Le fils de M. Esquiros était mort le 6 novembre
ques-unes sous les yeux et il est impossible d'admettre cette manière de comprendre les affaires publiques.
8 novembre 1870. — Au préfet. — Je vous ouvre crédit de 100,000 francs chez le trésorier-payeur général, sur fonds de garde mobile, pour vous aider au complément de l'organisation de vos corps francs.
Vous autorise en outre à imputer sur mêmes fonds de garde mobile les 100,000 francs dont vous avez été crédité pour volontaires de passage et dépenses diverses par dépêche du 1 1 octobre.
Observez que dépenses de corps francs jusqu'à remise à autorité militaire sont à la charge des fonds de départements et communes; et les deux imputations autorisées sont par considération spéciale.
11 novembre 1870. — Au préfet. — Ne vous préoccupez pas de la question des achats d'armes. La commission d'armement s'en occupe ici avec la plus grande activité et toutes les propositions sérieuses lui sont adressées. La plupart des offres qu'on lui fait sont d'ailleurs illusoires. Soyez très prudent sur ce point et renvoyez-nous tous ceux qui voudront vous vendre des fusils.
12 novembre 1870. — Au préfet. — Je nomme Blache préfet du Var. En attendant qu'il rejoigne son poste, je prie Coste de rester en fonctions. Je prie tous mes amis de prêter fortement les mains au maintien de l'ordre dans le département. C'est une question de salut pour la République.
Laurier.
12 novembre 1870. — Au préfet. — En raison des nécessités politiques auxquelles vous êtes obligé de faire face et après avoir pris l'avis de M. le président de la commission d'armement, je vous autorise à traiter directement, et sans l'intervention de M. Césanne, des achats de fusils et de cartouches. M. Lecesne a dû vous télégraphier que les chassepots de fabrication espagnole ne doivent être payés que 115 francs. Les Remington valent jusqu'à 105 francs. Les carabines Minié peuvent être achetées au prix de 30 fr. 35. La commission d'armement n'en achète plus. Je n'ai pas besoin de vous recommander une grande prudence et une
méfiance extrême à l'endroit des offres qui vous seront faites. L'expérience nous a montré ici que les divers stocks et les produits de fabrication courante sont souvent otferts de diverses parts et qu'il importe que nous ne nous fassions pas les uns les autres une concurrence funeste. Veuillez nous tenir au courant de vos opérations. La question du paiement se réalisera.
16 novembre. — Au préfet. — Je suis informé que vous aviez prescrit au directeur de la poudrerie de Saint-Chamas de renvoyer immédiatement la moitié des gardes mobiles employés à sa poudrerie et l'autre moitié sous huit jours. Je vous prie de donner contre-ordre et de laisser ces mobiles à la disposition du directeur de la poudrerie. Nous avons besoin surtout de cartouches et autres matériaux de guerre, et les hommes employés à les faire nous rendent d'aussi grands services qu'à l'armée.
Faites-moi savoir à quelle heure vous aurez donné contreordre que j'annonce au directeur.
18 novembre 1870. — Au préfet. — Vous connaissez ma manière de comprendre les rapports du Gouvernement avec la presse. Je résiste à tout procès de presse, mais si vous jugez qu'un article de journal constitue un acte de trahison au sujet duquel il ne peut y avoir d'hésitation dans l'esprit de personne, faites saisir l'auteur de cet article, et livrez-le aux tribunaux militaires si vous avez dans votre département une cour martiale, et à la cour d'assises s'il n'y en a pas, comme coupable du crime prévu par l'article 77 du code pénal.
Je ne connais pas l'article de la Décentralisation* dont vous me parlez.
19 novembre 1870. — Au préfet. — La question de la vente des journaux politiques dans les gares ne peut pas faire difficulté. Voyez cependant quels sont les traités de la maison Hachette avec les chemins de fer, et si l'autorisation donnée par vous à ces journaux oe vous attirera pas de procès dont vous n'avez que faire en ce moment.
t. Lfl Décentralisation de Lyon avait publié un odieux article
u«' M. < Tf-n t avait <|u;iiiii'\ dans une dépêche du 18,de« véritable éclaration de guerre à la défense nationale ».
19 novembre 1870. — Au préfet. — J'approuve votre prudence dans l'affaire de la pétition relative à l'incorporation des personnes appartenant à des corporations religieuses. De la patience, vous avez bien fait d'en défendre l'affichage. La question vaut la peine d'être examinée. Nous nous en occupons.
21 novembre 1870. — Je vous donne complètement raison dans l'affaire de la caserne Saint-Charles1. Veuillez faire savoir au commandant de la division que j'ai apprécié les raisons très légitimes que vous avez fait valoir et qui ne peuvent manquer de le toucher. Je ne donnerai aucun contreordre. Allez donc et faites pour le mieux. Ne me poussez pas trop sur la question de Digne2. Je vous ai dit que je m'occupais de la résoudre. Comptez sur ma parole.
22 novembre. — Au préfet. — Le ministre me charge de vous dire qu'il vient de donner des ordres formels au général pour que la caserne Saint-Charles soit à votre disposition. Votre autorité sera respectée, nul n'y portera atteinte.
Ranc
23 novembre 1870. — Au préfet. — Voici le duplicata d'une dépêche que le ministre a adressée le 10 novembre à Fontaine, chef exploitation canal de Suez, 2, rue Arcades, et qui n'est pas parvenue à destination.
« A raison des caractères du service, sont provisoirement assimilés aux agents des postes les chefs de service et caissiers du canal Suez, mais il en sera déposé un état nominatif à la préfecture. »
Signé : Gambetta.
26 novembre 1870. — Au préfet. — J'arrive du Mans, je trouve votre excellente dépêche sur la formation des batteries, je vous offre mes plus cordiales félicitations sur votre activité patriotique. Remerciez votre population et vos ouvriers. J'ai en ce moment de si vives préoccupations que je n'ai pu encore in'occuper de régler le comTit dont vous vous êtes plaint. Faites-moi crédit de vingt-quatre heures. Ma
1. M. Gent avait réclamé cette caserne pour le rassemblement de la première légion mobilisée de Marseille.