COTE-D'OR
28 septembre 1870. — A M. d'Azincourt, préfet. — Reçu votre dépêche. Faites exemple sur les mobiles qui lâchent pied sans tirer un coup de fusil. Ilfautque votre résistance soit énergique. La situation que vous me décrivez ne me parait pas mauvaise. J'ai reçu avis qu'un corps badois avait été mis en déroute entre Besançon et Montbéliard.
30 octobre 1870. — Au même. — Vous me télégraphiez : « Nos mobilisés sont partis au nombre de 6,000 pour Clermont-Ferrand, Moulins, Nevers. » Qu'ont-ils comme habillement, équipement, campement? Combien sont-ils sur chacun de ces ■••'litres. Si, comme semble le dire votre dépêche, leur équipement, est incomplet, leur f;iites-vous parvenir ce qui leur manque, ou dois-je leur fournir ces objets que rous aurez à [n'indiquer à votre compte?
:tl octobre 1870. — A préfet à Beaune. — Reçu vos désolant''- dépêches sur affaire de Dijon1. Vous savez qu'il y a !à <le graves responsabilités encourues. Adressez-moi rapports, mai- retournez à Dijon. ,! votre poste avant toutes choses, .1 moins d'impossibilité absolue que je demande à apprécier.
1. Dépéchei <l" M. d'Azincourt annonçant que le conseil des officiera supérieurs présents é Dijon avait décidé) l'évacuation
sans défense par toutes Les troupe
31 octobre 1870. — A sous-préfet de Beaune. — Le colonel Lavalle est-il toujours en état d'arrestation1? Le faire rechercher dans le cas où il aurait été mis en liberté.
11 importe de pouvoir apprécier exactement la part de responsabilité qui lui revient dans le désastre de Dijon.
1er novembre 1870. — Au même. — La trahison de Bazaine, l'abandon de Metz et de toute l'armée sont des faits malheureusement trop certains. Comment pouvez-vous admettre que le Gouvernement envoie de pareilles nouvelles sans certitude?
6 novembre 1870. — A sous-préfet, Beaune. — Vu la situation exceptionnelle de votre arrondissement, je crois qu'il n'y a pas lieu de procéder à la levée en masse des nouveaux mobilisés. Contentez-vous de prendre les hommes es plus valides, les mieux disposés, afin de les porter immédiatement au-devant de l'ennemi.
6 novembre 1870. — A sous-préfet, Semur2. — Un excellent citoyen et un homme intelligent comme vous fait toujours un sous-préfet supérieur. Vous me donnez une preuve de vos aptitudes administratives en me consultant sur la question posée dans votre dépêche.
Voici mon opinion : Je déplore la situation faite à la ville de Dijon et à ses fournisseurs. Cependant, je déplorerais davantage encore le ravitaillement facile de l'armée prussienne. Je crois donc qu'il faut évacuer par-dessous main, en les faisant refluer dans les départements non envahis, les approvisionnements et denrées de votre arrondissement. Cette opération doit être conduite avec beaucoup de discrétion et d'activité, afin de ménager le double intérêt de la ville de Dijon et de ses fournisseurs, sans arrêter la guerre qui doit être faite par tous les moyens.
9 novembre 1870. — Au sous-préfet de Châtillon. — Je vous ai écrit que M. d'Azincourt, préfet de la Côte-d'Or, au moment où il a été emmené prisonnier, avait laissé un délégué
1. Le colonel Lavalle, président du conseil de défense de Dijon, qui avait décidé l'évacuation de cette ville, était en prison à Beaune.