arrivée de vos contingents mobilisés, le préfet et les généraux commandant soit la division, soit le camp sur lesquels ces contingents sont dirigés.

CIRCULAIRE AUX PREFETS

Bordeaux, le 28 janvier 1871.

Monsieur le préfet,

La situation de la République et de la France touche à sa période de crise la plus aiguë. Un événement d'un portée morale incalculable est sur le point de se produire, Paris va être rendu. Bien que les esprits clairvoyants aient pu déjà, depuis quelque temps, envisager cette cruelle issue, dont le caractère véritable reste entouré de nuages qu'un examen ultérieur

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et impartial pourra seul dissiper, la masse générale du pays en sera vivement frappée et probablement découragée fortement.

Je n'ai, par suite d'accidents atmosphériques, aucune donnée officielle venue du Gouvernement sur la réalité de la capitulation. Mais la multiplicité et la précision des informations de source étrangère ne me laissent malheureusement plus aucun doute.

Jules Favre s'est rendu à Versailles, pour traiter exclusivement de la reddition de Paris. Quelles conditions lui aura-t-on faites, et quel accueil Paris aurat-il fait lui-même aux prétentions prussiennes? Ce sont là des points sur lesquels je ne possède aucun renseignement. Il peut s'être accompli, dans notre héroïque capitale, des événements de la plus haute gravité. Nous ne pouvons tarder à être fixés. Si le silence se prolongeait trop longtemps, mes résolutions sont prises, et je n'hésiterais pas à prendre les mesures que me paraissent dicter les intérêts inséparables de la France et de la République.

Mais, comme je tiens particulièrement à ce qu'il n'y ait entre nous ni incertitude ni désaccord, je vous adresse la dépêche même que j'ai expédiée au gouvernement de Paris sur la crise actuelle *. Elle suffira, je pense, pour vous exposer complètement mes sentiments et mes projets , en même temps qu'elle vous montrera une fois de plus que j'en use avec vous comme avec un conseiller intime.

En conséquence, je vous adresserai, aussitôt les événements connus, un appel au pays pour annoncer la préparation de l'Assemblée dont il est question dans la dépêche que je vous envoie. Jusque-là vous prendrez vos mesures, et je m'en rapporte à votre prudence et à votre sagesse politiques pour tirer de ces communications confidentielles et tout à fait

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