‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 150 sur 208 · M. Gustave Guérin · texte numérisé non relu

M. Gustave Guérin

qui est venu ici et avec lequel je me suis entendu. Ce délégué est M. Luce Villiard. Il doit aller vous voir et vous expliquera comment nous entendons la mission que je lui ai donnée. Pour ce qui est de la partie administrative, je vous prie, tout en veillant sur les intérêts des cantons limitrophes de votre département, d'attendre que vous ayez vu M. Luce Villiard avant de prendre un parti définitif.

9 novembre 1870. — Au sous -préfet, Bcaune. — J'ai transmis votre dépêche au directeur des postes qui a dû donner les ordres nécessaires. M. Luce Villiard a été agréé par moi comme préfet pendant l'absence de M. d'Azincourt. Veuillez lui prêter votre concours.

12 novembre 1870. — A sous-préfet, Chàtillon. — On nous signale un sieur Gravignia Morillo, marchand de bétail en gros, comme faisant des opérations avec les Prussiens. Veuillez faire enquête minutieuse et me rendre compte.

14 novembre 1870. — A préfet. — A qui avez-vous demandé les moyens d'occuper Dijon? Je n'ai vu aucune dépêche en ce sens, je n'aurais pas mieux demandé que de vous aider. Votre dépêche m'arrive à l'instant, 9 heures du soir. Je donne des ordres pour faire le nécessaire, s'il en est encore temps.

17 novembre. — Au maire de Beaune. — Je vous félicite d'avoir fait arrêter les porteurs de réquisitions prussiennes. Je vous donne ordre de tout entreprendre pour résister à ces odieux abus. Pénétrez les populations de la nécessité de résister, sous peine de la Cour martiale. La guerre n'est pas un jeu. Il faut que tout le monde en soit convaincu.

17 novembre 1870. — A préfet, Beaune. — J'écris au maire de Beaune sur les réquisitions et je l'invite à pousser les populations à la résistance. Quant a l'armée de 60,000 hommes dont vous me, parlez, il ne faut pas la déranger pour soustraire la ville de Beaune à des réquisitions qu'elle-même peut repousser. L'armée de Chagny peut d'un instant «à l'autre être appelée à opérer des mouvements d'intérél général, c'esl ce dont il faut que les populations soient bien pénétrées.

Lyon, 22 décembre 1870. — Intérieur à préfet Luce Villiard, à Beaune1. — L'affaire de Nuits2, renseignements pris, ne me semble pas aussi mauvaise que vous me l'aviez présentée. N'oubliez pas que le général Cremer a fait subir des pertes considérables aux Prussiens; cessez donc de revenir sur cette affaire. Il est temps de songer à d'autres entreprises. Je vous verrais avec regret entrer en conflit avec un militaire distingué qui a besoin de tout votre concours. Je vous le demande pour lui et, si j'agis ainsi, c'est que je me suis éclairé comme je le devais. Cela dit, ma confiance en vous est toujours entière, n'en doutez point. Parlez dans le sens de cette dépêcbe à tous nos amis de Beaune et d'ailleurs.

Lyon, 22 décembre 1870. — Gambetta à De Serres, a Autun.

— Pouvez-vous me dire quand sera fixé l'embarquement? Quel retard inexplicable. Réponse.

Iaon, 23 décembre 1870. — Au même à Nevers, Chagny, Beaune ou Autun. — Le chemin de fer non encore livré de Chalon-sur-Saône à Dôle, rendrait de grands services pour le transport des troupes. On m'assure que des transports y ont eu lieu. Assurez-vous de ce fait, et utilisez cette voie.

Lyon, 23 décembre. — Gambetta à M. de Serres, à Beaune.

— Un messager envoyé par moi venu de Dijon aujourd'hui m'annonce qu'il y a à Dijon 25,000 hommes, parmi lesquels se trouvent les 3e, 4e et 6e régiments d'infanterie badois, un régiment de gardes du corps, les 25e, 30 et 40e régiments prussiens, 2,500 cavaliers parmi lesquels des dragons badois, hussards prussiens et uhlans. L'artillerie se compose de 60 pièces de canon. Les troupes sont fatiguées. Elles ont éprouvé des pertes cruelles à Nuits et n'ont pas osé reprendre leurs positions.

Lyon, 25 décembre 1870. — Ministre de la guerre à maires de Beaune et de Nuits. — Dites immédiatement par le télégraphe quel est l'état de la neige dans vos localités? Quelle estl'épaisseurde la couche tombée. Ne tardez pas un moment.

1. Voir pour les opérations militaires dont il est question dans les dépêches suivantes, la dépêche de M. Gambetta au général Trochu, en date du 24 décembre (p. 191), et les dépêches postérieures à M. Jules Favre.

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